MALADIES AIGUES. — MALADIES CHRONIQUES. — MALADIES MÉDICINALES
Messieurs ,
Je vais consacrer cette séance à vous parler d’une manière plus spéciale de la classification admise par Hahnemann. Je m’étendrai surtout sur la théorie des maladies chroniques, cherchant à bien vous faire comprendre sa pensée sur ce qu’on nomme la psore.
Comme je vous l’ai déjà dit, Hahnemann divise les maladies en trois classes :
1 0 Les maladies aiguës; 2° les maladies chroniques ; 3° les maladies médicinales.
Les premières dérivent de deux sources : les influences météoriques et telluriques d’une part; les miasmes aigus, d’autre part.
Les deuxièmes reconnaissent trois causes fondamentales : la psore, la syphilis et la sycose.
Les troisièmes, fort répandues, reconnaissent autant de causes diverses qu’il existe de substances médicamenteuses propres à les faire naître.
Ce sont celles que les allopathes font naître par Y usage prolongé de médicaments héroïques à doses élevées et toujours croissantes, par l’abus du calomélas, du sublimé corrosif , de Y onguent mercuriel, du nitrate d’argent, de Yiode, de Y opium, de la valériane, du quinquina et de la quinine, de la digitale, de Yacide prussique, du soufre et de Yacide sulfurique, des purgatifs prodigués pendant des années entières, des saignées, des sangsues, des cautères, des sétons, etc., etc. Tous ces moyens débilitent impitoyablement l’organisme, et, quand il n’y succombe pas peu à peu et d’une manière particulière à chacun d’eux, ils altèrent son rhythme normal à tel point, dit Hahnemann, que... «ces bouleversements de la santé, dus aux malencontreuses pratiques de l’allopathie, et dont on n’a jamais vu de plus tristes exemples que dans les temps modernes/ sont les plus fâcheuses et les plus incurables de toutes les maladies chroniques. Je regrette de dire qu’il paraît impossible de jamais découvrir ou imaginer un moyen de les guérir, quand ils sont parvenus à un certain degré.» Organon, § 74 et 75, p. 172 et 173.
Vous pourrez, s’il vous plaît, subdiviser chacune de ces trois classes en autant de genres et de groupes que vous le désirerez, mais vous devrez toujours ramener ces genres et ces groupes à une des grandes classes fondamentales énoncées plus haut.
La distinction établie par Hahnemann entre les maladies aiguës et les maladies chroniques, repose non-seulement sur la durée plus ou moins rapide de leur évolution ou sur Yacuité des symptômes, mais encore et presque exclusivement sur la différence de leur étiologie.
Les maladies aiguës sont, pour nous comme pour vous, des opérations rapides de l’organisme sorti de son rhythme normal, ce sont celles qui ont leur individualité il elle, chaque espèce jouissant d’un caractère propre, spécial et presque toujours identique à elle-même, sans qu’il n y ait aucune
communauté d’origine entre les espèces qui, quoique de même nature, ont leur cachet particulier.
Elles dépendent presque toujours de causes appréciables et accidentelles dont la durée est courte et la marche rapide , s’accompagnant de symptômes saillants.
Ces causes sont, d’une part: les influences hygiéniques et atmosphériques ; des excès dans le boire et le manger, ou la privation d’aliments nécessaires, de violentes impressions physiques, le refroidissement, Y échauffement, les fatigues, les efforts, les fortes contentions d’esprit, les passions de toutes sortes, etc., etc., etc. ; dans ces cas, le sublatâ causâ suffit le plus ordinairement.
Les causes des maladies aiguës sont, d’autre part, les miasmes aigus, qui engendrent ce que nous sommes convenus d’appeler des maladies épidémiques, maladies dont l’évolution est connue d’avance et dont la marche diffère de toutes les autres affections. Elles sévissent sur beaucoup de sujets à la fois, se manifestent chez tous par des symptômes fort analogues (ce qui leur a valu leur nom d 'épidémies), et peuvent devenir contagieuses, quand elles agissent sur des masses serrées et compactes d’individus. Ces miasmes ont la propriété de reparaître toujours sous la même forme, c’est pourquoi ils ont reçu des noms particuliers. Les uns n’attaquent l’homme assez ordinairement qu’une seule fois dans le cours de sa vie, comme la variole, la rougeole, la coqueluche, la fièvre scarlatine de Sydenham, etc., etc.; d’autres peuvent l’atteindre à plusieurs reprises, comme la peste du Levant, la fièvre jaune, le choléra morbus asiatique, etc., etc.
En dehors de ces miasmes aigus, Iiahnemann admet que les guerres, les inondations et la famine sont fréquemment les causes de ces maladies épidémiques : on pourrait se demander, sans pour cola combattre ce grand homme, si ces
miasmes aigus ne seraient pas eux-mêmes le produit d’une *. de ces grandes calamités qu’il invoque.
Quoiqu'il en soit, comme chacune de ces lièvres est de nature spéciale, comme chaque cas individuel a la même origine, il s’ensuit que chaque sujet qui en est atteint, présente un état morbide presque identique, mais qui, abandonné à lui-même, se termine en un assez court espace de temps par la mort ou par la guérison.
Règle générale : toute maladie aiguë abandonnée à ellemême, débute par une fièvre plus ou moins intense; puis, après avoir atteint rapidement leur apogée, les symptômes s’effacent peu à peu, perdent par conséquent de leur intensité, et tendent naturellement à disparaître complètement, pourvu toutefois qu’on ne vienne pas entraver leur marche par une médication intempestive. Tandis qu’il suffit, pour adresser des médicaments à un individu atteint d’une maladie aiguë, d e relever avec soin le tableau général des symptômes.
De plus les affections aiguës ne sont pas susceptibles de se transformer, comme il arrive pour les affections chroniques.
Les causes qui les produisent frappent tous les organismes, et leur influence ne se fait pas sentir au-delà de l’individu ou des individus soumis à leur action, si ce n’est dans le cas de maladie épidémique. Et même alors, dès que la constitution épidémique a cessé, les phénomènes qu’elle avait puissance de produire cessent aussitôt, et ce que vous nommez le passage d’une maladie aiguë à une maladie chronique n’est autre que le développement subit , spontané d’un ou de plusieurs des miasmes chroniques , lesquels pour avoir sommeillé un certain temps au sein de 1 économie n’en existaient pas moins. Cela est si vrai; interrogez tous vos malades avec soin et vous verrez qu’il y en a beaucoup qui, sans être forcés de garder le lit, vous diront avoir
toujours été dans un état de faiblesse, de malaise, de souffrance même qu’on ne peut s’expliquer que par l’infection préalable de l’organisme ; dans un pareil état de santé, qu’une maladie aiguë survienne et alors éclate sous son influence l’affection primitive qui existait dans l’organisme à l’état latent.
En effet, messieurs, du moment où r hérédité est reconnue et admise, on pourrait même aller plus loin et affirmer avec Hahnemann que certaines maladies aiguës n’affectent l’homme que lorsqu’il est psorique; ce qui exprimerait notre aptitude, notre prédisposition à subir les influences extérieures. Toutes ces causes alors auxquelles on rapporte les diverses maladies qui naissent sous leur influence ne seraient le plus souvent que les véhicules, les excitateurs spéciaux d’autant d’états pathologiques, dont la diversité, les conditions, les formes ou manifestations extérieures seraient autant d 'expressions qui constituent un des miasmes chroniques. Donc d’après Hahnemann ces causes seraient en nous, viendraient de nous, non d’ailleurs, elles dépendraient non-seulement de la constitution atmosphérique dans laquelle nous sommes placés, mais surtout de nos constitutions individuelles.
Voulez-vous vous placer à un autre point de vue : substituez au mot psore le terme de ( cahexie générale ) ou encore celui d'acrimonie et de dyscrasie peu m’importe, et vous saisirez peut-être mieux ma pensée; ce que je veux, c’est que vous conveniez avec moi que tout est subordonné à la d isvosition i nd ivid uelle.
Ainsi je lisais l’année dernière dans vos journaux de médecine, que dans plusieurs services d’hôpital, de pauvres femmes ayant gagne une angine couenneuse dans les salles, après avoir subi plusieurs cautérisations curent une paralysie générale. N’est- ce pas encore h un principe miasmatique interne (psorique pour nous) dont le conta-
gium dépend, qu’il faut attribuer cette paralysie? pour ma part, je le crois, car souvent les pseudo-membranes sont insuffisantes pour motiver et expliquer la mort. Et cependant on voit les malades succomber en peu de temps présentant un anéantissement général , ce qui n’arriverait pas sans une infection générale.
N’a-t-on pas cité encore plusieurs cas de paralysie générale survenue à la suite d’une fièvre intermittente, laquelle certes, était loin d’expliquer ce phénomène grave.
A l’appui de ce que j’avance, vous me permettrez de me citer moi même. Je disais il y a deux ans, au sein de la société homœopatbique et à propos d’une discussion qui avait été soulevée sur le croup et la pharyngite pseudomembraneuse « qu’on s’était trop préoccupé jusqu’à présent de l’élément contagieux ou épidémique, et qu’on n’avait pas assez pris en considération Y élément psorique , syphilitique et sycosique, éléments qui constituent la prédisposition héréditaire. J’ajoutais que cette considération me paraît d’une telle importance, qu’on doit attribuer à cet oubli la plus grande partie des insuccès. Si, comme je le disais, et comme l’a affirmé Hahnemann dans son immortel Traité des maladies chroniques, nous admettons les vues de notre maître sur les miasmes chroniques , nous devons craindre que dans toute épidémie, diphtérie ou autre, que dans toute affection aigu'ê en général, l’un de ces miasmes, étant en jeu, ne vienne, par les modifications profondes qu’il apporte à l’économie, changer, sinon la nature de la maladie, du moins lui imprimer un caractère de gravité qu’elle n’aurait pas eu sans cela.
S’il en est ainsi, ajoutais-je, c’est une indication pour nous d’employer concurremment avec ce qu’Ilahnemann appelait les apsoriques , les médicaments dits antipsoriques; car, selon moi, \upsore est l'affection qui, avouée, ou non, foue le plus grand rôle..., etc., etc. « (Voir le bulletin de la
société homœopathique, juin, 1860), avec faits de ma pratique ci l’appui.
En effet, messieurs, que l’on accepte ou non la théorie de Hahnemann sur les maladies chroniques , le praticien n’obtiendra de résultat, quand même il aura choisi son médicament avec justesse, qu’à la condition de le faire précéder par un antipsorique lorsqu’on soupçonne une psore latente ou avouée, ou par un antisyphilitique , un antimycosique , lorsqu’il y a eu antérieurement syphilis ou sycosis, affections qui n’auraient pas été complètement guéries.
Seulement, il faut bien l’avouer, il est extrêmement difficile de choisir parmi les antipsoriques le médicament le plus convenable, parce qu’ils offrent presque tous les mêmes signes, n’offrant chacun que très peu d’indications caractéristiques. Aussi est-ce une raison puissante pour nous d’étudier et de comparer continuellement les séries de symptômes que présentent les médicaments.
Mais n’empiétons pas et abordons de suite les maladies chroniques.
Peu distinctes et souvent imperceptibles à leur début, saisissant l’organisme chacune à leur manière, les maladies chroniques suivent une marche diamétralemeut opposée à celle des maladies aiguës et reconnaissent des causes différentes. Elles ont le plus ordinairement un début insidieux, ne se décèlent que par des symptômes insensibles, de faibles et passagers malaises qui plus souvent passent inaperçus. Mais peu à peu elles gagnent du terrain jusqu’à ce qu’enfin elles envahissent plus ou moins l’organisme en entier , entraînant à leur suite de nombreuses et redoutables désorganisations. Elles reconnaissent une communauté d’origine due à la présence d’un ou plusieurs miasmes ou virus, psore, syphilis, sycose. Ces miasmes sont en nous , dans les plis les plus cachés de nuire organisation, avec laquelle ils
sont pour ainsi dire, comme identifiés, tirant leur origine de l’inconduite ou de l’incurie de nos parents, ce qui fait que la vigueur de la complexion, pas plus que la régularité du genre de vie ne peuvent rien contre eux.
Ils produisent des états morbides très-différents ou sont cause qu’une maladie qui, sans la présence d’un ou de plusieurs de ces miasmes, aurait été simple ou individuelle , revêt un caractère de gravité et de chronicité sous des formes très- diverses quoique identiques au fond.
Par cette théorie si matérielle qui tend à faire jouer un si grand rôle à la matière organique et à l’étiologie, HahnemannOi fait faire un pas immense à la médecine en sachant. ramener toutes les maladies chroniques à une cause occasionnelle générale , saisissable par tous les moyens propres à établir une conviction et à fournir une démonstration. En effet, dès que ces miasmes font invasion dans l’organisme, aux caractères fixes et positifs qu’ils présentent-, ou pourra non-seulement les reconnaître et les distinguer, mais souvent encore, les suivre à travers les générations. Et, si vous interrogez l’expérience, vous apprendrez bien vite que toutes les maladies chroniques sont dues, soit à la rétropulsion ou à la rétrocession de la gale ou d’autres éruptions cutanées , soit à une syphilis imparfaitement guérie et dégénérée, soit à une affection sycosique.
Il vous sera assez facile, en un mot, après un examen attentif, de saisir le lien pathologique entre l’invasion d’un de ces trois miasmes et la maladie que vous aurez à guérir. Dans le cas où un malade atteint d’une affection chronique, n’aurait jamais été infecté primitivement par un de ces miasmes, aux questions que vous lui adresserez, vous reconnaîtrez aussitôt qu’il en a reçu le germe par voie d’hérédité. C’est ainsi qu’il vous apprendra que dans son enfance il était sujet à avoir des dartres, des engorgements ganglionaires , des gourmes, des abcès de toute nature, des
affections scrofuleuses sous toutes les formes, présentant eu un mot, la constitution la plus appauvrie, laquelle s’ctait amendée à l’âge de la puberté. Mais, des symptômes nouveaux et dus toujours à la même cause , venaient a éclater plus tard. Pour n’apparaître qu’au bout de 10, 20, 30, 40 ou 50 ans, ces miasmes ou virus n’en existent pas moins au sein de l’économie.
Pour comprendre, messieurs, la théorie qu ' Hahnemann a donnée des maladies chroniques et surtout de la psore, il faut remonter les siècles et interroger -l’histoire.
Il y a peu de temps eucore tous nos traités de pathologie, vous le savez, relataient l’histoire d’une maladie aussi affreuse que dégoûtante, maladie qui datait des Hébreux et que les Croisés avaient rapportée de la terre sainte et semée sur toute la surface de l’Europe. Lèpre du lévitique, lèpre des Hébreux , tel est le nom de cette atroce maladie dont la Bible fait mention et qui aujourd’hui est étudiée encore sous les dénominations diverses de : psoriasis invétéré — pellagre comprenant les lèpres squammeuses et crustacées — les lèpres alphdides.
De: Elephantiasis des Grecs; des Arabes; comprenant les lèpres tuberculeuses, lèpres du moyen âge , ou lèpre taurcque et la lèpre Léontine.
Ou bien encore offrant une nuance qui par les Grecs était appelée leuce , par les Latins vitiligo , par les Français ladrerie, etc. Par où ou par qui a commencé cette affection, c’est ce que nous ne savons et ce que nous ne saurons jamais. Du reste les questions de cette nature seront toujours enveloppées de la plus grande obscurité. Nous ignorons aussi bien l’origine de la ] sore et de la syphilis que de tous les phénomènes naturels qui se produisent successivement sous nos yeux et qui nous frappent moins, habitués que nous sommes à les voir et à les contempler. Ce qui nous importe à nous, médecins, c’est que la psore
existant, nous devons indiquer ses moyens de transmission, la manière de l’enrayer et de la combattre efficacement.
Donc, suivant Hahnemann, la lèpre du Lévitique ou lèpre * des Hébreux, aurait donné naissance h un miasme qu’il a désigné sous le nom d q psore, qu’il regarde comme le plus généralement répandu, le plus difficile à combattre de tous les miasmes chroniques, et, qui serait comme une transformation affaiblie de cette maladie primitive. A la psore, Hahnemann rapporte la gale proprement dite, les dartres et toutes leurs formes, les scrofules depuis le simple engorgement glandulaire jusqu’au rachitisme, la phthisie, le carreau, les catarrhes, la gravelle, la goutte et d’autres affections tout aussi variées que je vous ferai connaître plus tard.
En vain, Messieurs, la critique s’est essayée à prouver qu’il n’y avait aucun lien entre la psore et la gale, et que cette dernière n’était pas une dégénérescence de la lèpre, en vain, elle s’est évertuée à détruire cette chaîne à anneaux multiples, la critique est restée sans effet, et vient de ce qu’on a mal interprété lapensée de Hahnemann et qu’on en a conçu des hypothèses absurdes.
Hahnemann, Messieurs, en déclarant que la psore produisait la gale, n’a pas entendu dire que la gale pouvait et devait toujours, et quand même, se développer d’emblée et spontanément dans l’organisme. — On veut aujourd’hui, vous le savez, qu’elle soit produite par un animalcule, Yacarus scabei ou le sarcopte. — Si pour cause vous lui assignez cet insecte, je peux, moi, à l’exemple de Hahnemann, lui en assigner encore bien d’autres : la misère, la malpropreté, par exemple ; mais, toutes trois, Messieurs, ne pourront agir que comme causes occasionnelles externes déterminantes. Car, si l’organisme ne reconnaissait pas une cause interne (la psore), appelez-la comme vous
voudrez, s’il n’avait pas été dans une disposition toute spéciale, cette maladie n’aurait pas plus sévi sous l'influence de la misère et de la malpropreté que sous celle de cet être microscopique (Vacants). Il faut encore que le corps qui est le sol sur lequel se développent les embryons qui yiennent du dehors, présente un terrain propre à favoriser
cette génération ou le développement de ces embryons. En supposant même que Vacants scctbei , comme le veulent certains micrographes, soit le produit d’une génération spontanée, il y aurait encore à fournir les moyens de s’opposer à cette génération, et on ne pourrait y arriver qu’en soumettant / organisme entier à un traitement approprié, et en détruisant cette disposition toute particulière que nous reconnaissons en lui.
Les vers eux-mêmes qu’on rencontre chez un si grand nombre de personnes, tant lombrics, ascarides que tœnias, dépendent tous d’une affection générale (psore) liée à un genre de vie insalubre, c’est-à-dire que les embryons de ces entosoaires ne se développent que parce qu’ils trouvent V économie dans des conditions données. Qu’on soumette les enfants en bas -âge à un traitement prophylactique ou préservatif, en leur faisant suivre un excellent régime, et on triomphera facilement de la psot -e; alors ces parasites n auront plus raison d’être, et l’on ne verra plus ces pauvres enfants être incommodés si souvent par des entosoaires de toute espèce.
De meme, quand nous rencontrons une afl'ectionptdicudans,une maladie grave comme la fièvre typhoïde par exemp c. en concluons-nous que cette dernière ait été produite par ces . parasites? Dans une science d’observaion, je vous 1 ai déjà dit, il faut bannir les hypothèses et alors nous dirons tout simplement que cette maladie rrémhure ou phlhirhuique reconnaît deux muses- l'une proclmne qui réside dans une disposition parOcuMee du
corps, inconnue dans sa nature il est vrai, mais qui n’en existe pas moins; l’autre occasionnelle, qui comprend la malpropcté, la misère, la faiblesse de la constitution, un air humide et chaud, une mauvaise nourriture, des maladies cutanées, la contagion, etc., etc.
Quant à la pale, je maintiens qu’elle ne se développera que si elle trouve l’économie dans des conditions spéciales, et cela est si vrai, que vous verrez nombre d’individus qui vous diront avoir été en contact immédiat avec des galeux sans jamais avoir contracté la gale. Vous m’avez entendu très-souvent adresser cette question aux nombreux malades de mon dispensaire, lesquels me faisaient le même aveu, c’est qu’en effet, leur organisme n’était pas doué de l'aptitude constitutionnelle que nous reconnaissons à ceux qui sont infectés; dans ces cas on ne doit en accuser que la prédisposition, car de môme qu’il existe des hommes qui jouissent de la plus parfaite immunité quoiqu’exposés à un foyer d’infection quelconque, de meme il n’est pas rare d’en rencontrer qui n’aient aucune réceptivité pour l’acarus.
De ce que l’inoculation de la sérosité des pustules, tout en donnant lieu à une éruption , n’a pas produit l’acarus chez les individus soumis à l’expérience — tandis que l’acarus appliqué sur la peau saine a donné lieu quelquefois à une maladie cutanée, on aurait tort d’en conclure que l’ucarus seul joue le principal rôle dans l'exanthème qui nous occupe.
En admettant même que l’acarus par sa présence soit la cause première et par conséquent fondamentale de l'infection psorique, il resterait à déterminer son action. Est-elle locale ou générale ? Ne doit-on considérer que la piqûre ou le venin qu’elle renferme. Ce serait donc son mode d’action qui devrait nous préoccuper le plus.
Tous les insectes tels que: la guêpe, Y abeille, le scorpion, la chenille, la puce, la punaise, etc., produisent des piqûres
à manifestations locales et générales qui varient en raison de l’espèce qui les a produites, et du miasme ou élément plus ou moins vénéneux et particulier à chacun d’eux qui accompagne la piqûre; ce qui produit une véritable infection. Je demanderai du reste, sur quels faits on s’appuie pour affirmer qu’il suffit de faire disparaître l'éruption pour se croire en droit de regarder un galeux comme guéri; parce que les vésicules psoriques n’existent plus, l’infection organique en existe-t-elle moins pour cela? Non certes et ne vous étonnez pas un jour d’avoir à donner vos soins à une foule de malades qui, après avoir été renvoyés de l’hôpital comme guéris, vous présenteront soit une réapparition de l’éruption psorique, soit une quantité d’autres maladies qui sont prises pour autant de maladies nouvelles par la médecine ordinaire, sans se douter du lien qui existe entre V éruption primitive et la maladie qu’elle a à traiter.
Je vous le répète, messieurs, en supposant même que la présence de l’acarus constitue une affection spéciale, qu’il soit reconnu comme le signe pathognomonique de cette maladie , la rétrocession de la matière virulente de la gale (celle avec acarus ou sans acarus) n’en serait pas moins possible, car, comme cette matière virulente n’est que le produit d’un organisme vicié , il faudrait s’attacher à combattre ce vice constitutionnel et à modifier la constitution du sujet atteint de gale. Dans ces cas, le choix des médicaments doit être établi non-seulement sur l’analogie des symptômes mais bien sur leur importance.
Il ne suffit donc pas de nier, messieurs, il faut fournir la preuve de toute négation, car vous voyez que les découvertes modernes sur Vétiologie de la gale , ou mieux sur 1 existence du sarcopte, n’ébranlent en quoi que ce soit la doctrine de llahnemann.
Je crains d’autant moins de formuler mon opinion d’une manière aussi arrêtée, que jo regarde toute guérison im-
possible en dehors de ce cercle d’idées, à moins qu’on ait affaire à une maladie chronique psorique qui n’en soit pas une: car, Hahnemann distingue des maladies chroniques proprement dites, et celles qui ont été appelées ainsi improprement.
Les premières, ne s'effaceront qu’après un traitement rationel et énergique.
Les deuxièmes , au contraire, dues à des excès de table, à des débauches, à un mauvais genre de vie, ou à des émotions morales, etc., etc., disparaîtront d’elles- mêmes à moins que la psore latente dans l’organisme ne vienne à se manifester.
Si donc, comme nous le pensons, la gale, qu’elle reconnaisse ou non Yacarus, comme cause ou effet, a son origine dans l'organisme et qu’elle prenne racine dans les profondeurs de l’organisation, c’est pour nous une nécessité d’agir en conséquence, afin d’éviter les suites de sa rétropulsion, et il sera de notre devoir quand on viendra nous consulter, de bien faire connaître notre pensée à cet égard, afin que l’on sache bien que ce n’est pas une raison, parce que l’affection cutanée est disparue et parce qu’on est arrivé à détruire plus promptement Yacarus scabei, le reconnaissant comme la cause matérielle la plus palpable, ce n’est pas une raison, dis-je, pour qu’on ne soit pas toujours sous le coup d’une nouvelle affection presque toujours imminente et souvent plus grave.
De même, qu’une dartre vienne à s’effacer rapidement, elle fera éclater aussitôt, soit une phthisie, soit des hémorroïdes, soit une affection du cœur, soit une apoplexie, soit un catarrhe, soit une névralgie, etc., etc.
Des traités pris dans tous les temps et dans toutes les écoles, fourmillent de faits de ce genre, où les maladies les plus diverses ont succédé à l’éruption psorique, connu des auteurs sous le nom de gale proprement dite: pour n’en
citer que quelques-unes : ce seront l 'épilepsie, les convulsions, les affections nerveuses de toute nature, Y apoplexie, la paralysie, Y aliénation mentale, la mélancolie, Y hydrocéphale, différentes espèces d’hydropisie , comme Y ascite, Yanasarque et Y hydrocèle, Y asthme, le catarrhe suffocant, 1 hémoptysie, la pleuro-pneumonie, la phthisie pulmonaire, certains ulcères, le cancer de Y estomac et du duodemun, le cancer au sein, aux lèvres et aux joues, le cancer de la matrice, la cataracte, Y amaurose , la surdité, les hémorroïdes, le diabètes, Yischurie, le catarrhe vésical, les leucorrhées, la carie, le rachitisme, les fièvres tierce et quarte, Yhistérie, les désordres de la menstruation, les constipations, les diarrhées chroniques, les indurations du foie , les luxations spontanées, les déviations de ta colonne vertébrale, les ophthalmies chroniques, les migraines, les teignes, les tumeurs de toute nature, la goutte, etc.; cette longue série des espèces nominales que la pathologie ordinaire donne faussement pour autant de maladies particulières et distinctes, ne sont que les symptômes secondaires caractéristiques du mal miasmatif primitif devenu manifeste au dehors, de ce monstre à mille têtes, comme l’appelle Hahnemann, et qu’on a si longtemps méconnu.
A mesure que vous avancerez dans la pratique, maintenant que votre attention est attirée sur ce point, vous ne tarderez pas à être convaincus que ce n’est pas une raison, parce que l’éruption est passée, pour qu’on se croie à l’a bri de tout accident ultérieur.
Prenez un arbre en plein développement, coupez-lui plusieurs de ses branches, en grandira-t-il moins pour cela? Non ! mais la sève prendra une direction différente. En effet, plus un arbre est émondé et plus il prend de développement.
Maintenant, je le sais, on pourrait concilier le tout en faisant disparaître, d’une part, l'affection cutanée et agissant, d'autre part, sur l’organisme parles médicaments ap-
proprios afin do détruire la racine ou la maladie interne. Mais, messieurs, quel sera notre guide, notre critérium, du moment où vous combattrez par un ou plusieurs moyens externes cette maladie? Quels symptômes devrons-nous prendre en considération? Par quel moyen juger que la guérison est complète, que la maladie totale a été anéantie? car, dit ITulinemann : « Si on se borne à supprimer localement ces symptômes, une obscurité impénétrable se répand ensuite sur le traitement interne nécessaire au rétablissement parfait de la santé : le symptôme principal, l’affection locale, a disparu, et il ne reste plus que les autres symptômes, beaucoup moins significatifs et constants, qui souvent sont trop peu caractéristiques pour qu’on puisse en tirer une image claire et complète de la maladie. » (Organon, p. 238, § 198.)
Vous admettrez bien qu’il devra y avoir une confusion telle, qu’il ne sera pas donné à tout médecin de démêler ce qui est le propre de l'éruption ou le propre des agents thérapeutiques externes.
Il ne sera permis de céder aux instances du malade et de n’emplover une médication externe, que dans l’espèce de gale où la présence du Sarcopte est reconnue, ce n’est plus alors là qu’une action mécanique et encore ne doit-on le faire qu’à la condition de soumettre le malade pendant un certain temps à une médication interne énergique. Ce n’est qu’à cette condition, qu’on se permettra alors d’employer lotions, frictions, bains, etc., pour détruire l’acarus. Quand Hahnemann nous dit avoir guéri cette espèce de gale avec un globule d’une dilution élevée, c’est qu’il y a eu erreur dans le diagnostic; aussi, ne devonsnous pas nous arrêter à ces assertions qui sont mal fondées.
Je ne vous dirai rien, messieurs, de la syphilis, affection que vous connaissez aussi bien et peut-être mieux que
moi, mais il n’en est pas de même de l'affection à laquelle nous donnons le nom de sycose.
Aucun auteur, avant Hahnemann, n’avait précisé la valeur qu’on devait attacher à la dénomination de Sycose, tous confondant cette maladie avec un acné du menton (mentagre) , de la lèvre supérieure , des régions sousmaxillaires et des parties latérales de la face, — tandis qu’elle constitue toutes les maladies qui croissent, végètent et bourgeonnent comme fiscs, verrues, durillons, etc.
Hahnemann est donc le seul qui a cru devoir donner le nom de Sycose aux affections nombreuses qui se manifestent ou par des excroissances à la peau et à la surface des muqueuses, ou par un écoulement blénorrhagique aigu. Si, jusqu’ici, cette maladie a été traitée sans succès, cela vient, selon lui, de ce que, ne la connaissant pas, on la confondait toujours avec la maladie vénérienne chancreuse.
Du reste, voici ce qu’il dit : «Quant aux excroissances des parties génitales, endroit où la maladie a coutume de se manifester d’abord, plusieurs jours ou plusieurs semaines après l’infection par le coït, elles surviennent accompagnées généralement, mais non toujours, d’une sorte d’écoulement gonorrhéique par l’urètre, lequel ressemble ordinairement dans cette sorte de gonorrhée, et dès le début, à du pus épais.
L’émission de l’urine cause peu de douleurs, mais le corps de la verge est gonflé et dur; on remarque des nodosités glandulaires sur le dos de cet organe, et il est fort douloureux au toucher.
Les excroissances sont rarement sèches et en forme de verrues, plus souvent molles, spongieuses, imbibées d’un liquide fétide, saignantes à la moindre cause, et semblables à des crêtes de coq ou à des choux-fleurs, elles pullulent, chez l’iiomme, sur le gland, ainsi qu’à la surface et audessous du prépuce; chez la femme, aux alentours de la
vulve, puis à la vulve elle-même tuméfiée, souvent en trèsgrand nombre. Les allopathes, dit Hahnemann, ne les ont jamais attaquées que par le traitement externe le plus violent, par la cautérisation, Vüstion, l 'excision ou la ligature. Le résultat immédiat et naturel de cette méthode, était ordinairement qu’elles reparaissaient au bout de quelque temps, et qu’alors on les soumettait vainement à un nouveau traitement non moins cruel et douloureux, ou que, quand on parvenait ainsi à les détruire, la sycose, privée du symptôme local qui tenait lieu de l’affection interne, se manifestait d’une autre manière plus fâcheuse, par des maux secondaires, les moyens de destruction extérieurs employés contre les excroissances et le mercure administré intérieurement contre une maladie à laquelle il n’était point approprié, n’étant point capables de diminuer en rien le miasme sycosique, dont l’organisme entier se trouvait comme imprégné. Non-seulement le mercure, ici, toujours nuisible, qu’on donnait en général à très-fortes doses et sous la forme des préparations les plus âcres, détériorait la santé générale, mais encore on voyait survenir ensuite tantôt des excroissances analogues sur d’autres points du corps, tantôt des élévations spongieuses, blanchâtres, sensibles et plates, dans la bouche, sur la langue, au palais, aux lèvres, tantôt de gros tubercules saillants et bruns dans les aisselles, au col, au cuir chevelu, etc. ; ou bien il se manifestait d’autres affections, parmi lesquelles je ne citerai ici, que le raccourcissement des tendons, des muscles fléchisseurs, notamment de ceux des doigts. » Maladies chroniques, par Hahnemann. (T. I, p. 117 et 118.)
Maintenant, messieurs, que vous connaissez toute la pensée de Hahnemann sur les maladies chroniques, n’a-t-on pas lieu de s’étonner qu’il ait trouvé des antagonistes qui lui ont reproché d’avoir créé une théorie qui, à mon avis, est et restera uue de ses gloires. Ceux qui lui ont fait ou qui
lui font de l’opposition, ne connaissent ni les rouages de notre machine humaine, ni l’entente qui règne entre ses fonctions, ou alors c’est une opposition systématique; comment voudraient-ils que l’organisme ne fût pas infecté de fond en comble, lorsqu’un virus, avant de se développer et de produire les tristes et affreux fruits de sa germination , reste des 2, -i, 8, 15 jours et même plus à s’insinuer dans l’économie. Je n’invente pas, je raconte. Hahnemann, du reste, ne fait reposer sa théorie que sur l’observation, sur la méthode expérimentale. C’est pourquoi il ne suffit pas d’élever des doutes et de produire des négations, il faut démontrer ou est l’erreur, il ne suffit pas de détruire, il faut encore édifier. Pour vouloir renverser un édifice comme le sien, il faudrait avant tout en avoir élevé un autre plus solide et plus régulier. Quand s’élèvera-t-il? Je l’ignore; toujours est-il qu’un esprit non prévenu ne tardera pas dans sa pratique, s’il en appelle à une observation exacte et à une investigation rigoureuse, ne tardera pas, dis-je, à s’apercevoir que cette théorie ruisselle de vérité, ce qui nous donne à nous homœopathes, imbus de ces idées, l’assurance et le ton plein d’affirmation qu’on se plaît à nous reconnaître.
Comprenez-vous maintenant, messieurs, que ces trois miasmes puissent se transmettre par voie de génération, et venir souvent compliquer les maladies aiguës par leur présence ou les engendrer par leur transformation. Il est en ell'et d’observation, pour ne parler que de la voie de génération, que toutes les fois qu’on a pu recueillir des renseignements sur la santé des parents, on a appris qu’ils avaient été infectés par l’une de ces trois maladies, et que la plupart diraient au moment où l’enfant a été conçu, des traces d’une de ces trois affections qui se révélaient par des symptômes secondaires. Quand la manifestation de ces maladies n’apas lieu au moment de la naissance de l’enfant, vous pou-
voz être convaincus qu’elle éclatera d’ un moment à l’autre, la plus légère cause pouvant réveiller les principes murbifères qui sommeillent dans l’organisme.
Mais toutes ne sont pas transmises par voie d’hérédité; 1 homme peut en puiser la source dans l’ordre naturel qui lui sert de milieu ambiant, c’est-à-dire que Y infection générale de l’organisme entier peut provenir de l 'atteinte directe d’un des trois miasmesou virus signalés plus haut, c’est alors une maladie acquise.
Comme je vous l’ai déjà dit au commencement de cette leçon, nous n’avons pas, messieurs, à rechercher quello est l’origine de ces virus, attendu que nous ne connaissons ni la cause, ni l’origine de quoique ce soit et qu’il ne nous appartient pas plus à nous qu’à vous de sonder, de pénétrer les desseins de l’univers. Nous ne pouvons que constater un fait, c’est l’existence de ces trois miasmes. Un fait s’observe et ne se discute pas. Je ne m’épuiserai donc pas en raisonnements superflus pour soutenir ma thèse. Dans les sciences d’observation, le fait constitue le raisonnement.
Est-il donc si téméraire de concevoir que si la syphilis etla sycose, considérées dans leur forme primitive, peuvent se communiquer par le coït, la psore, car c’est à elle surtout que s’adressent toutes les objections, considérée également dans sa forme primitive {la gale), ne puisse se communiquer par le contact.
Est-il donc si téméraire de ne reconnaître que deux causes générales des maladies chroniques : 1° l’hérédité, 2° la présence d'un ou de plusieurs miasmes ou virus quels que soient leur nature et leur caractère.
Nous soutenons ne connaître des choses que leurs manifestations et les conditions de leur développement; mais, ne convenez-vous pas que la syphilis n’est à vos yeux une maladie miasmatique et contagieuse qu’en raison de son
mode de développement et de propagation? Avez-vous jamais contesté l’existence du virus syphilitique ainsi que sa transmission des parents aux enfants chez lesquels il se manifeste tantôt par des symptômes de syphilis proprement dite, et tantôt sous la forme d'affections scrofuleuses ou herpétiques? N’enseignez-vous pas tous les jours que la syphilis a puissance d’engendrer une foule d’affections chroniques telles que phthisie, cancers, catarrhes pulmonaires et vésicaux, maladies des os! etc. Ne reconnaissez-vous pas qu’il n’est aucune des formes des maladies dartreuses qui ne puissent être attribuée à ce terrible fléau ?
Ne constatez-vous pas dans toute maladie syphilitique la période d’incubation, c’est-à-dire l’intervalle qui s’écoule entre le moment d’infection et celui où la maladie se déclare par les symptômes locaux qui la caractérisent, soit sous forme d’ulcérations aux parties génitales, ou sous toute autre forme; puis la deuxième période, celle d’infection générale (syphilis constitutionnelle des anciens) qui, abandonnée à elle-même ou mal traitée, conduira inévitablement le sujet à la mort dans un intervalle de temps plus ou moins rapide, à moins que vous ne lui opposiez des agents qui agissent sur l’organisme en entier.
Puisque vous assignez de tels caractères à une maladie que vous reconnaissez comme dépendant d’un miasme chronique, à quel titre refuseriez-vous d’étendre à la gale et à ses modalités ainsi qu’à la sycose ou maladie des fiscs ce que vous accordez pour la syphilis. Car, du moment où nous retrouvons dans ces dernières maladies les mêmes conditions d’existence et de développement, l’induction la plus légitime nous autorise à conclure que, quelle que soit la diversité des symptômes, ces maladies doivent avoir une origine de même nature, sauf à découvrir ensuite les miasmes ou les virus qui les auront engendrées.
« La manifestation de ces trois exanthèmes miasmatiques
chroniques présente, dit Hahnemann , comme celle des affections exanthématiques miasmatiques aiguës, trois points principaux qui réclament une attention beaucoup plus sérieuse que celle qu’on y a consacrée jusqu’à présent. J’entends par là d’abord le moment de l’infection, en second lieu l’époque à laquelle l’organisme entier est pénétré par la maladie contagieuse, jusqu’à ce que celle-ci se soit tout à fait formée dans l’intérieur, et en troisième lieu , la manifestation du mal extérieur par laquelle la nature annonce que la maladie miasmatique s’est intérieurement développée et répandue dans l’organisme entier.
« L’infection par les miasmes des maladies exanthématiques, tant aiguës que chroniques, a lieu, sans nul doute, dans un instant indivisible, c’est-à-dire dans le moment le plus favorable à cette infection. » Maladies chroniques, par S. Hahnemann, t. I, p. 49.
Pour ceux qui ont observé la gale dans sa forme primitive, ils savent tous qu’elle offre comme la syphilis une période d’incubation et d’invasion caractérisée par une éruption cutanée. Mais ce qu’ils contestent, c’est le rapport de causalité entre la gale antérieurement déclarée et la maladie chronique dont sont actuellement atteints les individus qu’on observe.
Comment se fait-il alors que sur une population donnée, les neuf dixièmes soient infectés. Où ont-ils puisé ce principe miasmatique ? D’où vient que les personnes qui n’ont jamais eu la gale proprement dite, présentent cependant les atteintes d'une psore générale? Cela vient, messieurs, de ce qu’elle leur a été transmise, croyez-le bien, par voie de génération. Du reste, je vous le demande, que peuvent les meilleurs arguments en présence de faits aussi palpables, aussi concluents que ceux qui ont ôté observés par une infinité de médecins plus savants et plus experts les uns que les autres?
Messieurs, à quelque hypothèse qu’on s’arrête sur l’origine des virus chroniques, nous devons reconnaître qu’au point de vue physiologique, nous sommes tous solidaires les nus des autres. De même qu’en politique ou en morale, un enfant ne peut prétendre au bien-être, au bonheur qu’après avoir reçu de ses parents une certaine instruction qui lui formera de bonne heure le jugement, et une bonne éducation qui lui léguera des principes sûrs et durables, de même cet enfant ne pourra prétendre à la santé qu’après s’être dégagé du lien de solidarité qui est établi entre tous les membres de l’espèce humaine, lien de solidarité qui ne disparaîtra que par la prophylaxie ou traitement préservatif. (Nous y reviendrons en traitant spécialement de la prophylaxie).
J’aborderai d’une manière générale dans la prochaine séance le traitement des maladies chroniques et je vous dirai ce que j’entends par réaction.