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FAM. DES COSSUS. — CHENILLE DES GRAINS

qui n’est point remplie par ses excréments, e: y devient chrysalide; elle reste dans cet état huit à douze jours au plus, après lesquels elle se métamorphose, en août, en papillon, qui s’accouple et va pondre ses œufs dans les greniers; on en voit ainsi voltiger pendant un mois ou environ.

On remarque dans les greniers qui fournissent de ces insectes que, peu avant leur métamorphose en papillon, en avril et mai, il s’excite dans le tas de blé une chaleur de vingt-cinq à cinquante degrés, pendant que la température extérieure n’est qu’à treize ou quatorze. Avant ce moment, voisin de la sortie des papillons, la chaleur du tas n’excède pas sensiblement celle de Pair.

Lorsqu'on ne suit pas exactement les métamorphoses de ce papillon, on est sujet à regarder les derniers papillons de la volée de mai, qui dure jusqu’en juin, commeune deuxième génération, et les derniers de la volée d’août comme une autre génération née en septembre. C’est ce qui a fait dire à quelques auteurs que chaque génération s’accomplit en vingt-huit ou vingt-neuf jours, et qu’il y a des années si favorables à la génération de ces insectes qu’il s’en fait cinq : la première en mai, provenue de la ponte de novembre ; la deuxième en juillet; la troisième à la fin d'août; la quatrième en septembre, et la cinquième en novembre; mais nous pouvous assurer avoir observé et observer encore depuis plus de treize ans, entre 1759 et 1769, que ces insectes, qui nous furent envoyés avec des blés de l’Arigoumois et de nombre d’autres provinces de la France et d’autres pays à blé de l'Europe, n’ont donné constamment que deux générations par an dans le climat de Paris, savoir : la première en mai et la deuxième en août ; de sorte que chacune de ces générations vit au moins trois mois en été et neuf mois en hiver; et nous n’avons point apercu que dans les étés les

plus chauds et dans les temps les plus favorables de ce climat, ces généralions se soient accouplées en un aussi petit espace que celui de vingt-huit ou vingt-neuf jours.

Au reste, il n’est pas nécessaire que cet insecte fasse plus de deux générations par an pour causer tous les ravages qu'il fait depuis plus de quarante ans dans l’Angoumois, et qui consumèrent presque toutes les récoltes de plus de deux cents paroisses de cette province.

De tous les moyens qui ont été employés pour détruire cet insecte dans son origine, le meilleur est sans contredit celui qu’on emploie pour faire périr le charançon. Il consiste à passer le blé au four deux heures après que le pain en a été Ôté, c’est-à-dire lorsqu'il a encore cent degrés de chaleur et de les laisser ainsi pendant deux ou trois jours en le remuant de temps en temps; après lavoir retiré de l’'étuve, on peut empêcher les papillons d’y venir encore déposer leurs œufs en couvrant les tas d’une couche de chaux en poudre ou de cendre d’un pouce d’épaisseur, ou en les mettant dans des tonneaux ou dans des sacs de toile. Ces moyens , appliqués pendant un ou deux ans à toutes les récoltes d’une province ainsi attaquée , opéreraient la destruction totale de cet insecte.

La chaleur que nous venons de prescrire pour étuver le blé en fait périr le germe ; mais on pourrait lui en procurer une beaucoup moindre qui ferait périr cet insecte sans lui faire perdre sa faculté germinative. On sait par expérience qu’une chaleur de trente-trois degrés, continuée pendant deux jours, suflit pour faire mourir cet insecte, et qu'une chaleur de soixante degrés pendant onze heures les détruit également sans en altérer le germe. Pour s’en procurer une pareille, il suffit de mettre pendant deux jours le blé dans un four cinq à six heures après qu’on en a retiré le pain. Le blé ainsi étuvé et qu’on destine aux semailles se plonge en-

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