‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 58 sur 201 · FAMILLE DES SILURES. — SILURE · texte numérisé non relu

FAMILLE DES SILURES. — SILURE

14e Fawizre. LES SILURES, SILURI OÙ ESTURGEONS, STURIONES.

Les poissons de cette famille diffèrent de ceux de la famille des caRPES, qui ont comme eux une seule nageoire au dos et les ventrales placées loin derrière les pectorales, en ce que leur queue est arrondie et non échancrée , sinon peut-être dans l’esturgeon, qui Pa pointue et tendant à se fourcher comme celle des requins ou de la famille des raies et des poissons cartilagineux, dont il approche beaucoup.

On en connaît seize genres, savoir :

1° Le KLarras du Nil, hès du Sé-

90 L’ERNOSs. Ad., erythrinus, Gron.

négal ;

10° Le vASTRES du Sénégal.

2 Le siLure, silurus, Ælian., 11° Le KaB du Sénégal. du Danub.; 12° Le roBaz du Sénégal.

3e Le Kapor du Sénégal, aspredo, 13° Le Gaxa d’Amb., poisson de pa-

Gronov. radis, Coyet.

4° Le BOTSHAAK, d’'Amb. 14° Le mupriscx de Carol., amia 5e L’oaniar du Sénégal ou trem- (Lin.,S. N., p. 500 ).

bleur. 15° Le woorx d'Amb., cabbellaauw Ge Le FoCKENERO d’Amb. de l'ile Maurice, Coyet. 7° Le MISGURN, Gesn. 16° L’ESTURGEON, accipenser , Pline, 8° L’ANABLEPS, Arted. sturio.

Le siLure, silurus, Ælian., ainsi nommé parce qu’il agite souvent sa queue, forme un genre de poisson qui se reconnaît à ses six barbillons au menton, à une nageoire dorsale épineuse fort petite et à une longue nageoire à lanus.

On en connaît trois espèces, qui sont :

1 Lesilure, silarus, AElian. 3° Le lake ou l’alkussa des Suédois, 2° Le glanis, Arist. a 1 barbillon au menton.

Le silure, silurus, Ælian., Arted., Synon., 110, est un poisson de la mer Méditerranée et de l’Océan, qui reste presque toujours dans l’embouchure des fleuves, surtout du Danube, du Rhin et du Mein.

Il a jusqu’à seize pieds de longueur et pèse cent cinquante livres ; son corps est cylindrique et comprimé comme * celui de l” MATE ou de la lotte.

Il est très-vorace ; il se jette sur les autres poissons et les dévore; il se jette même sur les chevaux Le nagent dans les rivières.

La femelle fraie dans les rivières, et le mâle garde les œufs pendant cinquante jours, comme fait celui de la carpe, de peur que les autres poissons ne les mangent.

L’oaniar, ou trembleur du Sénégal dans le Niger, a six barbillons, dont quatre au menton comme le silure ; mais sa nageoire dorsale est charnue près de la queue, ainsi que l’anale qui est très-courte.

Sa singularité consiste en ce qu’il engourdit tout ce qui le touche comme la torpille, mais avec une violence incomparablement plus grande. Les expériences que j'ai faites au Sénégal m'ont appris que cet engourdissement se transmet au bout d’un bâton et d’une verge de fer de six pieds de longueur, et qu’il se communique à diverses personnes qui en ressentent une commotion, comme dans l’expérience de Leyde. En réitérant mes observations et en examinant avec attention d’où pouvait dépendre cette propriété qui fait qu’on ne peut toucher ce poisson ni le prendre même par le bout de la queue sans être forcé de le lâcher aussitôt, il m’a paru qu’elle était moins un effet du mouvement de ses muscles que de la trépidation ou vibration extrêmement précipitée, et pour ainsi dire électrique, de l’épine dorsale de son dos ou du fluide électrique qui en sort.

Le MISGURN, ou fisqurn d'Allemagne, Cobitis, 3, Arted., Synon., 5, diffère de l’oaniar en ce que sa nageoire dorsale est à rayons, et en ce qu’il a dix barbillons dont six au menton. Il vit dans les rivières.

Ce qu’il a de particulier, c’est qu’il s’agite beaucoup pen-

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