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FAM. DES ABEILLES. — RUCHE DE WILDMAN

abeilles n’y monteraient pas pour travailler ; ou bien elles les recouvriraient d’une couche épaisse de propolis qui leur sert pour boucher tous les jours à la lumière dans les ruches ordinaires ; elles en enduisent pour la même raison les glaces des côtés lorsqu'on en tient les volets ouverts.

Lorsqu’on à tenu la ruche assez longtemps obscure pour que les abeilles y suspendent leurs rayons, alors on peut en découvrir de temps en temps les glaces et cloches de verre pour les voir travailler.

Comme les abeilles commencent toujours par travailler à Pendroit le plus élevé de la ruche, elles travaillent dans les cinq cloches de verre de manière qu’un essaim ordinaire de cinq à dix mille abeilles ou d’une livre les remplissent d’une livre au moins de miel vierge par jour, ce qui fait soixante-dix à soixante-douze livres pendant le courant de mai et de juin.

Passé ce temps, c’est-à-dire en juillet, on supprime les cinq cloches en bouchant leurs trous avec les registres, et on fait travailler les abeilles dans les tiroirs, qui sont remplis tour à tour en dix jours, alors on retire celui qui est plein d’un rayon, dont on coupe la moitié supérieure qui est remplie de miel, et on laisse la moitié inférieure qui est pleine de couvain pour essaimer en août. Le couvain de septembre doit rester dans la ruche pendant lhiver pour essaimer en mai. Une semblable ruche ainsi conduite rend plus de cent livres de miel pendant les cinq mois d’été entre mai et octobre.

Autre ruche de paille à deux ou trois parties de M. Wildman, en 1775, qui revient à celle à hausser, de M. Palteau.

Cette ruche est composée de deux parties; la première est toute de paille roulée et liée en hémisphère d’un pied de diamètre que l’on peut traverser de deux ou trois bâtons pour servir d'appui aux rayons. La partie inférieure

est aussi de paille, mais seulement de huit à neuf pouces seulement de hauteur, sur un pied de diamètre, foncée en dessus d’une planche de sapin, ouverte d’une trappe carrée à trois barreaux, qui se ferme au moyen d’une planche qui glisse horizontalement.

Voici l’usage de cette ruche :

4° En mai, on prend une branche d'arbre chargée d’un essaim qu’on secoue dans la ruche, qu’on pose sur la deuxième ruche qui n’est qu’accessoire et dont la trappe est fermée. On la laisse ainsi pendant les mois de mai et juin. Dans cet espace et souvent en moins de trois semaines, elle est entièrement remplie de miel au poids de quarante à quarante-cinq livres, sur deux à deux livres et demie de cire. Car ces premiers rayons ne contiennent communément que du miel sans couvain.

2 Alors, c’est-à-dire en juillet, on ouvre la trappe de la ruche inférieure où les abeilles entrent pour y travailler, la ruche supérieure étant pleine. Lorsqu’elles y sont toutes entrées, pendant la nuit on enlève la ruche supérieure dont on ôte proprement tous les rayons, après quoi on la remet sur la ruche dont on ouvre aussitôt la trappe par laquelle les abeilles rentrent le lendemain dans l’ancienne ruche vidée au haut de laquelle elles travaillent à faire de nouveaux rayons qui doivent contenir le couvain comme sont la plupart des rayons faits en juillet. Elle est encore rempiie comme en mai et en juin dans lPespace de trois semaines. Ce couvain éclot et sort en août ou septembre, dans la ruche accessoire, où on les enferme la nuit pendant qu’on vide la ruche supérieure que lPon remet ensuite comme auparavant sur la ruche dont on ouvre la trappe, afin qu’elles rentrent de nouveau dans la ruche et y forment de nouveaux rayons de couvain qui doit n’essaimer qu’en juin de lPannée suivante.

FAM. DES ABEILLES — RUCHE D'ADANSON. 455 Rache plus simple qui n’'essaime point, de mon invention.

Les ruches assez grandes pour ne point essaimer dehorÿ et distribuées de manière que les jeunes essaïms ne se mêlent point avec les vieux, étant les plus avantageuses, celles à trois boîtes divisées chacune en deux, de M. Desportes, simplifiées, m'ont paru plus convenables pour le produit et plus commodes pour le service.

Je les composerais de la manière suivante :

Chaque ruche consisterait en trois boites rondes, de paille, assez semblables à celles de M. Wildman, c’est-àdire cylindriques, d’un pied de diamètre sur huit à neuf pouces de hauteur, fermées en dessus par un fond de sapin percé vers le quart de son diamètre, d’un trou rond d’un pouce pouvant se fermer par un registre tournant et ayant à son bord inférieur une petite porte pour laisser passer les abeilles.

La première année, en mai, on ferait entrer un essaim dans une de ces boîtes qu’on poserait sur un bane à un pied au dessus de terre, et on la laisserait remplir de rayons de miel, ce qui serait fait dans l’espace de trois semaines, c’està-dire en mai et juin.

Dès qu'on s’apercevrait, en examinant tous les jours cette première ruche en juillet, qu’elle serait presque pleine, on la poserait sur deux autres ruches parfaitement semblables, sur le même bane, alors les abeilles entrant dans ces deux ruches par leurs ouvertures supérieures, y formeraient ces rayons qui doivent contenir les essaims dont le premier sortirait en août et septembre, si elles étaient remplies alors, ce qui exigerait qu’on séparât ces deux ruches pour les placer chacune sur deux autres ruches semblables, en retirant, dès cette année, le miel de la première ruche dès le mois de juillet, et celui des autres ruches en septembre, s’il ny restait plus que du miel sans couvain. Mais, pour

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cela, il faudrait une année bien favorable, car chacune de ces ruches pouvant contenir quarante à quarante-cinq livres de miel, ce serait pour les trois ruches au moins cent vingt livres sans compter les rayons faits dans les autres ruches, qui seraient gardés pendant l’hiver avec leur couvain qui sortirait en essaim au mois de mai de l’année suivante.

Ruches de Madagascar.

Les habitants de Madagascar emploient une sorte de ruche plus commode que les nôtres, pour en tirer les rayons à miel proprement quand on veut, et pour y laisser les rayons à couvain; mais elles ont l'inconvénient des autres qui est de laisser essaimer.

Ces ruches consistent en un cylindre de paille tortillée de deux pieds de longueur sur un de diamètre ayant deux fonds dont le postérieur est armé de trois pointes, et ferme exactement tandis que l’antérieur a une ouverture qui sert d’entrée aux abeilles.

En voici l’usage :

Ces ruches posées sur des fourches croisées à un pied et demi au-dessus de la terre, les abeilles posent d’abord vers leur fond, leurs rayons pendant verticalement de manière que les premiers faits en mai et juin ne contenant que du miel, peuvent être enlevés; les autres qui contiennent du couyain, se fichent aux trois pointes du fond pour essaimer en juillet.

Un autre avantage de ces ruches consiste en ce que, pendant lPhiver, on peut les empiler dans un cellier jusqu’au retour de la belle saison.

Mais elles ont deux inconvénients, le premier en ce qu’on n’est pas maître des essaims, le deuxième en ce que la longueur de ces paniers rend lPexamen et le choix des rayons beaucoup plus difficiles que dans les paniers ordinaires.

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