CLASSE DES CRUSTACÉS — VENIN
dans les poissons qui s’accouplenit et dans les reptiles , soit ovipares soit vivipares. Dans les scolopendres elles sont placéessous le corps versle tiers de la longueur près de la tête ; dans l’écrevisse et le crabe elles sortent de la base du corselet de la première articulation des dernières pattes dans le mâle, et ce sont deux trous ronds à la première articulation de la troisième paire de pattes dans la femelle. Enfin dans Paraignée les parties sexuelles de la femelle sont placées à origine du ventre, près le corselet, et les deux parties mâles sont cachées dans les antennes mêmes, dont le dernier article, renflé en forme de poire à son origine, fait distinguer les mâles des femelles qui ont ce dernier article cylindrique comme les autres.
Les femelles sont plus grasses que les mâles.
L’accouplement dans tous ces animaux se fait ventre à ventre comme dans les serpents , les poissons et les reptiles, etil est très-imparfait et momentané ; il semble qu’il n’y à qu'un simple attouchement sans aucune introduction; cependant lintroduction n’est pas douteuse dans les crabes.
La plupart de ces animaux sont ovipares; il y en à cependant quelques-uns de vivipares, tels que le scorpion, le cloporte, l’aselle. On peut même faciliter et accélérer Paccouchement de ces crustacés , du cloporte par exemple, en prenant une femelle qui ait le ventre gros et rempli de petits, et l’étendant fortement de manière que la peau s’entr’ouvre; alors on en voit sortir une foule de petits vivants qui ne diffèrent de leur mère que par la grandeur , et qui courent d’abord avec une grande légèreté.
Parmi ceux qui sont ovipares, les uns, comme les mites, les pous, les scolopendres, pondent leurs œufs séparés les uns des autres, pendant que d’autres comme les araignées, les pondent dans une bourse , une espèce d’ovaire , et que d’autres, comme les écrevisses, les gardent et les couvent pour ainsi dire attachés en grappes sous leur queue à cinq
paires d’ailerons ou d’appendices de fausses pattes fourehues à trois articulations. Dans le mâle ces ailerons sont moins larges, ainsi que la queue, qui est très-étroite.
On à beaucoup écrit sur le venin de plusieurs de ces animaux, surtout du scorpion, des araignées et de la malfaisante, malmala. Il n’est pas douteux qu’on à vu arriver quelques accidents, comme des inflammations, des enflures légères, par la piqûre des malfaisantes, de certains scolopendres et certaines araignées. J’ai ressenti pendant un an une espèce de crispation douloureuse marquée par une trainée rougeâtre sur le dos et sur la poitrine, où avait seulement passé légèrement une grande araignée de chambre du Sénégal en changeant de chemise. Mais tout ce qu’on à dit de la piqüre de la tarentule de l’Italie se trouve exagéré ou même faux entièrement; sa piqûre, qui est suivie d’une légère inflammation chez quelques sujets, ne fait aucune impression sur les autres. Jai vu des jeunes gens qui, comme la demoiselle dont parle M. de la Hire, dans les Mémoires de PV Académie des sciences, prenaient et mangeaient indiffé remment toutes les araignées qu’ils rencontraient en se promenant dans les jardins. On sait que la fameuse Hollandaise, Anne de Schurman, les recherchait beaucoup et les mangeait par goût. Les femmes du Kamtschatka, en Sibérie, qui veulent avoir des enfants et accoucher plus facilement, mangent des araignées. On a vu des personnes en avaler sans en ressentir d’autre incommodité qu’une sensation froide et convulsive de contraction dans l’estomac, une envie de vomir qui s’est dissipée entièrement par une ou deux prises de thériaque. Enfin, on sait que les singes prennent les vraignées à pleines mains, les croquent et les mangent comme nous mangeons les crevettes et les écrevisses.
L’inimitié prétendue entre le crapaud et laraignée est fabuleuse ; on en a fait descendre souvent sur des crapauds sans jamais apercevoir entre eux aucune envie de se