‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 64 sur 201 · FAMILLE DES RAIES. — CHAT DE MER · texte numérisé non relu

FAMILLE DES RAIES. — CHAT DE MER

Il est bleu sur le dos, blanc sous le ventre, et à jusqu’à huit pieds et un quart de longueur, sur un pied un tiers de diamètre.

Sa peau est épaisse comme celle du veau, et hérissée de tubercules à trois pointes.

Son nez est percé de six rangs de petits trous qui servent à laisser passer la mucosité qui doit le lubrifier, et dont le réservoir, découvert par Stenon, est grand comme le cerveau et placé entre lui etle bout du nez.

Ses narines sont petites, sinueuses, et placéesobliquement vers l’extrémité de la lèvre supérieure, et comparables à celles des baleines et des quadrupèdes vivipares.

Sa bouche est grande et armée de deux cent cinquantedeux dents disposées sur neuf rangs, chacun de vingt-six à vingt-huit, relevées à leur origine seulement de chaque côté de un à deux denticules. Ces dents sont creuses, e’est-àdire remplies intérieurement par une matière fongueuse ; elles ont sept lignes de long dans un habrand de huit pieds un quart de longueur.

Le habrand dérange beaucoup la pêche des Norwégiens ; il dévore non-seulement les poissons qu’il peut attraper à la nage, 1l avale encore ceux qui sont pris dans les filets et à l’hamecon, et souvent l’hameçon et la ligne qui le tient. On a trouvé quelquefois une chèvre entière dans le ventre d’un de ces poissons.

On ne s'attache point à en faire la pêche en Norwège. On préfère celle du requin de la grande espèce, squalus maximus, Linn., S. n., 12, p. 400, qui, selon MM. Anderson et Grenner, a jusqu’à 48 pieds de longueur, ou la lamie, qui a vingt-quatre pieds, parce qu’on tire de leur foie, par l’ébullition, une grande quantité d’huile, avec laquelle les Norwégiens font des omelettes qu’ils trouvent délicieuses. La graisse de toutes ces espèces de requins a la propriété de se conser-

ver et de se durcir en séchant comme le lard du cochon. Les Islandais s’en servent au lieu de lard pour assaisonner leur cabliau stokfisch; mais ordinairement ils la font bouillir pour en tirer de l’huile. Ils coupent la chair du bas-ventre de ces poissons par tranchées fort minces, ou par lanières qu’ils laissent sécher en les tenant suspendues pendant un an ou davantage; ils le cuisent ensuite pour le manger. Lorsqu’en veut le manger frais, on le fait mariner pendant vingt-quatre heures, puis on le fait bouillir dans l’eau pour le manger à l'huile.

Le lentillet du Languedoc, galæus lævis, Arist., squalus, 2, Arted., Syn., 95, asterias, Arist., Pétoilé, a un rang de taches étoilées de chaque côté, le long du dos.

Le CHAT DE MER, galeus, Arist., forme un genre qui ne diffère de celui de la lamie qu’en ce que: 1° sa nageoire dorsale antérieure est placée ou sur les deux ventrales ou loin derrière elles; 2° ses dents sont coniques, entières, sans dentelures. On en connaît cinq espèces qui sont :

io À Le chat marin, la nissole de Marseille ou lémissole, Salv., squalus, 11, Arted., Syn., 97.

2 B Le pechi canni de Naples.

3° C Le chien de mer de l'Orient.

4 D La roussette , Spina rossa, d'Espagne.

5° E Le diabolo de Naples.

L’émissole ou la nissole de Marseille, ou chat marin, muslelus, Salv., squalus, 11, Arted., Syn., 97, est sans dents et moucheté ou tigré comme un chat.

Le chien de mer est commun sur toutes les côtes occidentales de l’Europe. Il a environ cinq pieds de longueur. Sa peau est le plus en usage, avec celle de la roussette, pour polir les ouvrages de menuiserie.

La roussetle, spina rossa, en Espagne, a la peau rousse mouchetée de noir, squalus, 11, Arted., Syn., 97.

On appelle indifféremment de ce nom les quatre à cinq

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