CLASSE DES CRUSTACÉS. — MARCHE, VUE
les pattes dans l’araignée , et dans les antennes dans les autres, c’est-à-dire dans ces espèces de cornes articulées qui sont placées sur la tête, dans ceux qui ont une tête, et sur le devant du corselet dans les autres.
Le genre du scorpion (scorpius, Virg.) et celui de l’écharde paraissent ne point avoir d'antennes, à moins qu’on ne prenne pour elles le filet sétacé à cinq articulations qui est posé sur chacune des pinces de la bouche, et qui semblerait par là former les antennules de la bouche. Les autres genres en ont depuis deux jusqu’à huit; le genre de la crevette en a huit et celui de l’écrevisse six rapprochées ou réunies par paires ; laselle en a quatre pendant que le cloporte men à que deux.
Ces antennes sont dans un mouvement continu, et se portent en avant et de côté et d'autre; dans Pécrevisse et la langouste , il semble que ces animaux tâtent le terrain avant que de marcher. Celles du monocle sont branchues, hérissées de poils en aigrette et lui servent comme de bras pour ramer et nager en bondissant dans l’eau.
On sait que lorsque les pattes des écrevisses et des crabes, qui sont composées chacune de sept articulations dont les quatre premières forment la cuisse, les deux suivantes la jambe et la septième forme l’ongle, on sait, dis-je, que lorsque ces pattes se cassent il en renaît une autre à leur place, mais plus petite. Pour que cette reproduction se fasse il faut que la patte soit cassée entre la troisième et la quatrième articulation de la cuisse , et lorsqu'il n’y à eu qu’une ou deux des premières articulations de la jambe de cassées, on m'a qu’à chserver l’animal quelques jours après, on voit qu’il en à cassé quatre jusqu’à la cinquième exclusivement près du corps, c’est une condition nécessaire à leur reproduction et sans laquelle elle ne s’opérerait point. Cette patte d’abord plus petite grandit peu à peu.
Après le sens du toucher celui de la vue paraît le meilleur ou le plus étendu dans les crustacés. Tous le possèdent ; mais organe qui en perçoit les sensations est bien différent dans les divers genres. Dans les uns, comme le monocle, il est simple, il n’y a qu’un œil : ce sont des espèces de cyclopes plus petits, mais plus réels que ceux des poëtes. Dans les araignées, au contraire, et dans le scorpion , il yen a huit, ce seralent les argus de la fable. Les autres genres n’en ont que deux , excepté le kanio du Sénégal ou le cardinal, petit animal rouge qui couvre les campagnes aux premières pluies de juin, et qui en a quatre.
Ces yeux sont chagrinés dans les scolopendres et les cloportes, et lisses, très-luisants dans les autres.
Us différent pour la position suivant la forme du corps. Dans ceux qui ont une tête comme les scolopendres ils sont placés en devant de cette tête sur ses côtés, et dans ceux qui n’en ont point ils sont placés différemment; par exemple, dans le pou de tortue de terre, ils sont placés sous le casque ou l’écaille qui couvre tout le corps; dans le scorpion, les araignées et la plupart des mites, ils sont posés sur le dos ou sur le corselet , et dans les autres sur le devant de ce corselet.
Dans le plus grand nombre ils sont enfoncés et enchässés dans la substance même de la tête ou du corselet, mais dans quelques-uns, comme les écrevisses et les crabes, ils sont supportés sur un pédicule cylindrique qui représente un tuyau de lunette mobile qui se couche dans une rainure creusée sur le devant du corselet.
Le kanio a deux yeux sur le bout de chacune des deux colonnes qui sont au-devant de son corps, et qui ne sont reçues dans aucune rainure.
Le sens de Pouie et celui de l’odorat semblent manquer entièrement dans ces animaux.