FAMILLE DES SANGSUES. — TÉNIA. LA D
les applique, en leur tenant la tête entre Îes doigts; mais comme elles sont fort glissantes et qu’elles peuvent s’'échapper et s’introduire soit dans le rectum, lorsqu'on les applique sur les vaisseaux hémorroïdaux, soit dans l’œsophage, pendant leur application aux gencives ou à la langue, on les assujettit dans un petit tuyau de roseau. Lorsqu'on à avalé des sangsues qui, s’attachant aux veines de Pestomae, occasionnent des cardialgies, dans ce cas ilfaut boire de Peau salée; on chasse celles qui se sont glissées dans les bovaux en prenant force lavemerits de la même eau salée.
On a remarqué que la sangsue coupée en deux répare les pertes qu’elle à faites du côté de la tête, pendant que la partie postérieure périt et tombe en pourriture.
Le TÉNIA ou ver solilaire est nommé {ænit parce qu’il est plat comme un ruban. Sa longueur ordinaire est de treize à quatorze pieds sur six à sept lignes de largeur à son milieu; mais ses extrémités sont extrêmement fines. !l est composé de deux mille deux cent quarante articulations, dont les premières ou les plus proches de la tête sont courtes et quatre à cinq fois plus larges que longues, pendant que les postérieures sont au contraire une fois plus longues que larges. Ces articulations ont chacune sur le côté une bouche ou un suçoir semblable à une ventouse orbiculaire, qui est placé alternativement à droite dans une articulation et à gauche sur lPautre. Elles ont encore à leur milieu en dessus une tache en rose à huit ou douze rayons, qui indique la forme de leur estomac et de leurs intestins, de sorte que chaque articulation a sa bouche et son estomac particuliers. Mais on n’y voit pas de conduit excrémentitiel, et c’est pour cetté raison que les observateurs qui lui ont cherché une bouche analogue à celle des autres animaux, ou placée de même à l’extrémité de leur corps, n’ont pas réussi à en trouver, quoique quelques-uns aient cru apercevoir quatre
mamelons ou sucoirs à la première des articulations antérieures.
Quelques auteurs ont avancé, sans le prouver, que le ténia est un animal de la nature du polype, qui se reproduit par ses articulations, de manière que, pour peu qu'il en reste une articulation dans le corps, il se régénère et se propage par extension sans multiplication par génération. Mais l'observation contredit entièrement cette opinion, ainsi que celle de ceux qui prétendent qu’ils ont plus de quatorze pieds de longueur. D'abord il est constant qu’on a vu rendre deux ténias entiers à la même personne. En second lieu, si lon suppose que le ténia se propage par une addition d’articulations nouvelles ajoutées à une des anciennes, ces articulations auront nécessairement toutes la même grandeur que Particulation primitive, ou bien elles tendront à diminuer ou à augmenter de grandeur; or, c’esi ce qui ne se voit pas; au contraire, les articulations sont, dans tous les individus, constamment plus étroites aux deux extrémités du corps, plus courtes vers la tête et plus longues vers la queue; d’où il suit que ce ver se multiplie par une vraie généralion.
Ce ver se rencontre dans les intestins des hommes de tous les pays, même chez les nègres du Sénégal ; mais on remarque qu’il est plus commun en Hollande, en Allemagne et dans l'Ukraine. On en trouve aussi de deux sortes dans les chiens, dans les tanches, etc.; mais ce sont d’autres espèces.
Un animal qui à autant de bouches et une longueur de quatorze pieds et peut-être de trente aunes, comme Boerhave dit en avoir vu, doit affamer l'estomac en suçant la substance mucilagineuse la plus nourrissante qui passe par les intestins; aussi les personnes qui en sont attaquées tombent-elles dans une maigreur déplorable.
Les moyens les plus efficaces pour les détruire sont l'usage
FAM. DES LOMBRICS. — SÉTA, DISÉTA. h79
des liqueurs spiritueuses, des remèdes mercuriels et des huiles amères et aromatiques.
2e Famisce. LES NÉREIDES OÙ LOMBRICS.
Les vers de cette famille ont sur les côtés du corps des poils qui leur tiennent lieu de pieds. IIS comprennent neuf genres, dont les plus remarquables sont :
1° Le sera ou ver de la boue ; 4° La SCOLOPENDRE DE MER, nereis, 2° Le VER DE TERRE, lumbricus ; Lino.
3° La TAUPE DE MER, physalus ;
Le séTA, ou le ver blanc de la boue, le ver à tuyau de boue, l’anguille de la boue, à tout au plus cinq à six lignes de long sur un douzième de ligne d'épaisseur. Il est articulé et porte un filet des deux côtés de chaque articulation de son corps; il a une bourse à la partie antérieure, un anus à l’opposé, et un intestin ondé.
IL'est commun, en juillet et août, dans la boue du bord des ruisseaux et des rivières d’eau douce, où il se forme un trou vertical d’un à deux pouces de profondeur, et un petit tuyau avec la mucosité qui sort de son corps.
On en peut pêcher beaucoup avec un segment de cercle de fil de fer attaché au bout d’un bâton, et qu’on fait courir sous terre à la profondeur d’un à deux pouces. Ce fil, rencontrant les vers qui s’y sont enfoncés, en entraine beaucoup avec lui; on les en retire en les trempant dans un verre d’eau et les se:ouant. Pour les élever et en nourrir des polypes, il suffit de mettre un ou deux pouces de limon ou de sable au fond du vase, et un pouce d’eau au-dessus. Après un ou deux jours, ces sétas forment leurs tuyaux, qui sont de petits cylindres de deux à trois lignes de hauteur sur une demi-ligne à deux tiers de ligne de diamètre, droits pour la plupart, mais dont quelques-uns sont inclinés. Ils font ainsi
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plusieurs tuyaux, et ne se tiennent pas toujours dans le même. |
Leur situation dans ces tuyaux est ramassée, ils s’y tienuent la tête en bas, et en sortent presque entièrement en faisant un inouvement ondoyant continuel, semblable à celui d’une corde arrêtée par un bout au bord d’une eau courante.
Lorsqu'on frappe l’eau ou le verre où sont ces vers, ils entrent aussitôt au fond de leur trou.
Ce que ces animaux ont de plus singulier, c’est que l’on peut les couper en deux, trois, quatre parties, ils réparent leurs pertes dès le troisième jour; mais les parties intermédiaires les réparent plus promptement que lantérieure, où est la tête, ce qui est précisément le contraire de ce qu’on observe dans les autres vers.
Il en est un autre genre que j'appelle piséra, parce que les poils de chaque articulation de son corps sont doubles, qui est rougeâtre, long de seize à trente lignes, qui vit de inême dans le limon sous l’eau des rivières, et dont la reproduction est encore plus étonnante. On peut le couper en vingt-six portions, chacune de deux articulations. La plupart de ces portions continuent de vivre et deviennent des animaux parfaits; en sorte qu’au bout de six mois elles ont plus de soixante anneaux, ou deux pouces de longueur ; la tête est en général la portion qui, en temps égal, reproduit une plus longue queue. On peut lui couper et recouper la tête jusqu’à huit fois dans l’espace de deux mois æété, il en repousse une nouvelle.
Ces vers se multiplient naturellement ou d'eux-mêmes par une section spontanée et encore par génération. Ils sont vivipares et produisent des petits semblables à eux, qui sortent par les anneaux voisins de la tête. Des vingt-sixièmes de vers, coupés depuis treize à quatorze jours seulement,