‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 20 sur 90 · DIEU : SES PERFECTIONS ET SES (SUVRBS · texte numérisé non relu

DIEU : SES PERFECTIONS ET SES (SUVRBS

contemple ce qui est aux extrémités du monde et au plus haut des cieux, mais son intelligence possède toute vérité. Il ne lui faut ni attention ni réflexion pour apprendre, ni raisonnement pour déduire, ni mémoire pour retenir; il voit la vérité sans nuage, sans milieu, il la voit dans la contemplation de luimême. Disons mieux : il est lui-môme la vérité subsistante et la lumière qui rayonne sur toutes les intelligences créées pour les éclairer; les plus vastes, les plus hautes, les plus profondes conceptions des philosophes qui ont rempli l'univers de leur renommée ne sont qu'un faible rayon de cette lumière infinie qui s'est réfléchie sur eux.

VII. Que dire de la puissance de Dieu? Notre pauvre esprit se perd dans la contemplation de tant de grandeur. Quand nous pensons que tous les efforts réunis du monde entier seraient impuissants à produire un insecte, et que par un seul acte de sa volonté Dieu a fait jaillir du néant la terre, ces hautes montagnes, ces mers immenses, ces plantes, ces êtres animés qui peuplent l'univers, ces globes suspendus dans les airs, et en comparaison desquels le monde que nous habitons est comme un atome f... Quelle puissance il a fallu pour créer tant de choses, et pour les maintenir invariablement dans l'ordre où elles ont été mises !... Mais ne pensons pas qu'elle ait été épuisée par ces productions innombrables; Dieu pourrait beaucoup plus qu'il n'a fait, il peut tout ce qui est possible, sa puissance est illimitée, et rien ne résiste à son action : quand il a voulu créer, il l'a dit, et toutes choses ont él^ faites selon son idée ; il a commandé, et le monde a paru.

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Dieu est donc im pur esprit, étemel, souverainefQeut intelligent et d'une puissance infinie. Nous vorrpns^ dans la suite, en exposant les mystères de la Providenic^ et les dogmes de la religion^ que sa bonté, Sês miséricordes et sa justice ne sont pas moins admirat^les que ses autres perfections. Ajoutons un mot^ car nous ne pouvons pas tout dire, sur sa souveraine félicité et son immutabilité.

YIIL Pieu trouve un bonheur inaltérable dans la coiiLtçjnplation de lui-môme, dans Tamour qu'il se porte, dans les complaisances infinies qu'il prend à se considérer. Qu'ils l'ont peu et mal connu, ceux qui ont pensé qu'il avait besoin de créer et de se communiquer m monde pour être heureux, comme s'il dev<ail souli^ir de sa solitude! C'est au contraire la preuve d'une grande indigence ejt de beaucoup d'ioapiarfecliûîi dans un être, qu'il ne puisse trouver son iionh^ur qu'en sortant de lui-même pour le chercher ailleurs. Dieu se suffijt, il voit sa perfection, il se contiBmple ei il s'aime^ c'est sa gloire et ^on bonheur, gloire ja;iônie, bonheur auquel on ne peut rien ajouter. Non, rien de ce qui est hors de Dieu ne peut faire partie de sa grandeur, ne peut ajouter à sa félicité, a You^ <( n'êtes pas plus grand avec tout le monde, avec mille n millions de mondes, que vous ne l'êtes seul. Quand « vous avez fait le monde, c'est par bonté et non par M besoin. Il vous convient de pouvoir créer tout ce qui M vous plaît, car il esit de la perfection de votre être <c et de l'efflcacité de votre volonté, non-seulement a que vous sojwz, mais que tout ce que vous voulez « soit ; qu'il soit dès que vous le voulez, autant que ^ vous voulez, quand vous le voulez... Vous manque-

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« fait-il quelque chose, parce que vous ne faites pa»^ <( tant de choses que vous pourriez faire? Tout cet « tinivers que vous avez fait n'est qu'une petite partie a de ce que vous pouviez faire. Si vous n'aviez rien « fait, l'être manquerait aux choses que vous n*aurier « pas voulu faire, mais rien ne vous manquerait, parce « qu'indépendamment de toutes choses, vous êtes « celui qui est, et qui est tout ce qu'il faut être pour « être heureux et parfait *\ »

Si donc Dieu se détermine à créer, il le fait avec une puissance souveraine, avec une liberté et une indépendance absolues, et sans rien perdre de son immutabilité. Ces attributs lui sont aussi essentiels que ceux dont nous avons déjà parlé ; il est libre, toutpuissant et immuable, comme il est éternel et souverainement heureux. Libre dans ses œuvres, il se dé- ^ termine selon son bon plaisir, n'ayant d*autre régie que celle de sa souveraine sagesse, d'autre mobile que son amour, l'amour qu'il se porte à lui-môme, Tamour du bien, de la vérité et de la justice, l'amour qu'il porte à ses œuvres, aux créatures raisonnables surtout; car, s'il en produit de telles, ce n'est que pour les rendre heureuses, en les faisant participer à sa propre félicité. Mais ni son amour du bien, ni sa sagesse, ne gênent sa liberté, parce qu^il ne trouve en lui-même aucune nécessité de se communiquer au dehors, et, en supposant qu'il le fasse, il demeure libre de le faire dans telle mesure qui lui convient, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut. Sa puissance égale sa liberté et la sert dans l'exécution de ses des-

» Bossuet, Élévations sur les iityiièteSf ïth semaiiie, !'• élév.

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