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FAMILLE DES PUNAISES. — PUCE

La puce humaine, puleæ, Plin., est répandue sur les hommes de tous les pays, et il y en à une petite espèce, trèscommune dans les sables des tropiques, qui est différente de celle des lits en ce qu’elle ne s'élève jamais à plus de cinq à six pouces, et reste toujours attachée aux jambes, vers le coude-pied et les chevilles. La puce n’attaque pas les morts ni les personnes dans lesquelles le sang ne circule pas.

Cet insecte se rencontre toute l’année, mais il est beaucoup plus commun pendant Pété, où il s’accouple et pond presque continuellement; on le nourrit dans des boîtes avec des mouches, dont il suce le sang.

La femelle pond ses œufs un à un, à la base des poils des animaux ou dans leur lit, où elle les colle; mais, selon Roësel, c'est dans les fentes des planches.

Ces œufs sont ovoïdes, oblongs ; les petits sont roulés en cercle, comme la chenille du ver à soie l’est dans son œuf; ils en sortent au bout de quatre à cinq jours en été, et de onze en hiver, et se nourrissent de la sueur de la peau et de celle qui s'attache aux vêtements.

Au bout de onze jours en été et de quinze jours en hiver, ces larves sont parvenues à toute leur grandeur ; alors elles se filent de leur bouche une coque ovoïde, blanche, dans laquelle elles se métamorphosent en nymphe, qui, au bout de quinze jours, sort de la coque sous la forme d’une puce, qui saute d’abord.

Ses sauts sont cent fois plus élevés que la longueur de son Corps.

La force de la puce est telle qu’elle peut porter et traîner des corps cent fois aussi pesants qu’elle. On sait par Hoock qu’un ouvrier anglais ayant construit en ivoire un carrosse à six chevaux, avec un cocher sur le siége, un chien entre ses jambes, un postillon, quatre personnes dans le carrosse

et deux laquais derrière, il employait une puce pour traîner tout cet équipage.

Les Indiens, qui croient à la métempsycose, traitent les puces aussi favorablement que tous les autres animaux qu’ils craignent. Il y à, au rapport d’Ovington, près de Suratte, un hôpital fondé pour les quatre mendiants, c’est-àdire pour les quatre sortes de vermines ou insectes qui sucent le sang des hommes, savoir les puces, les punaises, les poux et des morpions. On soudoie de temps en temps un pauvre qui se vend pour laisser sucer son sang à ces insectes pendant une nuit; on l’attache nu sur un lit dans la salle du festin, c’est-à-dire la salle où on nourrit de ces insectes par principe de religion.

Se Famizze, LES DEMOISELLES , LIBELLÆ.

Les insectes de cette famille se reconnaissent à ce que, 4° ils ont quatre ailes nues, plates, membraneuses, transparentes ; 2° ils n’ont que trois tarses à chaque patte.

Des six genres qui la composent, la plus remarquable est la demoiselle, libella.

La bEMOISELLE , libella, ainsi appelée du mot libellum, niveau, parce qu’elle tient ses ailes étendues horizontalement, ou parce qu’elle plane en fendant Pair, forme un genre d’insecte qui comprend au moins vingt espèces.

La demoiselle, libella, de la grande espèce a trente-six lignes de longueur de la tête au bout de la queue.

Elle est commune en Europe dans tous les bassins herbeux et les mares, au-dessus desquels elle vole et s’accouple depuis le mois d’avril jusqu’à celui d'octobre. Nous avons parlé de son accouplement, qui se fait en anneau, le mâle pinçant la femelle par le cou avec son derrière pour la for-

FAMILLE DES DEMOISELLES. — LIBELLULE. 3h7

cer à porter le sien sous le premier anneau de son ventre, près des pattes, où est placée la partie qui caractérise son sexe masculin. Ils volent tous deux ainsi accouplés, et ne se séparent qu’au bout de quelques heures.

La femelle va ensuite déposer, à la surface de l’eau ou à ses bords, dans la vase, ses œufs, tous séparés les uns des autres, au nombre de douze à quinze; ils sont ovoides, noirâtres, longs d’une ligne ou environ.

Les petites larves qui en éclosent ont chacune six pattes; elles ont un masque ou une lèvre inférieure en masque. Celles qui sont pondues en avril et mai paraissent se métamorphoser en nymphe et en insecte ailé au bout de trois à quatre mois, c’est-à-dire en août et septembre, quoique quelques auteurs disent qu’elles restent onze mois dans l’eau, c’est-à-dire jusqu’en avril de Pannée suivante; et celles qui sont pondues en août et septembre y restent environ sept mois, c’est-à-dire jusqu’en avril, où elles prennent des ailes. La plupart devienrient nymphes avant lhiver.

Lorsqu’elles sont prêtes à changer de peau pour passer de Pétat de nymphe à celui de volatile, chaque nymphe sort de Peau , et se fixe d’abord verticalement, la tête en haut, sur une plante aquatique ou sur une muraille bien exposée au soleil ; la peau se fend sur le milieu du corselet, et le volatile en sort la tête pendante en bas et renversée sur le dos.

10e Famizze. LES FOURMILIONS, FORMICALEONES.

hi

Quatre ailes membraneuses nues , cinq tarses à chaque pied et un ventre sans aiguillon, distinguent cette famille de toutes les autres.

Des dix genres qui la composent , nous examinerons :

1° Le FourmiLioN, formicaleo.

2° L'HEMEROBE ou petit lion des pucerons, hemerobius.

3° La CHARREE ou teigne papillonnacée.

4 La PANORPE ou mouche-scorpion.

5° L'EPHEMERE, ephemera.

Le FOURMILION, formicaleo, Réaum., scalops, Arist., se distingue assez par ses antennes en massue; ses ailes sont comme une gaze et couchées en toit aplati.

J’en connais dix à douze espèces.

Le fourmilion ordinaire de l’Europe se voit dès le commencement de juillet, où il sort de sa coque et de son état de nymphe.

Son accouplement n’a point encore été apercu : peut-être se fait-il de nuit.

La femelle pond, peu après sa métamorphose en volatile, c’est-à-dire en juillet, un petit nombre d’œufs qu’elle pose un à un, séparément, à de grandes distances, dans le sable, en des lieux abrités, communément au pied des murs ou sous des avances de rochers ou de berges des grands chemins, bien exposés au midi, et souvent sous des buissons. Ces œufs sont ovoïdes, bruns, un peu renflés par un bout.

La larve en éclôt peu après, c’est-à-dire en juillet ou en août et même septembre. Elle à à peu près la forme de laraignée porte-croix de jardin, mais plus aplatie ou déprimée, et deux pinces à la tête qui lui servent de sucoir, pour sucer les insectes qui font sa nourriture.

A peine le petit est-il éclos qu’il commence à se faire une fosse en trémis ou en entonnoir; pour cela, comme il marche plus facilement à reculons qu’en avant, il courbe son derrière, qui est pointu, il enfonce comme un soc de charrue en labourantle sable à reculons; il trace ainsi à plusieurs reprises qui sont autant de secousses vives, un sillon spiral, dont le diamètre est égal à la profondeur qu’il veut donner à la fosse. Sur le bord du premier tour de spirale, il en creuse un deuxième, puis un troisième, et enfin d’autres

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toujours plus petits que les précédents en s’enfoncant dans le sable qu’il jette avec ses pinces sur les bords, de manière qu’il forme un cône renversé, ou un entonnoir dont les parois ont la plus grande inclinaison possible sans se toucher, c’est-à-dire une pente de quarante-cinq degrés. Cette forme est proportionnée à la grandeur dela larve ; dans les premiers jours elle est fort petite; mais lorsqu'elle est parvenue à toute sa grandeur, elle a jusqu’à deux pouces de diamètre et de profondeur.

Lorsque sa fosse est finie, il se met en embuscade au fond en cachant son corps sous le sable, et ne laissant passer que ses yeuxetses pinces quiembrassent exactement le point qui termine le fond de l’entonnoir; malheur à la fourmi, au puceron, au cloporte, à un autre fourmilion, enfin à tout insecte malavisé qui rôde au bord de ce précipice; le fourmilion, qui en est averti par les grains de sable qui roulent au fond, sur ses yeux et ses pinces, serelire un peu à reculons, ébranle par son mouvementle pied du sable, qui s’éboule et lui amène sa proie ; si elle remonte vite il lui lance une quantité de sable qui l’accable et la fait retomber entre ses pinces; alors il les lui enfonce dans le corps et Pattire sous le sable où il la suce; lorsqu'il n’en reste plus que le cadavre, il l’étend sur ses deux pinces, et d’un mouvement brusque, il le rejette souvent à un demi-pied au delà des bords de sa fosse. Lorsqu'elle est entièrement remplie, il en retravaille une nouvelle à côté de Pautre.

Cette larve est si sobre qu’on en a vu vivre plus de six mois dans une boîte exactement fermée où il n’y avait que du sable.

Lorsqu'elle est parvenue à toute sa grandeur, ce qui arrive communément du 4* au 15 mai, elle ne creuse plus de fosse ; elle s'éloigne un peu en tracant des sillons irréguliers dans le sable; lorsqu'elle a trouvé un endroit convena-

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ble, à un pouce ou deux au plus de profondeur, elle se file avec son derrière, une coque d’une soie bien blanche intérieurement, et recouverte de sable au dehors, dans laquelle elle se métamorphose en nymphe.

Elie reste dans cet état de nymphe six semaines à re mois, c’est-à-dire jusque vers le commencement de juillet, où elle se métamorphose en volatile ou en insecte parfait.

L’HÉMEROBE,hemerobius, le petit lion des pucerons, Réaum.., forme un genre différent de celui du fourmilion, en ce que: 1° ses antennes sont SFIARÉER, longues ; 2° que ses ailes sont relevées en toit aigu ; 5° sa coque est appliquée sous les feuilles des arbres.

Jen connais environ dix espèces.

L’hémerobe vert ou le lion des pucerons se voit assez communément en juillet et août. Il s’accouple alors, il sent mauvais, d’où lui vient son nom de perla merdamolens et vole pesamment. Son nom d’hémerobe n’est pas bien exact, car cet insecte vit plusieurs jours.

La femelle pond en juillet et août douze à quinze œufs environ, ovoides, blancs, d’une demi-ligne, pendant à un long fil sous chaque feuille des arbres qui sont couverts de pucerons, comme le sureau, le rosier, l’orme, le tilleul. Pour former ce fil, insecte pose d’abord sous une feuille son œuf qui est enduit de gomme, laquelle file à mesure qu’il relève son derrière en entrainant l'œuf qu’il laisse ensuite attaché au bout de ce fil.

Au bout de quelques jours, la larve sort de cet œuf, et remonte, le long du pédicule de son œuf, sur les feuilles, où elle vit de pucerons, et où elle mange souvent ses semblables; elle à le corps allongé, pointu aux deux bouts, hérissé et armé de deux pinces en suçoir, comme la larve du fourmilion.

Après quinze ou seize jours de vie, elle se retire sous des

FAM. DES FOURMILIONS. — HÉMEROBE, CHARRÉE. 351

feuilles éloignées des pucerons, et y file avec son derrière une petite coque blanche sphérique, dans laquelle elle se métamorphose en nymphe.

Dix à douze jours après, c’est-à-direen août ou en septembre, cette nymphe devient ailée et ouvre sa coque par un trait circulaire, en y laissant un petit couvercle qui y tient par un côté.

La cuarrér, Belon, ou feigne papillonnacée aquat. Réaum., diffère du genre de l’hémerobe, en ce que : 1° ses ailes sont roulées sur le corps, à bout pincé en queue de poule ; 2° sa larve est une teigne, qui se forme un fourreau qu’elle traine dans l’eau.

J’en connais plus de vingt espèces.

La charrée fauve, phrygana, Geoff. 1, 246, se voit fréquemment voltigeant par troupes, le soir, en juillet, autour des eaux.

Elle s’accouple alors, et pond un peu au-dessus de l’eau sur les feuilles des plantes qui croissent dans les eaux courantes ,vives et herbeuses, environ trois cents œufs rapprochés côte à côte, cylindriques, cendrés noirs, une fois plus longs que larges, fourchus en haut en deux pointes, entre lesquels le petit éclôt.

Six à huit jours après qu’ils sont pondus, les larves en sortent. Elles ressemblent à une chenille à six pattes, et deux crochets écailleux au derrière, et quatorze anneaux, dont le quatrième, y compris la tête, porte une corne cylindrique relevée en dessus.

Cette larve se file avec la filière de sa bouche un tuyau de soie cylindrique allongé, qu’elle recouvre de portions de feuilles, de bois, de fragments de coquilles, et autres matières. Elle tient fortement au fond de son fourreau, par les deux crochets écailleux desa queue, et elle le promène avec elle partout où bon lui semble. Si on l’en retire et qu’on la

pose à côté de lui, elle y rentre la tête la première parle bout antérieur qui est ouvert, et ensuite elle se replie en deux pour se retourner bout à bout, et faire reparaître sa tête par l'ouverture par laquelle elle est entrée; mais si elle ne retrouve pas son fourreau, elle en reconstruit un nouveau.

Sa nourriture consiste, comme celle des chenilles, en feuilles de plantes aquatiques.

Lorsqu'elle veut se métamorphoser en nymphe, elle fixe son fourreau en l’attachant avec plusieurs fils contre quelques corps solides, près ae la surface de l’eau; ensuite elle en bouche l’entrée, qui est la seule qui soit ouverte avec de gros fils de soie croisés en grillage, qui, en laissant un passage libre à l’eau, interdisent l’entrée aux insectes qui pourraient lui nuire. Ainsi enfermée, et à l’abri dans son fourreau qui lui sert de coque, cette larve se métamorphose en une nympbhe grande et allongée, qui porte à la queue deux petites cornes charnues semblables à deux stigmates promptes à pomper l'air, et à la tête deux mâchoires coniques en pinces qui doivent lui servir à déchirer la grille qui l’enferme dans son fourreau.

La nymphe reste dix-sept à dix-huit jours dans cet état après lequel elle devient insecte ailé et parfait vers le mois de juillet de la seconde année; elle à quatre antennules à la bouche et une trompe, les deux mâchoires en pinces de la nymphe n’étant sans doute que le fourreau des quatre antennules.

Dans son état de larve cet insecte est la pâture des poissons, et surtout des truites, qui l’aiment beaucoup et auxquelles il sert même d’appât.

La MOUCHE-SCORPION, panorpa, n’a rien de singulier que sa tête prolongée en trompe, dure, cylindrique, à quatre antennules, et sa queue qui, dans les mâles, a trois anneaux

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