‹ Cours d'horticultureChapitre 16 sur 70 · NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

NEUVIÈME LEÇON

Messieurs, après nous être occupés de l'influence de l’eau ou de l’humiditeé. de la chaleur et de la lumière sur la végétation , 1] convient que nous acquérions quelques notions sur l'air atmosphérique, dont l'influence sur les végétaux n’est pa$ moins nécessaire que ceile de l’eau, de la chaleur et de la lumière , ainsi que je tâcherai de vous le démontrer dans cette leçon.

A7 9 ) J # e e Notions sur l'atr atmosphérique et sur les principaux phénomènes dont il est le siège.

On appelle air atmosphérique la couche d'air plus ou moins vaporeux qui enveloppe la terre de toutes parts. L’épaisseur de cette couche ne peut être parfaitement connue, et même il est raisonnable de penser qu’elle n’a point de limite du côté supérieur, c’est-à-dire que l'air devient progressivement si rare en s'éloignant de la terre, qu'il finit par ne pouvoir plus ni réfléchir ni réfracter les rayons lumineux du soleil. Les couches d'air inférieures, jusqu'à la region des nuages, sont toujours plus denses que les couches supérieures , à cause des vapeurs qui s’élévent continuellement de la terre ; elles sont quelquefois d’une densité telle, qu’elles produisent l’effet de verres grossissants; voilà pourquoi le soleil et la lune nous paraissent plus gros à leur lever et à leur coucher que lorsqu’ils sont à notre zénith. Dans le premier cas, nous les

voyons au travers d'une couche d'air plus épaisse que dans le second.

S'il est impossible d’assigner des limites à l’épaisseur de la couche d'air atmosphérique , au moins les physiciens sont parvenus, par des calculs très-plausibles sur la réfraction, à reconnaitre à peu près à quelle distance de la terre l'air cesse, à cause de sa pureté, de réfracter les rayons lumineux , et ils s'accordent assez à fixer cette distance entre 8 et 10 myriamètres { 16 et 20 lieues ). On suppose que, au-dessus de notre atmosphère, tout l’espace dans lequel roulent les planètes est occupé par un fluide trèssubtil, appelé fluide éthéré, dont la nature sera toujours ignorée des mortels.

Les savants distinguent l'atmosphère de l’air; mais, comme dans leurs définitions ils confondent toujours ces deux choses en une seule, il en résulte que nous ne devons considérer l'atmosphère que comme la région de l'air, des nuages, des vapeurs et de tous les météores qui se forment dans l’air au-dessus de nos têtes,

L'air atmosphérique, comme je vous l’ai dit, enveloppe la terre de toutes parts, pénètre dans toutes les cavités et s’insinue dans tous les corps; c'est un fluide subtil que l’on suppose formé de très-petits globules éminemment élastiques , obéissant à toutes les impulsions, se dilatant par la chaleur et se resserrant par le froid. Les anciens le croyaient un élément, c'est-à-dire une chose irndécumposable ; mais on a reconnu, il y a plus de cinquante ans, que l’air est un mélange de # de gaz azote et de + de gaz oxygène, ou, pour parler plus rigoureusement , de -* du premier et de 2% du second.

Remarquez bien, messieurs, que le g1z azote n'est pas aspirable et que nous n’aspirons que le gaz oxygène de l'air. Si, par exemple , nous restions longtemps dans cet amphithéâtre, les portes et les fenêtres fermées . nous sentirions -une difficulté dans la respiration suivie d’un

malaise; cela viendrait de ce que la quantité d'oxygène qui fait partie de l'air que nous aurions enfermé avec nous serait diminuée par l’eflet de notre aspiration, et voici comment : quand nous aspirons, l'air entre par notre bouche et par notre nez jusque dans nos poumons; le sang, qui est poussé dans nos poumons par le cœur, se trouve en contact avec cet air, il s'empare d'une grande partie de son oxygène, qui, en se combinant avec le carbone du sang, produit de l’acide carbonique , dont une grande partie est repoussée en dehors avec l’azote par l'acte de l'expiration. Gun: ton ot FSHp Vous sentez bien, d’ après cela, que plus nous aurions RE cet air de fois, moins il y resterait d'oxygène, et qu'à la fin il n’y en resterait plus du tout : alors ilnous faudrait mourir, puisque nous n'aurions plus que de l'azote et de l'acide carbonique à aspirer, et que ces gaz ne sont pas aspirables. SUD 4 ni6 1: (Ri:09 C’est l'oxygène qui donne la couleur rouge à notre sang dans l’acte de l’aspiration, et il est tellement. nécessaire à notre existence, que les anciens l’appelaient airivital. Ily a cependant des animaux du bas de l’échelle qui vivent ou peuvent vivre dans l'azote; mais ces ‘animaux on!.le sang blanc, c’est-à-dire que leur ne n'est pis oxygéné comme le nôtre. | Quoique l'oxygène soit sde ate à la vie de animaux du haut de l'échelle et des végétaux, en cé:qu’il fait partie de l'acide carbonique dont ces derniers se nourrissent ; ni les uns ni les autres ne peuvent vivre longtemps dans l'oxygène pur, parce que, dans cet état > al donne trop d'activité à leurs organes. | cs Sans oxygène ; les corps combustibles! ne brâlersient pas; pour vous en assurer; placez une chandelle allumée sous une cioche , aussitôt que l’oxygène.de l'air enfermé sous la cloche avec la chandelle sera combiné ‘eu fixé, la chandelle s’éteindra.: : © TETE

Quand l'air atmosphérique ne contient que de l'azote et de l’oxygène dans les proportions que je vous ai indiquées tout à l’heure, il est dans son état de pureté; mais on ne le trouve jamais dans cet état auprès de la terre; il contient toujours, en outre, du gaz acide carbonique, du gaz hydrogène, du. calorique, de l’eau'en vapeur, et beaucoup d’autres substances qui s’échäppent continuellement de la terre , des animaux, des végétaux, et out cela dans des proportions très-variables. Le gaz acide carbonique , mélé dans l'air, est absorbé par les végétaux aussi bien que celui contenu dans la terre et dans l’eau, et, comme ce gaz est leur principale nourriture, il nous intéresse particulièrement; nous devons donc prendre i ici RÉ LS n0tions sur son compte.

J'ai déjà eu occasion de vous dire que l'acide carbonique est ‘une combinaison d'oxygène et de carbone, et vous venez d’apprendreque l'oxygène forme la cinquième partie de l'air atmosphérique , que c'est un gaz invisible, indispensable à la respiration et à la combustion; mais je ne vous avais encore rien dit du carbone, qui est la base ou la séconde partie de l’acide carbonique.

Le carboné n’est autre chose que du charbon à l’état de grande pureté ; celui que nous faisons en brülant du bois à l'abri du contact de l’air est déjà du carbone assez pur; maïs le diamant, qui paraît si différent du charbon, est du carbone pur : on est certain que l’un et l’äutre sont du carbone, puisqu'en les faisant consumer séparément dans l’'oxygèné pur, tous deux donnent également, pour produit, de l'acide carbonique ; or, comme il n’y a qüe les mêmes substañces qui puissent donner les mêmes produits, il est impossible que le charbon et le diamant ne soient pas une seule et même substance. no |

Puisqu un morceau de bois brûlé à l'abri dé contact de l'air euun diamant sont ‘du carboné'; vous’ sentez bien qu'il doit en exister aussi dans d’autres corps intermé-

( 136 ) diaires; on en obticnt, en effet, de tout ce qui est combustible en vase clos, c’est-à dire à l’abri du contact de l'air :

ainsi, outre les végétaux, tous les animaux et beaucoup

de métaux donnent du carbone étant brulés en vase clos.

De quelque manière qu'’ait été formé le earbone, c’est sa combinaison avec le gaz oxygène qui forme l'acide carbonique; et, comme la charpente des plantes ne se forme qu'avec du carbone, qu’elles ne peuvent en absorber de tout formé, mais qu’elles absorbent facilement et avec avidité l’acide carbonique à l’état gazeux ,,on est en droit d’en conclure que tout le carbone des plantes était dans l'acide carbonique qu’elles ont absorbé.

Nous allons continuer de considérer l’air atmosphérique dans ses principales propriétés.

L'air atmosphérique est fort pesant, quoique nous ne nous en apercevions guère, parce que, toute notre vie, nous avons été à peu près également pressés sous son poids; je crains même de vous effrayer en vous disant que chacun de nous porte continuellement sur sa tête 16,180 kilogrammes d'air. Il y aurait bien de quoi nous écraser seize mille fois, si ce même air ne nous pénétrait pas, ne nous pressait pas également de toutes parts, et si chaque globule de notre corps w’était pas un centre de chaleur rayonnante, de force vitale, tendant sans cesse à la dilatation et au maintien de l'équilibre.

C’est parce que l’air atmosphérique nous péuètre, que nous contractions des maladies dans les lieux où cet air est malsain ; il introduit des miasmes délétères jusque dans notre sang, dans nos organes les plus intérieurs, où ils se décomposent et altèrent plus ou moins certaines parties de notre organisation.

Le gaz hydrogène , non plus que le gaz acide eee nique, n'est pas considéré comme une partie constituante de l'air atmosphérique, parce qu'on n’en trouve pas par-

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