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tout ; cependant, vu sa grande légérete, on s’accorde assez à penser que c'est ce gaz qui constitue les couches les plus supérieures de notre atmosphère, et que c'est lui qui, en réfractant seulement les rayons bleus de la lumière solaire, produit la couleur bleue du ciel. Cependant, quand nous considérons un paysage, une montagne à une certaine distance, ces objets nous paraissent bleuâtres : cela vient évidemment de la couche d’air interposée entre notre œil et ces objets, et nous autorise à penser que l'air est bleu par lui-même, qu
L'air atmosphérique contient toujours plus ou moins d'eau en vapeurs qui s'élèvent de la mer, des rivières et de tous les endroits humides , quand les couches inférieures de l'atmosphère se trouvent dans une température plus élevée et plus sèche que celle de l’eau.
Lorsque ces vapeurs se sont élevées jusqu’à une certaine hauteur, elles arrivent nécessairement à une couche d'air plus froid qu’elles, parce que plus on s'élève, plus l’air est froid : alors cet air froid condense les vapeurs en dessus, les rend plus lourdes en diminuant leur volume, et elles ne peuvent plus s'élever. Si l’air inférieur au travers duquel elles se sont élevées continue de rester chaud, il contivuera de dilater la partie inférieure de ces vapeurs, les soutiendra en l'air, où elies formeront des nuages qui flotteront au gré des vents : tant que ces nuages, qui ne sont autre chose que de l’eau réduite en vapeurs, ne se trouveront pas dans un air plus chaud qu'elles, elles con serveront leur densité et nous continuerons de les voir; mais, si elles viennent à traverser un air plus chaud qu'elles, elles se dilaterant parla chaleur, occuperont un plus grand espace et pourront deyenir d'une rareté telle, que nous ne puissions plus les voir ; si, au contraire, elles viennent à se trouver dans un air plus froid qu’elles, elles se condenseront, leurs molécules se rapprocheront, occuperont moins d'espace, se réuniront plusieurs ensemble
qui formeront des gouttes d’eau plus lourdes que l'air qui les soutenait , et ces goûttes d’eau seront obligées de 1omber sur la terre : alors il en résultera ce que nous D ie à cape | CRT.
#: Mais la: pluie peut se former encore par une autre caüse doit à je vous ai dejà parlé , c’est-à-dire par la combinaison de l'hydrogène et de l'oxygène : cette combinaison a lieu dans les orages, au moyen du fluide électrique dont je dois vous dire ici un mot, ainsi que du vent, afin de vous amener à mieux entendre ce que Je vous Fire tout à l’heure des orages. : À Le fluide électrique parait émaner du centre de la:terre, d'où il s’échappe en rayonnant jusqu’à une hauteur inconnue dans l'atmosphère, mais plus particulièrementwers les pôles de la terre ; il parait aussi qu’il s'échappe en plus grande abondance dans certains endroits de la terre que dans d’autres; il sort abondamment des volcans pendant leurs éruptions. “4 À Ce fluide, d’une ténuité inconcevable, ne patit être arrêté par rien’, et sa vitesse est incalculable; on parvient.cependant à l’accumuler pour quelques instants sur certains métaux, mais 1l s’en échappe peu à peu sans qu'on puisse s'yopposer ; él, comme on [ui a reconnu la propriété tantôt d'attirer les corps et tantôt de les repousser, on a supposé qu'il y en avait de deux sortes : on a appélé le! premier fluide éléctrique positif ou résineux , et Île second fluide électrique négatif ou vitreux, parce que c’est au moyen de ces deux substätioes que ies phares ont d’atord reconnu les deux propriétés opposées du fluide électrique: Quoique cés deux fluides tendent sans cesse à se mettre en équilibre, ils n’y sont cependant ‘pas toujours, eti:même ils se séparent quelquefois'entièrement, parce qu’ils n’ont pas la même affinité pour certaines substances, que lun peut s’accumuler sur un corps et l’autre sur un'autre corps. Mais la principale chose sur laquelle je veux attirer votre
attention, c'est que, quand ces deux fluides sont accumulés à une petite distance l’un de l’autré, ils se précipitent avec une télle violence l’un sur l’autre, qu'il en résulte une flämime instantanée et une détonation souvent épouvañtable : la flamme qui en résulte est connue sous le nom d'éélair, et la détonation sous celui de’ tätnérre, He le DA PAUERe" a lieu dans les nüèës. À, Fe
Le vent'n’ést rien par lui-même; ce mot ne’ signifie que le mouvement accéléré de l'air dans telle où'telle direction, et l'air n’a du mouvement que parce qu'il est très-élastique, et, par conséquent, susceptible d’être comprimé, ressérré et réfléchi par les corps qui lui Joue de .. réSsistance, et d'être dilaté par la chaleur. LES te
L'air est continuellement dilaté et comprimé par beau coup de causes différentes, dont lés deux premières, et les seules constantes, sont le mouvement de la terre vers lorient , et la chaleur produite par le soleil à a la surface de la terré'et sur les nuages.
La terre, en tournant eoéédüeRetR et vers l’orient, refoule l’air de ce côté: l'air ainsi refoulé, comprimé déve=. loppe'$a forcée expansive et produit les vents alizés, qui règnent constamment dans la direction de l’est à l’ouest sous la zone torride, qui est la’ partie la plus élevée du slobe, et, par D ou celle qu die ce avec = plus de force.
Le’süléil, en envoyant successivement $ès rayons sur différents endroits de la terre, échauffe et dilate l'air qui est dans ces endroîts ; mais l'air ne peut se dilater qu'en occupant un plus grand espace ; il est donc forcé de repousser l'air qui est auprès de lui, celui-ci en repousse un froisièmeé, Ce dernier un quatrième, ainsi dé suite, ét tout ce mouvement Succéssif, qui sémblé marcher plus où moïn£ Vite, est cé qu'on'appelle Vent. Mais, si l’âir dinsi repoussé {rouve une montagne qui lui barré le chemin, il ést réfléchi, com: primé, Son élasticité augmente sa vitessé, et il glisse par lés
(140 ) côtés de la montagne avec une nouvelle force, jusqu’à ce qu'il puisse se mettre en équilibre.
Les nuages produisent , sur l'air, des effets anal OS à ceux que produisent les montagnes, mais infiniment plus variés et plus compliqués , parce que les nuages sont mo: biles, qu'ils s’éloignent, se rapprochent, se réunissent, en: ferment et compriment quelquefois une masse d'air plus ou moins considérable, qui s'échappe, lorsqu'il est trop pressé, avec une violence souvent épouvantable : telle est la cause de plusieurs ouragans et d’une partie des orages.
À présent que vous savez qu’il peut exister, dans l'air, du gaz hydrogène, du gaz oxvsène, du fluide électrique, et que l’air lui-même est sujet à de grands mouvements par la dilatation et la compression qu’il éprouve, vous allez concevoir aisément comment il peut se former des orages el de l’eau dans l'atmosphère.
Supposez deux nuages, dont l’un soit électrisé positivement et l’autre négativement : si ces deux nuages viennent à se toucher ou Sen e à s'approcher de très-près, aus. sitôt les deux fluides électriques s’élanceront l’un vers l'autre , et se confondront avec une telle rapidité qu'ilen résultera du feu, et ce feu enflammera l'oxygène et l’hydrogène des environs et les changera en oxyde d'hydrogène , qui est de l’eau : si cette eau n’est pas abondante, elle restera en vapeur et grossira le nuage ; si, au contraire, elle est abondante , elle tombera en pluie sur la terre, et c'est ce qui arrive souvent après un coup de tonnerre.
Quand l’inflammation est considérable, ou que le fluide qui s'enflamme est resserré entre des nuages, il en résulte un bruit connu sous le nom de coup de tonnerre : ce bruit est instantané comme un coup de canon ; quand nous l’entendons se prolonger, se répéter longtemps en roulant sur plusieurs points du nuage. c’est qu'il est répercuté par les cavités et par différentes faces que présente le nuage. La
(141) même chose à lieu quand on tire un coup de canon au milieu des montagnes ; le bruit se répète également plusieurs fois par répercussion, en s'affaiblissant graduellement à mesure que les échos qui le répètent s’éloignent.
Quand on est près d'un nuage orageux, on peut entendre encore quelquefois un autre bruit, une espèce de sifflement . causé par l’air qui s’engouffre dans le vide produit par l’inflammation.
Je n’entreprendrai pas de vous donner une idée de la foudre , c'est à-dire de ce feu qui s’élance en zigzag d’un nuage orageux, et qui, lorsqu il parvient jusqu’à la terre, brule, tue, divise ou met en poudre ce qui se trouve sur son passage, parce que je n’en ai pas moi-même une idée bien nette. et que les physiciens ne s expliquent pas clairement à cet égard. Nul doute, cependant, que la foudre ne soit du fluide électrique condensé; mais ses effets, toujours terribles, sont tellement variés, qu'on est obligé d'admettre qu elle contient aussi autre chose que du fluide électrique, ou que le fluide électrique lui-même peut se modifier de mille manières différentes. |
Le fer étant un bon conducteur du fluide électrique, on s’en sert pour soutirer ce fluide des nuages où il abonde en élevant. dans l'air, de longues pointes de fer au-dessus des édifices , et en faisant communiquer ces pointes de fer au fond d’un puits au moyen de tringles du même métal. Ces appareils, appelés paratonnerres, en soutirant le fluide électrique en détail et le conduisant dans la terre, l’empéchent de s’accumuler dans les nuages et de former des orages.
Il se forme encore, dans la couche inférieure de notre atmosphère, tout près de la terre, au-dessus des marais et des cimetières, de petits météores appelés feux follets, semblables à une flamme de chandelle qui voltige au gré du vent; ces météores sont formés de matières grasses et d'hydrogène sulfureux qui sortent de la terre et que l'air en-
flamme. Plus haut, vers la région des nuages, se forment, par accumulation des mêmes matières, d’autres météores enflammés semblables à une fusée chassée horizontalement ou vers Ja terre : ceux-ci s'appellent étoiles filantes. De la haute région de J'air, au-dessus de notre rmosphéEAG il nous arrive des COTpS, Pres gineux appelés bolides ou aérolithes, dont l'origine est inconnue, qui s ’enflamment, écla tent en traversant notre atmosphère et tombent.en nn sur-la terre.
Quant à la neige, au 1 givre, vous savez déjà que ce sont des; vapeurs aqueuses condensées en aiguilles par le froid ; voussavezégalementque la grêle est formée de gouttes d’eau congelées en traversant des couches froides de notre atmosphère. Enfin l'air atmosphérique est aussi le siége d'autres phénomènes quise passent au-dessus de nos téles ou autour. de nous; mais. je ne pourrais vous en entretenir sans sortir des bornes que ce cours me prescrit, .eLl je pense,que ce que je, vous ai dit est suffisant pour exciter votre curiosité eu vous porter, à étudier vous-mêmes la physique, au moins dans ce spi peut avoir une application à l'horticalture, ainsi qu’à votre santé.et à votre conservation...
Nous allons rentrer dans notre domaine , et considérer l'air atmosphérique relativement à son, influence sur les Végélaux: | nef DE 2
C’est quand | l'air sRoAH ET Le est dans son état ar et. qu'il contient un peu d’eau en vapeur qu'il est le plus favorable à la santé des, végétaux et des animaux; mais, comme les uns et. les autres le changent assez; promptement, il faut qu’il soit continuellement renouvelé. Le vent remplit parfaitement cette fonction lorsqu'il. est. modéré ; mais, quand il est. top. faible. ou nul, l'air reste.stagnant.el devient malsain : c’ est alors qu'il Eu faire usage, des. vêntilateurs. Lorsque, au contraire, le vent. est trop: fort..il balaye.et renouvelle, l'air trop, souvent;.les, plantes n’ont pas Le temps d'en absorber ce qui leur,convient elles peu:
(143) vent à peine réparer ce qu'elles perdent par la transpiration , leurs fibres se dessèchent et durcissent avant d'avoir pu acquérir une longueur convenable , et c’est un état de malaise et de souffrance pour elles. RAS
L'air modérément agité est donc celui qui convient lé mieux aux plantes en état de végétation.
“L'air'est rarement assez longtemps en stagnation, lorsqu’il est libre, pour devenir nuisible aux plantes ; mais celui qui estenfermé dans nos serres se corromprait bientôt si onne lui niénageait pas au moins un courant, c'est-à-dire deux ‘ouvertures opposées, lune supérieure, pour laisser échapper l'air raréfié par la chaleur intérieure, et l’autre inférieure, pour laisser entrer un air frais, destiné à remplacer le premier. R
Ne croyez pas que, quand nous bons des primeurs sous cloches et sous chässis, ces primeurs soient privées d’air ; elles-ne;sont pas en contact direct, il est vrai, avec celui de‘l'atmosphère:, mais elles en reçoivent par une infinité d’issues que nous n’apercevon$ pas ; elles en reçoivent surtout de la terre qui les nourrit, puisque l'air la, pénètre jusqu'à une certaine profondeur. Non:seulement les plantes né peuvent pas pousser sans air, mais les graines qui germent mieux à: obscurité qu’à la lumière ne germeraient nulle part Si elles étaient privées. d'air. Quand des graines ne germent pas pour être-trop enterrées, c'est que l'air ne peut pas pénétrer en assez grande quantité jusqu'à elles. Nous verrons plus tard, quand nous en serons à l’explica tion des procédés de la pratique, que toutes les graines n’exigent pas la même quantité d'air pour germer.
Les boutures auxquelles il faut un temps considérable. pour produire des racines se dessécheraient et mourraient avant d’avoir pu en produire si elles restaient exposées à l'air libre, parce qu’il les ferait trop transpirer, leur ferait perdre tout le liquide qu'elles contiennent sans qu'elles pussent en absorber un autre pour le remplacer, puis-
Ci44) | qu'elles sont dépourvues de racines. Nous mettons donc ces boutures à l'abri du côntact de l’air libre pour diminuer considérablement leur transpiration , mais nous ne les en privons pasentièrement ; autrement, nous arrêterions aussi la vie. :
Ainsi, si vous faisiez des boutures sous une cloche pneumatique privée d'air, non-seulement ces boutures ne pourraient plus travailler à faire des racines, mais elles cesseraient bientôt de vivre. Dans l’état actuel de notre pratique, nous manquons plus de boutures étouffées par défaut d’air que par un excès contraire : cette partie de notre métier, que l’on croit très-avancée , est encore loin du but qu’elle est susceptible d'atteindre ; elle réclame des connaissances anatomiques, physiologiques et chimiques pour arriver à sa perfection.
Enfin , messieurs , les êtres organisés, depuis l’homme jusqu’à la mousse, ne vivent que parce qu'ils aspirent et expirent de l'air. L'homme et les animaux aspirent l’oxysène et rendent de l'acide carbonique ; les végétaux absorbent l'acide carbonique et rendent l'oxygène propre à être aspiré par l’homme et les animaux : c'est par cet admirable moyen que l'air est plus sain au milieu des jardins qu'au milieu des villes,que vous vous portez mieux et que vous êtes plus forts que les hommes dont l'occupation exige qu'ils restent toujours enfermés.