CE QUE DIEU EST PAR RAPPORT A NOUS
Le spectacle de l'univers, en nous élevant à Tidée d*une cause première, nous fait connaître Dieu, son existence et ses perfections absolues; ce même spectacle nous donne un autlre enseignemetit, si nous savons Tétudier avec une religieuse attention ; il nous dit ce que Dieu est par rapport à nous. Nous en conclurons que Dieu est le créateur, le père et le souverain seigneur de toutes choses.
I. Si les êtres que nous avons contemplés ont reçu de Dieu la vie, le mouvement et les qualités diverses |^ que Ton admire en eux, comment n'en auraient-ils pas reçu l'existence ?
La conclusion est si rigoureuse, que nous l'avons supposée jusqu'ici sans chercher à la prouver. Il est bien vrai que la création proprement dite est un mystère impénétrable, c'est l'un de ces dogmes que la raison humaine ne comprendra jamais, mais qu'un esprit sage et éclairé ne peut pas ne pas admettre.
Quelque incompréhensible en effet que soit pour nous la création, la raison nous dit qu'il faut y croire, parce qu'il est impossible d'expliquer autrement d'une manière satisfaisante Texislence du monde. Supposez pour un moment que te monde n'ait pas été créé, vous êtes obligé d'admettre qu'il existe nécessairement comme Dieu. Sa manière d'être, son orga-
DIEU : SES PERFECTIOlîS ET SES GBDVRÈS 6T
Disation, les conditions de son existence, seront également nécessaires, attendu que les modifications diverses d'une substance ne sont pas des êtres â part^ elles sont la substance eUe-même existant d'une certaine manière, et elles ont, par conséquent, la mêmenature. Tout sera donc nécessaire dans l'univers, tout y sera également éternel ; il n'aurait pas eu de commencemeDt, il n'aura pas de fin; la raison de son existence étant toujours la même, il ne peut pas plus, pour lui que pour Dieu être assigné un moment où il n'existait pas.
Mais qui osera soutenir sérieusement que le monde est nécessaire et éternel? Nous sommes, nous, une partie de ce monde : ou étions-nous il y a une centaine d'années ? On dira peut-être que nous étions dans nos pères ; mais nos pères et leurs aïeux ont-ils toujours h été? N'y en a-l-il pas un qui a commencé la chaîne des générations, lequel n'avait pas eu de père? Et notre âme existait-elle dans les siècles passés? Personne ne se persuadera avoir ainsi existé sans aucun commencement; personne, hors le cas de folie, ne croira que nous sommes éternels... D'ailleurs, nous concevons très-bien comme possible un état dé choses où ni nos âmes, ni nos corps, ni les autres objets qui nous entourent, n'existeraient; ces êtres divers ne sont donc pas nécessaires. S'ils étaient nécessaires, Tesprit ne pourrait pas s'arrêter à la supposition qui vient d'être faite ; ce serait allier deux idées contradictoires, d'une part la nécessité absolue d'être,, d'alitre part la possibilité de n'être pas.
Plus on réfléchira sur ces preuves bien simples,, plus on demeurera convaincu qu'il faut admettre la