CE
pesantes, et pressées même par le mâle elles plongent et tombent au fond.
Ceux de ces œufs qui échappent à la voracité des poissons donnent bientôt de petites larves à six pattes, à trois nageoires à la queue et cinq à neuf paires d’ouïes en palette le long du ventre. Je n’ai vu que cinq paires de ces ouïes, Roësel et Geoffroy six, et M. de Geer neuf; peut-être le nombre varie-t-il suivant les espèces ou plutôt suivant l’âge, comme les stigmates ; des larves en auront neuf paires et leurs nymphes seulement cinq ou six.
Comme elles ne font que ramper sans nager il leur faut un abri contre la poursuite des poissons, qui en sont trèsfriands. Elles se creusent, à deux ou trois pieds au-dessous du niveau de leau dans les terres glaiseuses qui bordent les eaux courantes des rivières, comme la Seine, la Marne, etc., chacune un trou horizontal de deux à trois lignes de diamètre, coudé comme un tuyau, qui a deux ouvertures proches l’une de Pautre et proportionnées à sa grandeur, de sorte qu’elles entrent par lune et sortent par Pautre. Lorsque les eaux baissent jusqu’au niveau de leurs trous, elles en creusent d’autres plus bas; quelquefois le lit de la Marne, autour de Charenton, en est entièrement criblé.
La glaise ou la terre limoneuse végétale paraît être la seule nourriture de ces larves.
Elles vivent ainsi trois années, selon quelques auteurs ; mais il paraît que c’est à la seconde année, vers le mois d'avril, qu’elles se métamorphosent en nymphe qui a des moignons d’ailes.
Vers les mois de mai, juin, juillet et août, ces nymphes, prêtes à se métamorphoser et gonflées, s'élèvent à la surface de l’eau, et sortent dans l'instant de leur peau de nymphe sous la forme d’insecte ailé qui vole aussitôt et va s’attacher au premier endroit qu’il rencontre, un arbre, une mu-