FAM. DES ABEILLES. — RUCHE DE M. PALTEAU
en carré, et de trois pouces de hauteur sans fond. La partie supérieure se recouvre d’une planche qui sert de couvercle; elle porte en-dessous sur un plateau de bois, percé à son milieu, où l’on adapte un tiroir pour leur donner du miel dans le besoin. L’été on substitue à ce tiroir un grillage de crin pour leur procurer de l'air. La hausse inférieure porte sur le devant un modérateur en cadran de trois pouces de diamètre, tournant autour d’un clou et divisé en quatre parties, dont la première à une grande ouverture destinée à laisser passer les abeilles dans lété, ou le temps du travail; la deuxième est percée de plusieurs arcades, hautes de cinq lignes sur quatre de largeur, pour empêcher l'entrée des bourdons dans le temps du pillage ; la troisième est criblée d’une infinité de petits trous capables de donner de l'air aux abeilles sans les laisser sortir, comme en novembre et février ; la quatrième enfin est pleine pour fermer entièrement la ruche quand le froid est excessif, comme en décembre et janvier. Celte méthode à deux avantages : le premier, c’est que l’on peut disposer les mouches et les faire rester quand on veut; le second, c’est qu’au moyen d’un fil de fer, qu’on passe entre les deux hausses supérieüures, on peut châtrer la ruche, enlever les gâteaux de la hausse supérieure toutes les fois que le couvain n’y est point et qu'elle est remplie de miel, comme en automne ; mais elle est encore susceptible de perfection, et elle est toujours sujette à couper du couvain.
M. Delaporte, chirurgien à Saint-André-de-Chauffour , en Normandie, vient de présenter à l’Académie royale des sciences de nouvelles ruches de son invention, qu’il prétend parer à tous les inconvénients. Ces ruches consistent chacune en trois corps de boîtes de sapin carrées, longues d’un pied et demi, larges et hautes de huit pouces en dehors, partagées intérieurement en deux parties égales par une
hlil DIX-HUITIÈME SÉANCE.
cloison verticale de äevant en arrière; cette cloison à une ouverture en sillon horizontal de trois lignes de largeur sur toute sa longueur, dans sa partie supérieure, qui se ferme par une petite plaque de fer-blanc glissant dans une coulisse de six lignes de diamètre; cette coulisse sert à séparer les abeilles, quand on veut, dans les boîtes ; au-dessus de <haque boîte, on fait deux petites ouvertures pareïlles à la premicre, c’est-à-dire longues de six pouces sur six lignes de largeur, fermantes de même à coulisse au moyen de deux plaques defer-blanc ; ces ouvertures se trouvent toutes deux sur la même moitié de la boîte; l’une des trois boîtes doit avoir ces trous à la gauche afin de pouvoir s’accorder en s’unissant à l’une des deux autres qui les auront à droite; chaque boite aura en bas sur le devant, vers le milieu de chacune de ses deux divisions, deux portes carrées de trois pouces de long sur un pouce de hauteur, distantes de six pouces, fermées avec deux petites coulisses de bois en forme de trappes garnies de fil d’archal distant de trois lignes à un bout, pour laisser passer les abeilles, et d’une ligne au plus à Pautre bout pour empêcher les abeilles de sortir et les autres animaux d'entrer dans la ruche. Les trois boîtes s’assujétissent avec des crochets; elles se posent sur une espèce de table de trois pieds de longueur sur dix pouces de largeur, ayant à son milieu deux ouvertures longues de quatre pouces sur deux de largeur, distantes d’un pouce Punede lPautre, et qui se ferment ensemble avec une seule coulisse de ferblanc qui se tire en devant. Les quatre pieds de la table qui sont posés carrément et de la hauteur d’un pied, ont à huit pouces une ligne de distance du dessous de la table, deux traverses longitudinales fixées l’une aux deux pieds de derrière, l'autre aux deux pieds de devant, liées ensemble par deux barres transversales en coulisse, distantes d’un pied et demi et deux lignes qui doivent servir de lintau