FAM. DES ABEILLES. — ABEILLES CARDEUSES
ABEILLES CARDEUSES. Après l’abeille ordinaire viennent naturellement les trois espèces d’ABEILLES CARDEUSES, qui font des nids de mousse sur la terre et que quelques écrivains appellent improprement abeilles bourdons.
La plus grande de ces trois espèces a onze lignes et demie de long; elle est noire avec deux anneaux jaunes; la deuxième a onze lignes et lanus roux, le reste du corps noir, et la troisième sept lignes et le corselet roux.
Leur nid se voit communément dans les prairies hautes au milieu du, sainfoin et de la luzerne depuis le mois de juin jusqu’en septembre.
Il ressemble à une motte de mousse élevée de quatre à cinq pouces sur cinq à sept pouces de largeur, avec un petit trou qui sert de porte sur le devant.
La mère cardeuse le construit d’abord seule en arrachant avec ses dents brin à brin de la‘mousse fine qu’elle arrange en forme de voûte d’un à deux pouces d'épaisseur. Elle va recueillir sur les fleurs de la cire et en forme un amas de deux à trois cellules qu’elle remplit de miel et de cire mélés, et dans chacune desquelles elle pond un œuf. Elle conüinue ainsi pendant que les premiers œufs éclosent, se filent une coque dans laquelle ils se changent en nymphes, puis en volatils qui travaillent de concert avec leur mère et augmentent ce nid au point qu’en septembre il contient jusqu’à cinquante ou soixante cardeuses; ce sont les plus considérables. La mère pond presque autant d’œufs de femellés que de mäles et d’ouvrières, et tous travaillent également à la construction des gâteaux. Si on détruit leur nid, ce qui se peut sans danger, parce qu’elles sont plus pacifiques et moins ardentes que les abeilles, on les voit travailler aussitôt à Île rétablir. La mère va d’abord chercher la mousse qu’on a dispersée, et, tournant le derrière à son nid, elle saisit la mousse avec ses dents, ses premières
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pattes en éclaircissent les brins comme pour les earder, d’où leur est venu le nom d’abeilles cardeuses. La mousse passe ainsi des premières jambes aux deuxièmes etde cellesci aux troisièmes, qui la poussent aussi foin qu’ils peuvent. Par ce travail répété, la cardeuse forme un petit tas. Si elle se trouve seule, elle se remet devant ce tas et recommence la même opération pour porter ia mousse jusqu’au nid, Pour Pordinaire, plusieurs abeilles cardeuses se mettent à la file les unes des autres; la première pousse la mousse à la deuxième, celle-ci à la troisième, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elle soit apportée au nid, où elle en arrange et entrelace les brins avec beaucoup d'adresse et de propreté.
La mousse seule ne suffit pas pour garantir le nid de la pluie. Les cardeuses ÿ appliquent une voûte de cire brute, gris jauvâtre, épaisse comme une feuille de papier, qui unii les brins de mousse ensemble, les retient contre l'effort du vent. Une galerie de mousse conduit à un trou placé au bas du nid, par où elles entrent à couvert sous cette voûte où elles font une masse irrégulière de la grosseur et figure d’une truffe, composée d’un amas de coques sans ordre, dans lesquelles on trouve vingt ou trente œufs ou leurs larves qui mangent cette masse; c’est un composé de miel et de cire brune au milieu duquel ciles se nourrissent. Souvent exposées à l’air, la mère ou d’autres abeilles rapportent de la pâtée sur les endroits où elle a été consomnée, afin de tenir toujours la masse dans une épaisseur sufisante. Lorsque les larves ont filé leur coque, les cardeuses enlévent la pâtée dont elle est couverte pour la porter par un autre côté ou pour la manger elles-mêmes.
Les abeilles cardeuses sont sujettes aux pous, c'es -à-dire à des cirons ou mites qui s’y attachent par centaines. Un gros ver de frelon en mange la pâtée, les vers et les nymphes. Enfin elles sont fort recherchées par les mulots et le;
FAMILLE DES ABEILLES. — BOURDON. k57 fouines. Par ce moyen, leur multiplication est moins nombreuse et se tient dans un équilibre avec les autres êtres.
Le BouRDoN, bombylius, forme un genre qui, comme nous Pavons dit, ne diffère de celui de l’abeille que parce qu'il “y a que deux sexes, c’est-à-dire des mâles et des femelles seulement pour tous les individus. Les mâles n’ont pas d’aiguillon.
On en connaît environ trente espèces, parmi lesquelles on distingue particulièrement les perce-bois, les maçons, les coupeurs de feuilles, etc.
Le bourdon proprement dit, bombylius, Arist., ou le bourdon perce-bois, le charpentier, est ce gros insecte noir violet qu’on voit voler fréquemment le long des murs les plus exposés au soleil, surtout autour des treillages ou des bois morts, comme arbres et échalas, qu’il doit percer longitudinalement avec les mächoires d’un canal qui a souvent jusqu’à douze ou quinze pouces de longueur, et qu’il partage en dix à douze cellules dans chacune desquelles il pond un œuf qu’il recouvre de pâtée et de miel. Les cloisons sont formées de la sciure même du bois qu’il a mastiquée avec un mucilage sorti de sa bouche. Le premier œuf ayant été pondu dansla cellule inférieure éclôt le premier, celui d’au-dessus le second, et ces volatils sortent de leurs loges dans cet ordre, de sorte que le dernier, qui est en haut traverse les loges des autres pour sortir.
Le maçon où bourdon maçon n’a pour but dans son travail, ainsi que le perce-bois et l’abeille que de loger ses petits, et par conséquent de propager son espèce.
C’est ordinairement sur les murs exposés au midi cu dans leurs angles que cet insecte bâtit son nid. Pour cela la femelle pétrit du sable et de la terre, qu’elie détrempe avec un mucilage qu’elle dégorge de son estomac, et forme ainsi eu un jour une cellule d’un pouce de long sur six lignes de
diamètre, au fond duquel elle pond un œuf, remplissant le reste d’une pâtée de miel et de cire brute, c’est-à-dire de poussier d’étamine. Elle bâtit ainsi sept à huit cellules sans ordre et séparées les unes des autres par un massif de maconnerie, puis elle recouvre le tout d’un enduit épais de mortier qui donne à ce nid la forme d’un demi-œuf pierreux.
Ce travail, qui commence vers le 15 avril, dure environ quinze jours. Les larves y vivent onze mois à un an, et, pendant ce temps, elles sont dévorées par des ichneumons qui y déposent depuis deux jusqu’à trente œufs dans le corps de chacun, ou par la larve du cler, clerus, Arist., figuré par M. de Réaumur sous le nom de ver rouge, vol. 6, p. 92 ; vol. 8, fig. 7 à 41. |
D’autres bourdons-maçons choisissent un trou fait naturellement dans la pierre ou le bois, le tapissent d’un mastic de terre, y pondent un œuf en lui apportant une provision de pâtée, puis bouchent l’alvéole avec le même mastie. Le volatil en sort le vingtième jour après la ponte de l'œuf. Réaumur, 6, p. 87 et 88.
Les bourdons coupe-feuilles choisissent, les uns des feuilles de rosier, les autres des feuilles de marronnier, dans lesquelles ils coupent avec leurs dents trois sortes de pièces, les unes demi-ovales, d’autres ovales et d’autres rondes comme taillées avec un emporte-pièce. Ces pièces sont destinées à former plusieurs alvéoles composées de petits gobelets enchâssés et disposés comme des dés à coudre, mis les uns dans les autres et enfoncés ainsi dans des tuyaux cylindriques longs et gros comme le doigt creusés dans la terre, à cinq ou six pouces de profondeur.
Chaque alvéole contient un œuf avec de la pâtée, la larve s’y file une coque de soie danslaquelle eile passe l’hiver sous la forme de nymphe ou de volatil.
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L’ichneumon, qui dépose ses œufs dans le nid des bourdons-macons, sait aussi percer ces tuyaux pour les y déposer dans le corps des larves qui les occupent.
Le bourdon-tapissier diffère seulement des coupe-feuilles en ce que son nid, qui est un trou perpendiculaire de trois pouces de profondeur, plus étroit à entrée et évasé au fond, est tapissé de pétales de coquelicots taillés en demi-ovales et appliqués plusieurs les uns sur les autres, de manière que les dernières pièces débordent l’entrée du trou, ce qui forme un petit ruban qui fait remarquer ces trous dans les sentiers et au milieu des champs de blé.
Trois jours suffisent à la femelle pour faire ce nid et en remplir le tiers ou un pouce de pâtée sur laquelle elle replie les pétales du coquelicot, puis bouche les deux autres pouces de terre bien mastiquée. La larve ne devient aïlée que l’année suivante, dans le temps où le coquelicot est en bouton.
Le bourdon à membrane soyeuse est le seul qui fasse son nid au nord dans le mortier qui unit les pierres des murailles.
La femelle le fait en mai; il consiste en plusieurs cellules en dés à coudre longs de cinq lignes sur deux lignes de diamètre, mises bout à bout et fermées d’une matière soyeuse, dégorgée de sa bouche sous la forme d’une écume.
Dans chaque cellule elle pond un œuf et de la pâtée. Le volatil en sort en juillet.
Le bourdon-mineur ne sait que creuser la terre; il y fait, soit verticalement dans les allées de battues de jardin, ou plus ordinairement le long des berges ou des sables gras coupés à pic et exposés au midi, un trou, d’abord horizontal, ensuite vertical, au fond duquel la femelle pond, en mars ou en avril, un œuf avec de la pâtée et bouche le trou avec de la terre.
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La GuÊPrE, vespa, Plin. On confond communément sous ce nom, et sous celui de guépe-frelon, le frelon; mais ces animaux diffèrent beaucoup et par leurs mœurs et par leur forme. La guêpe a les yeux entiers et les ailes développées mais croisées, et elle maçonne son nid avec de la terre, au lieu que le frelon le compose de carton ; il a les yeux échancrés et les ailes pliées en deux sans être croisées. Jen connais dix espèces qui n’ont rien de remarquable.
2e Section. ABEILLES A YEUX ÉCHANCRÉS OÙ FRELONS.
La CARTONNIÈRE, kartonna, du Sénégal et des pays chauds, qui pond son guêpier &e carton aux branches des arbres, ne diffère du frelon qu’en ce que son ventre est attaché au corselet par un filet assez long.
Le FRELON, crabro, Virgile, comprend au moins vingt espèces d'insectes, dont les plus remarquables sont le grand frelon des arbres et des murs, celui à grand guëpier de papier sous terre.
Le frelon des arbres fait son nid quelquefois dans les trous de murailles, mais plus souvent dans les creux darbres, où il est suspendu sous la forme d’une cloche; il est tout fermé d’une sorte de papier grossier composé de sciure de bois pourri, mastiqué avec le mucilage qui sort de leur bouche. L'entrée de ce nid est un trou percé dans le bois vif de l'arbre. J’ai vu leur accouplement le 10 octobre, il se fait de côté. Cet insecte est très-vorace, il dévore les abeilles et les autres insectes, mais son vol est pesant.
Le petit frelon à nid de papier sous terre a, comme le grand frelon et abeille, des individus des trois sexes; son nid, qui contient depuis quinze jusqu’à trente mille frelons
à la seconde année, est l'ouvrage d’une seule mère qui a été fécondée en octobre pour pondre en avrik.
Elle creuse elle-même, en mars ou avril, la eavité qui contient le guëpier, ou bien elle profited’un trou de taupe dans lequel elle construit des alvéoles où elle pond des œufs. Vingt jours suffisent à ces œufs rour devenir larves, nymphes et frelous qui laident aussitôt dans son travail. Tous les individus qu’elle pond depuis avril jusque vers la fin d'août sont des neutres ou des frelons ouvriers; ce n’est qu’en septembre que le frelonniez ou le nid est complet, et que la mère commence à sortir avec les mâles et les femelles. Ces mâles travaillent presque autant que les neutres à tenir le guêpier net. En octobre, une espèce de fureur s’empare des mâles et des neutres: ils jettent hors des cellules les œufs, les vers, les nymphes, tout languit et périt bientôt de faim et de froid, et il nv a que les femelles qui ont été fécondées qui, échappant aux rigueurs de lPhiver dans un trou de mur, peuvent au printemps jeter les fondements d’une nouvelle république.
Un guêpier complet, de quinze à trente mille frelons, tel qu’on en voit en septembre, a jusqu’à un pied de diamètre: ilest de forme à peu près sphérique, recouvert en dessous de plusieurs enveloppes, et formé de sept à quinze gâteaux étagés chacun de dix à quinze cents cellules hexagones soutenues par de petites colonnes distribuées çà et là par intervalles. Il n’y à que les cinq derniers étages qui contiennent des cellules à mâles et à femelles; il y a deux ouvcrtures, dont l’une sert d’entrée et l’autre de sortie,
Ces insectes vivent de miel, de fruits, d'insectes ct de chair; aussi se logent-ils dans le voisinage des abeilles, des vignes et des cuisines : non contents de voler le miel des abeilles , ïls les tuent et les mangent. Ce sont eux qui entaillent, en août et septembre, dans les plus belles poires
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de doyenné, de beurré et autres , et dans des pièces de boucherie de campagne des morceaux si pesants qu'ils sont quelquefois obligés de se reposer à terre, mais pour un peu de viande qu’ils emportent ils garantissent les boucheries de ces grosses mouches bleues qui viennent pour y déposer leurs œufs, et les font bientôt disparaître. Ils retournent ainsi chargés au frelonnier, où ils dégorgent aux larves le sirop de ces fruits et le jus des viandes qu’ils ont hachées. Les larves, arrivées à leur grosseur, se filent une coque qui tapisse et bouche leurs cellules, passent à l’état de nymphes, et peu à peu à celui des frelons, qui vont aussitôt butiner comme leurs nourriciers.
Le papier de ces frelonniers, quoique grossier et quoique susceptible d’être blanchi, peut cependant être employé à faire du carton ou du gros papier ; il est, comme notre papier, fait des fibres de l'écorce intérieure des plantes; et on pourrait, avec de la patience, en faire avec de semblables, comme les Japonais font leur papier, qui vaut bien lenûtre, en pilant les écorces de certains arbres à bois blancs qu’ils réduisent en bouillie.
La GUÊPE AÉRIENNE, ou des arbres, suspend son nid à une branche d’arbre ; il est sphéroïde, cendré, de deux pouces au plus de diamètre, et formé d’un seul rang de quarante à cinquante cellules.
Selon lauteur du Spectacle de la nature (vol. 1, p. 136), c’est la même espèce qui fait son nid sous terre.
23° Famizze. LES OESTRES, OESTRA.
Les insectes de cette famille sont des mouches à deux ailes qui se reconnaissent à ce que leur bouche n’a qu’une ouverture simple.