‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 130 sur 201 · FAMILLE DES PAPILLONS. — GRANDE-TORTUE · texte numérisé non relu

FAMILLE DES PAPILLONS. — GRANDE-TORTUE

raille, où il reste quelquefois vingt-quatre heures pendant lesquelles il change pour la dernière fois de peau sans changer de forme. Cette mue si extraordinaire d’un insecte pendant son état de volatile ne s’est encore montrée que dans le seul genre de l’éphémère, et ce n’est qu'après qu’elle est faite que l’insecte est parfait et en état d’engendrer.

Les mâles se distinguent des femelles à ce qu’ils ont les yeux beaucoup plus grands.

11e Fame. LES PAPILLONS, PAPILIONES.

Quoique dans l’usage ordinaire on confonde sous ce nom tous les insectes qui ont quatre ailes couvertes de petites écailles, sous la forme d’une poussière qui s’enlève au moindre attouchement, néanmoins le nom de papillon à été particulièrement consacré à un de ces insectes, qui est plus commun, et dont la chenille dévaste le chou et les autres plantes potagères de la famille du chou ou des familles voisines, comme le navet, la rave, la capucine, etc. Nous étendons ici ce nom sur tous les insectes qui peuvent être regardés comme formant la même famille, ayant les mêmes caractères que le papillon du chou, savoir : 1° les antennes en massue ; 2 les ailes relevées verticalement pendant leur repos; 5° une chrysalide nue ; 4° une chenille à seize pattes.

Ces caractères sont communs à treize genres qu’on peut diviser en deux sections; dans la première seront ceux dont le papillon à la première paire de ses pattes relevée en palatine non marchante, leur chenille est épineuse; et dans la seconde ceux dont le papillon marche sur les six pattes: leur chenille est lisse et sans épines.

Parmi les premiers, on remarque particulièrement le

mars, et parmi les seconds le makaon, ou le papillon de l’oranger et le papillon du chou, papilio.

Le mars, mars, Où la GRANDE-TORTUE, est un papillon des plus commun de l'Europe; on le voit communément paraître dès le premier printemps, souvent depuis février jusqu’en mai, dans tous les jardins, surtout dans les cantons plantés en ormes. On lPappelle grande-tortue à cause de sa couleur qui imite assez celle de l’écaille de la tortue, c’està-dire du caret; ses deux pattes antérieures en palatine ne lui servent qu’à. nettoyer ses yeux ou écarter les étamines des fleurs pour en pomper le miel.

Dès que ce papillon a vu le jeur il s’'accouple, le mâle montant sur la femelle; celle-ci pond aussitôt ses œufs sur les jeunes branches des ormes.

Les chenilles, qui en éclosent cinq à huit jours après, sont noirâtres, épineuses, à épines creuses et branchues, qui muent comme la peau ; elles filent continuellement en marchant un fil qui leur sert de soutien pour passer d’une feuille à l’autre. Elles vivent ainsi en société, faisant quatre mues de cinq à cinq ou de huit en huit jours.

Parvenues à leur grandeur, qui égale un tuyau de plume d’oie, elle se disposent à leur quatrième mue pour passer à leur deuxième état, celui de chrysalide. Pour cet effet, elles choisissent un lieu à l’abri, comme le dessous d’une branche, ou, par préférence, un mur bien exposé au midi; elles y collent horizontalement quelques fils, auxquels elles se suspendent par leur partie postérieure, la tête pendante en bas, mais courbée en crochet contre le ventre. C’est dans cet état qu’elles muent et qu’elles quittent leur peau pour devenir une chrysalide anguleuse, pendante , à deux cornes à la tête, à six paires de tubercules sur le dos, avec une espèce de nez avancé, et quatre à huit points dorés. On sait que ces points sont exactement ce que sont nos cuirs dorés sans or,

Page 1