FAM. DES CONQUES. — PERLIÈRE, HUITRE
dans le golfe Persique, autour de l’île Barhen, sur la côte de l'Arabie Heureuse, près de la ville de Carifa, sur celle du Japon et autour de Ceylan.
On pêche aussi des perles dans le golfe du Mexique, dans la Méditerranée et sur nos côtes de l’Europe, mais elles sont inférieures en grandeur et en beauté, et elles appartiennent à d’autres genres de coquillages, et lon sait que toutes les coquilles nacrées en donnent, comme le manteau, là pintade grise, l’hirondelle, la moule, etc.
La pêche des perlières se fait, aux Indes, par des hommes accoutumés dès leur jeunesse à plonger et à retenir leur haleine pendant un quart d'heure. On les descend au moyen d’une corde à cinquante ou soixante pieds de profondeur dans un panier iesté avec une pierre pesant trente livres. Is détachent les perlières avec un morceau de fer, et quand la corbeille est remplie, ils font un signal pour qu’on les retire. Ces plongeurs, quoiqu’ils voient aussi clair qu'à terre dans ces fonds de mer, risquent cependant beaucoup d’être dévorés par les requins, ou d’être blessés en s’aecrochant contre les rochers.
Au reste, dès que les perlières sont tirées de la mer, on les étale au soleil qui les fait ouvrir sans les endommager. Il y en à beaucoup qui ne contiennent pas de perles, et on a remarqué qu’elles sont plus abondantes dans les années pluvieuses. Lorsqu'on laisse trop longtemps ces coquillages pourrir au soleil, les perles y prennent souvent une couleur jaunâtre qui les gâte.
Les plus grosses perles qu’on ait encore vues sont de la forme d’un œuf de pigeon. Elles sont estimées proportionnellement à leur grosseur ; les plus petites, appelées semences de perles, ne servent qu’en médecine.
Les perles s’amollissent dans les acides et l’eau chaude, et se réduisent en craie comme talqueuse lorsqu'elles restent
longtemps enfouies sous terre. On fait avec, le nacre des cuillers, des couteaux, des navettes, des jetons.
L’auirre, ostreum, Plin., ainsi que le spondyle paraît approcher des limaçons operculés, surtout de la nérite, plus que tout autre genre de la famille des conques par son battant supérieur qui est aplati, plus petit que le battant intérieur ; son ligament est carré et placé dans le talon même de la coquille. Les deux lames du manteau sont bordées de filets et ne forment aucune sorte de tuyau, Sa valve inférieure est toujours collée et unie aux rochers, aux bois ou autres corps sur lesquels il pose.
Il y en a plus de quinze espèces parmi lesquelles les plus remarquables sont lhuître commune, l'huître d'arbre ou la feuille, la crête de cog, la belle polonaise.
L’huître commune est très-commune dans les mers de l'Océan, où on en pêche tous les ans, sans que leur nombre paraisse en diminuer, sur les rochers, d'où on les détache, surtout à Dieppe, à Gancale et à Grandcamp, près de Saint- Malo.
C’est vers la fin d'avril ou au commencement de mai que l’huitre fraie, c’est-à-dire qu’elie jette ses petits vivants au nombre de cent à deux cents; ils ne ressemblent d’abord qu’à une glaire lenticulaire qui se colle aux rochers, sur d’autres coquilles, sur du bois ou sur tout autre corps et qui se recouvre d’une coquille dès le troisième jour.
Dans le temps du frai elles sont maigres, malades et peu propres à être mangées jusqu’au mois d’août et de septembre, où elles ont repris tout leur embonpoint. Quoique l’on dise communément qu’il leur faut deux ou trois ans pour parvenir à toute leur grandeur, néanmoins il est probable qu’elles parviennent en quatre mois de temps, c’est-à-dire depuis mai jusqu’en septembre , à la grandeur que nous leur voyons de deux ou trois pouces, puisqu’en
FAM. DES CONQ. — HUIIRE D'ARBRE, TÉRÉBRATULE. 503
les pêchant tous les ans dans les inêmes lieux, on n’en trouve pas beaucoup de plus petites.
Pour les rendre vertes, il suffit de les faire parquer cinq ou six jours ou même jusqu’à deux mois dans des fosses abondant en plantes marines, comme on fait à Dieppe et en Angleterre, ou seulement sur la plage, que la mer abandonne et recouvre successivement , comme on Île pratique à Granville, à Pégard des huîtres qu’on va pêcher à sept lieues de là, aux rochers de Cancale et de Grandcamp. Ces huîtres vertes sont plus estimées que celles qui se mangent fraichement cueillies sur lerocher.On les recueille à la drague, qui est un couteau de fer attaché par trois branches et un anneau à une corde.
Dans la Méditerranée, dans le Bosphore de Thrace aux environs de Constantinople, les Grecs sèment tous les ans des huîtres dans le mois d'avril en jetant à la pelle à la mer celles dont ils ont chargé plusieurs navires ; ils en recueillent l’année suivante beaucoup dans ces endroits.
L’huîttre d'arbre où la feuille des tropiques, croit de même, mais seulement sur les racines des mangliers, qui en sont quelquetois si couvertes qu’une seule racine à deux ou trois branches fait la charge d’un hoinme; lorsque la mer baisse plus que d’ordinaire, suivant les vents, on les voit au-dessus de Peau, et c’est ce qui a donné lieu à la fable des voyageurs qui ont voulu persuader qu’au Sénégal et dans d’autres lieux les huîtres perchaient sur les arbres, La rivière de Gambie fournit beaucoup de ces huîtres, et on en voyait encore, il n’y a pas trente ans, dans des marigots du Niger, où leurs dépouilles annuelles, pendant plusieurs siècles, ont formé des bancs de plus de six pieds de profondeur sur une lieue de longueur et cinquante à soixante toises de largeur qui indiquent le lieu où étaient autrefois ces marigots avant d’être comblés par ces huîtres.
Les hommes ont toujours regardé Phuître comme le meilleur des coquillages. Les anciens Romains faisaient l’éloge de celles de Circé, des Dardanelles, du lac Lucrin de Venise, et Apicius savait si bien les conserver, qu’il en envoyait d’Italie en Perse à l’empereur Trajan, qui les recevait aussi fraiches qu’au jour de leur pêche.
Celles d'Angleterre passent pour les meilleures de lEurope ; les moyennes, et celles qui croissent près des eaux douces, sont les plus délicates. Toutes celles qui se débitent à Paris ont été pêchées à Cancale et apportées par Granville.
Le SPONDYLE, spondylus, ne diffère presque de l’huitre qu’en ce que ses battauts ont chacun deux trous et deux cavités qui lui font une charnière.
’est de ce genre que sont toutes les espèces appelées huîtres épineuses, et les gaïderopes ou pieds d’âne.
L'espèce appelée concha citrata, est un absorbant qui se donne comme lhuitre ordinaire.
L’ANoMIE ou la TÉRÉBRATULE, @nomid, le coq, la poulette a le sommet d’une de ses valves percé d’un trou par lequel passe un nerf qui la tient attachée aux rochers.
On en contiait à peine cinq ou six espèces vivantes dont quelques-unes sont comme cloisonnées, pendant que lon en trouve plus de cinquante espèces fossiles.
La MUSSOLLE Ou PARCHE DE NOÉ, nodrca, forme un genre de coquille qui se reconnait à ce que les battants sont égaux, plus larges que longs, avec une charnière fermée par quarante ou cent cinquante dents et à ce qu’elle s’attache aux rochers par un byssus qui sort par une échancrure au-devant de ses battants.
Le FAGAN OU RUCARDE, COEUR DE ROEUF, bucardium, ne difere de la mussole qu’en ce que sa coquille est sphéroïde et moins ouverte.