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FAMILLE DES MOUCHES. — COUTURIÈRE

La MOUCHE ARMÉE, mirio, Ad., a une singularité, c’est que sa larve, qui vit dans Peau, qui est très-longue, aplatie, pointue par les deux bouts, renferme sa nymphe dans la peau qui ne change aucunement.

à MOUCHE , nusCa, est un genre qui comprend plus de cinquante espèces, toutes ovipares, excepté la grande grise, à anus rouge, qui est vivipare et moins féconde que les autres qui sont ovipares. Elle ne pond que deux petits à la fois ; les ovipares, au contraire, pondent environ deux mille œufs dans des matières animales corrompues, ou seulement fétides, comme la mouche bleue de la viande, qui les pond dans le crapaud vivant et le fait périr; la mouche les pond dans les chrysalides des chenilles ; d’autres minent les feuilles de la jusquiame et de loseille, d’autres dans les enveloppes de laitue.

Lorsque les ovipares s’accouplent, leur ventre est déjà rempli d'œufs dont la plupart ont toute leur grosseur ; mais lorsque les vivipares s’accouplent, les embryons ne sont aucunement sensibles dans leurs corps.

La MOUCHE STERCORAIRE, à laquelle je donne le nom de mumera, parce qu’elle forme avec quatre autres espèces un genre différent de la mouche ordinaire par la palette de ses antennes qui est lenticulaire, a cela de singulier que ses œufs ont, à une de leur extrémité, deux ailerons qui empêchent que les femelles, en les pondant dans les excréments des animaux , ne les y enfonce trop.

L’APHIDIVORE OU MANGEUR DE PUCERONS vit sur les feuilles des plantes, devient nymphe dans sa peau &@e ver qui prend la forme d’une larve collée avec une liqueur sortie de sa bouche, le gros bout ou lanus en haut auquel répond la tête de la nymphe, qui paraît y avoir changé de place bout pour bout; cette larve devient nymphe le 4° juillet, et ailée dix jours après.

28° Famizze. LES TAONS, TABANI.

Les insectes de cette famille ont la bouche formée d’un aiguillon , d’une trompe et d’antennules ; ils comprennent troisgenres dont le taon et la mouche du ver à queue de rat, ejula , sont les plus remarquables.

Le Tao est la mouche qui inquiète le plus les chevaux, les bœufs, les rennes, les serpents et l’homme pendant l'été par ses piqûres. Sur dix espèces que je connais, il y en a une qui a un pouce de longueur.

La larve de ces insectes n’a pas encore éfé trouvée par les auteurs ; quelques-uns soupçonnent qu’elle vit dans l’eau, parce que ces mouches se trouvent près des lieux aquatiques ; mais il nous parait que c’est dans les tumeurs du dos des animaux qu’elles sont pondues en août et septembre.

L’EJULA Où VER A QUEUE DE RAT, mérite bien d’être connu à cause de la singularité de sa queue, qui consiste en deux anneaux semblables à deux tuyaux de lunettes qui s’allongent jusqu’à cinq ou six pouces pour aller respirer Pair à la surface de l’eau. Ces larves vivent dans les eaux bourbeuses et puantes des cloaques et des tonneaux qui reçoivent l’eau des toits; quoique les auteurs disent qu’elles ne se voient point dans les eaux plus profondes que la longueur de leur queue, qui ne‘peut parvenir à leur surface, néanmoins j'en ai élevé plus d’une centaine dans un tonneau plein de trois pieds d’eau qui venaient du fond le long des parois, et qui, lorsqu'ils étaient en haut, se retournaient pour faire sortir le bout de leur queue qui , en s’épanouissant en entonnoir , les soutenait ainsi suspendus à la surface de Peau.

Cette larve se métamorphose en nymphe dans sa peau de ver, conservant sa queue , et donne de juin à

FAM. DES TAONS. — FAM. DES COUSINS. h67

août une mouche assez semblable à une abeille , qui diffère du taon en ce que sa trompe à quatre antennules au lieu de deux.

29° FamiLze. LES COUSINS, CULICES.

Les insectes de cette famille ont une bouche à aiguillon et deux antennules.

Le cousin, culex, Plin., ou moucheron, est un insecte qui se voit toute l’année en grande quantité et quelquefois par nuages , depuis le mois de mai jusqu’en novembre ; il y en à cinq à six espèces parmi lesquelles se trouve celle qu’on appelle maringoin dans les pays chauds.

Son accouplement se fait en Pair, en volant ou suspendu.

Peu après la femelle s'attache à une feuille à la surface de l’eau, croise ses jambes postérieures, pond dans l'angle qu’elles forment un œuf, puis successivement jusqu’à deux cents ou trois cent cinquante autres œufs qui se collent pour former par leur assemblage une espèce de bateau qui flotte, et d’où sortent autant de petites larves qui plongent dans Peau pour s’y nourrir du mucilage de la terre.

Ces larves ont l’air d’une massue à tête fort grosse, avec deux veux, deux mâchoires et deux tuyaux, parce qu’elles sont toujours suspendues pour respirer l'air extérieur. Elles changent trois fois de peau en quinze à vingt jours pour devenir nymphes.

Cette nymphe est bossue ou courbée communément comme celle de la tipule, les deux cornets ou stigmates de la respiration tournés en haut. Elle reste dans cet état huit à dix jours , après lesquels sa peau se gonfle et se fend par le dos entre les deux tuyaux respiratoires, par où elle sort dans Pétat de volatil qui s'élève dans l'air, laissant sa dé-

pouille flottante dont ilse débarrasse sans tomber dans l’eau, où il périrait.

Chaque génération n’est done guère que d’un mois, et ces insectes en font six à sept par an, de sorte que nous en serions fort incommodés si les oiseaux , et surtout les hirondelles, ne nous en débarrassaient. ,

Ce que le cousin à de plus singulier après ses ailes bordées de poils qui nitent une frange ou un falbalas, c’est la trompe qui, outre les deux antennules barbues et à quatre articles qui lPaccompagnent, est composée de cinq pièces, dont quatre forment deux tuyaux en sucoir et barbelés, Pun extérieur plus grand formé de deux lames collatérales en demi-canal, et Pautre intérieur formé de même, et qui laisse sortir un aiguillon si fin , qu’on le voit à peine au microscope : c’est avec ces tuyaux qu’il se procure sa nourriture ; ie tuyau extérieur lui sert à pomper les liqueurs, les sucs des fruits ou des chairs ; lorsqu'il est forcé de percer une peau qui fait de la résistance , il enfonce son tuyau ou ses deux lames barbelées qui, dès qu’elles ont pénétré les chairs et ouvert un passage , rentrent dans le tuyau extérieur pour en tirer le sang comme dans une pompe, au moyen de Paiguillon qui va et vient comme un piston.

Pendant l'hiver, le cousin ne mange plus, il reste comme les mouches dans les carrières , dans les caves ou des souterrains semblables, d’où il sort au retour du printemps pour multiplier et pondre sur les eaux croupissantes.

30° Famizee.® LES ASILES, ASILI.

L'ASILE , asilus , Arist., à , comme les deux autres genres de mouches à deux ailes de la famille à laquelle elle donne son uom, une bouche à aiguillon seulement. La forme allongée de son corps, qui est menu et pointu par les deux extrémités , la fait reconnaitre aisément.

FAMILLE DES ASILES. —— ASILE. h69

On en connait plus de dix espèces.

Ce sont les mouches-loups de Mouflet. Elles piquent nonseulement et incommodent beaucoup les bestiaux, mais même elles déposent leurs œufs dans la peau de leur dos. Les larves qui naissent de ces œufs vivent du pus qui se forme dans les tumeurs qu’elles font élever entre le cuir et la chair de ces animaux.

Le curbura de Laponie parait en être une espèce qui s'attache particulièrement aux rennes ; ils en portent dans chaque tumeur ordinairement six à huit qui les inquiétent tellement, qu’ils fuient avec fureur dans les montagnes , et se précipitent dans les vallons. IIS souffrent ainsi pendant tout Phiver , et ce n’est qu’au printemps que ces larves, parvenues à toute leur grandeur , sortent de la tumeur par un trou qu’elles font au cuir pour se laisser tomber dans la terre, où elles deviennent nymphes, puis insectes ailés en juin, qui vivent jusqu’en septembre et octobre.

La grande espèce, qui est noire, à ventre jaune doré, et qui à quatorze lignes de longueur, se trouve communément accouplée dans nos prés en août et septembre, et pond peu après ses œufs sur le dos des bœufs, des ânes et autres bestiaux.

La MOUCHE-ARAIGNÉE, hippobosca, ainsi appelée parce qu’elle marche sur les bestiaux et se tapit comme une araignée. On lappelle encore mouche à chien, parce qu’il y en à une espèce qui s'attache sur les chiens; on en trouve aussi jusque dans le nid des hirondelles, et j’en connais ainsi quatre espèces.

Cet animal est le plus singulier, non-seulement des mouches à deux ailes, mais encore de tous les autres insectes et animaux par sa manière de pondre. Tous les autres animaux connus pondent des œufs ou des petits vivants. Tous les insectes connus passent par l’état de larve avant que de

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