DIBU : SES PERFECTIONS ET SES ŒUVRES
seins. L'idée de Dieu renferme évidemment celle d'un pouvoir sans limites : tout ce qui est possible en soi, tout ce qui ne renferme aucune contradiction, et ne blesse aucun principe de sainteté, de justice, de vérité, est possible à Dieu. Qui pourrait gêner son action? Qui lui imposerait la nécessité de la resserrer dans certaines limites? Qui lui dirait : Tu viendras jusqu'ici, tu n'iras pas au delà?... Ce ne sont pas les êtres distincts de Dieu qui limiteraient son pouvoir; car ces êtres ne sont que des créatures de Dieu, et, à ce titre, ils sont tous, à son égard, dans la plus entière dépendance.
IX. Mais si Dieu est libre, s'il est tout-puissant, comment peut-il être immuable, et s'il n'est pas immuable, comjnent serait-il infiniment parfait, car tout changement dénote quelque imperfection? Bossuet, s'étant proposé une difficulté analogue, répondait : « La première règle de notre logique, c'est qu'il ne « faut jamais abandonner les vérités une fois connues, « quelque difficulté qu'il survienne, quand on veut les <c concilier; mais qu'il faut au contraire, pour ainsi « parler, tenir fortement les deux bouts de la chaîne, « quoiqu'on ne voie pas toujours le milieu par où « l'enchaînement se continue K » On ne peut douter raisonnablement que Dieu ne soit libre ; nous avons nous-mêmes cette perfection, comment Dieu en serait-il privé? On ne peut pas douter non plus qu'il ne soit immuable dans ses desseins et dans ses œuvres, comme il Test en lui-même.
Pourquoi remarqua-t-on tant de vicissitudes dans
' Traité du Ubre arbitré^ chap. iv.