‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 43 sur 201 · FAMILLE DES PERCHES. — PERCHE, SURMULET · texte numérisé non relu

FAMILLE DES PERCHES. — PERCHE, SURMULET

terre, d’écrevisses, de grenouilles et de petits poissons de son espèce.

ia femelle jette ses œuts en mars et avril, entre les roseaux, ils sont liés et enfilés à neu près comme ceux de la grenouille.

La perche est extrêmement vive et nage facilement. Les quatorze épines de sa première nageoire dorsale sont cangereuses; elle s’en sert très-adroitement pour se défendre, en les hérissant contre le brochet et les autres poissons voraces qui veulent l’attaquer. Elle en blesse aussi tous les autres poissons qu’elle heurte en bondissant et sautillant quand elle est en colère.

Elle devient néanmoins toujours la pâture du brochet qui est beaucoup plus fort.

On la prend aisément à l’hameçon amorcé avec des vers de terre, et elle est la meilleure amorce pour prendre le brochet.

Sa chair est molle est d’assez bon goût.

On trouve dans sa tête deux pierres, que la médecine réduit sur le porphyre en une poudre fine qu’elle donne comme absorbant à la dose d’un à deux grains, pour la pleurésie et pour dissoudre la pierre des reins. Cette poudre est aussi bonne pour blanchir les dents.

Le loup de mer, lupus, Ovid., labrax, Arist., le lubin, la lubine, perca, 7, Arted., Synon., 69, est un poisson jaune argenté qui vit solitaire dans la mer océane et dans la Méditerranée, près du rivage, dans les lieux sablonneux et couverts de fucus en été et en hiver, au fond des grandes eaux. Selon Aristote, il remonte les rivières et les étangs d’eau salée.

Il est très-vorace et vit de plantes marines, de crustacés et de petits poissons. Souvent il ronge la queue du mulet dont il est l’ennemi juré.

Il fraie deux fois l’an savoir : au printemps et en automne, - alors il s’enterre souvent dans le sable, qu’il sillonne, et il y cache ses œufs.

Les vieux lubins nagent volontiers à la surface de l’eau, au lieu que les jeunes plongent.

Ils dorment le jour, ils ont l’ouïe très-fine, et deux pierres dans la tête.

On estime davantage le lubin qui reste dans la haute mer que celui qui remonte les rivières, et il est meilleur en hiver que dans le temps du frai. Sa chair est sèche et peu nutritive. On le sale, on sèche ses œufs comme ceux des muges.

Le SurMuLET, trigla, Arist., mullus, Ovid., est un poisson qui diffère de la perche en ce qu’il a deux barbillons au menton. On en connaît deux espèces:

Le surmulet, trigla, Arist., rouget, à Marseill., est un poisson de la Méditerranée qui vit également dans les étangs salés, sur les rivages, et entre les sables et les rochers.

Il ne passe guère le poids de deux livres.

IL vit en troupe et se nourrit de plantes marines, de vers, de coquillages et de cadavres.

Son nom, trigla, lui vient de ce qu’il fraie trois fois dans Pannée, savoir: le printemps, l’été et l'automne. Il pose ses œufs dans le limon.

Ce poisson à été consacré à Diane, à cause de son triple part; sa chair est de bon goût : on estime davantage celle de ceux qui vivent entre les rochers, et il surpasse le rouget en bonté.

Le genre du Poisson voLanrT, rondola, à Rome, se distingue à deux caractères : 1° ses nageoires pectorales sont si amples qu’elles égalent presque toute la longueur de son corps, et qu’elles lui servent pour voler au-dessus des eaux; 2° il a au-devant des nageoires pectorales six filets qui en semblent une division.

Le poisson volant, rondola, à Rome; milous, Pline; ierax, Opp., accipiter, chelidon, Arist., hirondelle de mer, faucon

FAMILLE DES PERCHES, — MALARMAT. 121 de mer appelé nancar au Sénégal, habite le milieu des mers, surtout entre les tropiques. On en voit aussi dans la Méditerranée, où on l’appelle encore lucerna.

Il vole par troupe et fort vite, à huit ou dix pieds audessus des eaux, lorsqu'il est poursuivi par les dorades, les thons et les bonites; mais son vol n’est pas long, à peine de vingt à trente toises, parce que ses nageoires sont bientôt desséchées ; il est plus long lorsqu'il pleut. Comme ce vol s'exécute toujours suivant une ligne droite et qu’il ne peut se détourner , lorsque ce poisson rencontre un vaisseau sur son passage, il le traverse, ou si son vol est sur sa fin, il tombe dessus; on en prend souvent ainsi en pleine mer, surtout lorsque l'on voyage entre les tropiques, vers le mois d'avril et de mai.

Sa chair est ferme et bien inférieure à celle du hareng.

Le genre du MaLarmar ou Marama, lyra, Arist., ne diffère de celui du poisson volant qu’en ce que: 1° ses nageoires pectorales, quoique grandes, ne lui servent point pour voler; 2° elles n’ont au-devant d’elles que deux à trois filets.

Il y en a six espèces , savoir :

Deuxième nag. Première nag.

ilets Ê Fi pectoraux dors., ray. dorsale, ray.

1° Le couroucouri de Naples, im-

briago, de Marseille. .…. à 3 15 10 2% Le briage de Marseill............ 3 16 10 3° Le bulgau de Marseill............ 3 16 n 40 Le cabot de Marseill. ........... 3 19 9 5° La linotte de Toulon............ 3 ° 6° Le marama, malarmat de Marseille, D 18

malarmé ou rouget, lyra, Arist.

10€ FamiLre. LES MAQUEREAUX, SCOMBRI.

Cette famille se distingue de celle des perches et de toutes les autres qui oni comme elle les nageoires ventrales IL, 44

au-dessous des pectorales, en ce que les rayons de la nageoire de la queue sont réunis par une membrane trèsserrée. On en connaît 16 genres qui sont :

1° Le MAQUEREAU, scomber , corps aplati, long, deux nageoires dorsaies petites et cinq à neuf pinnules ;

2e Le BoNGoN d’Amb., corps aplati, long, deux nageoires dorsales petites ;

30 Le spayRCONA , Arist., rakao, Sénégal, corps aplati, long, deux nageoires dorsales, la postérieure longue;

4° La LicHEe, ancia, Arist., lichia, corps comprimé médiocrement long, deux nageoires dorsales, la postérieure longue ;

50 Le rRACHURE, Saurel., de Marseill., corps comprimé médiocrement long ; deux nageoires dorsales ; la postérieure plus longue ;

6° Le oARANGAL du Sénégal, carangue , corps court, deux nageoires dorsales ;

7° Le Liz, d'Amb., fortase, d'Amb., corps court, deux ou :trois nageoires dorsales ;

8° Le GALLE-GALLE d'Amb., corps cylindrique long, une nageoire dorsale longue comme fendue en deux ou trois;

go Le cLaucus, fou de mer, Corps comprimé très-court, une nageoire dorsale longue;

10° Le ranra du Sénégal, corps comprimé très-court, une nageoire dorsale longue avec un filet long ;

110 L’ABAcATUAIA du Erés., Corps comprimé très-court, une nageoire dorsale longue avec un filet long ; ligne latérale dentée ;

12° Le BEZELAN d'Amb., corps comprimé très-court, une nageoire dorsale longue à filet;

13° Le sENOL du Sénégal, corps comprimé triansulaire , une nageoire dorsale longue sans filet ;

14° La DORADE, ue us, Corps comprimé trés-long, une nageoire dorsale longue, deux nageoires ventrales à une épine ;

15° Le LAYER, à Corps comprimé médiocrement long, une nageoire dorsale longue ;

16° L’EspADoN, à corps comprimé médiocrement long, deux nageoires dorsales.

Le nombre des nageoires dorsales de ces poissons n’est pas fixé; il varie de un à onze.

Le MAQUEREAU, scomber, Arist., Ovid., est un genre de poisson qui se distingue de tous les autres de cette famille en ce que son corps porte derrière les nageoires dorsales et l’'anale cinq à dix petites pinnules ou nageoires détachées.

Page 1