FAMILLE DES RAIES. — RAIE, TORPILLE
C’est un poisson de mer très-commun sur les côtes occidentales de l’Europe et non sur celles de la Méditerranée, dont espèce est différente : il a deux à trois pieds de diamètre.
Il se tient presque toujours au fond des eaux et sur les côtes limoneuses où il nage à plat et difficilement.
Il se nourrit de petits poissons et de vers marins.
Le mâle a deux verges et s’accouple ventre à ventre avec la femelle, qui a deux matrices et deux ovaires pour les recevoir.
La femelle est très-féconde , mais elle ne pond ses œufs que un ou deux à la fois, parce qu'ils ne descendent des ovaires, comme dans la poule, que les urs après les autres dans l’oviductus ou la matrice, pour se perfectionner et y prendre une coque. Leur forme est celle d’un carré long, aplati, échancré aux deux bouts et terminé par quatre pointes prolongées en quatre filets qui servent à l’y attacher aux fucus et aux plantes marines, sur lesquels la femelle les pond ; leur substance est cartilagineuse.
La raie fraîche sent le sauvagin ou un goût de mer; elle est moins tendre et moins bonne que celle qu’on laisse mortifier quelques jours, alors elle est un bon manger. Le foie est le morceau le plus délicat de ce poisson, mais il faut qu’il soit mortifié comme la chair; c’est de cette raie que les charlatans forment leur basilic.
La TorpiLLe , {orpedo, Plin.,narke, Arist., forme un genre de poisson qui diffère de celui de la raie en deux points qui sont : 4° ses dents pointues ; 2° la nageoire de la queue qui est assez grande, arrrondie, et qui entoure la queue en dessus et en dessous. J’en connais six espèces, dont les principales sont :
1° Le tor du Sénégal. 4° Le tembladera nigra de Cadix.
20 La torpille ordin. de Normandie. 5° Le tembladera blanca de Cadix. 3° Le tropé de Marseille.
La torpille, torpedo; Plin., ou le trembleur, a environ un pied et demi de longueur. |
Elle est commune sur les côtes vaseuses de la Normandie, où elle vit de vers marins et de petits poissons qu’elle engourdit en les touchant.
Personne n’ignore la propriété qu’a ce poisson d’engourdir les parties des autres animaux qui le touchent. Cette douleur ressemble beaucoup à celle du coup électrique, et on peut la comparer à l’engourdissement qu’on ressent lorsqu’on a recu un coup sec sur le coude. Quelque près tu’on en ait la main, on ne ressentrien; si on la touche avec un bâton, on sent peu de chose; si on touche du bout du doigt, la douleur est assez forte, mais si on appuie dessus, ou si on la prend à pleine main par le milieu du corps, on sent un engourdissement si violent qu’on est forcé de lâcher prise.
La cause de ce phénomène est due à la structure de ce poisson. Il a le dos convexe, et dès qu’on le touche il s’aplatit et se creuse par une contraction qui se fait de deux muscles en croissant qui occupent le milieu de son dos, et qui par la promptitude de leurs mouvements en impriment un contraire à celui des esprits animaux qu’il arrête, suspend et fait même refluer, d’où naît l’engourdissement subit et ce sentiment douloureux qui gagne ie long du bras jusqu’à l’épaule, et qui met dans l'impuissance d’en faire usage.
Plus les endroits où lon touche la torpille sont éloignés de ces deux grands muscles, moins l’engourdissement est sensible, au point qu’on peut les prendre par la queue comme font les pêcheurs.
Lorsque la torpille est morte cette vertu cesse.
On sait que pour ne pas ressentir l'effet de cet engourdissement il suffit de retenir son haleine tant qu’on la touche.
Il y à apparence que la torpille se sert de cette propriété