FAM. DES ABEILLES. — RUCHE DE WILDMAN. A
La cire qu’on met au pressoir au sortir de là, ne rend pas un sixième de miel, au lieu que dans les pratiques anciennes, on n’a pas un tiers de miel fin.
Pour fondre la cire au sortir de la presse, on met dans un chaudron environ un tiers d’eau qu’on fait bouillir et qu’on verse ainsi sur les gâteaux qui sont dans un sac tendu sur la boîte du pressoir. On exprime ensuite bien le tout.
Il suit de cet exposé que les nouvelles ruches de M. Delaporte et sa manière de tirer le miel sont préférables aux pratiques anciennes par les avantages qui en résultent, soit pour ja multiplication facile des abeilles, soit pour la quantité et la qualité du miel et de la cire, qu’on a toujours nouveaux et sans mélange ; mais toutes simples que paraissent et que soient en effet ces ruches, il est probable que les paysans auront de la peine à les adopter, si l’on en juge par les difficultés qu'ils trouvent à faire usage des ruches à hausses de M. Palteau, qui sont également simples ; aussi M. Delaporte a-t-il en vue de lever cette difficulté en demandant à l’Académie une approbation qui, en accordant à la bonté de sa méthode les éloges que nous croyons qui lui soni dus, le mette à portée d’obtenir du gouvernement un établissement, une espèce d'école pour former sous ses yeux des sujets en état de gouverner les nouvelles ruches
et les propager ainsi peu à peu dans toutes les paroisses du royaume.
Nouvelle ruche de bois de Mahogany, avec trois tiroirs el deux glaces, imaginés par M. Wildman, en 1775, pour en retirer du miel toujours frais tous les jours pendant les mois de mai et de juin, et méme jusqu'en novembre, el pour voir les abeilles travailler.
Cette ruche est une boîte cubique de dix pouces de diamètre, fermée partout, excepté sur ses côtés, qui sont à
h50 DIX-HUITIÈME SÉANCE.
glaces attachées seulement par des broquettes, mais qui se referment aussi au moyen de deux volets horizontaux à charnières à bouton. Son intérieur est partagé en trois parties égales par deux coulisses verticales en forme de bandes qui retiennent trois tiroirs verticaux à jour, qui se tirent par des anneaux par derrière. Ces tiroirs, vus par leur plan ou par le côté de la ruche, ressemblent à un cadre traversé dans son milieu par une barre qui le coupe en deux parties égales pour faciliter la séparation de la partie supérieure du rayon qui contient du miel de la partie inférieure qui contient du couvain. Le dessus de ces tiroirs est percé de cinq trous d’un pouce au plus de diamètre, dont un à celui du milieu et deux à chacun des deux autres, qui répondent à autant de trous percés à la partie supérieure de la ruche, que l’on recouvre d’autant de verres en cloche renversée, dans lesquelles les abeilles doivent monter pour y former leurs rayons et les remplir de miel. Le devant de la ruche a en bas deux petites ouvertures qui se ferment par des coulisses horizontales et un petit marche-pied qui avance de deux pouces pour les recevoir à leur arrivée de la campagne.
Voici la manière de se servir de cette ruche :
4° On la place à la campagne sur une tablette dans une chambre exposée au midi, laissant le châssis vertical d’une fenêtre baissé jusqu’au-dessus des ouvertures, dont on n’en laissera qu’une d’ouverte.
2 On détache une des glaces de côté fermant toutes les autres ouvertures ; on y met un essaim d’une autre ruche ou d’une branche. Sur le soir, au crépuscule, on replace la glace ôtée ; on en ferme le volet, puis on ouvre les registres des cinq ouvertures du dessus de la ruche pour y placer les cinq bocaux en cloche que l’on recouvre d’une chemise de paille de manière à en ôter tout le jour; car sans cela les