CORRESPONDANCE
du Courrier médical.
Au moment demeure sous presse, nous recevons, à la fois une lellre de M. le JY de la Pommerais, cl une note de M. le D' Desparquets, dont nous ne pouvons retarder la publication. Malgré
la longueur de la première, nous avons dû aviser au moyen de donner place à ces deux pièces dans le numéro de ce jour, afin de mettre tout de suite un terme à une discussion qui aurait dû être évitée.
A M. LE DOCTEUR DESPARQUETS.
Improbi hominis est mendacio fallcre.
« Monsieur,
« Après les quelques explications téméraires que vous avez cru devoir donner dans le n° du Courrier médical du 15 janvier dernier, au sujet de lettres que M. le Dr Gastier et moi avons fait insérer dans ce journal, et dans lesquelles nous acceptions le défi porté à l’homœopathie par M. le Dr Bouillaud en pleine séance académique, ma réponse ne doit pas se faire attendre : la vôtre, je l’espère, suivra de près.
((Comme il n’entre pas dans mes habitudes t/t? ,
j’aborde franchement, carrément la question, et j’arrive droit au but.
« Libre à vous de formuler votre opinion sur une doctrine médicale, comme opinion je la respecte, mais ce que je vous dénie, c’est le droit de venir nous insulter dans un article inqualifiable. L’injure, sachez-le bien, 11e tient jamais lieu de raisonnement, elle n’est que le cri d’un homme aux abois.
« Qu’entendez-vous par ces prétendues expériences? Vous savez mieux que moi dans quelles circonstances elles ont été faites : les unes entreprises par des hommes qui 11e connaissaient de l’homœopathie que le nom, les autres abandonnées, pour ainsi dire, le jour même où elles avaient commencé, les expérimentateurs se voyant refuser les moyens nécessaires, indispensables pour se livrer à des expériences vraies, sérieuses et équitables. Mais pourquoi revenir sur ces questions fastidieuses: la réfutation des faits que vous avancez a été donnée si souvent, que vous pouvez comme moi la lire dans tous nos journaux et ouvrages I10inœopalhiques.
« Voulez-vous savoir dans quelles conditions les expériences que l’on tenterait pour vous dessiller les yeux, à vous, allopathes qui, en plein jour, refusez de les ouvrir à la lumière, dans quelles conditions, dis-je, elles auraient de la valeur?
« 1° Avoir un hôpitl à soi pour plusieurs années, y compris le personnel, et la raison en est bien simple : qu’une épidémie vienne à sévir dans l’année où nous entreprendrions l’expérience, c’est assez pour que nos maladies puissent revêtir uneformèttouvelle et refléter un caractère de gravité qu’elles ne présentaient pas auparavant. C’est alors que vous feriez sonner bien haut notre prétendue défajte. Ainsi, la mortalité des années 1832 et 1849, pendant lesquelles sévissait le choléra, peut-elle être comparée il celle de nos années actuelles, exemptes de toulfléau, morbide du moins, car il en existe assez d’autres malheureusement qui pèsent sur nous bien autrement, mais nous ne devons ni nous ne pouvons nous en occuper ici. Vous voyez donc que. plusieurs années seraient nécessaires, afin de prendre une moyenne et d'établir sur ces chiffres des données certaines et concluantes tout à la fois,
«2° Comme secorrde condition, ne seraient admis, selon les désirs du Dr Gaslier, (pie ceux (pii frapperaient à la porte de /’ homœopathie, et ils seraient en grand nombre.
« 3° Enfin comme troisième et dernière condition, les visites seraient faites par des médecins des deux écoles, mais les prescriptions, malgré toute la confiance que nous avons en vous, seraient exécutées par les homœopathes.
« Du reste, Monsieur, un mot, et voire observation tombe d’ ellemême, une seule question, et votre objection est réduite fi néant : si, comme vousdonnez à le croire, ces expériences dont vous parlez avaient dû juger la question qui semble tant nous diviser, pourquoi alors votre maître, M.le Dr Bouillaud, dont vous reconnaissez vousmême la justesse des paroles, pourquoi, dis-je, votre maître aurait-il porté un défi à /’ homœopathie , pourquoi , en pleine séance academique, aurait-il provoqué les homœopathes'! Il fal-
laii donc qu'il regardât comme nulles les expériences faites