FAMILLE DES FOURMILIONS. — ÉPHÉMÈRE
articulés, avec une pinee au bout; ses ailes sont horizontales mais plates.
On la trouve en mai et juillet sur les collines, près des eaux, et il y a apparence que sa larve vit dans des trous, dans la vase, sous l’eau comme la phrygane.
L’ÉPHÉMÈRE, ephemera, genre d’insecte ainsi nommé parce qu’il ne vit pas plus d’un jour dans l’état de volatile, et que, parmi les dix espèces que l’on connaît il y en a qui ne vivent que quatre à cinq heures.
L'éphémère blanche se voit communément autour des eaux depuis le mois de mai jusqu’en août. C’est surtout en août qu’elle est plus commune et qu’on la voit par nuages autour de Paris, le long de la Seine, peu à près le soleil couché. Il y a même des années où elle est si abondante qu’on la voit tomber comme par flocons sur les eaux et sur le bord des rivières, où elle forme une couche épaisse de quelques doigts; aussi les pêcheurs donnent-ils à ces insectes le nom de manne des poissons. Comme tous ne parviennent pas en même temps à leur perfection et ne sortent pas en même temps de l’eau, on en voit ainsi pendant trois jours de suite avec cette abondance et pendant une demiheure seulement chaque jour.
Cet instant de vie leur suffit pour perpétuer leur espèce. M. de Réaumur croit qu’ils s’accouplent, quoiqu'il n’ait jamais pu en trouver d’accouplés. Il n’y a en effet aucune sorte d’accouplement entre ces insectes. La femelle s’abaisse sur l’eau, se soutient en battant des ailes appuyée sur ses filets à la surface, où elle jette d’un seul coup son ovaire ou son frai composé de deux grappes, chacune de trois à quatre cents œufs sphériques, contigus, réunis par des filets. Ces grappes flottent d’abord à la surface, le mâle va aussitôt les féconder en répandant dessus sa liqueur spermatique, à peu près à la manière des poissons, et devenues par là plus