F. DES ABEILLES. — RUCHE DE M. DELAPORTE
pour laisser glisser une des boites sous la table, lorsqu'ou veut en faire sortir les abeilles.
Voici quel est l’usage de ces boîtes : d’abord on fait entrer, une fois seulement pour toujours, un essaim en mai, juin ou juillet dans une des boites, comme on îe ferait entrer dans une ruche ordinaire. On la pose sur une planche de même grandeur, que M. Delaporte appelle planche à récolter à cause de son usage, et comme il reste encore des abeilles qui voltigent autour de la boite, on met un petit morceau de bois entre cette planche et la boîte afin de leur laisser la liberté d’entrer, après quoi on ferme la boîte pour l'emporter et l’ajuster sur deux autres boîtes vides, de manière que chacune de ses deux chambres intérieures corresponde aux deux ouvertures supérieures de chacunedes deux boîtes inférieures. De ces ouvertures, les deux des coins, qui répondent au milieu de la boîte supérieure, sont destinées à laisser passer les abeilles pour former deux essaims dès le mois de mai de lPannée suivante sans être obligé d’essaimer , et si elles produisent une deuxième fois en juillet ou août, on ouvre alors les coulisses de communication par lesquelles elles entrent dans la deuxième division de chacune des boîtes inférieures.
On laisse, pour la première fois seulement, les abeilles travailler deux années de suite dans ces trois boites avant que de faire la récolte, c’est-à-dire depuis le mois de mai ou de juin de la première année, jusqu’à celui de septembre de la deuxième année, afin qu’elles se fortilient et qu’elles aient toujours de la cire et du couvain de Pannée précédente qui leur donne de nouvelles abeilles au printemps suivant. Toutés les autres années qui suivent, on récoltera au mois de septembre, c’est-à-dire au temps où les abeilles cessent de travailler , qui est le plus favorable pour éviter de retrancher du couvain ou de blesser des
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nymphes toutes formées et prêtes à éclore au printemps suivant. Si à la deuxième année ou les années suivantes il arrivait que les abeilles eussent rempli toutes les trois boîtes vers le commencement de juin, alors, afin qu’elles ne manquent pas de place, on ajoute deux autres boîtes vides sous les trois autres, et on est certain d’avoir double récolte Pannée suivante.
La récolte annuelle est toute dans la boîte supérieure dont les gâteaux sont pleins de miel en septembre , pendant que les deux autres contiennent du couvain pour l’année suivante et de la cire pour faire la récolte de cette boîte supérieure ; il faut d’abord tourner en bas les petites grilles des coulisses pour empêcher les abeilles de sortir le soir après qu’elles sont rentrées; ensuite on soulève doucement la boite pour empêcher les abeilles d’en sortir, on fait passer au-dessous la planche à récolter, puis on renverse doucement la boîte, on la pose légèrement sur les barres des pieds qui sont au-dessous de la table en la faisant glisser entre les deux traverses à coulisse, et retirant à mesure la planche à récolter. À mesure qu’elle entre sous la table, on ouvre la trappe à coulisse pour laisser remonter dans les deux boîtes qui restent les abeilles qui pourraient y être restées. Cette opération se fait le soir , et le lendemain matin on porte cette boîte avec les autres boîtes de récolte au fondoir pour en tirer tous les gâteaux sans les rompre, en les séparant au moyen d’un couteau.
Ces ruches doivent être placées près d’un petit mur et bien couvertes. On les ferme par devant avec des claies pendant l'hiver, afin de les rendre plus hâtives au printemps suivant. M. Delaporte prescrit d’exposer tout le rucher au midi vers le milieu d’un coteau , non sur sa crête ni dans le voisinage des grandes eaux, comme étangs ou fleuves, parce que , dans les grands vents et les pluies orageuses , on perd