FAMILLE DES MORUES. — MERLUCHE, LING
Le pollach des Anglais ou la morue verte, la morue jaune se pêche par les Anglais autour de leurs côtes; ils la salent. Elle est plus petite que le cabliau.
Le kolfish des Anglais ou la morue noire, le charbonnier est grand comme Île pollach et se pêche dans les mêmes endroits. Elle est si maigre que les Islandais, qui ont le cabliau en abondance, n'en veulent point manger.
Le genre du mERLUS où MERLUCHE, merluccius, Bel., diffère de celui du merlan en ce qu’il n’a que deux nageoires au dos.
On n’en connaît encore qu’une espèce.
Le merlus ou la merluche, merluccius, Belon, ou la vergadelle, gadus dorionis, Bacchus, Pline, Asellus, Gvide, pescadilla, Hisp., est plus commun dans la Méditerranée que dans l'Océan.
Il est gris cendré et long de deux pieds environ.
Il est très-goulu et vit de petits poissons, ce qui lui a fait donner le nom de brochet de mer. On le sèche après Pavoir ouvert en deux, mais il ne s’attendrit jamais autant que la morue ou le cabliau séché. Les Provençcaux en préparent beaucoup et en envoient de grandes provisions à Paris tous les ans pour le carême. Quelques écrivains prétendent que les Allemands lappellent stocfish parce qu'après avoir été séché il a besoin d’être battu pour être attendri et de service.
Le LING DES ANGLAIS, appelé aussi grande morue, gadus, 9, Arted., diffère du genre du merlus en ce qu’il a un barbillon sous le menton.
IH a le corps plus menu et plus allongé que le cabliau, c’est-à-dire de quatre pieds au moins de longueur.
Sa peau est extrêmement grasse et de bon goût.
Son foie passe pour un manger excellent.
La vive, trachina, Roman., araneus piscis, Rond., dracæna Gram., draco marinus, Rond., le dragon de mer, est un genre
de poisson, seul de son espèce, qui a le corps presque cylindrique, allongé, la tête relevée en dessus, la queue fourchueet huit nageoires dont la dorsale antérieure est épineuse.
Il est commun dans l’Océan et encore plus dans la Méditerranée, autour des rochers, où lui vient son nom hollandais, pieter mann, qui signifie homme de pierre.
Celui de l’Océan est cendré et plus petit que celui de la Méditerranée, qui est rougeâtre et long de huit à dix pouces.
On en pêche beaucoup en juin et en juillet; lorsqu'on Pa pris, il s’'agite beaucoup et cherche à se cacher dans la bourbe.
Les cinq rayons épineux de la première nageoire dorsale de ce poisson sont si venimeux qu’ils sont à craindre, même après sa mort, et il est ordonné par un règlement de police, aux pêcheurs et aux marchands de poisson, de les couper. Sa piqûre même est suivie, après sa mort, d’inflammation, d’enflure, de douleur et de fièvre. Les remèdes conven:bles à ce mal sont les alcalis volatils, tels que loignon mêlé avec le sel, ou le foie de l’animal écrasé dessus. Le venin de ces épines n’est plus à craindre quand elles ont passé par le feu.
Ce poisson est d’un bon suc, facile à digérer. On le sert sur les meilleures tables à Paris; et en Hollande, où il est commun, le peuple en fait une partie de sa nourriture.
La poRÉE, Zeus Plin., faber, Plin., appelée aussi porsson DE SAINT PIERRE, parce qu’on prétend que saint Pierre ayant pêché ce poisson par le commandement de Jésus-Christ, trouva dans son corps deux pièces de monnaie pour payer le tribut, et que l'empreinte de ses deux doigts resta marquée sur ses côtés par une tache noire, en témoignage de ce miracle. On l'appelle aussi poisson coq, gallus marinus, poule de mer à Brest, à cause de sa nageoire dorsale antérieure qui imite une crête.