FAMILLE DES CARPES. —- BARBEAU, CARPE
ciant de Lubeck, et ils peuvent réussir aussi bien que les carpes rouges. Ces poissons sont fort amusants, ils connaissent ceux qui leur donnent à manger; ils montent à la surface de l’eau dès qu’ils les apercoivent, et un coup de sifflet les rassemble; ils approchent, et jouent avec beaucoup de gaieté.
L'hiver, ils se nourrissent de la matière gélatineuse ou mucilagineuse qui croit sur les parois des bassins. On les met alors dans des vases de porcelaine, on les nourrit de pâte de froment, de limacons, et de jaunes d’œufs.
Le BARBEAU, b@rbus, Auson., mystus, Belon, à été regardé jusqu’ici, par tous les naturalistes, comme une espèce de carpe, cyprinus, mais nous pensons qu’il doit faire un genre particulier qui en diffère par deux points principaux qui sont : 1o son corps plus cylindrique, plus allongé ; 2° sa nageoire dorsale courte ou plus haute que longue ; il a, cemme la carpe, quatre barbillons, dont deux au menton. On en connait quatre espèces :
Le barbeau, barbus, Auson., mystus, Belon, cyprinus, 14, Arted., Syn., 8.
Il a les nageoires du ventre jaunes, et celles de la queue rougeâtres.
L’ouverture des ouïes est petite, d’où il arrive qu’il vit longtemps hors de l’eau.
Ce poisson est particulier à l’Europe, il ne se trouve que dans l’eau douce, et plus dans l’eau pure des rivières que dans celle des lacs; 1l languit pendant l’hiver, et ne reprend des forces et de la vivacité qu’en été.
Il est vorace, et se prend facilement à la ligne.
Le barbeau était plus estimé autrefois qu'aujourd'hui, et celui des eaux pures est de meilleur goût que celui des eaux bourbeuses. Ses œufs ne doivent se manger en aucun temps. Ils purgent par haut et par bas, surtout au printemps. On
prétend que son fiel fournit au jeune Tobie un remède à la cécité de son père.
La cARPE, cyprinus, Arist., Plin., a comme le barbeau quatre barbillens, dont deux au menton, mais plus courts; mais sou corps est moins long, moins cynndrique, plus comprimé par les côtés.
Il y en a trois espèces dont les äeux principales sont :
io La carpe, cyprinus ; 2e Le kin-yu ou le poisson rouge de la Chine.
La carpe, cyprinus, carpa, earpio, Figul, est un poisson d’eau douce qui ne se voit jamais dans la mer, ei qui est particulier aux rivières et aux étangs de l’Europe. On dit qu'elle se trouve aussi dans la Chine où elle est plus délicate.
Quoique les sarpes des rivières dont l’eau est la plus pure et la plus rapide, comme celle de la Saône, de la Seine, et de la Loire, soient les plus estimées, néanmoins il semble que les étangs où l’eau est plus tranquille et bien herbeuse soient plus favorables, car elles y grossissent infiniment plus, et il y en à où elles sont aussi bonnes que celles de rivière ; telles sont celles de l’étang de Camière, près de Boulognesur-Mer, si fameux par la grosseur, la délicatesse et la multitude de ces poissons, dont les beaux se vendent communément un à deux louis. Les carpes de certaines rivières ont la chair ferme et rougeâtre comme celle du saumon, ce qui leur a fait donner le nom de carpes saumonées.
Les grandes carpes ordinaires ont deux pieds et demi de longueur, et pèsent environ vingt à trente livres. On dit en avoir vu de trois coudées, c’est-à-dire de quatre pieds et demi de longueur, et du poids de cinquante à soixante livres.
On sait que ces poissons vivent très-longtemps, et qu’ils blanchissent en vicillissant. On n’est pas bien certain de l’âge de celles de Chantilly et de Fontainebleau; mais M. de Buffon dit en avoir vu chez M. le comte de Maurepas, dans