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LOI DE SIMILITUDE EN GÉNÉRAL

GUÉRISONS ALLOPATHIQUES QUI DÉPOSENT EN FAVEUR DE l’hOMCEO- PATHIE. — COMMENT DOIT S’ENTENDRE LA LOI DES SEMBLABLES. — QUELLE IDÉE DOIT-ON SE FAIRE D’ELLE?

La loi de similitude est la loi universelle de la nature, celle qui s’étend à tout, qui trouve son application partout, s’adressant au monde physique ainsi qu’au monde moral, à l’état de santé aussi bien qu’à l’état de maladie. Ce que j’espère bientôt vous démontrer.

De même que nous avons cherché à classer chaque espèce morbide, de même nous devons chercher, pour faciliter l’étude de la matière médicale et de la thérapeutique, à comprendre, dans des tableaux différents, une ou plusieurs séries de médicaments dont les effets sur l’homme sain nous paraîtront être les plus semblables entre eux , en dehors de ces phénomènes spéciaux qui caractérisent chaque espèce médicamenteuse en particulier.

Tous les êtres, tous les corps de la nature, que ce soit de l’ordre animal, végétal ou minéral , en dehors même des

caractères communs iï l’espèce à laquelle ils appartiennent, possèdent encore des propriétés individuelles à eux propres, lesquelles propriétés, par leur nuance , leurs principaux traits, leur variété, constituent la stricte individualité de chaque être. Ainsi tout homme marche, mais ne marche pas de la même manière , tout homme pense, mais ne pense pas de même , tout être humain parle , mais le son de la voix est différent, le timbre varie, et il n’est pas un être , en un mot, dont l’organisation physique et physiologique, dont es aptitudes intellectuelles et morales soient identiquement les mêmes. On ne peut raisonner qiie par aüalofjie. Chacun a son cachet spécial; il en est de même des médicaments. Ce qui rend l’étude de la matière médicale si difficile et souvent si rebutante, c’est d’arriver à discerner et individualiser toutes ces puissances médicamenteuses, à bien connaître toute leur portée d’action, afin de leur assigner à chacune un caractère spécial et une appropriation vraie, suivant les phénomènes que chaque médicament développe de préférence sur telle partie de l’organisation plutôt que sur telle autre.

Pressé par le temps et désirant satisfaire au plus vite votre impatience, venant de traiter des médicaments, je n’envisagerai la loi des semblables que sous le point de vue exclusivement thérapeutique.

La loi similia similibus curantur, soupçonnée dans tous les temps par les Hippocrate , les Paracelse, reconnue, sinon pratiquée, dans le seizième siècle, en France, par Fernel; dans le dix-septième, en Angleterre, par Sydenham, et, en Belgique, par Vanhelmont; dans le dix-liuitième, enfin, par Heisten et Stahl, en Allemagne, puis par tant d’autres, sans avoir été jamais élevée à la hauteur d’un principe, est le fait premier de la thérapeutique.

Qu’on me permette de citer les passages suivants du célèbre alchimiste Th. Paracelse, puisés dans la Revue phi-

losophique et religieuse de janvier 1856, et publiés par M . Fauvety :

«... Il faut chercher dans l’analyse du monde externe quelles sont les parties qui sont les analogues de chacun de nos organes, afin de pouvoir guérir la maladie en donnant à chaque partie du corps ce qui lui est semblable. Ce qui sert à un organe correspond à la nature de cet organe : le semblable appartient à son semblable. Il est faux que les contraires guérissent par les contraires; vous ne devez pas chasser l’arcane, mais aider l’arcane interne au moyen de l’arcane extérieur qui lui correspond... Chaque homologue externe guérit son homologue interne , le mercure extérieur guérit le mercure de l’intérieur, etc., etc.

« Le fondement et la colonne de la médecine, c’est d’administrer à chaque organe ce qui lui est anatomiquenient semblable. »

Et plus loin il ajoute, en recommandant de simplifier les médicaments :

« Cherchez plutôt à extraire qu’à composer, à savoir ce qu’il y a de caché en chaque objet , plutôt qu'à tout confondre. Toute substance est composée de plusieurs éléments différents associés; mais, parmi eux, il y en a. un qui domine les autres et qui imprime à la substance tout entière son propre caractère. C’est cet élément qui porte le nom de quintessence $ quand il est dégagé du mélange... La quintessence, c’est là vie, la force , la propriété des choses... »

Le Danois Stahl s’exprima en ces termes :

« La règle admise en médecine, de traiter les maladies par des remèdes contraires ou opposés aux effets qu’ellës produisent ( contraria contrariai est complètement faussé et absurde. Je suis persuadé, au contraire, que les maladies cèdent aux agents qui déterminent une affection semblable (similia similibus). »

Telle a donc été, messieurs , la marche du principe des

semblables , que de tout temps nous voyons les médecins, non-seulement le mettre en pratique presque à leur insu et comme par une espèce d’intuition , mais encore beaucoup, après l’avoir pressenti et reconnu, avoir le courage et la bonne foi de le proclamer.

Ainsi Zimmermann (Traité de l’Expérience, t. II) nous apprend que les habitants des pays chauds ne boivent jamais d’eau froide quand l’ardeur du soleil et la fatigue du travail les ont mis dans un état de fièvre chaude. Le danger d’agir ainsi leur est bien connu; aussi prennentils un peu de liqueur échauffante , une gorgée d’eau-de-vie, par exemple. «L’expérience, source de toute vérité, les ayant convaincus, dit Hahnemann , des avantages et de l’efficacité de ce procédé homœopathique. Aussi la chaleur et la lassitude qu’ils éprouvent ne tardent-elles pas à se dissiper. »

Bouldouc , dans un mémoire lu à l’Académie royale des sciences, en 1710, proclame la vérité de la méthode homœopathique, parce qu’il s’était aperçu que la propriété purgative de la rhubarbe était la cause de la faculté qu’a cette racine d’arrêter la diarrhée.

Bertholon , dans un mémoire intitulé: Be l’électricité du corps humain dans l’état de santé et de maladie ! T. II, p. 21, dit que dans les maladies l’électricité diminue et finit par faire disparaître une douleur fort analogue à celle qu’elle même provoque.

Thoury, lui de son côté, dans un mémoire lu à l’Académie de Caen, atteste que l’électricité positive accélère d’elle-même le pouls, mais aussi qu’elle le ralentit quand il offre déjà trop d’accélération par le fait de la maladie.

Stœrkvut l’idée que, \&pomme épineuse dérangeant l’esprit et produisant la manie chez les personnes bien portantes, on pourrait fort bien l’administrer aux maniaques, pour

essayer de leur rendre la raison en déterminant un changement dans la marche de leurs pensées.

S’il existe une idée ancienne, dit M. Chevreul, de l’Institut, c’est celle de combattre l’action délétère d’un corps sur l’économie animale par son identique, son semblable , son analogue ou son correspondant. Or, le principe des médecines appelées de nos jours isopathie et homæopathie et crues nouvelles par beaucoup de gens qui ne lisent que des journaux, est cette même idée ( Journal des Savants, 1855).

Hahnemann, pour justifier la loi de similitude, n’eut donc besoin que d’en appeler à la tradition, à l’observation et à l’expérience, en citant toutes les guérisons fortuites, obtenues involontairement jusqu’à lui par les médecins de l’ancienne école. 11 suffit de lire son introduction à l’Organon, pour s’assurer combien ces faits de guérison qu’il emprunte à la pratique des médecins ordinaires, aux toxicologistes, aux auteurs de matière médicale et qui, par conséquent, sont dus au hasard, viennent confirmer la loi qu’il a posée en termes si clairs, si nets, si précis. C’est une mine féconde à laquelle on peut puiser tous les jours. En voici quelques exemples :

Déjà, l’auteur du traité des épidémies attribué à Hippocrate, parle d’un choléra-morbus rebelle à tous les remèdes qu’il guérit uniquemen* avec Yéllébore blanc, substance qui, d’après Forest, Ledel, Raimann, excite par elle-même le choléra.

Un flux de ventre, qui durait depuis plusieurs années, qui menaçait d’une mort inévitable, et contre lequel tous les médicaments étaient restés sans effet, fut, a la grande surprise de Fischer, et non à la mienne, dit Hahnemann, guéri d une manière rapide et durable par un purgatif , qu’administra un empirique.

Murray et tant d autres, ainsi que l’apprend l’expérience journalière, rangent le vertige, les nausées et l'anxiété parmi

les principaux symptômes que produit le tabac. Or, ce fut précisément de vertiges, de nausées et d’anxiété que Diemerbroeck se débarrasa par l’usage de la pipe, quand il vint à être attaqué de cos symptômes, au milieu des soins qu’il donnait aux victimes des maladies épidémiques de la Hollande.

Aujourd’hui encore, n’est-ce pas le même résultat qu’on veut obtenir, en autorisant les étudiants à fumer dans les salles de dissection.

Tandis que Murray vante l’huile d’anis pour calmer les coliques venteuses causées par les purgatifs* Albrecht et Foreest ont vu l’anis produire des douleurs d’estomac et des coliques violentes.

Quand bien même les nombreuses expériences de Stcerk , Marges * Planchon, Dumonceau, Junker , Scliinz, Ehrmann et d’autres n’auraient pas établi que le colchique guérit une espèce d’hydropisie , on devrait déjà s’attendre à cette propriété de sa part, d’après la faculté spéciale qu’il possède de diminuer la secrétion renale, tout en provoquant des envies continuelles d’uriner , et de donner lieu à l’écoulement d’une petite quantité d’urine d’un rouge ardent, ainsi que l’ont vu Stœrk et de Berge. Il est évident aussi que la guérison d’un asthme hypocondriaque, effectué par Goeritz au moyen du colchique } et celle d'un asthme compliqué d’ hydrothorax, opéré par Stœrck à l’aide de cette même substance, sont fondées sur la faculté homœopathique qu’elle possède de provoquer par elle-même l’asthme et la dypsnée, comme l’a constaté de Berge.

Si F. Hoffmann , Stahl, Quarin et Thomasius vantent la mille-feuilles dans plusieurs hémorrhagies; ces cures se rapportent évidemment à la faculté dont jouit la plante, de provoquer par elle -même des flux de sang et l’hématurie, comme l’ont observé G. Hoffmann et Backler.

Selon Carrère * la douce-amère a guéri les plus violentes

maladies causées parle refroidissement, ce ne peut être que parce que cette herbe est très-sujette à produit e, dans les temps froids et humides, des incommodités semblables à celles qui résultent d’un refroidissement, ainsi que l’ont remarqué Carrère lui-même et Starcke.

Carrère, Fouquet et Poupart ont guéri une espèce de dartre avec de la douce-amère, plante sous l’influence de laquelle Carrère a vu se développer une éruption dartreuse qui couvrit le corps pendant quinze jours; une autre qui s’établit aux mains; et une troisième qui fixa son siège aux lèvres de la vulve.

De Haen, Sarcone et Pringle avouent avoir guéri des pleurésies avec la scille et Wagner assure avoir vu l’action libre de cette plante provoquer une sorte de pleurésie et d 'inflammation du poumon.

lin grand nombre de praticiens, Gruger, Ray, Kellner, Kaou, Doerrhaave et autres ont observé que la pomme épineuse (datura stramonium) excite un délire bizarre et des convulsions. Sidven et Wedenberg ont précisément guéri avec son secours, la demoniomanie et autres convulsions.

Plusieurs médecins, comme Percival, Stahl et Quarin, Morton, Friborg, Thomson, et Fischer, etc., ont observé que l’usage du quinquina occasionnait des pesanteurs d’estomac, des vomissements et la diarrhée, des syncopes, de .la faiblesse, une sorte de jaunisse* la tension du bas-ventre, états morbides que l’on retrouve réunis dans les fièvres intermittentes et que Torti et Cleghorn ont combattu avec succès par le quinquina. De même l’emploi de cette écorce dans l’état d’épuisement, les digestions laborieuses, le défaut d’appétit et la prostration extrême des forces que l’on rencontre à la suite des fièvres aiguës, surtout lorsqu’on les a traitées par la saignée, n’est avantageuse que parce qu’elle produit les mêmes

phénomènes, ainsi que l’ont observé Cleghorn, Friborg , Cruger, Romberg , Stahl, Thomson, etc.,

La suette anglaise qui se irfontra pour la première fois en 1485 et qui, plus meurtrière que la peste elle-même, enlevait d’abord, au témoignage de Willis, 99 malades sur cent, ne put être domptée qu’au moment où l’on apprit à donner des sudorifiques aux malades; depuis cette époque, dit Sennert, peu de personnes en moururent.

Scovolo, parmi beaucoup d’autres, a guéri une émission douloureuse d’urine purulente au moyen de la busserole, et Sauvages a reconnu que cette plante avait le pouvoir d’exciter par elle-même des ardeurs en urinant, avec émission d’urine glaireuse.

Muralto a vu ce dont on peut se convaincre tous les jours, que 1 ejalap, indépendamment des coliques, cause une grande inquiétude et de l’agitation, et Wadel lui attribue avec raison la propriété de calmer souvent les tranchées qui agitent et font crier les jeunes enfants, et de procurer un sommeil tranquille à ces petits êtres.

On sait, ainsi qu’il est suffisamment attesté par Murray, Hillary, Spielmann, et Hoffmann, que les feuilles de séné occasionnent des coliques, des flatuosités et de l’insomnie ; c’est pourquoi Dethcording a pu avec son secours guérir des coliques violentes et débarrasser des malades de leurs insomnies.

Stoerck, après avoir reconnu que la clématite a le pouvoir de faire naître une éruption psorique sur tout le corps, a pu guérir avec la même plante une espèce d’exenthème chronique, général, humide et phagédénique.

Si Yeuphraise a guéri, d’après Murray, une espèce d’ophthalmie, c’est que, d’après Lobel, elle excite une sorte d’inflammation des yeux.

D’après Lange, la noix muscade s’ est montrée fort efficace dans les évanouissements hystériques, ce qui vient de ce

que donnée à forte dose à un homme bien portant, elle donne lieu, suivant Schmid et Cullen, à l’émoussement des sens et à une insensibilité générale.

L’ancienne coutume d’employer l'eau de rose à l’extérieur contre les ophthalmies semble être un témoignage en faveur de l’homœopathie, car Echtius , Ledel , et Rau ont vu les fleures du rosier produire réellement un e espèce d’ophthalmie.

Boerrhaave, Sydenham et Radclïff n’ont pu guérir une espèce d’hydropisie qu’à l’aide du sureau , parce que, comme nous l’apprend Haller, le sureau détermine une luméfaction séreuse par sa seule application à l’extérieur du corps.

Mayerne, Munch , Buchlotz, Neimike ont réellement et parfaitement guéri la rage avec la Belladone-, mais cette plante, comme l’ont observé Grimm , Camerarius, Sauter, May, Lottinger, Cullen, Dumoulin, etc., excite d’elle-même des symptômes qui ont la plus grande analogie avec cette épouvantable maladie.

Est-il possible que la vaccine garantisse de la petite vérole autrement que d’une manière homœopathique?

Vipecacuanha n’est salutaire dans l’asthme, et surtout dans l’asthme spasmodique, d’après Akenside, Meyer, Rang, Stoll, Fouquet et Ranoë que parce que Muray, Geoffroy et Scott lui ont vu produire l’asthme en général et l’asthme spasmodique en particulier.

Les personnes qui ont reçu des coups et des contusions éprouvent des points de côté, des envies de vomir, des élancements et des ardeurs dans les hypochondres, le tout accompagné d’anxiété et de tremblements, de soubresauts involontaires, etc.; or, V arnica peut produire des symptômes semblables, comme l’attestent Meza, Vicat, Crichton, Collin, Aaskow, Stoll et Lange.

Lajusquiame a guéri sous les yeux de Mayerne, Stœrck, Collin des spasmes épileptiques, et Da Costa, Hamilton, Seliger

ont écrit que cette plante donne lieu à des convulsions épileptiques etc., etc.

Les vins généreux pris à petites doses guérissent homœopathiquementla. fièvre inflammatoire pure, d’après Angenius, Mondella ; déjà Asclepiades avait guéri une inflammation du cerveau avec une petite dose devin. Un dédire fébrile, accompagné d’une respiration stertoreuse, et ressemblant à l’ivresse profonde que le vin produit^ fut guéri en une seule nuit par du vin que Rademacher fit boire au malade.

Une forte infusion de thé occasionne aux personnes qui n’en ont pas l’habitude, des battements de cœur et de l’anxiété: aussi prise à petites doses est-elle, d’après Rau, un excellent remède contre ces accidents provoqués par d’autres causes, etc.

En raison de la vertu soporifique de l'opium, Sydenham, Marcus de Meza, Wïrthenson ont guéri des fièvres léthargiques et des léthargies. Comme l’opium produit une constipation opiniâtre, il devait nécessairement laguérir; ce que constatent Traites , Lentilius , Wedel, Rell, Heister et Ritcher.

La sabine produisant des hémorrhagies utérines, et, par suite, l’avortement chez les femmes bien portantes: c?est avec elle que Rave et Wedekind ont arrêté des métrorrhagies inquiétantes.

Tous les auteurs parlent de rétention d’urine , d’inflammation de l’urètre , de dysurie et même de gonorrhée produites par les cantharides , or ces mêmes affections ont été guéries par Fabrice d’Aquapendante, Rertholin, Smith, Raymond, Bris bane , Sydenham , Lister etc., avec la cantharide.

L’acide nitrique n’est d’un grand secours dans la salivation et les ulcérations de la bouche occasionnées par l’usage du mercure , que parce qu’il possède la faculté de provoquer la salivation et des ulcères à la bouche, comme le constatent Scott, Rlain, Alyon, Luke , etc.

L’arsenic n’aurait point opéré tant de frappantes guéri-

sons de cancers à la face, ou d’ulcères cancéreux, ou de charbons, si cet oxyde métallique n’avait la faculté homœopathique de faire naître, chez les sujets en pleine santé, des tubercules très-douloureux et fort difficiles à guérir, des tumeurs inflammatoires qui poussent facilement à la gangrène, comme le témoignent Fallope, Dernhardt , Verzascha , Pfann , etc. Ses propriétés de guérir certaines fièvres intermittentes sont établies de la môme manière par Slevogt, Malitor, Jacobi, Binera, Darwin, Jackson et Fowler.

Alexander vante V arsenic comme remède souverain dans l’angine de poitrine, et Tachenius, Guilbert, Prennius, Griselius , Majault, l’ont vu déterminer une vive oppression de poitrine, unedypsnée allant presque jusqu’à la suffocation, ou des accès d’asthme provoqués subitement par la marche et accompagnés d’une grande postrafion des forces.

Qui ne connaît la ressemblance qui existe entre les symptômes produits par la syphilis et ceux produits par le mercure ?

Si Poterius Wepfer, F. Vogel, Thierry et Albrecht ont guéri avec de l’étain„une espèce de phthisie, une fièvre hectique, des catarrhes chroniques et un asthme muqueux, c’est que ce métal a de son propre chef la propriété de déterminer une sorte de phthisie, ainsi que Stahl avait déjà' pu s’en convaincre.

Le plomb ne guérit la passion iliaque et la constipation que parce qu’il a le fâcheux effet de les occasionner, comme l’ont remarqué Thumberg, Wilson, Luzuriaga et autres.

Je pourrais multiplier ces exemples, mais je craindrai» d être ennuyeux, aussi vous renverrai-je à YOrganon si vous voulez les lire plus en détail.

Je vous le demande, messieurs, sans le génie de Hubnemann qui eut la gloire de tirer de ces guérisons partielles une loi fixe et invariable, quel est l’bomme qui aurait

pensé à coordonner et à associer ces vérités en corps de doctrine. Les matériaux existaient c’est vrai, mais fallaitil encore avoir le mérite d’élever le monument.

On se fait, en général, une très- fausse idée de la loi de similitude qui sert de règle et de mesure à l’art homœopathique lui-même; cette fausse idée vient de la manière dont on a envisagé la vie, d’où s’en est suivie une définition qui à juste titre a mérité la critique qui s’est attachée à elle. Vous connaissez ma manière de voir sur la réaction , je ne puis donc accorder aux médicaments la faculté d’agir de concert avec la nature ou la force médicatrice , puisque je vous ai prouvé qu’elle n’existait pas; comment alors comprendre la loi des semblables ?

D’abord, messieurs, ne vous paraît-il pas étrange que pour guérir une maladie , il faille en donner ou en ajouter une semblable, remarquez que je dis semblable et non égale ou identique. Le semblable a un degré de moins qu’égal. Ainsi, tandis que sont dites semblables deux choses qui se rapprochent par certains points de comparaison — sont dites égales au contraire, lorsque ces points de comparaison sont identiques. Les points de comparaison à’ une maladie médicamenteuse avec une maladie naturelle , doivent donc consister dans les propriétés et les phénomènes respectifs par lesquels ces maladies se manifestent à nous.

Hahnemann dit: Organon, § 26. « Une affection dynamique dans l’organisme vivant, est éteinte d’une manière durable par une plus forte, lorsque celle-ci, sans être de même espèce qu'elle , lui ressemble beaucoup quant la manière dont elle se manifeste. » Aussi, Hahnemann exige-t-il que tout médicament employé sur l’homme sain ou bien portant ait la faculté de produire une maladie artificielle , non pas identique à la maladie naturelle actuellement existante, mais seulement d’arriver à une analogie, à une ressemblance la plus parfaite possible.

L’esprit, en effet, se refuse à voir l’organisme aux prises avec deux affections identiques. L’apparence paradoxale qu’on veut trouver dans nos principes, ne tient qu’à la confusion que font beaucoup de personnes de ces deux mots : similitude et identique. — Comprenez- vous que l’on puisse, par exemple, combattre dans l’organisme une contusion par une contusion, une fracture par une fracture, une indigestion par un repas copieux, etc., etc.

L'homœopatliie n’a jamais prétendu guérir par les identiques, Visopathie elle-même ne peut-être accusée de faire de la médecine identique , par la préparation qu’elle fait subir aux substances et qui change complètement leur nature.

L'inoculation, voilà en effet de l’identité , tandis que la vaccination , fait isolé des vérités isopathiques, repose sur la loi d’analogie ou de similitude la plus rapprochée.

Comment entendre cette loi de similitude ? Permettez-moi alors de vous faire une comparaison qui, je l’espère, vous fera saisir ma pensée. — Un individu fait une longue course-, à bout d’haleine, il se voit obligé de recourir à un moyen qui à coup sûr le délivrera de sa fatigue, c’est le repos, mais non un repos prolongé au-delà du temps qu’il faut à la réintégration de ses forces. Les facétieux ne manqueraient pas de dire que pour répondre et satisfaire à la loi des semblables, il devrait se fatiguer davantage.

Eh bien! cet homme, en prenant du repos , se soumettra à un état physiologique, le même qui, s’il était prolongé plus que no le veut son organisme, amènerait a peu près les mêmes symptômes que ceux qui ont été provoqués par l’exercice.

Tous, messieurs, nous avons ressenti ces phénomènes. Ceux qui en douteraient, pourront s’il leur plaît, renouveler l’expérience et vérifier ce que j’avance, en laissant dans l’inaction pendant un certain temps leurs organes de

la vie de relation. Le repus comme l’exercice a donc ses abus qui se traduisent à peu près de la même manière (vertiges, faiblesse, courbature, etc.).

Et le seul moyen que cet individu ait en sa possession pour se prémunir, dans un temps donné, contre toute fatigue de cette nature, c’est de prendre tous les jours un exercice tel, qu’il pourra arriver dans un temps plus ou moins long, à essuyer les plus grandes et les plus longues fatigues, ce n’est pas autre chose que de la prophylaxie. C’est le même but que nous nous proposons, en voulant soumettre nos malades à un traitement prophylactique, c’est de les mettre à l’abri des maladies à venir — espèce de gymnastique médicamenteuse propre à les préserver de toute influence morbique.

On a pour habitude, messieurs, de citer en faveur de la loi des semblables , un fait qui, loin de la justifier, ne ferait que l’accabler, si nous ne venions rectifier ces égarements de l’esprit. Vous vous brûlez, nous dit-on, approchez de nouveau Impartie lésée du foyer incandescent , et vous serez guéri. Guéri, non ! je nie le fait. Soulagé ! c’est possible. Que se passe-t-il? A une impression très-forte , subite, instantanée à laquelle ne s’attendait pas celui qui a été victime de l’accident, en succède une autre plus lente, plus continue, qui sans être très-agréable, impressionne. moins fortement le cerveau et l’habitue à la souffrance, (c’est, messieurs, la loi de l’habitude) .

Cela est si vrai que le même fait se reproduit pour la congélation: cause différente, effets de même. Vous pouvez obtenir avec le froid, appliqué sur telle ou telle partie du corps, des changements qui équivaudraient à une brûlure du premier, deuxième ou troisième degré; quel enseignement pour nous?

Ceci revient à dire que nous guérissons, non en ajoutant

ou en produisant une maladie identique à celle qui existe, mais en mettant l’organisme, physiologiquement parlant, clans un état qui, s’il avait agi primitivement sur l’organisme, aurait développé des phénomènes semblables ou analogues; ou au point de vue pathologique, en adressant des médicaments qui à l’état sain ou avant l’invasion de la maladie, auraient produit des phénomènes semblables ou analogues à ceux que nous sommes appelés à guérir. Agir ainsi, c’est reconnaître la, loi d’équilibre ou d’harmonie pour guide. En conséquence, tout débat un peu sérieux sur la loi des contraires et des semblables, me paraît actuellement sans objet. Il ne s’agit plus de proscrire l’une au profit de l’autre, mais de les harmoniser et de les assimiler. Car, le repos est le contraire du mouvement, le froid le contraire du chaud et cependant, ce sont autant de causes qui quoique paraissant antagonistes, peuvent produire dans l’organisme des phénomènes semblables.

Pour vous prouver, messieurs, combien Hahnemann était peu partisan de la médecine dite identique ou isopathique, car, pour lui, ces deux termes étaient synonymes, je vais vous citer les passages suivants dans lesquels il dit : (P. 102 et 103. Introduction à l’Organon.)

« Si le chaud et le froid sont utiles dans certaines affections du corps, telles que les congélations et les brûlures, ils ne le sont qu’en raison de leur degré, de même aussi, que c’est seulement lorsqu’ils arrivent à un degré extrême qu’ils portent atteinte à la santé du corps.

« Ceci bien établi, nous trouvons, ajoute-t-il, que dans les exemples tirés de la pratique domestique, ce n’est pas l’application prolongée du degré de froid auquel le membre a été gelé qui le rétablit isopathiquement, puisque, loin de là, il y éteindrait la vie sans ressource, mais celle d’un froid rapproché seulement de celui-là (homœopathiquement), et ramené peu à peu jusqu’à une température sup-

portable. Ainsi, la choucroûte glacée qu’on applique, dans un appartement, sur un membre congelé, ne tarde pas à se dégeler, à prendre par degrés la température de la chambre, et à guérir ainsi le membre d’une manière physiquement homéopathique. De même, une brûlure faite à la main par de l’eau bouillante ne guérit pas par la réapplication de cette eau bouillante, mais seulement par Yaction d’une chaleur un peu moins vive, par l’immersion du membre dans un liquide échauffé à G0°, dont la température baisse à chaque minute, jusqu’à ce qu’elle soit retombée à celle de la chambre. De même aussi, pour donner un autre exemple d’action physique , la douleur et la tuméfaction causées par un coup reçu au front diminuent homéopathiquement lorsqu’on appuie le pouce sur la partie, d’abord avec vigueur et ensuite avec une force toujours décroissante, tandis qu’un coup semblable à celui qui les a déterminées, loin de les apaiser, ne ferait qu'accroître isopathiquement le mal. »

Selon lui, toute puissance agit sur la vie; tout médicament peut désaccorder plus ou moins la force vitale et produire dans l’homme un certain changement qui sera en rapport avec la substance employée et le sujet à qui on l’aura administré. Ce qui veut dire qu’il ne faut pas plus juger d’un moyen par sa chaleur, sa couleur que par son odeur et son aspect extérieur :

Le chaud, le froid, le sec et Y humide n’ont pas seulement pour caractères, Y élévation ou Y abaissement de température, non plus que les qualités de sécheresse ou d'humidité. Ce sont là autant d'effets qui résultent de certaines forces ou propriétés intimes, lesquelles impressionnent le dynamisme vital ou Y organisme en bien ou en mal.

Le froid n’est qu’un degré plus ou moins négatif de la chaleur, comme Y ombre n’est que Y absence jilus ou moins complète de la lumière, comme le silence n’est qu’un état de

l'air plus ou moins en repos, car la chaleur pénètre lout, car l’air vibre continuellement, etc.

Ces modes antagonistes qui paraissent contraires à première vue, ne doivent donc en réalité représenter que des degrés plus ou moins éloignés d’une meme échelle. Pour nous,homœopathes, qui jugeons des médicaments par leurs effets sur l’homme sain ou malade, froid et chaleur, couleur, odeur et saveur sont donc des termes sans valeur.

Je suis encore à me demander sur quoi l’ancienne médecine s’est basée pour établir le principe des contraires (contraria contrariis curantur) ; quel est le contraire, par exemple, d’une lièvre, d’une névralgie, d’une affection cutanée, d’une pneumonie, d’une typhoïde ou du choléra? Ce principe est évidemment faux. S’il est possible d’établir des ressemblances ou des différences entre les symptômes d’une maladie et ceux d’un médicament, on n’y verra jamais de symptômes opposés; la vieille proposition contraria contrariis curantur , n’est réellement que l’expression simple, non d’un principe thérapeutique, mais du fait thérapeutique, c’est le fait curatif par les agents médicamenteux , lequel est nécessairement le contraire de la maladie, mais n’implique ou ne suppose nullement qu’il procède d’une puissance ou vertu médicamenteuse contraire à la puissance morbide.

Malgré la foi la plus grande que peuvent avoir les praticiens en ce principe suranné, sciemment ou à leur insu, ils n’en font presque jamais l’application. Et, j’ajouterai même, que dans les cas uniques où cette application serait possible, la médication dont ils font usage procède logiquement d’un principe diamétralement opposé à celui auquel ils disent et croient obéir.

Voyez plutôt :

Qu’une partie irritée, devenue le siège d’une congestion sanguine, s ollre à vous sous l’aspect d’une tumeur rouge

et chaude, vous vous empresserez, d’après les instructions que vous aurez reçues de vos maîtres, de la couvrir d’ap • plications chaudes, cataplasmes ou autres, etc. ; que vous ayez à traiter quelque organe d’une des cavités splanchniques ou les muqueuses des voies digestives, respiratoires et autres, que vous supposerez être atteints d'inflammation, de suite, vous recourez aux cataplasmes chauds, aux fomentations chaudes, aux lotions, aux fumigations, aux boissons chaudes.

C’est donc de la chaleur et toujours de la chaleur que vous opposez aux autres parties en proie elles-mêmes à une chaleur brûlante, et surtout avec recommandation expresse d’éviter le froid.

« La loi des semblables, dit M. Guyard, dans son Guide, p. 98, est tellement la loi universelle, que ce que nous appelons les opposés et les contraires eux-mêmes , au physique et au moral , ne sont que des semblables contrastés. La lumière et les ténèbres, le chaud et le froid , la santé et la maladie , la vie et la mort , l’électricité positive et l’électricité négative , le pôle sud et le pôle nord de l’aimant, l’unité et la multiplicité, l'identité et la diversité, le relatif et l’absolu, le fini et l’infini, Y amour et la haine, la vérité et l’erreur, le bien et le mal même, dans certains cas, qu’est-ce que tout cela? sinon le semblable 'contrastant avec lui-même, comme le plus contraste avec le moins , comme un contraste avec deux, avec trois, avec mille. »

Vous avez , messieurs, à l’école, un de vos professeurs qui est peut-être plus liomœopathe que tous les homœopathes réunis , sans cependant vouloir en accepter le titre. Vous pouvez en juger par les passages suivants :

« L’expérience, disent MM. Trousseau et Pidoux, a prouvé qu’une multitude de maladies étaient guéries par des agents thérapeutiques qui semblent agir dans le même

sens que la cause du mal auquel on les oppose. » (Thérapeutique, 1. 1, p. 226.)

Et ils ajoutent à la page 21 du tome II :

a La doctrine homœopatliique ne mérite certainement pas le ridicule que les applications thérapeutiques des homœopathes lui ont valu. Lorsque Halmemann émit le principe thérapeutique similia smilibus curantur, il prouva son dire en l’appuyant sur des faits empruntés à la pratique des médecins les plus éclairés. De toute évidence, les phlegmasies locales guérissent souvent par l’application directe des irritants qui causent une inflammation analogue, inflammation thérapeutique qui se substitue à l’inflammation primitive. »

M. Trousseau *fait ce qu’il appelle du spécificisme en pathologie et de la substitution en thérapeutique, méthode dont vous pouvez juger par les indications suivantes, en attendant que je vous fasse connaître ma pensée sur cette manière de faire dans la leçon suivante :

Ce professeur, regardant l’action du calorique comme coercitive et antiphlogistique, prescrit les compresses d’eau chaude sur la tête dans la fièvre cérébrale, les sachets de sable chaud à 40° dans les céphalées accompagnées de congestion sanguine, dans l’arthrite aiguë, sur les reins et le périnée , afin de combattre toute congestion inflammatoire. De même il ordonne, en cas de métrorrhagie , les injections d’eau chaude, et, après avortement, le seigle ergoté. Il combat le prurit si insupportable de la vulve chez la femme par des lotions excessivement chaudes, etc. Autant de faits, messieurs, qui déposent en faveur de la loi des semblables, et qui prouvent que M. Trousseau , au besoin, sait recourir aux ouvrages de Halmemann. Au moins devrait-il indiquer la source à laquelle il puise !

Seulement qui veut trop prouver ne prouve rien; ainsi à l’appui de son assertion à. savoir, que le calorique est

antiphlogistique , il cite le pâtissier, le boulanger, et le cuisinier comme ayant la figure pâle et blême. Je vous ferai remarquer que ce n’est pas le calorique qui a produit cet état, mais bien l’acide carbonique que respirent ces malheureux, le sang est désoxygéné , de là vient leur pâleur.

Quant à ces applications chaudes il n’est pas possible de les préciser d’une manière fixe et invariable, attendu que le chaud et le froid produisant primitivement tous deux des effets à peu près semblables ou analogues, peuvent être employés très utilement l’un et l’autre; ce sera au médecin, suivant le cas qui se présentera, de savoir discerner quel moyen réussirait le mieux. Ainsi j’ai vu des malades qui, par l'application de la chaleur (comme névralgies, céphalées et autres) éprouvaient une telle exacerbation qu’ils auraient succombé inévitablement, tandis que le froid par son impression différente, quoique appelé à produire des effets analogues , rappelait souvent le malade à la vie.

En un mot, messieurs, nous ne devons juger de la similitude entre la maladie et le médicament que par les effets que produit chaque agent et non par ses propriétés physiques ou chimiques, c’est vous dire qu’une affection dynamique dans l’organisme vivant, quelle qu’elle soit, ne sera éteinte d’une manière durable, que lorsqu’une autre affeotion sans être de même espèce qu’elle, lui ressemblera beaucêup , quant il la manière dont elle se manifestera.

Ce que nous mettons en similitude , c'est d’une part l’homme artificiellement rendu malade par un médicament avec le malade que nous sommes appelés à soigner, c’est l’effet d’une cause connue avec l’effet analogue d’une cause inconnue, car ce n’est pas entre la cause morbide et la cause médicamenteuse que l’homœopathie prétend établir exclusivement un rapport, mais bien entre leurs effets , les causes étant différentes et peut-être même contraires.

De même que pour répondre aux lois de l’hygiène, tout

homme en bonne santé , c’est-à-dire qui a puissance d’assimiler, doit prendre des aliments ou substances d’une puissance nutritive et assimilables , demême pour répondre aux lois delà thérapeutique, tout homme malade, c’est-à-dire qui ne peut plus assimiler, doit prendre des agents médicamenteux, lesquels sont réfractaires à V assimilation.

Mais demême que chaque individu a besoin d’une nourriture spéciale individuelle qui soit le plus analogue et le mieux appropriées, son idyosincrasie, de même chaque maladie réclame un médicament spécial dont les effets ressemblent le plus aux symptômes de cette maladie.

« C’est toujours en vertu de la loi des semblables, dit Hahnemann, qu’on traite les maux physiques et les affections morales. Ainsi avec quoi est-on dans l’usage de calmer les nerfs olfactifs offensés par des odeurs désagréables? avec d’autres odeurs, (mais il se garde bien de dire les mêmes ) qui affectent le nerf d’une manière semblable, mais plus forte. Par quel moyen étouffe-t-on dans l’oreille compatissante des assistants, les lamentations du malheureux condamné au supplice des verges ! par le son glapissant du fifre, marié au bruit du tambour. Par quoi couvret-on le bruit éloigné du canon ennemi, qui porterait la terreur dans Pâme du soldat ? par le retentissement de la grosse caisse. Ni cotte compassion, ni cette terreur n’auraient pu être réprimées, soit par des admonitions, soit par une distribution de brillants uniformes. De même la tristesse et les regrets s’éteignent dans l’âme à la nouvelle, fût- elle même fausse, d’un chagrin plus vif, survenu à une autre personne. Les inconvénients d’une joie trop vive sont prévenus par le café, qui lui-même dispose l’âme aux impressions agréables. »

De même par les semblables tout médicament a pour but de s’opposer à la libre évolution de la maladie et d’en déterminer l’arrêt, l’annihilation, en développant des phéno-

mènes médicamenteux dont l'action nous est connue et gui venant interrompre la série des phénomènes morbides opposent une barrière à leur envahissement en s’emparant des parties saines de l’organisme , parties que la maladie n’a pas encore visitées. N’est-il pas plus rationnel je vous le demande, messieurs, d’opposer ainsi un médicament à une maladie, puisqu’en général les forces ne peuvent être modifiées que par d’autres forces de nature semblable, plutôt que de voir dans le médicament quelque chose d’immatériel, un je ne sais quoi qui vient en aide au principe vital, intelligent, distinct du corps ou à une âme douée de libre arbitre. Du reste, je vous ai dit ce que nous devons penser de ces monades intelligentes et voulantes, je n’y reviendrai donc pas.

Nous verrons dans la prochaine séance ce que l’on doit entendre par une guérison homœopathique, et comment elle s’opère.

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