ARE MISES
les différentes parties l’une après l'autre en commençant par là moins importante aux yeux du botaniste
3° Réceptacle, fig. 95, a. J'ai déjà eu occasion de vous montrer, fig. 92, que le réceptacle est la partie plus ou moins renflée qui termine le pédoncule, laquelle porte une ou plusieurs fleurs. Il y a des réceptacles de différentes formes que vous apprendrez à connaitre par la pratique : le réceptacle figure rarement au rang des caractères génériques.
6° Calice. Cet organe, fig. 95, b b, est toujours l’enveloppe la plus extérieure de la fleur et celui qui a subi à un moindre degré l'effet de la métamorphose ; sa couleur et sa texture sont très-souvent celles d’une feuille composée d’une ou de plusieurs pièces que l’usage vous apprendra à distinguer. Quoique le calice se présente sous des formes assez variées, avec ou sans appendices, il contribue rarement seul à fournir un caractère générique.
7° Corolle. Cest la seconde et ordinairement la plus grande et la plus brillante enveloppe de la fleur, celle qui, dans le monde, passe pour la véritable fleur, tandis que, pour le botaniste, elle n’en est qu’un bel et sans doute utile ornement. Il y a des corolles d’une seule pièce dites monopétales, et d'autres de plusieurs pièces dites polypétales. La corolle fournit un grand nombre de caractères génériques , ordinaux et classiques, 1° en ce qu’elle est d’une ou de plusieurs pièces; 2° par son point d'insertion; 5° en ce qu'elle porte ou ne porte pas les étamines; 4° par la diverse configuration de ses parties. Dans la fleur qui nous occupe fig. 95, la corolle c c c est formée de cinq pétales distincts insérés au réceptacle immédiatement au-dessus du calice.
8° Nectaire. Chaque pétale, dans le genre Renoncule que nous avons pris ici pour exemple , chaque pétale , dis-je, porte à sa base, sur son onglet, une petite plaque d d, qui est ce que Linné appelait nectaire , parce que plusieurs de ces organes , placés sur diverses parties des fleurs , contiennent ou distillent une liqueur sucrée. Aujourd’hui le mot nectarre n’est plus guère en usage, et on donne à ces organes surnuméraires des noms qui indiquent leurs formes ou leurs
( 309 ) usages quand on les connaît : ainsi dans l’Agulegia les nectaires sont des cornes; dans la Capucine, un éperon, des barbes ; dans la Pœonia moutan, un sac qui enveloppe les ovaires; ailleurs, et le plus souvent, c'est un disque, un bourrelet qui entoure le bas de l'ovaire. On emploie aus fois ces organes dans les caractères génériques.
% Étamine. L'étamine est considérée comme l’organe mâle d’une fleur; elle est ordinairement composée de deux parties, d’un filet et d’une anthère : le filet peut manquer, mais l’anthère étant la partie essentielle ne manque pas. Son usage est de contenir, dans une ou plusieurs loges, une poussière fine, ordinairement jaune, dont chaque grain est appelé pollen, et chaque grain de pollen, quand il est mür, laisse échapper un fluide élastique mêlé de granules appelé fovilla, considéré comme la partie fécondante. Les anthères sont toujours en nombre et en forme déterminés dans chaque espèce et presque toujours dans chaque genre de plantes ; ainsi, dans le genre Renoncule , fig. 95, ce, elles sont très-nombreuses, oblongues, linéaires, biloculaires, portées sur d’assez longs filets. L'étude des anthères et de leur pollen est une des parties les plus curieuses de la botanique. Les étamines jouent un grand rôle dans les caractères génériques, ordinaux et classiques, par leur nombre et leur point d'insertion.
10° Pistil. On nomme ainsi l'organe ou la réunion des organes femelles au centre des fleurs. Ici, fig. 95, f, ces organes sont nombreux; chacun d'eux se compose d'un ovaire uniloculaire, monosperme , comprimé, surmonté d’un style très-court terminé par un stigmate papilleux. Ce stigmate, fig. 96, a, peu caractérisé dans la Renoncule, mais bezucoup mieux développé dans d’autres plantes, est considéré comme le point par où s’introduit soit la four/la du polien de l’anthère, soit seulement une vapeur subtile émanée de cette matière, et qui a la propriété de féconder, de donner la vie aux embryons contenus dans l'ovaire. Quelques botanistes ont
fait de grands efforts pour expliquer l’acte de la fécondation chez les végétaux ; leur manière de l’expliquer est encore une théorie non généralement admise et dont je vous dirai deux mots quand nous en serons à la physiologie ; pour le moment, il vous suffit de savoir que , après l’acte de la fécondation , les ovaires de la Renoncule grossissent, fig. 97, que chacun d’eux développe sous sa tunique, simple ou double, un grand périsperme charnu, blanc, fig. 98 et 99, a, dans le bas duquel est logé un petit embryon b, à deux cotylédons, fig. 99,
Fig. 96. Fig. 97. Fig. 98. Fig. 99.
b c, pour la production duquel il a fallu tout l'appareil de la fleuraison et l’acte encore inconnu de la fécondation. Le pistil offre une très-grande quantité de caractères de tous les degrés 1° par sa simplicité; 2° par sa multiplicité; 5° par la nature du périsperme qu’il contient ; 4° par l’absence du périsperme ; o° par la forme et la position de l’embryon qu’il contient; 6° parce que, étant mür ou changé en fruit, il s'ouvre ou ne s'ouvre pas en valves, qu’il est sec ou charnu, affecte différentes formes , se couvre d’appendices , de poils ou de soies, etc., etc.; en général, le pistil devenu fruit s’appelle péricarpe , et les botanistes distinguent beaucoup de sortes de péricarpes que vous apprendrez à connaître par l'usage. Le péricarpe le plus fréquent est la capsule. Quand une fleur porte plusieurs pistils distincts comme dans la fig. 95, ou soudés entre eux comme dans l’Aconit, chacun d'eux, parvenu à maturité, porte le nom de carpelle, soit qu'elle contienne une seule graine, fig. 97, soit