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( 107 ) jours plus longs et plus chauds ; [e pôle sud est à son tour au milieu d’un jour de six mois, et le pôle nord au milicu d'une nuit de six mois.
Telle est, messieurs, la marche de la terre autour du Soleil, selon le système de Copernic, et comme dans sa marche elle se trouve, chaque année, deux fois sous l’équateur, une fois sous le tropique du Cancer et une fois sous, le tropique du Capricorne, il en résulte que l’équateur du soleil tombe successivement deux fois par an sur les points du globe. terrestre compris depuis un tropique jusqu’à l’autre, c'est-à-dire sur une largeur d'environ 588 myriamètres. Voilà tout simplement ce qui produit les différentes saisons de l’année et la variation dans la longueur des jours. | ad Je vous ai précédemment dit un mot du système de Ptolomée , usité en astronomie avant l'adoption de celui de Copernic. Ce système, né dans le temps où l’on croyait que tout le ciel avait été fait pour la terre et la terre pour l'homme seul, place la terre immobile au centre du monde, fait tourner tous les astres autour d’elle une fois toutes les vingt-quatre heures, et fait faire au soleil la même marche entre les tropiques que Copernic fait faire à la terre. Malgré cette différence énorme, le système de Ptolomée explique et rend raison des diverses saisons, des jours courts et longs aussi bien que celui de Copernic : je vais vous en faire la démonstration au moyen de ia fig. 3 que je mets sous vos yeux; cela me donnera l’occasion de vous dire un mot des constellations du zodiaque.
Supposons que le globe, fig. 3, est la terre immobile au centre du monde, et que le soleil et tous les astres tournent autour d'elle une fois en vingt-quatre heures selon les apparences ; supposons aussi que nous sommes aujourd’hui au 22 mars, l’équateur du soleil À tombera d’aplomb sur l'équateur de la terre ; celle-ci sera éclairée, d'un pôle a l’autre, sur une moitié de sa surface ; les jours et les nuits
( 108 } seront de même longueur ou de douze heures par toute la terre. Arrétons-nous ici un instant. Les astronomes on: observé depuis bien longtemps qu’il y avait dans le ciel, bien au delà du soleil, dans une large bande appelée 20-
diaque, limitée par les deux tropiques, douze assemblages.
d'étoiles fixes auxquelles its ont donné le nom général de constellations, et ont désigné chacune d'elles par un nom propre, tiré quelquefois de la configuration de l'assemblage de ces étoiles; ainsi ces douze constellations s'appellent La Balance, le Scorpion, le Sagittaire, la Chèvre où Capricorne, le Verseau, les Poissons, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer où Écrevisse, le Lion, la Vierge : or le soleil, vu de la terre, parait être dans l’une de ces constellations chaque mois et les parcourir toutes en douze mois. Maintenant revenons à notre lecon. Nous nous supposions au 22 mars, et, à cette époque, l’équateur du sofeil ne fait qu’un avec l’équateur terrestre, et le soleil À, vu de la terre , paraît être dans la constellation du Bélier, quoiqu'il en soit très-éloigné.
Le soleil, continuant sa marche, arrivera en B le 22 juin, au tropique du Cancer, sous la constellation appelée Carcer où Écrevisse : alors ses rayons ne tombent plus perpendiculairement sur l’équateur de la terre, ils tombent sur le tropique du Cancer terrestre b, et l'hémisphère boréal de la terre se trouvera plus éclairé et plus échauffé que l'hémisphère austral. Pour mesurer ce changement de lumière sur le globe terrestre, il faut tracer la lignee f perpendiculaire sur la ligne & B, passant par O; alors on voit qu'au 22 juin le soleil éclaire la moitié de la terre depuis f jusqu’en e , que la zone tempérée boréale est dans l'été, que le pôle nord est au milieu d’un jour de six mois, tandis que le pôle sud est au milieu d’une nuit de:six mois. ,
Dès que le soleil est arrivé au tropique dufCancer ou Écrevisse, ik se dirige obliquementselon le système de Ptolomée,
que Je vous explique, en suivant l’écliptique tracée dans Le zodiaque ; et, trois mois après, le 22 septembre, il nous paraitra être dans la constellation de la Balance, diamétralement opposee à la constellation du Bélier, et les jours et les nuits seront encore égaux par toute la terre. Le soleil, continuant sa marche, se trouve en C au tropique du Capricorne le 22 décembre, sous la constellation dela Chèvre, dite Capricorne : alors ses rayons tombent perpendiculairement sur le tropique du Capricorne de la terre c, l'hémisphère austral de la terre se trouve dans l'été et le pôle austral au milieu d'un jour de six mois, tandis que le pôle boréal est au milieu d'une nuit de six mois. Pour s’en assurer, on üre sur la ligne C c la perpendiculaire g d, passant eu O; el, comme la lumière du soleil ne peut arriver que jusqu’à celte perpendiculaire, il est démontré que tout le pôle boréal est dans l’obscurité jusqu’en d, et que tout le pôle austral est éclairé jusqu’en g. Enfin le soleil, continuant de tourner obliquement autour de la terre, selon les apparences , se retrouve en À, sous la constellation du Bélier, le 22 mars, et les jours et les nuits sont encore égaux par toute la terre.
Vous voyez, messieurs, qu’en faisant tourner la terre autour du soleil avec Copernie, ou faisant tourner le soleil autour de la terre avec Ptolomée, on se rend également raison du cours apparent des astres, de la cause des saisons et de la variété dans la longueur des jours, d’où résultent le chaud et Le froid , sauf les causes perturbatrices qui sont du ressort de la géographie physique , dont nous allons prendre une idée.
Le globe de la terre, fig. 3, quoique très-réduit, nous serai d’un secours indispensable pour Midisente de ce que j'ai à vous dire. D'abord vous voyez sur ce globe cinq lignesfparallèles tracées d’orient en occident, qui divisent la terre enîsix larges bandes. La ligne du milieu s'appelle équateur où ligne équinoxiale, c’est-à-dire que les jours
et les nuits sont égaux sur toute la terre quand le soleil se trouve perpendiculairement au-dessus de cette ligne; elle partage en deux la zone torride, qui est bornée au nord par le tropique du Cancer et au sud par le tropique du Capricorne. La zone torride a une largeur de 47 degrés, et 1 degré valant 25 lieues ou 10 myriamètres, il en résulte que cette zone a environ 470 myriamètres de largeur. Les deux tropiques marquent les limites de la marche apparente du soleil autour de la terre, e’est-à-dire que les rayons du soleil ne tombent jamais perpendiculairement que sur la zone torride. La bande qui se trouve entre le tropique du Cancer et le cercle polaire s'appelle zone tempérée boréale, c'est celle dans laquelle se trouve la France; l’autre bande, qui se trouve entre le tropique du Capricorne et le cercle polaire austral, s'appelle zone tempérée australe. Ces deux zones sont dites tempérées, parce que les rayons du soleil n’y tombant jamais qu’obliquement, elles ne peuvent être aussi chaudes que la zone torride, où les rayons du soleil tombent perpendiculairement. Enfin les deux portions de cercle qui touchent les deux pôles s'appellent zones glaciales, parce que les glaces y sont éternelles.
Outre les cinq lignes dont je viens de vous parler, et qui sont tracées sur tous les globes terrestres, parce qu’elles sont de première nécessité en astronomie et en géographie, on a senti le besoin d’en tracer encore d'autres parallèles aux cinq premières et en beaucoup plus grand nombre, afin de mieux préciser les différents points du #lobe dans la pratique de l'astronomie et de la géographie : ainsi on a trace, parallèlement à l'équateur, sur toutes les zones, 180 lignes circulaires placées à 25 lieues (10 myriamètres) l’une de l’autre ; toutes ces lignes portent le nom de degré de latitude ou simplement parallèle , et, comme on les coupe deux fois en faisant le tour du globe d'un pôle à l’autre, il en résulte que l’on parcourt 360 degrés, qui, multipliés par 25, font juste 9,000 lieues pourlacir-
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conférence de la terre. On a encore tracé sur le globe terrestre autant de lignes, d’un pôle à l’autre, qui portent le nom de degré de longitude, et qui ne peuvent être paralléles entre elles, puisqu'elles aboutissent toutes aux deux pôles. Ces derniers degrés sont utiles pour la marine et pour préciser la position de certain lieu en géographie ; mais ils ne sont d'aucune utilité pour nous dans la recherche des diverses températures et des différentes lonsueurs des jours, Enfin les géographes ont encore tracé sur le globe terrestre, depuis l’équateur jusqu'au pôle, trente cercles parallèles à léquateur, auxquels ils ont donné le nom de climat et dont nous nous occuperons dans une prochaine leçon, en traitant la question de la naturalisation et de l’acclimatation des vésétaux.
Si maintenant nous récapitulons ce que nous venons «d'apprendre sur le mouvement apparent du soleil et de la terre , nous verrons, d'après le système de Copernic,
1° Que la terre n’est jamais éclairée que sur une moitié de sa surface: ;
2° Que la terre, en tournant sur elle-même une fois en vingt-quatre D. produit Le jour et la nuit;
3° Que la terre, en tournant autour du soleil une fois en trois cent soixante-cinq Jours six heures, produit l'année:
4° Que la terre, en tournant. autour du soleil, décrit : un: cercle oblique appelé écliplique, qui coupe D nie l’équateur céleste cn deux points opposés ; que l'un de ces. points est l’équinoxe du printemps, et l’autre l’équinoxe d'automne ; que ce même cerele oblique touche ou semble toucher le tropique du Capricorne d’un côté et le tropique du Cancer du côté opposé ; que, quand la terre se trouve au poiut qui touche le tropique du Capricorne, l’hémisphère austral se trouve dans les plus longs jours et l’hémisphère boréal dans les plus courts; que, quand elle touche le tropique du Cancer , l Hniepiôse austral se
GRAS trouve dans les plus courts et l'hémisphère ire dans les plus longs jours.
Il nous est facile maintenant de concevoir que les rayons du soleil tombant toujours perpendiculairement entre les deux tropiques , la zone torride doit être plus échauffée que les autres; que les deux zones tempérées doivent être moins chaudes que la zone torride, parce que les rayons du soleil n’y tombent qu’obliquement; que les zones glaciales sont plus froides que les zones tempérées, parce que les rayons du soleil y tomberit encore plus obliquement. Cette décroissance de chaleur, en partant de l'équateur vers l’un et l’autre pôle, est certaine, mais elle n'a pas lieu avec luniformité qu'on serait porté à lui attribuer; en voici les principales causes :
* La terre roulant continuellement vers lorient, son
équateur refoule continuellement l'air qui se trouve de -
vant lui, et il en résulte ce que l’on appelle les vents alizés, qui tempèrent la chaleur de la zone torride.
2° Les jours étant toujours de douze à treize heures dans toute la zone torride, le soleil n’y darde pas ses rayons aussi longtemps que sur les zones tempérées et glaciales pendant leur été.
3° Les zones tempérées et glaciales ne sont pas constamment aussi froides que semble l'indiquer leur éloignement de l’équateur, parce que, pendant leur été, ces zones jouissent de jours d'autant plus longs qu'elles sont plus éloignées de léquateur, et, malgré l’obliquité des rayons solaires, la chaleur de l'été est plus grande à Moskou, à Saint-Pétersbourg qu’à Paris : aussi les grains et les fruits y parviennent à maturité en moins de temps ; ils reçoivent en quatre mois d'été le nombre de degrés de chaleur qu'ils ne reçoivent qu’en six mois à Paris.
À ces causes d’irrégularité dans lä décroissance de Îa chaleur des rayons solaires en tombant sur le globe terrestre depuis l'équateur jusqu'au pôle, viennent s’en join-
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