‹ Cours d'histoire naturelle fait en 1772Chapitre 98 sur 201 · GÉNÉRAL. SUR LES INS. — AGCOUPLEMENT · texte numérisé non relu

GÉNÉRAL. SUR LES INS. — AGCOUPLEMENT

crochets souvent en lames écailleuses, quelquefois en mamelons, comme dans le papillon du ver à soie, entre lesquels on voit la verge ou la partie mâle. La femelie n’a qu’une espèce de vagin ou de canal destiné à recevoir la verge ou le membre du mäle, et à laisser passer les œufs ou les petits au temps de la ponte. Ces deux parties se trouvent dans tous les insectes, excepté dans les mulets ou les neutres de certains genres, qui n’ont pas de sexes et qui sont par là inutiles à la propagation de l’espèce, comme dans la famille des fourmis.

La manière dont les insectes opèrent l’accouplement est fort variée.

Dans le plus grand nombre, surtout dans les scarabées, les papillons et la plupart des mouches, le mâle, plus lascif, agace la femelle, va et vient, monte amoureusement sur elle, qui commence par étendre son ventre de l’extrémité ou elle fait sortir le canal des ovaires, que le mâle saisit avec les crochets pour y introduire aussitôt la partie propre à son sexe. Dans quelques insectes, comme les mouches, cet accouplement est très-court, souvent même il est répété plusieurs fois; à peine un mâle a-t-il quitté une femelle qu’un autre la reprend et lattaque presque aussitôt. Ceux même qui ne font pas leur ponte tout à la fois s’accouplent dans l'intervalle de chaque ponte. Dans d’autres insectes, comme les scarabées, cet accouplement est plus long :ils restent quelquefois des journées entières unis ensemble; ils marchent, ils volent même dans cette posture sans que le mâle lâche la femelle; c’est ainsi qu’on voit souvent des mâles de cantharides, de papillons et d’autres insectes pendant au derrière de leurs femelles qui, comme plus fortes, les enlèvent avec elles.

Il y a dans quelques autres insectes un accouplement beaucoup plus singulier; il est particulier aux mouches à

deux ailes surtout et à quelques mouches à quatre ailes, et il dépend presque entièrement de la femelle : elle allonge un cône charnu au-dessous duquel se trouve son vagin; il faut qu’elle introduise cette avance dans le corps du mâle pour aller recevoir la partie mascuiïine qui ne sort pas au dehors. Ainsi dans ces insectes c’est le mâle qui commence par recevoir la partie femelle dans son corps avant que de faire l’introduction de sa verge dans son vagin.

La manière dont le mâle des demoiselles saisit la femelle avant l’accouplement est encore plus singulière, à cause de la position particulière des parties de son sexe; il les a placées sous le ventre près du corselet, pendant que ses crochets sont situés à l'extrémité de son ventre, comme le vagin de sa femelle. Pour la forcer à s'unir à lui, il la pince d’abord par le cou avec ses deux crochets, et l’oblige ainsi à recourber en devant son ventre en cercle et à en faire parvenir le bout jusqu'au premier anneau du lien où est la partie mâle, qui la recoit; le mâle est ordinairement fixé sur une plante aquatique pendant cette opération , et son corps semble former alors un cercle parfait ou plutôt un cœur avec celui de la femelle, et ils restent ainsi quelques heures; ils peuvent néanmoins voler dans cette attitude.

La plupart de ces accouplements sont dus à des rencontres fortuites du mâle et de la femelle; mais il y en à qui se cherchent; les uns se rassemblent en colonie, en république comme les abeilles et les fourmis, dont la femelle seule à plusieurs mâles; d’autres ne vont que par paires et se quittent aussitôt après la copulation; le plus grand nombre s’accou— ple sans bruit et dans le silence; mais les mâles de quelques-uns, comme les cigales et les sauterelles, ont sous le ventre ou aux ailes des espèces de tambours qui, par le frottement , excitent un son, un bruit par lequel ils appellent leurs femelles. La lumière phosphorique des vers luisants

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