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IL. J

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peser six livres, et être par conséquent de plus de trente mille abeilles, et qu’on en a vu de huit livres, c’est-à-dire de quarante mille mouches. Ces auteurs n’entendent parler que des ruches de deux ans, ou considérées dans leur deuxième année, etils comprennent sans doute leur premier essaim du mois de mai, qu’ils supposent n'être pas sorti de la ruche, et y avoir produit ainsi que l’ancien essaim un autre essaim dans le mois d'août, ce qui, sur le pied de six à sept mille abeilles par essaim, ferait vingt-quatre à trente mille pour les quatre essaims produits dans une ruche dans l’espace de quatorze ou quinze mois, depuis celui de juin ou juillet de la première année, jusqu’en août et septembre de la deuxième année; mais ces essaims si forts, disent-ils, ne sont pas toujours les meilleurs, parce qu’étant composés d’abeilles de tous les âges, il en reste aussi de tous les âges dans la ruche ancienne, et que contenant trop de mâles ou de faux bourdons que les abeilles ne peuvent tuer avant l'automne, ces mâles affament la ruche pendant l'hiver; ce sont sans doute de ces vieux mâles qui. selon M. Wildman, sortent avec les jeunes abeilles de l’essaim de mai.

Parmi les abeilles du premier essaim , qui sort en mai, il sort avec les jeunes abeilles des vieilles qui s’y mêlent indistinctement. (A vérifier ?)

Nous n'avons considéré jusqu'ici le travail des abeiiles que dans une ruche d’un an dépourvue de mâles ; elle se trouve au premier printemps, c’est-à-dire en avril ou mai. Il faut encore savoir ce qui se passe dans une ruche nouvelle, habitée par de jeunes abeilles, en juillet et août : d’abord elles ne travaillent point avec continuité et avec ordre qu’elles ne soient assurées d’avoir avec elles une mère féconde et unique. Quelquefois elles n’en ont point ou elle vient à périr, alors leurs travaux cessent comme l'espérance de leur multiplication, et la ruche dépérit. Si on leur donne

FAMILLE DES ABEILLES. — ESSAIM. li

une autre femelle, ou seulement un œuf ou une larve de femeile, l'espérance de multiplier leur postérité renaît et leur fait reprendre l’ouvrage. Chaque essaim contient communément trois ou quatre femelles et cent à deux cents mâles. Ces trois ou quatre femelles vivent souvent ensemble lorsque lessaim qui peuple la ruche n’est pas considérable; mais si cet essaim est fort et que les abeilles craignent une trop grande multiplication, surtout à l'entrée de l'hiver, où la disette est à craindre, ces abeilles tuent toutes les femelles à l’exception d’une seule, soit la plus grande, soit celle qui promet une postérité plus nombreuse et plus prompte.

Un essaim de six mille abeilles, ainsi animé par la présence de sa femelle, travaille avec une telle ardeur qu'après avoir enduit et tapissé l'intérieur de sa ruche d’une couche de propolis, il y fait en vingt-quatre heures un gâteau d’un pied de longueur sur un demi-pied de largeur, au point que souvent la moitié de la ruche est remplie de cire en quatre ou cinq jours. Il fait souvent plus de cire dans les quinze premiers jours que dans tout le reste de l’année, surtout lorsqu'il sort en mai ou juin et qu’il est considérable; alors il donne quelquefois un autre essaim dès le mois d’août de la même année; mais lorsque le premier essaim ne sort qu’en juillet ou qu’il est faible, il n’en donne un autre qu’au mois de mai de la deuxième année.

La femelle sort rarement de sa ruche, ou, si elle en sort, c’est pour peu de temps; elle est toujours environnée de ses mâles et des autres abeilles qui, se joignant par les pattes, forment autour d'elle et des bourdons un nuage qui n’a encore pu être pénétré par aucun observateur, même dans les ruches vitrées, et qui est toujours suivi de la fécondation. Elle reste ordinairement dans la partie supérieure de la ruche, et est fécondée cinq à six jours après.

Sa ponte ne se fait qu’un mois après qu’elle a été fécon-

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dée , c’est-à-dire en juin si l’essaim est sorti en mai, ou en juillet ou août s’il n’est sorti qu’en juin ou juillet, et elle est fécondée, suivant les auteurs, pour toutes les générations qui doivent se faire jusqu’au mois de mai suivant ; car elle pond, selon eux, jusqu’à l'hiver et au mois de mars et d'avril du printemps suivant, quoiqu’elle n’ait aucun mâle ; les ouvrières ne laissent vivre ces mâles que six semaines au plus, à compter du jour de l’établissement de la nouvelle colonie; de sorte que dans les essaims sortis en juin et juillet, on ne voit plus de mâles en août et septembre. Nous pensons néanmoins que cette superfétation n’a point lieu, car soit que les essaims sortent en mars et produisent un deuxième essaim en août, soit qu’ils sortent en juin et juillet, le couvain qui passe Phiver en nymphe contient des mâles qui sont en état de féconder les femelles anciennes en mai.

Les troisièmes et derniers essaims, c’est-à-dire ceux qui sortent en août, ne sont pas plus capables de produire un autre essaim que les seconds sortis en juillet , et ils sont encore plus faibles qu’eux et composés à peine de deux ou trois mille abeilles ; aussi est-on dans Pusage de marier deux ou trois de ces essaims ensemble, ce qui se pratique de la manière suivante : 1° on met le plus grand essaim dans une ruche embaumée que l’on pose vers l’autre; 2° on secoue le plus petit dans une autre ruche non embaumée ; 5° on tient celle-ci renversée au-dessous de la première, qui lui sert de couvercle, et on frappe dessous tout autour pour déterminer la reine à venir voir sur les bords ce qui cause le désordre. Dès qu’on Papercçoit, on la prend pour la tuer el la jeter au dehors; alors cet essaim sans reine sera inquiet, montera sans peine dans l’autre ruche, où, voyant une reine, il s’apaisera en se joignant à l’autre essaim.

Si l’on met ces deux essaims chacun avec leur reine, sans

avoir pris la précaution de tuer l’une des deux, alors les abeilles murmurent, se battent vivement , et, quand elles ont décidé laquelle des deux reines doit mourir, trois ou quatre abeilles neutres la saisissent, la jettent en bas au milieu de la ruche , comme pour lexécuter, puis elles la rentrent de nouveau dans la ruche. Ce combat continue ainsi pendant une heure environ, c’est-à-dire jusqu’à ce que la pauvre reine soit traînée hors de la ruche et mise à mort devant ia porte, selon lesobservations de M. Butter. (Voy. Daniel Wildman, Complet quide, p. 10, 1775.)

Si l’essaim de mai a essaimé ou produit un essaim en juillet ou août , si la reine est prête à pondre de nouveau, alors les abeilles ouvrières vident les cellules du deuxième étage du miel qu’elles contiennent, afin que la femelle puisse y pondre ses œufs, qui éclosent, comme nous lavons dit, cinq ou six jours après, et se métamorphosent deux jours après en nymphe avant l'hiver pour rester dans cet état jusqu’en avril ou mai, où ils donnent le premier essaim. Elles transportent ce miel dans les cellules supérieures qui ont servi au couvain du premier essaim , comme dans les ruches ordinaires ou tardives de deux ans. Ces cellules sont tapissées par la peau et la soie de la nymphe qui en est sortie; l’abeille les nettoie de la peau de nymphe, y fait entrer par l’ouverture que laisse cette membrane soyeuse. Lorsque ces cellules où elles veulent conserver du miel pendant l’hiver sont pleines, les abeilles les bouchent avec un couvercle de cire, pendant que celles qui sont destinées à leur nourriture journalière sont ouvertes.

Ce miel se trouve, comme l’on sait, presque tout fait dans diverses parties des plantes, surtout dans leurs fleurs, mais il à besoin de subir une préparation dans leur estomac; lorsqu'elles recueillent du miel, rarement elles s’occupent à recueillir en même temps de la cire; de sorte qu’en

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rentrant dans la ruche elles paraissent revenir à vide, n'ayant rien à leurs pattes; et elles n’y rentrent point que leur estomac, qui est comme une vessie, ne soit entièrement plein ; elles le vident dans des cellules, dont elles bouchent les unes avec de la cire pour les découvrir en hiver, et dont elles laissent les autres ouvertes pour l’usage journalier. Celles, au contraire, qui recueillent de la cire ne portent pas autre chose ; elles la recueillent du matin au soir en avril et mai, et dans les jours plus chauds de juin et juillet. Elles n’en font la récolte que le matin jusqu’à dix heures, parce qu’alors, étant humectées par la rosée de la nuit, elles sont plus propres à être réunies en une masse et à former une espèce de pelotte à leurs pattes, où elles les amassent en nettoyant avec leurs pattes leur corps, qui s’en est couvert en s’enfonçant dans les fleurs. Cette cire, qui est tirée de la poussière des étamines, n’est pas encore de la cire; car mise sur le feu elle forme un charbon sans couleur et plonge ou fond de Peau au lieu de surnager. Elle à besoin d’être travaillée dans lestomac des abeilles avant que d’avoir les qualités de la cire; aussi la mettent-elles en magasin dans des cellules, d’où elles la retirent ensuite pour se nourrir de la plus grande partie et en extraire tout ce qui n’est pas cire. M. de Réaumur s’est assuré, par un calcul ingénieux, que huit pelottes de cire égalent le poids d’un grain; et chaque abeille pouvant faire quatre à cinq voyages par jour, une ruche de dix-huit mille abeilles devait rapporter pendant sept à huit mois consécutifs environ cent livres de cette matière, et que par conséquent pareille ruche ne rendant au bout de l’année que deux livres de vraie cire, les quatre-vingt-dix-huit autres livres devaient avoir passé en partie dans leur nourriture, en partie dans leurs excréments. Tous les moyens qu’on a employés pour faire de la cire n’ont point réussi, et il faut nécessairement qu’elle subisse

une préparation convenable dans l’estomac des abeilles, après leur avoir servi d’aliment, pour être de la vraie cire. Elle est fort blanche d’abord et presque liquide en sortant de leur estomac pour faire les gâteaux ; elle durcit et jaunit en séchant.

C’est à ces provisions qu’elles ont recours pendant l'hiver, surtout s’il est doux et pluvieux; car alors elles ne peuvent aller plus de trois jours sans manger; mais lorsqu'il est froid elles restent engourdies ; elles ne sortent au plus que quelques instants dans les jours où l’air est doux et le soleil continuel. Dans les hivers longs, doux et pluvieux, où elles ne peuvent sortir, il faut avoir soin de leur donner un peu de miel dans leur ruche au autour d'elles,

Comme le dernier essaim se fait en août, de même aussi la dernière ponte se fait en septembre; mais cette dernière n’essaime point. Les œufs du couvain deviennent vers et nymphes dans l’espace de trois semaines, c’est-à-dire avant hiver ou dans le courant d'octobre, dont la chaleur n’est pas capable de les développer ; de sorte qu’au lieu des trois semaines qu’il leur faut en été, elles passent dans cet état de nymphe tout lhiver jusqu’au mois de mai, dont elles forment le premier essaim.

I faut qu’il reste toujours une reine dans une ruche, sans quoi, quelle que bien fournie qu’elle soit d’abeilles neutres et de miel, ces abeilles quittent la ruche, ou bien elles ne travaillent plus, ne mangent plus et voltigent tout autour avec un bruit confus, jusqu’à ce que l'entière ruche soit perdue. La même chose arrive quand la reine vient à mourir.

Comme le temps des derniers essaims finit au plus tard en septembre, et qu’il n’y à plus assez de chaleur ni de temps pour élever un nouvel essaim jusqu’au commencement de l’hiver, alors les abeilles neutres poursuivent les

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mâles, qui affameraient ja ruche pendant cette saison, les chassent de la ruche et les tuent. Elles tuent même, selon quelques auteurs, ceux qui sont encore en nymphes, douze et quinze dans les cellules, et se remettent à amasser du miel pour se nourrir pendant l'hiver; mais ceci ne doit arriver que dans les cas extraordinaires d’une ruche affamée par plusieurs couvains ou plusieurs essaims, dont les ouvrières Sacrifient tous les mâles excepté ceux d’un cou vain.

Si l’on peut préserver les abeilles de la disette pendant l’hiver en leur donnant du miel, on peut aussi les garantir du froid en couvrant la ruche d’un auvent en-dessus, et en leur mettant un abri de paille du côté du nord. Les moineaux, les guêpes, les frelons en détruisent beaucoup, ainsi que la teigne, ruchella, et le cler, clerus, dont on ne peut guère les préserver. On peut les mettre à Pabri des ravages des mulots et des lézards en mettant à leur porte un grillage proportionné à leur grosseur, et qui les laisse passer librement en refusant l’entrée à d’autres animaux plus gros. En hiver le grillage est si serré qu’elles ne peuvent sortir, mais seulement prendre Pair. Lorsqu'un animal qui peut les infecter par son odeur, vient à entrer dans la ruche, comme serait un Jimacon, alors après lavoir tué à coups d’aiguillons elles le recouvrent d’une couche épaisse de cire brute.

On sait qu’en général les mâles des abeilles ne vivent guère plus de six semaines dans l’état de volatil, soit qu’ils meurentnaturellement,soitqu’ilssoienttués par les ouvrières qui en débarrassent la ruche dès qu’ils ont fécondé la femelle. Quelques auteurs prétendent que les abeilles ouvrières vivent six à sept ans, mais comme il en périt tous les ans une grande quantité, il est probable qu’une ruche se renouvelle entièrement à peu près tous les deux ans.

FAMILLE DES APBEILLES. — CIRE, MIEL, ha

Le travail entier des abeilles semble fait pour l’usage de l’homme; en effet, il se fait une consommation étonnante de cire et de miel, surtout en Europe.

La cire, qui est originairement blanche dans les gâteaux nouvellement faits, jaunit d’abord, puis noircit en vieillissant, par les vapeurs qui règnent dans la ruche ; mais on lui rend sa blancheur en lexposant à la rosée réduite en lames extrêmement fines; il y a néanmoins des cires que ce moyen ne peut blanchir, parce que la nature des poussières dont elles ont été tirées s’y oppose.

Il en està peu près de même du miel, il prend la qualité des plantes dont il à été tiré; il est pernicieux dans les endroits où il y a beaucoup de plantes venimeuses ; mais ces lieux sont rares. Xénophon rapporte que des soldats devinrent furieux-ivres pour avoir mangé du miel des ruches de Trébisonde. M. de Tournefort pense que ce miel pouvait bien devoir ses mauvaises qualités au chamærodendros dont il avait été extrait. Cette plante, commune dans ces pays, est, selon lui, très-venimeuse. La jusquiame, la belladone et le stramonium pourraient bien être aussi dangereux. L’if, selon Virgile, et le buis, selon Pline, procurent une saveur amère au miel de Cyrmie et de Corse.

Au reste, le miel Je meilleur doit être blanc et se durcir. On Pappelle miel vierge ou miel de goutte, parce qu’on le fait couler des gâteaux de miel que l’on rompt et que lon pose sur des claies d’osier pour le recevoir dans des vases bien propres. Comme tout le miel ne coule pas de la sorte, on exprime les gâteaux sous la presse en Paidant d’une douce chaleur; mais ce second miel n’est pas si beau, parce qu'il se rencontre dans les gâteaux des mouches et des vers que la presse écrase. La meilleure méthode est de laisser Îes gâteaux sur les clayons assez longtemps pour que le miel puisse s’écouler, et de lui procurer sur la fin une douce

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chaleur; on peut ensuite laver les gâteaux avec de l’eau pour en faire de l’hydromel.

Le miel fait au printemps, et des jeunes essaims, est plus estimé que celui d’été et des vieilles abeilles, et celui d’été plus que celui d'automne, à cause de la force des fleurs.

Le miel blanc jaunit en vieillissant; le jaune est moins estimé. Celui des bruyères est jaune ; il y en a de vert qui n’est tel que par la disposition des abeilles.

Le miel est pectoral, incisif, laxatif et légèrement sudorifique. La cire est émolliente, anodine, résolutive.

Pour peu que lon considère la structure ordinaire des ruches, on se persuade aisément qu’elles sont sujettes à bien des inconvénients. D’abord elle force les abeilles à essaimer, c’est-à-dire à en sortir par essaim dès qu’elles sont pleines, et cet essaim, avant que de sortir, se rassemble autour de la porte de la ruche, bouche le passage aux ouvrières, les gêne, les estropie en leur accrochant les pattes, leur déchire les ailes et retarde leurs travaux dans la saison qui est la plus avantageuse. Quelquefois l’essaim reste ainsi quinze jours ou trois semaines sans sortir; quelquefois le mauvais temps le fait rester dans la ruche sans essaimer et il Paffame ou la rend languissante en gênant les travaux. Enfin, la manière violente dent on les fait passer dans de nouvelles ruches , ou en les enfumant, ou en les étourdissant à coups de baguettes sur la ruche, en fait périr un grand nombre et affaiblit les autres. Il y en a qui, pour retirer une partie de la provision des abeilles, renversent les ruches, les enfument et coupent les gâteaux avec un couteau; d’autres les font périr entièrement à la vapeur du soufre.

Pour parer à ces inconvénients, quelques économistes, et en particulier M. Palteau, a imaginé des ruches composées de piusieurs hausses ou boîtes de sapin d’un à cinq pieds

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