FAMILLE DES SILURES. — ESTURGEON
dant les orages; et on l'élève pour cette raison dans des bouteilles pleines d’eau.
L’ESTURGEON , sturio, Alb., accipenser, Arist., forme un genre de silure qui se reconnaît à ses quatre barbillons, à sa bouche placée sous la tête et à sa queue pointue, à sa nageoire dorsale courte ainsi que l’anale, et à sa queue pointue échancrée en dessous et cartilagineuse comme celle du requin.
On en connaît deux espèces, qui sont :
1° L’esturgeon, s{urio.
2° L’ichthyocolle, ichthyocolla, Pline, mario, Pline.
L’ESTURGEON, sturio, AÏb., accipenser, Arist., galeus Rhodius, Ath.,silurus sale. elops, Arist., a le corps médiocrement long comme pentagone à cinq rangs d’écailles triangulaires ou pentagones au nombre de onze à trente-un sur chaque rang ; il n’a point de dents.
Il a communément huit à dix pieds de longueur, et pèse environ deux cents livres. On en présenta un à François [+ de dix-huit pieds.
C’est un poisson de mer plus commun dans la Méditerranée que dans l'Océan ; mais il remonte les rivières, surtout le Nil, le Don, le Danube, le Pô, la Loire , la Garonne, la Seine et l’Elbe, depuis février jusqu’en juillet et août.
Il se nourrit d'insectes, de vers marins qu’il cherche sous le limon en fouillant avec son museau et en sucant.
I ne se prend point à l’hameçon, mais au filet. Cette pêche commence en février et dure jusqu’en juillet et août. À l'entrée de la Garonne, du côté de Bordeaux, lorsque les pêcheurs en trouvent de pris dans des filets, ils les retirent et les attachent à des bateaux, en passant des cordes qui traversent la queue et les ouïes ; et comme ces poissons donnent des coups de queue si forts qu’ils peuvent renverser un homme et casser de fortes perches, on leur attache
la queue en demi-cercle : on peut de cette manière les conserver vivants pendant plusieurs jours. On en à pris un de sept pieds et demi de longueur en septembre de l’année 1772 dans la Seine, près de Fontainebleau.
Les cantons où l’esturgeon est commun tirent un grand profit de cette pêche.
Sa hure est ce qu’on estime le plus, ainsi que les laitances, qui sont très-délicates. La chair de son dos a le goût du veau, et celle du ventre le goût du cochon, mais elle est difficile à digérer. En Grèce, on lappelle æirichi, et on la sale pour la vendre sous le nom de moronna. On prépare aussi ses œufs pour en faire une espèce de poutargue sous le nom de caviar, en les lavant bien dans du vin blanc, ôtant les ligaments et la pellicule qui les enveloppe, les faisant bien sécher, les mettant avec du sel dans un vaisseau percé de trous, les pressant avec la main et les laissant égoutter. Ce caviar ressemble à du savon vert de Hambourg; on le met ainsi dans des barriques pour le vendre aux Moscovites et aux Russes, qui en font un grand usage pendant leurs trois carêmes, sous le nom de fromage caviari, skari, auquel ils mêlent du poivre et de oignon. Les Italiens en consomment aussi beaucoup.
Les réservoirs de mucilage qui s’étendent le long du dos de ce poisson fournissent une espèce d’ichthyocolle ou colle de poisson jaunâtre que les droguistes vendent en feuilles sous le nom de colle de poisson en feuillet sans être roulées; elle a les mêmes propriétés que l’ichthyocolle, mais elie est plus difficile à dissoudre, plus rare et plus estimée, ne coûtant que 4 sous l’once. Les brasseurs en emploient beaucoup pour clarifier la bière.
L’ichthyocolle ; Plin., £xos., Gesn., Mario, Plin., Huro, Germ., Antacœus, Ælian., ou le grand esturgeon, à la peau unie, lisse, sans écailles ni épines, et pour épine