‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 159 sur 201 · F. DES ABEILLES. — RUCHE DE M. DELAPORTE · texte numérisé non relu

F. DES ABEILLES. — RUCHE DE M. DELAPORTE

beaucoup d’abeilles, et il donne un plan facile pour les gouverner dans les divers mois de l’année, et dont voici le précis:

En novembre , décembre, janvier et février, on baisse les grilles au petit jour pour empêcher les abeilles de sortir, même quelque beau temps qu’il fasse en apparence.

Le mois de mars est un de ceux qui exigent le plus d’attention ; il faut alors diviser les ruches, ou d’une seule en faire deux ; cela se fait aisément en plaçant chacune des boîtes de l’année précédente sur deux autres boîtes vides pour ne pas interrompre leur travail, qui consiste à employer les magasins de cire à faire des gâteaux nouveaux.Une opération aussi essentielle, c’est de saisir les jours favorables pour permettre aux abeilles de sortir et aller recueillir le premier miel du printemps.

En avril, on n’a d’autre soin que de choisir les jours favorables pour les laisser sortir.

En mai, juin, juillet et août , on met le jour les grilles à grand jour aux six portes de la ruche, et la nuit on les retourne en mettant les petites grilles pour empêcher l'accès des insectes.

La fin de septembre est le temps favorable pour la récolte, parce qu'elle se fait alors sans aucuns inconvénients.

En octobre , tout le soin consiste, comme en avril, à ne laisser sortir les abeilles que pendant les jours sereins et calmes.

Les avantages de cette méthode sont évidents : 1° les ruches se partagent naturellement sans contrainte et n’essaiment jamais, on ne perd pas une seule abeille, on fait la récolte , on sépare les essaims sans, pour ainsi dire, que les abeilles s'en aperçoivent , ce qui n’interrompt aucunement leurs travaux ; enfin , comme cette tranquillité leur est favorable , et qu’on peut les gouverner plus facilement que dans toutes les autres ruches, elles y multiplient bien da-

vantage; 2° comme on fait la récolte d’un tiers de chaque ruche tous les ans, il reste deux tiers aux abeilles pour continuer leur ouvrage , et, par ce moyen, elles n’ont pas de cire de deux ans, ce qui leur est contraire et engendre la vermine. Ce tiers, ou chaque boîte, produit au moins deux livres de cire et douze à quinze livres de miel ; 5° enfin, le miel et la cire qu’on retire sont nouveaux et sans mélange , sans couvain.

Les vues de M. Delaporte s'étendent non-seulement sur le perfectionnement des ruches, mais encore sur les moyens de tirer une plus grande quantité de miel et de cire de la première qualité. En suivant les pratiques ordinaires, on retire plus de miel pressuré que de celui qui coule des gäàeaux , et il est toujours mêlé du couvain, qui lui donne un mauvais goût et un principe de corruption. Pour retirer plus de miel vieux que de miel pressuré, M. Delaporte se sert d’une boîte à laquelle il donne le nom de fondoir ou de chauffoir; c’est une espèce d’armoire carrée, longue, qui se ferme en devant par une porte comme une armoire, et dans laquelle s'élèvent dix à douze étages des planches inclinées, de manière que les gâteaux que lon met dessus laissent couler le miel dans un tamis de crin qui arrête les grains de cire et autres ordures, et d’où il passe ensuite dans une cuve placée au-dessous. Avant de placer les gâteaux sur ces planches, on ratisse légèrement leur surface pour enlever le couvercle de cire qui bouche les alvéoles dans lesquels le miel est contenu. Lorsque toutes les planches du couloir sont garnies de gâteaux ainsi ratissés, on met ün peu de braise dans deux chaudrons ou chaufferettes qui sont dans le bas, et on ferme la porte de lParmoire pour concentrer la chaleur, qui est douce et suflisante pour faire couler le miel jusqu’à la dernière goutte sans fondre les gàteaux, que lon retourne ainsi des deux côtés.

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