ONZIÈME LECON
Messieurs, quand l'horticulture était bornée à la culture des végétaux indigènes, l'horticulteur pouvait se passer de connaître la température des divers climats de la terre , il lui suffisait de connaitre celle du pays qu'il habilait; mais aujourd'hui que nous cultivons des végétaux de tous les pays du monde, et conséquemment de toutes les températures, nous sommes obligés de connaître aussi celle des différents lieux où croissent naturellement ces végetaux , afin de pouvoir donner à chacun d’eux à peu près le degré de chaleur qu'il avait dans son pays.
Le plan que nous avons adopté pour notre éducation horticole, plan nécessité par l'état actuel des connaissances en général, exisc que nous recherchions la cause de la variation dans la longueur des jours, d’où résultent les diverses saisons de l’année et les diverses températures à la surface de la terre , parce que tous ces changements influent tellement sur l'horticulture, qu’elle leur est entièrement subordonnée. Déjà nous avons eu recours à plusieurs sciences, pour acquérir des notions qui nous ont mis à même d'expliquer un certain nombre de phéuomènes ou de faits horticuliuraux d'une grande impor tance pour nous et pour | intérêt de notre profession; aujourd hui nous allons interroger l'astronomie et la géosraphie physique, pour nous faire une idée nette de la cause de la variation dans la longueur des jours et de celle de la température propre à chaque saison.
slam on a D tt Te dd RS ST Sd ne dE) Ut SRSRRSE
Ps pe
Dé nd
Notions d'astronomie et de geographie physique.
La géographie physique, telle qu’on l'enseigne aujourd'hui, embrasse si nécessairement une partie de l’astronomie, que je ne croïs pas que nous puissions séparer ces deux sciences dans ce que j'ai à vous dire ; car, si l’une a pour but principal le cours des astres, l’autre met au nombre de ses attributions leur influence sur le globe terrestre : ce que je vais vous dire appartient donc à ces deux sciences; cependant le commencement sera particulièrement du ressort de l’astronomie.
De tous les systèmes imaginés pour expliquer le cours des astres, celui de Ptolomée et celui de Copernic sent les seuls dont je doive vous entretenir ; mais, avant de vous les expliquer, je dois vous dire un mot des astres,
On appelle, en général, astres ou corps célestes tous les globes qui roulent dans le ciel au-dessus de nos têtes; mais on les distingue aussi par plusieurs noms en raison de leur mouvement, de leur disposition et de leur nature. Ainsi les étoiles sont des corps qui brillent par leur propre lumière : le soleil est une étoile. Les planètes sont des corps opaques qui n'ont pas de lumière par eux-mêmes et qui ne brillent que par celle qu'ils recoivent du soleil autour duquel elles tournent : la terre est une planète. Les satellites sont de petits corps opaques qui tournent autour des planètes et qui recoivent aussi leur lumière du soleil : la lune est le satellite de la terre. Les satellites tournent autour de leur planète respective , et les planètes tournent autour du soleil. Les comètes sont des corps qui diffèrent des planètes en ce qu'elles ne tournent pas autour du soleil, et que leur centre de rotation est inconnu:
De toutes les étoiles, il n’y a que le ol dont Le mouvement soit connu : on sait qu’il tourne sur lui-même;
les autres s'appellent étoiles fixes, parce qu’elles nous paraissent toujours à la même distance les unes des autres ainsi l'étoile polaire, que vous connaissez tous , ‘est une etoile fixe.
Enfin on a donné le nom de constellation à divers assemblages d'étoiles fixes formant des configurations faciles à remarquer : ainsiles sept étoiles placées non loin de l'étoile polaire, que vous connaissez sous le nom de Chariot de . David ou de grande Ourse, forment une constellation.
Chacune des étoiles fixes est considérée comme un soleil autour duquel tournent probablement des planètes que nous n’apercevons pas à cause de leur excessif éloigne ment. L'univers est persemé de ces étoiles fixes, dont le nombre et la distance sont incalculables et attestent qu’une puissance infinie régit tous les mondes.
Notre monde à nous, c'est notre système solaire , c’està-dire notre soleil et les planètes qui tournent autour de lui. Pendant longtemps on n'a connu dans ce système que : sept:planètes ; aujourd’hui on en compte une douzaine, et probablement on en découvrira encore d’autres : les unes sont plus petites que la terre, les autres plus grosses; on ne les verrait pas si elles n’étaient pas éclairées par le Lei L’astronomie sait calculer la distance et le volumeïde tous ces corps. Le soleil est à plus de 17,700,000 myriamètres (34 millions de lieues) de la terre (1); son volume est un million trois cent trente et un mille ne plus gros que celui de la terre : c’est son grand éloignement qui nous le fai - paraitre si petit. On le considère généralement comme un globe de feu, qui échauffe et éclaire toutes les planètes et leurs satellites ; mais, depuis que des astronomes ont cru voir passer une comète derrière lui, sa substance est de-
venue hypothétique.
nn
(1) Je supposerai toujours, pour éviter les fractions, que 2 lieues font 1 myriamètre, quoique 25 lieues ne fassent que 10 myriamètres.
La terre est un globe à peu près rond, qui a environ 9,000 lieues de tour, et le soleil léclairant tour à tour sur une moitié de la surface, il faut nécessairement ou que la terre tourne autour du soleil, ou que le soleil tourne autour de la terre.
Ici commence la difficulté ; car, pour expliquer le cours des astres, 1l faut rester d'accord avec le mouvement apparent de tous les corps célestes. Les anciens astronomes, moins habiles sans doute que ceux des derniers siècles, ont suppose que la terre étaitimmobile au centre de l’univers, et que tous les corps célestes tournaient autour d'elle une fois en vingt-quatre heures ; cette manière d’expliquer le cours des astres a recu le nom de Système de Ptolomee.
Les astronomes qui vinrent après Ptolomée trouvèrent une difficulté inouïe à admettre que toutes les étoiles, dont la distance est incalculable , pussent tourner autour de la terreune foisen vingt-quatre heures , selon les apparences, tandis que la terre resterait immobile, tranquille au milieu de cet effrayant mouvement universel. D’ailieurs l’idée de la pluralité des mondes commencait à se faire jour ; on ne croyait plus que tant d’astres, tant de soleils eussent été faits pour la terre ; on ne croyait même plus que h terre elle: . e eut été faite pour l'homme seulement ; on commencäit à considérer la terre comme une très-faible partie, comme un atome de l'univers, dont l’étendue et le but nous seront toujours incompréhensibles. En outre, le système de Ptolomée laissait beaucoup de choses à désirer quand parut un célèbre astronome, nommé Copernic, qui trouva qu'il était bien plus simple de faire tourner la terre et les planètes autour du soleil que de faire tourner le soleil et toutes les étoiles du firmament autour de ia terre, qui n'est qu’un point imperceptible dans l'univers. Cette nouvelle manière d'expliquer le mouvement apparent des astres, étant contraire aux Écritures , à éprouvé