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FAMILLE DES PUNAISES. — PUCERON

Ces œufs éclosent au printemps, et les petits qui en sortent s’attachent sous les feuilles des plantes dont ils sucent les sucs, qui font leur unique nourriture. Dès qu’ils ont fait leur mue et qu’ils sont en état d’engendrer, les femelles vierges encore, c’est-à-dire sans aucune espèce d’accouplement préliminaire, mettent au monde leurs petits vivants; la même mère en fait ainsi quinze à vingt en un jour, sans paraître moins grosse qu'auparavant. On peut même, en lui pressant légèrement le ventre, en faire sortir un beaucoup plus grand nombre, qui sont de plus en plus petits et qui filent comme des grains de chapelet. Elle continue ainsi à pondre tous les jours, sans cesser, jusqu’en automne, où elle devient ovipare.

Il n’est rien de plus certain que ces insectes sont féconds par eux-mêmes en été, on s’en convaincra aisément en recevant un puceron femelle au moment où elle sort du ventre de sa mère, et en le nourrissant isolément dans un bocal suffisamment fermé; on verra ce puceron vierge faire, au bout de dix à douze jours, des petits; et ces petits enfermés et nourris de même produiront également. M. Bonnet de Genève, à qui nous devons nombre de découvertes aussi curieuses, en a élevé ainsi neuf générations dans l’espace de trois mois, et on ne peut pas raisonnablement attribuer cette faculté productive à une superfétation qui s’épuiserait peu à peu dans les générations suivantes, comme le pensent quelques auteurs, puisque cette faculté est constamment la même tant que l’insecte est vivipare, c’est-à-dire tant qu’il fait chaud, puisque ce n’est que le froid qui change sa faculté vivipare en celle d’ovipare, et qui lui rend l’accouplement ou l'approche du mâle nécessaire pour féconder ses œufs, qui sans cela seraient probablement stériles, car je ne vois pas qu’on ait encore fait des expériences pour s'assurer si les œufs que pondrait en automne une femelle

vierge, sevrée de tout mâle depuis sa naissance, seraient féconds et donneraient des petits au printemps suivant.

Je connais plus de trente espèces de pucerons, aphis, autant de pucerons à cornes, cornafis, Ad., et dix espèces de mallos qui vivent toutes sur les plantes, et dont les plus remarquables sont Paphis du térébinthe, le cornafis du peuplier et le mallos de Forme.

Tous vivent en société et souvent rassemblés au nombre de cent à cinq cents, autour de leur mère, et fixés au-dessous des feuilles, dans lesquelles leur trompe est enfoncée pour sucer ; ils restent quelquefois un mois entier, ou depuis leur naissance jusqu’à leur mue ou leur métamorphose en insectes ailés, sans autre mouvement que celui du derrière ou des pattes postérieures, qu’ils relèvent quelquefois tous ensemble en Pair.

Les feuilles de certains arbres ainsi piquées se recoquillent et forment une vessie dans laquelle la mère se trouve enfermée; elle y met bas ses petits qui, en enfonçant pareillement leur trompe dans la vessie pour en pomper les sucs, les font quelquefois extravaser, au point que la vessie est pleine d’eau. On voit sous les feuilles de orme de ces vessies qui ont la grosseur du poing, à la fin de l'automne, où la séve diminue, et où les pucerons cessent d’être vivipares; ces galles se sèchent, se fendent, et les pucerons en sortent pour aller pondre leurs œufs sur les branches de l’orme; ce sont des mallos.

Toutes les galles semblables du tilleul, du peuplier, ete., ont à peu près la même origine et la même fin. Celle du térébinthe, que l’on appelle pour cette raison arbre à mouches, à Avignon, bazgendges en Turquie, et baisonges en France, présente un objet réel d'utilité. Ces galles, dans lesquelles on trouve une centaine de pucerons rassemblés, s'élèvent, depuis le mois de juillet jusqu’à celui de septembre, sur le

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