‹ Cours d'homœopathieChapitre 10 sur 44 · A PROPOS DE L’HOMQEPATHIE ET DES HOMOEOPATHES · texte numérisé non relu

A PROPOS DE L’HOMQEPATHIE ET DES HOMOEOPATHES

a Plusieurs abonnés du Courrier médical ayant paru surpris que ce journal ait accueilli dans son dernier numéro des loi 1res

cle médecins dits homœopathes, en réponse à la sortie si pleine de justesse faite par M. le professeur Bouillaud, dans le discours qu’il prononça ii l’Académie de médecine, lors de la discussion sur le tubage du larynx et la trachéotomie , et craignant de voir s’élever sur ce point, dans ce journal essentiellement pratique, une polémique qui, nous eu convenons avec eux, ne pourrait que fort peu les intéresser, nous ont mis dans la nécessité, en notre qualité de rédacteur de la partie scientifique de celte feuille, de leur donner à cet égard quelques explications, ainsi que notre opinion sur la doctrine homœopatliique.

«En ce qui touche les leltresen question, que plusieurs lecteurs oui considérées comme des réclames, elles n’ont été admises que comme consultation d’un fait, et d’un défi qui pouvait donner une preuve de plus de l’impuissance de riiomœopalliie. Autrement il eût suffi de rappeler à ces messieurs qui demandent encore aujourd’hui à faire des expériences pour la bonté de la cause qu’ils défendent, toutes celles qui ont eu lieu en tant de circonstances, non-seulement il l’étranger, mais en France, dans les hôpitaux de Paris, de Lyon, de Bordeaux, de Marseille, etc. Ils ignorent donc les résultats désastreux qui ont été obtenus par ce déplorable système, surtout pendant les épidémies cholériques, ou les malheureux atteints par le terrible fléau, et que leurmauvaise étoile conduisait dans ies services dirigés par des médecins homœopathes, étaient voués à une mort certaine, tandis que dans les salles voisines la moitié des malades confiés auxsoins de médecins instruits et consciencieux, étaient sauvés par un traitement énergique.

« Sans doute que l’un des auteurs des lettres dont nous avons parlé, qui se donne comme le vétéran des homœopathes français, a oublié ces faits accablants, tandis que l’autre est trop jeune encore pour les connaître. Sans cela ces messieurs n’eussent certainement pas accepté le défi qu’on leur portait. Mais aujourd’hui, û notre avis, de semblables expériences nous semblent superflues; l’homoeopalhie à fait trop souvent preuve de son impuissance pour que des administrations hospitalières lui sacrifient

un plus grand nombre de victimes. Agir autrement, ce serait, nous ne craignons pas de le dire, un crime de lèse-lmmanité; car riiomœopalhie, si elle ne tue pas, laisse mourir.

«Pour nous, nous considérons cette prétendue doctrine médicale comme ayant fait son temps. La vogue dont elle a pu jouir pendant quelques années, n’a été qu’une affaire de mode auprès des gens du monde dont elle flattait servilement les goûts et les caprices. En un mot, riiomœopathie ne peut être considérée par les médecins instruits et consciencieux, que comme une affaire industrielle. Les lettres des deux médecins homœopathes, dont nous nous occupons ici, ne peuvent donc être considérées que comme le cri de détresse poussé par les prêtres d’une fausse religion aux abois. s

« Que nos lecteurs se rassurent donc; le Courrier médical sera toujouis, comme par le passé, une revue destinée à propager les saines traditions de la médecine classique, basée sur l’observation et l’expérience.

Le Dr Desparquets.

il me coûte toujours, il est vrai, de passer mon temps à repousser les attaques de la duplicité; mais, quand un médecin, qui ne sait rien d’une doctrine, et il l’a avoué lui-même devant mes témoins, quand un médecin,' dis-je, ose la traiter de charlatanisme, en homme de cœur, frappé dans ma conscience, dans mon honneur et dans ma délicatesse, j’ai dû proportionner la résistance à la violence de l’attaque, laquelle fut suivie d’une rétractation complète du rédacteur en chef qui, le jour même, se démit de ses fonctions de rédacteur. (Y. le n°du 29 janvier 1859.)

Page 1