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Les crustacéssont, comme nous venons de le dire, des animaux sans ailes, qui ne subissent aucune métamorphose, aucun changement de forme, qui ont, au premier instant de leur naissance et en sortant de l’œuf, comme les poissons, les oiseaux et autres animaux appelés animaux parfaits, la forme qu’ils doivent avoir pendant toute leur vie, à lagrandeur près, qui ne consiste que dans le développement ou l'accroissement de leurs parties, même dans ceux dont le nombre de ces parties augmente sans changer leur figure, comme les scolopendres, les iules, qui semblent avoir quelques rapports avec la classe des serpents et avec celle des vers; leur corps est articulé, au moins dans quelques-unes de ses parties, et recouvert d’un test, d’une espèce de croûte écailleuse; enfin ils ont tous des pattes, et pour la plupart des antennes articulées comme leurs pattes.
Leur corps est conformé diversement selon les espèces : 1° dans les uns il est sphérique ou approche de cette forme et composé d’une seule pièce comme dans la mite, le ciron, le monocle, qui ont la tête confondue avec le ventre sans aucune distinction ni séparation sensible; 2° dans d’autres, comme dans les araignées, il est composé de deux articulations dont la première forme la tête et la poitrine ou le corselet unis ensemble, contenant la bouche, les yeux, les antennes, les poumons et leurs stigmates avec le cœur, ou ce qui en tient lieu et les parties génitales, pendant que la deuxième articulation qui est postérieure contient les intestüins ; 5° d’autres, comme les crabes ou les scorpions, ont la tête et la poitrine réunies comme dans les araignées, mais leur ventre est composé de trois à onze articles; 4° enfin d’autres, comme les scolopendres et les cloportes, ont la tête séparée du corselet ou de la poitrine et du ventre, de imanière que leur corps en entier est composé de douze à soixante-quinze articles.
CLASSE DES CRUSTACÉS. — MUE. iS7
Ces quatre conformations différentes du corps des crustacés nous fournissent les moyens de partager cette classe en quatre familles dont nous appellerons la première la famille des miles, milæ ; la deuxième, la famille des araignées, aranec ; la troisième, la famille des crabes ou écrevisses, cancri; enfin la quatrième, celle des scolopendres ou cloportes, scolopendræ ou onisci. Celle-ci peut se diviser en deux sections relativement à la position des pattes; dans la première section, celle des pous, pediculi, serontles crustacésqui comme le pou, le podure, n’ont que six pattes toutes attachées au corselet ou aux premières articulations les plus voisines de la tête; la deuxième section sera pour ceux qui ont plus de six pattes attachées sur toute la longueur du COrps.
Le corps en total et dans la plupart de ses parties est recouvert d’une croûte plus ou moins dure, qui a fait donner à ces animaux le nom de crustacés. Cette croûte est pierreuse dans les uns comme les écrevisses, et cartilagineuse dans les autres ; elle est le seul appui qu’aient les muscles pour faire exécuter au corps ses divers mouvements, et ils lui sont attachés comme ils le sont au squelette intérieur, à la charpente osseuse dans les animaux parfaits, il est comme un squelette extérieur, comparable à cet égard seulement à l’écaille des tortues.
Cette croûte ou cette peau écailleuse est sujette à muer tous les ans une ou deux fois pour ordinaire, vers le temps des équinoxes, c’est-à-dire en avril et en septembre, et elle est accompagnée de la mue de chacune des parties intérieures, telles que lestomac dans l’écrevisse, qui contient trois petites pierres indépendamment des deux mâchoires.
Quelques jours avant la mue, ces animaux cessent de manger; leur écaille cède sous la pression des doigts et annouce par là qu’elle n’est plus soutenue par les chairs, et
qu’elle est entièrement détachée. Pour s’en dépouiller, Panimal gonfle son corps, enfait sortir une liqueur ; l’écaille, amollie, se fend en deux, longitudinalement , il agite ses membres, et il en sort en retirant ses pattes, comme on tire un couteau de sa gaine. Sa bouche, comme si elle était nécessaire à la défense de l’animal pendant une opération aussi critique, est le dernier endroit à se dépouiller, l'animal s’en dégage un quart d'heure après le reste du corps, et sa dépouille, ou son ancienne eroûte, est si entière après cette mue, qu’on la prendrait pour l'animal lui-même.
Au moment de la mue, la nouvelle peau qui recouvre Panimal n’est en apparence qu’une membrane très-molle et qui en moins d’une journée prend Ja consistance et la dureté de lPancienne écaille.
Beaucoup de ces animaux périssent dans l’opération de cette mue, et tous sont encore languissants quelques jours après qu’elle est faite.
La tête n’est point sensible ni distincte du corselet, comme nous l'avons dit, dans les crustacés des trois premières familles qui comprennent les mites, les araignées et les écrevisses; elle n’en est séparée que dans la quatrième, dans celle des scolopendres. Elle contient très-peu de cerveau.
On appelle du nom de corselet, thorax ou poitrine, cette partie du corps de ces animaux ainsi que des insectes qui suit immédiatement la tête, parce qu’elle contient les parties nobles dans la plupart, savoir : le cœur, les ouïes, etc.; les mites n’en ont point , ou il est confondu avec la tête et le ventre; les araignées et les écrevisses l’ont bien distinct, composé d’un seul article; dansles crustacés de la quatrième famille ou des scoiopendres, on ne voit point de distinction entre le corselet et le ventre, parce que ces deux parties sont composées d’une suite d’articulations semblables. C’est derrière le cerveau qu’on trouve dans les écrevisses deux pier-