‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 78 sur 201 · FAM. DES ARAIGNÉES. — ACCOUPLEMENT · texte numérisé non relu

FAM. DES ARAIGNÉES. — ACCOUPLEMENT

dinaire. Les vieilles dont les réservoirs à toile sont épuisés, s'emparent de la toile de quelque araignée plus faible qui Pabandonne pour en aller recommencer une autre ailleurs.

Les araignées qui font leur toile ne vont pas chercher leur proie, elles lattendent dans leur filet, au lieu que celles qui n’en font pas, comme les sauteurs, courent après. Elles ne mangent point pendant tout l’hiver , et j’en ai gardé une ainsi une année presque entière qui n’avait fait que maigrir.

Des animaux carnassiers qui sont souvent en guerre, qui se dévorent les uns les autres, ne doivent guère s'approcher qu'avec des précautions, aussi il y en a-t-il peu qui en emploient autant que les araignées. On ne les voit rassemblées en familles que dans les premiers jours de leur naissance, où sortant de l’ovaire elles filent une espèce de toile en commun, mais bientôt après elles deviennent ennemies, se séparent et s’évitent; et ce n’est que dans la saison des amours et de leur accouplement qu’on en voit souvent deux sur la même toile.

Les petites espèces du genre que j'appelle bitela, s'accouplent en juillet sur les plantes graminées où elles placent leurs fils et leur ovaire; et l’ellireta, ou celle des jardins, ne se rapproche deux à deux sur leurs toiles en réseau que depuis la fin de septembre jusqu’au milieu d'octobre. La femelle se tient ordinairement vers le milieu de sa toile la têie en bas; autour de cette toile, on voit aller et venir le mâle qui se reconnaît à son ventre une fois plus petit, et à ses antennes terminées par un bouton; peu à près, il s’avance doucement sur la toile, et s'approche de la femelle qui reste immobile; enfin, il lui touche légèrement la patte avec lextrémité d’une des siennes, et recule aussitôt de quelques pas comme s’il avait peur. Bientôt après il revient et réitère plusieurs fois ce prélude qui dure un quart d'heure; pendant ce temps ses antennes s’entr’ouvrent par

le bouton qui laisse sortir un appendice charnu, et qui s’humecte par la liqueur qui en suinte; enfin, il s'approche de la femelle dont les deux vulves s’entrouvrent; il porte vivement dans l’une une de ses antennes et se retire aussitôt, puis il se rapproche, et porte de même l’autre antenne dans autre vulve, et ainsi plusieurs fois alternativement nendant plus d’une demi-heure.Ces mouvementssontsi prompts qu'on à peine à voir autre chose; dès qu'il se retire, le tubercule charnu rentre dans le bouton de l’antenne et on ne Paperçoit plus. Pendant ces approches réitérées, la femelle reste immobile, faisant seulement quelques mouvements des pattes chaque fois que son mâle la caresse. Cet accouplement de l’araignée n’est done qu’un simple attouchement sans introduction, ou s’ils’en fait une, elle est bien légère et momentanée.

Peu de temps après la fécondation, les femelles ont le ventre fort gros, et elles déposent leurs œufs ou plutôt leur ovaire, qui est une espèce de poche ou de coque sphérique de soie, semblable à une membrane beaucoup plus épaisse que celle de sa toile; Paraignée de jardin la fixe sous les feuilles qui composent son nid ou le lieu de sa retraite. Cet ovaire contient au moins un millier d’œufs sphériques.

Dans d’autres espèces qui ne font pas de toiles, cette coque est plate comme une lentille, collée horizontalement sous les bois des planchers, et la mère reste dessus comme si elle les couvait jusqu’au moment où ils éclosent. D’autres suspendent cet ovaire à un fil long de quelques pouces; d’autres le portent collé sous leur ventre, dans lequel elles le font rentrer quand on les chagrine beaucoup; dans d’autres enfin, cet ovaire est composé de plusieurs boules réunies bout à bout en chapelet au moyen d’un fil.

ies jeunes araignées sortant de l’œuf au bout de vingt ou vingt et un jours, croissent considérablement les premiers

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