‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 71 sur 201 · CLASSE DES CRUSTACÉS. — ACCOUPLEMENT · texte numérisé non relu

CLASSE DES CRUSTACÉS. — ACCOUPLEMENT

Celui du goût supplée sans doute à ce dernier.

La bouche paraît être composée d’un simple sucçoir en aiguillon conique dans le pou et les mites, de deux sucoirs pareillement coniques, mais disposés en pinces comme des imâchoires latérales et horizontales , et de deux mâchoires simples et horizontales, dans les autres. Ces mâchoires sont si courtes et si enfoncées dans le corselet des écrevisses qu’on les a prises pour des pierres de Pestomac, quoique l’estomac ait outre cela trois autres dents ou trois pierres.

Nombre de ces crustacés vivent sur d’autres animaux soit dans l’eau soit dans l’air , comme le pou et les mites qui se trouvent sur les poissons , sur les oiseaux , sur les quadrupèces , sur l’homme même dont ils sucent la Iymphe ou les humeurs plutôt que le sang. Les araignées sont carnassières et vivent de mouches et autres insectes qu’elles attrapent soit dans leurs filets, soit en sautant comme l’araignceloup et les crabes.

D’autres enfin vivent de végétaux et d'animaux comme les écrevisses et les scolopendres. Les écrevisses et les crabes mangent leurs semblables, surtout dans le temps de la mue où le test est mou et où elles sont plus faibles.

La respiration de ces animaux se fait par des ouïes qui sont au nombre de dix-huit, c’est-à-dire neuf de chaque côté dans l’écrevisse.

Ils n’ont point de stigmates ou de trous apparents sur les côtés du corps, et il paraît que l'inspiration et expiration de l’air se fait comme dans les poissons, au moyen de l’eau qui entre par la bouche, et qui en sort après que les ouïes en ont imbibé Pair. Cependant dans lécrevisse on voit sous la croûte du corselet, entre lui et l’origine des premières pattes ou des grandes pinces, une plaque mobile analogue à l’opercule des ouïes des poissons, qui ouvre et ferme alter-

nativement une petite ouverture qui donne passage à l’eau et à l'air dans les ouïes. |

Une chose qui paraîtra singulière, c’est que dans ceux de ces animaux qui ont la tête confondue avec le corselet, comme les écrevisses, le cœur est placé derrière les testicules et les ovaires sur le dos ou entre les testicules et les vaisseaux spermatiques sur la partie postérieure du corselet ; tandis que l’estomac occupe la partie antérieure près du cerveau. Les appendices jaunes qui accompagnent les côtés de l’estomac, et que l’on regarde communément comme le foie de lécrevisse, sont soupconnés par Ræsel être destinés à préparer la semence, parce qu’ils diminuent dans le temps du frai.

L’estomac de quelques-uns de ces animaux, comme les écrevisses, contient trois petites pierres qui disparaissent dans le temps de la mue, qui se fait au printemps.

Les intestins ne forment qu’un seul canal ou un colon qui va droit dans lPestomac au bout de la queue , au moins dans les écrevisses ; et l’anus est placé au bout de la queue en dessous dans la plupart, excepté dans quelques araignées qui l’ont situé vers le milieu du ventre, au-devant des mamelons de la filière.

Le sixième sens, le sens de l'amour, parait ne pas exister dans tous ces animaux, quoique tous aient la faculté de se reproduire. Il y en a qui, comme les mites , le pou , paraissenthermaphrodites, ou, pour parler plus exactement, unisexes ou tout femelles, c’est-à-dire dont tous les individus ont la faculté générative ou productrice , sans aucune sorte d’accouplement ni de fécondation , et sans aucune des parties extérieures qui seraient propres à l’opérer.

D’autres ont ces parties et elles sont placées plus près de la tête que de extrémité postérieure du corps; les mâles ont deux membres et les femelles deux matrices, comme

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