‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 32 sur 90 · OONSBQUENOES FUNESTES DE CES ERREURS · texte numérisé non relu

OONSBQUENOES FUNESTES DE CES ERREURS

Ces malheureux n'édifient rien, mais ils creusent des abîmes, et si Dieu permettait que leurs opinions

'. Épître aux Romains, ch. i, 21, 2t.

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préYalussent, la société s'effondrerait comme un édifice sans fondement.

L'athéisme, sous quelque forme qu'il se produise, amène en effet ces conséquences les plus graves dans la société.

Que Ton dise qu'il n'y a pas de Dieu, ou qu'on Teuille absorber tous les êtres en un seul, dès lors qu'il n'y apas d'âme intelligente et libre dans l'homme, ni de Dieu personnel qui gouverne le monde, on ne peut pas assigner des règles obligatoires. La morale disparaît, le bien et le mal se confondent : disons mieux, il n'y a ni bien ni mal. Les choses qui nous apparaissent ne sont que comme des rêves pour nous, ou elles sont également divinisées. A qui devra donc obéir celui qui ne reconnaît pas d'être distinct de lui, supérieur à lui? Pourquoi se croirait-il tenu de respecter la fortune, l'honneur ou la vie du prochain, s'il peut le dépouiller, le déshonorer, ou le perdre, sans se compromettre lui-même , celui qui ne croit ni au vice ni à la vertu, qui s'imagine n'avoir à répondre à personne de sa conduite; celui qui ne verra dans les actions, que nous réputons les plus criminelles, que des effets matériels de son oi^anisme, ou des accidents qui rentrent dans l'ordre général?

Non, il n'y a pas de distinction du bien et du mal, dans l'athéisme, sous quelque forme qu'on l'admette; tout y est confondu. C'est un chaos où tout se perd ; c'est une erreur monstrueuse, qui contredit les nolions les plus évidentes, qui anéantit les règles de la morale. Malheur à la société qu'envahirait une si funeste doctrine. Mais, grâces à Dieu, nous espérons que ce malheur n'atteindra pas la France : bien des

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iBdividuB se laisseront entraîner vers des idées qui ^ flattent la cupidité et tous les plus mauvais instincts d'une nature wrrompue ; mais nous avons la confiance que la grande majorité, quels que puissent être ses écarts accidentels, sera préservée de ces crimineUes et folles spéculations.

Que les idées de la foi sont bien plus hautes et plus pures ! . . . EUe nous enseigne que Dieu seul est la cause et le principe de tout ce qui est, et qu'il renferme en lui, d'une manière infinie, tout ce qu'il communique -d'être et de perfection à la créature. Oui, nous le disons avec amour, Dieu seul donne à toutes choses l'être, le mouvement et la vie ; rien ne subsiste que par lui, rien ne croît etne se perfectioime que par sa vertu, rien ne décroît et ne périt qu'autant que Dieu s'en retire. Dieu se manifeste au dehors par ses œuvres; mais ses œuvres ne sont pas lui, et ce n'est que trèsimparfaitement qu'elles nous manifestent sa glaire. Elles sont de lui et ne subsistent que par lui; mais avant leur production elles n'étiôent rien en «Uasmêmes, elles n'étaient qpue dans la pensée de Dieu; quand elles ont commencé d'être, elles ont dû l'existence à la bonté de Dieu : les hom^mes le loueront comme le vrai et le seul principe de tout bien, ils l'aimeront comme leur Père.

Ces pensées donnent à l'âme les émotions les plus douces; elles la oonsoient dans ses prâies, elles la remplissent d'une espérance céleste, tandis que la métaphysique abstraite d'une fausse philosophie la dessèche. Que Ton nous permette de citer l'escômple d'un homme qui avait perdu la foi, mais qui eutle bonheur de la retrouver, parce qu'il sut^humîtiar'ile-

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i" Tanft IMeu et le prier avec effusion de ccrar. Voici comment M. Delawo-Dubez, conseiller à la cour rqyaie de Mcmtpellier, mort en Tannée 1829, neus raconte iui'inôme sa conversion :

K J'ai vécu sans religion jusqu'à ma soixanto-qua- <t trième année, quelque j'eusse sous les yeux, dans Cl ma famille, des modèles de toutes les vertus chré- « tiennes, et un grand nombre de mes proches parents n qui menaient une vie exemplaire.

« Je fus fixé par ma place à Montpellier, dad)5un « temps où les doctrines irréligieuses y étaient les « opinions dominantes. Cette circ<xislaiice et ma po- « sition isolée, absolument indépendante, devaient « naturellement me confirmer dans mes erreurs. Qui tt m'eût dit que ma raison sialtière s'absôsserait bience tôt jusqu'à adorer, avec une humble foi, des mys- ^ « tères d'une obscurité si impénétrable, si effrayante « pour l'imagination, le scandale de la sagesse hu- « maine, alors que j'avais vieilli dans l'habitude de (( les regarder comme les hochets de la superstition ?

ce Vers la fin de Tannée écoulée, depuis mon chan- « gement de domicile, je me plaisais à faire fréqiiem- <i ment des promenades solitaires dans les environs a de Montpellier. Pendant une de ces promenades, « mes idées se portèrent, je ne sais comment, sur les « jours de mon enfance et de ma première jeunesse, tf Je me rappelai avec délices ce temps d'innocence^t a de bonheur, les soins, les complaisances et Taffec- « tueuse sollicitude de la plus tendre des mères pour <c éloigner de moi les funestes atteintes du mal. Ohl « qu'il fut précieux à mon cœur le souvenir des prina cipattx traits de sa belle vie, consacjpée, jusqu'à la

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n quarante -huitième année, à l'exercice constant de^ (( œuvres de charité et de bienfoisance !

a Mais, quand je fis un retour sur moi-même, quel 0 affligeant contraste accabla mon âme! Les remords « abreuvèrent mon cœur d'amertume ; ils me révélaient a qu'il y a une justice souveraine hors de ce monde. « Des pensées désolantes bouleversaient mon esprit. « 0 la plus tendre des mères, serait-il vrai que cette « éternité de bonheur, dont vous m'avez si souvent « entretenu dans mes premières années, se fût déjà « réalisée pour vous, et que mes opinions inconsidéc( rées me condamnassent à être séparé de vous pour « jamais!... Pour jamais, je serais donc forcé de blas- « phémer et de maudire ce même Dieu qui aurait ré- (( compensé vos mérites d'un bonheur sans me- « sure!

« Entièrement absorbé dans ces réflexions, j'étais^ « parvenu, sans m'en douter, à une distance Irès-rap- « prochée de l'église du séminaire. Comme malgré (( moi, je tombe à genoux devant la grille qui sépare « le vestibule de l'intérieur, et je m'écrie : O Dieu de « ma mère, s'il est vrai que vous soyez; si, comme elle a me l'a assuré, vous êtes la vérité, la sagesse et la « bonté suprêmes, que vous m'ayez fait pour vous, et « que vous entendiez les désirs sincères d'un cœur « malheureux, je vous conjure et vous supplie d'em- « ployer votre puissance à me secourir : montrez-vous « à votre créature; soyez sa lumière et sa vie; tracez- « lui la route pour arriver jusqu'à vous!!!... Mon (f agitation -était extrême, mes larmes coulaient en « abondance. Au bout dd quelques instants, je sens le « calme renaître dans mon âme, et je me relève avec

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« la résolution sincère de chercher la vérité de bonne « foi.

« Peu de jours après, je partis pour Rodez, où je « devais passer le temps des vacances. J'en employai « la plus grande partie à lire les Pensées de Pascal, « celles de Bossuet, divers sermons de Bourdaloue et « de Massillon sur la vérité des dogmes de la religion « chrétienne, et les Confessions de saint Augustin, où je « trouvai des réflexions aussi solides que consolantes « sur la grandeur de la bonté et de la miséricorde de « Dieu.

« Ces lectures réfléchies dissipèrent tous mes doutes a et toutes mes erreurs. De retour à Montpellier, je « m'adressai à un prêtre recommandable par son âge, « ses vertus et ses lumières. Il m'aida, avec une bonté « paternelle et un zèle apostolique, à débrouiller le « chaos de ma vieille conscience ; et, après avoir subi « l'épreuve qu'il jugea convenable, j'eus le bonheur « de remplir mon devoir pascal.

(( Que de larmes j'ai versées alors, et depuis ce beau « jour, sur mes trop longs égarements ! Mais elles « n'ont fait qu'accroître la paix, le calme et le bon- « heur dont je m'étais si longtemps privé. Durant les « longues maladies que j'ai essuyées, la religion est « venue calmer mes douleurs, soulager mes maux et (c me prodiguer les plus douces consolations *. »

< Extrait de Foavrage que M. Dalauro-Dubez a composé sous ce titre : V Athée redevenu chrétien.

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