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LES VERS PROPREMENT DITS OÙ INTESTINS, VERMES

Nous mettons cette classe d'animaux immédiatement à la suite de celle des insectes, parce que c’est celle qui à avec eux un plus grand nombre de rapports.

Les vers ont le corps articulé comme les insectes ou comme les scolopendres parmi les crustacés, sans stigmates, sans pieds ni antennes articulées, mais souvent avec des cornes et des filets qui leur tiennent lieu d'antennes et de

pieds. Ils sont ovipares. On peut les diviser en cinq families, SaVOIr :

i° Celle des SANGSUES, qui n’ont aucune sorte de pieds ;

2 Celle des NÉREIDES ou des LoMBRics, qui ont des poils qui leur tiennent lieu de pieds ;

3° Celle des PIXCEAUX , penicilla, qui ont le corps enfermé dans un tuyau:

4° Les PoussE-PiEDS, qui n'ont d’articulé que les cornes:

5° Les pouvrs.

FAMILLE DES SANGSUES. h73

Are Famizze. LES SANGSUES, HIRUDINES.

Cette famille de vers sans pieds comprend six genres, qui

sont :

1” Le DRAGONNEAU, gOrdius ; 4° L'HIRUDINELLE DES POISSONS 2° Le STRONGLE, stronqulus ; 5° La SANGSUE, hirudo ;

3° L'ENCEPHALE; 6° Le VER SOLITAIRE, (@nia.

Le DRAGONNEAU, gordius, Lin., dracunculus, Galien, vena medina, ver de Guinée, est un ver blanc, long d’un pied et deux tiers, cylindrique, d’une ligne de diamètre, articulé, qui se forme dans les jambes des nègres de la Guinée et des Indes, entre la peau et les muscles charnus. Quelques voyageurs disent que les Européens qui restent deux ou trois ans dans ces pays, et qui en boivent les eaux, y sont sujets.

On ne s'aperçoit point de la présence de ce ver tant qu’il est plein de vie, et il meurt rarement avant que d’avoir pris toute sa grandeur, c’est-à-dire avant que d’avoir atteint la longueur de la jambe ; car sa tête, qui est un peu échancrée, à deux pointes obtuses, tient au périoste vers le genou, sur la face interne de la jambe, et son extrémité postérieure répond à la malléole interne. Dès qu’il est mort, sa partie postérieure , qui tourne la première en pourriture , forme au-dessus de là malléole un ulcère par lequel sort le pus dont son corps était rempli. Alors on en voit le bout qui commence à sortir ; on le roule autour d’une petite paille ou d’un bâton gros comme une ailumette, et on attend au lendemain qu’il soit encore allongé pour le rouler de même. Il sort ainsi tous les jours de la longueur d’un pouce environ. [ faut faire attention de ne pas le casser en tirant trop fort, car alors il est plus longtemps à sortir de lui-même, et l’eau àcre qui en coule occasionne souvent la gangrène et la mort. Avec des précautions, on parvient à le retirer entièrement

h7l4 DIX-NEUVIÈME SÉANCE.

en vingt à vingt-deux jours, et à avoir la tête, qui sort la dernière. Nous en avons retiré ainsi plusieurs pendant notre voyage au Sénégal.

L’usage des liqueurs spiritueuses préserve de ces vers.

Le STRONGLE, strongulus, est ce ver gris blanc, semblable à un ver de terre cylindrique, pointu aux deux bouts, long de dix à douze pouces, qui vit dans l'estomac des hommes et surtout des enfants dans lesquels la bile circule difficilement. Nous avons vu des enfants dont le conduit biliaire qui répond à l’estomac était bouché par la quantité de strongles dont cet estomac fourmillait et était criblé. Quelques cuillerées d’une huile amère aromatique avalées, sauvaient la vie à tous ceux qui se trouvaient dans le même cas, et on en à des indices lorsqu'on en voit rendre quelques-uns par la bouche ou par le fondement.

Le strongle à la bouche composée de trois mamelons sous lesquels sont trois dents cartilagineuses. Le mâle a Ja partie de son sexe cylindrique, longue d’une demi-ligne, placée au tiers de la longueur de son corps près la tête, et la femelle porte environ dix mille œufs insensibles à la vue et presque aussi menus que les globules du sang, au point qu’il est probable qu'ils passeraient par divers vaisseaux du corps. Ce ver est ordinairement vivipare et quelquefois ovipare.

L'ENCÉPHALE, encephalus. J'appelle de ce nom un ver qui n’est guère connu que par les ravages qu'il fait en certains temps dans les chenils, où il fait périr une grande quantité de chiens.

Il se trouve dans les cornets de leur nez. Il est blanc, figuré en massue, et composé de quatre-vingt-quatre articulations, et long de quatre pouces.

L’'HIRUDINELLE n’a de singulier que son pied qui forme une espèce de vessie placée sous le milieu de son corps, de

FAMILLE DES SANGSUES. — SANGSUE. h75

manière que lorsqu'elle s'applique dessus en relevant les deux extrémités, elle prend Pair d’une aiguière.

Ce ver vit dans l’estomac des poissons et des oiseaux aquatiques, comme le héron.

La SANGSUE, hirudo, a, comme lon sait, une ventouse vers l’anus qui lui sert de pied ou de point d'appui pour marcher en tirant avec sa tête, comme si elle arpentait le terrain.

Sa bouche, qui forme une espèce de lèvre ou d'ouverture triangulaire, est armée de trois dents aiguës triangulaires avec lesquelles elle peut couper et percer la peau de l'homme et même celle d’un cheval ou d’un bœuf.

Elle fait trois plaies à la fois ou trois incisions qui paraissent encore sur la peau trois ou quatre jours après que le gonflement en est dissipé. Le fond de sa bouche fait l'effet d’un suçoir qui attire le sang de lanimal qu'il suce, et elle en suce assez pour grossir huit fois autant que son volume ordinaire, au point que son poids ordinaire d’un demi-gros augmente jusqu’à quatre gros. Il y reste longtemps, mais non pas sans digérer, comme ïe disent tous les auteurs qui prétendent que ce ver n’a point d’anus. Nous pouvons assurer qu'il en à un; nous l’avons vu dans cette espèce et dans toutes les autres. C’est une petite ouverture ronde, placée directement au-dessus de la ventouse qui sert de pied à cet animal.

Lorsque la sangsue s'attache à un animal pour le sucer, on ne peut guère l’en arracher sans la déchirer, et pour lors il y a souvent inflammation et suppuralion, quoique cet animal ne soit pas venimeux. On la fait quitter en répandant dessus un peu de sel pulvérisé qui la fait entrer en concrélion et même périr. Les alcalis et les liqueurs acides font à peu près le même effet. Les sangsues vivent plusieurs mois sans nourriture dans l’eau douce, pourvu qu’il y ait

un peu de terre. La plaie qu’elles font est moins sensible dans Peau que hors de l’eau , et moins que la piqûre d’une puce affamée. Elles piquent indistinctement tous les vaisseaux sanguins et y restent pendant six heures. Le sang coule encore quelquefois vingt-quatre heures après, quand les eaux des étangs où on se baigne sont tièdes ou suflisamment chaudes, et on dit avoir vu la nuit des personnes tombées dans un étang plein de sangsues, y périr par la perte de leur sang.

Tous les auteurs disent que la sangsue est vivipare comme Panguille; c’est une erreur aussi grande que celle de dire qu’elle n’a point d’anus. Elle pond, ainsi que la sangsue des poissons, un œuf ou plutôt un ovaire long de neuf lignes, large de cinq, cendré roux, comme spongieux, qui contient dix petites sangsues vivantes. Elles ne sont pas hermaphrodites, comme dit l'Émery.

Selon Redi, les mâles et les femelles ont les organes de la génération conformés comme ceux des limaces et des limacons; mais ces deux organes sont un peu distants l’un de Pautre, le masculin au vingt-cinquième anneau et le féminin au trentième, près de la tête.

Il n’est pas douteux que l’usage des sangsues ne soit trèsutile dans les abondances de sang, pour apaiser les migraines invétérées, en les appliquant au front; les fluxions des dents, en les appliquant aux gencives; les hémorroïdes, en les appliquant sur elles ; enfin pour rétablir le cours des règles, en les appliquant à l’orifice interne de la matrice, mais cela exige quelque attention. D'abord la sangsue noire ordinaire doit être rejetée; sa morsure est ordinairement suivie d’inflammation, de fistule ou de gangrène. Celle qui a le dos verdâtre et le ventre rougeûtre, qui vit dans les eaux marécageuses, mais courantes et vives, est préférée. On les fait jeûner quelque temps dans l’eau claire, puis on

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