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FAMILLE DES COSSUS. — GRANELLE

mangent, pendant l'hiver, les bourgeons des arbres; ces chenilles sont ou grises ou blanchâtres, et appliquées si étroitement sur les arbres qu’on a peine à les distinguer.

Elles se filent en juillet, en peu d’heures, sur les arbres et entre les feuilles, une coque verticale grise dans la construction de laquelle elles font entrer leurs poils.

Leur chrysalide se métamorphose un mois après, e’est-àdire en août, en papillon.

14e Fame. LES COSSUS, COSSI.

Les papillons de cette famille se distinguent seulement de ceux des phalènes, en ce que leur chenille est lisse ou à poils solitaires et fort rares.

Ils comprennent vingt-deux genres qui peuvent se diviser en deux sections, la première de ceux dont le papillon a un suçoir, et la deuxième de ceux qui n’ont pas de sucoir.

Dans la première section, on voit la paresca, dont la chenille roule les feuilles de l’ortie; la pronube, dont la chenille ravage les légumes; la chenille lieuse de feuilles ; celle qui forme ses coques en bateau, batela ; la chenille cloporte du chêne, à coque en œuf, clopora; la longue antenne, lontenna ; la chenille en société du fresain, sociella; la rouleuse des feuilles, roulella ; la mineuse des fruits, fructella ; la chenille qui vit dans les grains, granella; celle qui mine en grand les feuilles, minella ; celle qui les mine en galerie, lonmina ; celle à coque en réseau, retella.

Le cossus de Pline, ou la chenille du tronc des arbres, est de la deuxième section.

La GRANELLE, appelée chenille des grains, vient d’un petit papillon de nuit, roux pâle, à ailes entières, à bout frangé, à toit aplati, ou horizontales, à antennes sétacées de quarante articulations, à trompe assez courte, spirale, de

deux lames et à deux antennules en cornes de deux articulations chacune; ce papillon paraît deux à trois fois dans Pannée, d’abord dans le mois de mai, ensuite en août et quelquefois en novembre, ce qui fait deux ou trois générations successives; il ne vit que vingt à trente jours pendant lesquels il s’'accouple et pond environ soixante à cent œufs, partagés en plusieurs paquets de cinq à trente œufs sur chaque grain; en pondant, la femelle allonge son anus en tuyau.

Ces œufs sont ovoïdes , striés par ondes, blancs et grands environ d’un douzième de ligne. Les papillons qui sortent en mai, avant que le grain soit formé à la campagne, posent les leurs dans les grains de la grange où ils sont, ou dans d’autres granges ; mais, dès que les épis ont paru, ils vont les poser dans les épis mêmes, à la base d’une arête, et tous les soirs on les voit tenter de sortir du grenier.

C’est de là que les petites chenilles sortant de l'œuf six à buit jours après la ponte, ayant à peine la longueur d’un quart de ligne et la grosseur d’un cheveu, se dispersent pour s'emparer chacune d’un grain de lépi, dans lequel elles entrent en perçant dans un sillon la peau qui les recouvre et les enferme. Chaque chenille vit ainsi pendant deux mois environ dans son grain, qu’elle ne quitte point et qui lui suffit; elle y subit ses quatre mues et ses trois métamorphoses; lorsqu'elle à pris tout son accroissement, elle est blanche, lisse, sans cornes et sans antennes sensibles, longue de deux lignes et demie sur une demi-ligne de largeur. Alors, comme si elle prévoyait que sous la forme de papillon elle n'aura aucun organe capable d'entamer la peau du grain, elle fait vis-à-vis l’endroit où doit être sa tête une entaille circulaire pour une trappe ou un couvercle qui reste fermé jusqu’à ce qu’elle soit devenue papillon.

Cela fait, elle se file une coque dans là moitié du grain

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