DIEU A INSTRUIT LES HOMMES DÈS LE COMMENCEMENT
Quelques philosophes, peu dignes assurément de ce^ titre, ont prétendu que les premiers hommes ont vécu d'abord sans usage de la parole, sans idées morales, sans religion, sans nul lien de société entre eux, et qu'ils ne sont parvenus à connaître quelques véritésque par de longs et pénibles eflforts. Selon eux, ceshommes auraient donc vécu à la manière des brutes , se disputant les abris qui devaient les défendre des injures de Tair, et les plantes qui devaient leur servir de pâture.
Cet état primitif, désigné sous le nom d'état de nature, n'est que le jeu d'une imagination égarée ; prendre au sérieux ces rêves insensés serait un blasphème contre la Providence. Gardons-nous de penser que celui qui veille sur les oiseaux du ciel et sur les animaux de la terre, et qui donne à chacun la perfection qu'il doit avoir, ait laissé l'homme pendant un temps indéfini sans l'idée de son créateur, sans aucune notion de ses devoirs.
Les premiers hommes sortis immédiatement des mains de Dieu eussent donc été infiniment plus à plaindre quenous, qui, dès notre enfance , avons reçude nos parents les connaissances qui nous étaient le plus essentielles? Ces premiers hommes auraient été mis dans une ignorance plus profonde que celle des Cafres et des Hottentots ; car enfin les sauvages, même les plus abrutis, ont au moins une langue, quelque imparfaite qu'elle soit ; ils ont quelques traditions religieuses; ils ont certaines notions industrielles, et leur activité,
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s'exerçant sur ces éléments, peut les amener à un état meilleur. Mais le premier homme jeté sur la terre, sans connaissance, sans usage de la parole, réduit aux instincts animaux, quel temps eût-il passé avant de s'élever à une idée réfléchie? Quand serait-il sorti de son abrutissement, et parvenu à la connaissance de Dieu, de l'ordre moral, de ses devoirs?
De pareilles suppositions blessent le sens commun ; elles outragent la sagesse, la bonté, la Providence de Dieu. Nous devons donc être persuadés que le premier homme, créé dans la maturité de Tâge, avec la plénitude de ses facultés naturelles, fut immédiatement éclairé par les lumières que le divin soleil des esprits fit pénétrer dans son âme; et qu'usant de ces facultés avec l'intégrité et la vigueur d'une nature que rien n'avait pu altérer, il connut aussitôt son Créateur, le ^ respect, l'adoration, les hommages qu'il lui devait ; il se sentit pénétréde reconnaissance pour les dons qu'il avait reçus de Dieu, et d'amour pour tant de perfections que sa raison découvrait et contemplait dans cette souveraine et infinie majesté.
Si cette lumière intérieure eût toujours brillé d'un éclat aussi vif et aussi pur dans l'esprit du premier homme et de ses descendants, elle leur aurait suffi pour connaître Dieu et les devoirs essentiels de la morale. Mais, si nous réfléchissons attentivement sur les conditions de l'homme dans la vie présente, sur les bornes naturelles de son intelligence^ et les mille causes d'erreur qui peuvent l'égarer; si nous pensons qu'il est destiné à vivre en société, et qu'il faut aux hommes un enseignement public qui les réunisse dans une même religion, nous conclurons, sans hésiter, qu'il
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étsài de 1« sagesse et de la boï^ de Diea de parier ft nos pèr^ par une réyélatio» extérieure/
§ 2. — IL NOUS ÉTAIT AVANTAGEUX QUE DIEU NOtS RévÉLAT LES TÂRFrés QUE NOUS POUVONS ATTEINDEff PàA LA RAIlM)N.
Nous le disions, d'après saint Tfaomas, dane uae des leçons priâeéd^tes, c'était ui^ dispoeifiim salutaire de la divine Providence de irous réftier même les vérités- auxquelles la raison pe^t atteindre, afiA que tous puissent avoir plus facilement la eonnais* sanee de Dien> sans mélai^e de doute ni d'errear^ Si la eonnaissanfie da )a vérité n'est pas à la portéô des bocnmes, de sorte qu'ils puissent la saisir facile* ment, plusieurs en demeureront privés, parce que les préoccupations des intérêts matériels les détourneront d'une étude sérieuse ; si la vérité ne leur est pas présentée avee une pleine certitude, elle aura peu d'influence sur la direction de leur vie, d'autant plus qu'elle aura toujours à lutter contre des inclinations qui tendent au dérèglement ; si elle ne s'impose pas à eqx avec une autorité souveraine, ils la discuteront, ils la confondront avec les oimiions humaines ^ ils ne. l'accepteront pas; les mêmes inclinatiens, lea passions déréglées du cœur, la repousseront comme instinctivement i ils lui opposeront des systèmes^ et jusqu'aux ofâmoQ» le» plus paradoxales ^ les plw absurdes^ plutôt que de se soumettre à son empire^
Voyez plutôt ce qui est arrivé : l'histtHre de la plur part des peuples vous dira ee que devient la vérité religieuse pour les hommes, du moment qu'ils ne la reçoivent plus par un enseignement autorisé, mate
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qu'ils la cherchent par les seules lumières de leur raison naturelle. Y a-t-il une erreur qui n'ait pas eu cours parmi les hommes ? y a-t-il une extraTagance qui ne se soit produite dans les écoles marnes de ceux I que Ton a appelés philosophes ? y a4-il une supers^- I tition en matière de culte qui n'ait pas été acceptée, pratiquée^ justi&ée ? Vous pouTea tous former tme idée de ces aberraticms par ce que noi«3 avons déjà dit des matérialistes, des sceptiques et des panthéistes ; noBS aurons à tous en rapporter bien d'autres preuves, quand nous vous parlerons de ridolfttrie. Oh ! que la raison s'est montrée faible, incertaine^ chancelante, facile à égarer en matière de religion, quand elle n'a pas été retenue et guidée par une au* torité supérieure !... Que les hommes, même les plus instruits et les plus sages, ont été impuissants pour l^mener les peuples à la vérité, quand ils ne leur ont parlé qu^au nom d^ la philosophie !
Il était donc bien eonvenable, il était mofalement nécessaire que Dieu daignât parler aux hommes dès le commencement, et les instruire par la révélation des vérités fondamentales sur lesquelles reposent la religion, la famille et la société.
§ 3. — LA RÉvéLATTON BTAIT ABSOLUMENT NÉCESSAÏRB, SI DIEU VOULAIT NOL^ éLHTVBR A UN ETAT SURNATUREL. — 60KM— I TIONS I>B CBS RÉVÉLATIONS DIVERSES.
La révélation devient nécessaire, d'une absolue nécessité, si Dieu veut nous faire connaître des vérités qui par leur élévation dépassent les limites de l'Intel- I ligence humaine, et qui doivent contribuer à nous-
inspirer une vénération plus profonde, un amour plus pur pour ses infinies perfections ; s'il veut nous faire connaître des faits qui se rattachent soit à notre origine, soit aux desseins particuliers de sa providence sur nous ; s'il veut enfin nous élever à un état plus saint et plus parfait que celui auquel nous appelle notre condition naturelle.
Que de vérités dans la pensée de Dieu qui sont par elles-mômes inaccessibles à la faiblesse d'un esprit créé et borné, comme est l'esprit de l'homme f... Un homme instruit sait bien des choses que l'ignorant ne soupçonne pas ; le savant possède des connaissances étrangères à celui qui n'a qu'une instruction ordinaire. Quelle proportion trouverez-vous entre l'intelligence infinie de Dieu et les connaissances de l'homme même le plus cultivé ?
Nul doute que Dieu n'ait à nous révéler de ces 4ir hautes et profondes vérités, s'il daigne entrer en cornmimication avec nous par une révélation positive. Et ces fïdts dont nous venons de parler, ces faits antérieurs à notre création, ces déterminations de la volonté libre de Dieu sur nos destinées, les moyens qu'il aurait établis pour notre réconciliation avec lui après le péché, comment les connaître sans révélation? La raison ne peut rien ici, car ces faits ne sont pas du domaine de la conscience, ils ne tombent pas sous nos sens, ils ne peuvent être l'objet de la perception intuitive de l'esprit ; on ne peut les savoir que de Dieu même. Lui seul peut nous dire ses desseins, nous manifester le plan de sa providence, nous initier aux secrets de sa bonté toute miséricordieuse à notre égard.
Quelques incrédules, sans contester la possibilité d'une révélation, ont prétendu que ce serait une sorte de contradiction de la part de Dieu, de nous donner la raison et de nous obliger ensuite à croire, avec cette même raison, des mystères tout à fait inintelligibles pour elle. Ainsi raisonnait, entre autres, Jean- Jacques Rousseau, rhomme le plus fier qui fut jamais des prérogatives de sa raison, et qui, par une juste punition de la divine providence, devint fou vers la fin de sa vie. Il prétendait, de plus, que, si Dieu faisait une révélation, il fallait qu'il la fît à chacun de nous en particulier, immédiatement, sans interposer d'autres hommes entre nous et lui.
Singulières prétentions de l'orgueil!... Dieu, vérité infinie, ne peut jamais révéler qu'une doctrine vraie ^et utile; mais il peut arriver que cette doctrine de- /^meure incompréhensible pour nous, en ce sens que nous n'en aurons pas une conception claire et complète. Or comment serait-il contraire à la raison d'admettre une doctrine incontestablement vraie, par cela seul qu'à certains égards elle demeurerait incompréhensible pour nous ? Dans ce monde, le mystère nous entoure de toute part, parce que nous n'avons la connaissance parfaite de rien. En traçant une ligne sur le papier, je sais bien ce que je fais, mais je suis loin de le comprendre parfaitement. Si l'on venait me demander comment mon âme agit sur mon cerveau ; quels sont les nerfs ou les fibres qu'elle met en mouvement ; comment ce mouvement se transmet à l'extrémité de ma main et dirige mes doigts ; comment €ette ligne tracée avec de l'encre sur le papier manifestera à ceux qui la verront l'idée que j'ai voulu
COURS D'INSTR. I. Digtzed byt^OOglc
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e^qprimer ;•.. à toutes ces questions et à mille autres semblables que Ton peut faire, que répondrai-je? que répondrait Tboimn^ le plus savant? Rien, si ce n'est que ce sont là des mystères. Pourquoi serionsnous donc surpris que Dieu nous apprit par la révélation des vérités que nous ne comprenons pas?.*.
Toutefois, remarqucms-le bien, ces mystères ne sont pas des formules qui ne présentent aucun sens à l'esprit, sortes d'énigmes ou d'hiéroglyphes indéchiffrables ; ce sont des dogmes que nous entendons, sur lesquels nous pouvons raisonner, mais doDt nous n'avons pas la conception ou l'idée eomplète. Ce sont, en un mot, de ces vérités telles qu'il s'en rencontre dans toutes les sciences, dans la physique, dans las mathématiques, et dans les notions même les plus vulgaires. Sans les pénétrer dans leur substance intime, sans pouvoir en rendre la dernière raison, nous savons pourtant bien les distinguer de toutes les idées qui leur seraient opposées^ ou qui ne tiennent pas à leur essence. Si les mystères de la religion forment un^ classe à part, et^ont mis au-dessus des mystères de la nature, c'est qu'ils nous sont manifestés, non par l'expérience des sens ni par les découvertes de la science, mais par une révélation divine, et qu'ils se rapportent k un ordre de choses supérieur ^^QX concep* tions humaines.
Dieu, par cette révélation, se manifeste à nous tel que nous devons le concevoir, je veux dire comme infini dans ses perfections et impénétrable dans sa nature. Les vérités les plus haui&s elles plus inacces* sibles à notre raison nous font du bien. Il nous faut hm lumière qui nous éclaire et un ordre de provl-
«leaee qui Aoud rdnde meilleurs, en abaissant noire orgueil qui est la grande plaie de iK^tre âme. Nous apprenons à nous humilier [devant les saiz^s obscurités de la ibî, quand nous adhérons, sur la parade -divine, à des vér^s que nous ne eomprenons pas ; et en même temps nous puisM» dans cette foi <les kunîères qui éclairent admirablement notre intelM- ^eooe sur tout ee qu'il nous est le plus arantagevcc de savoir. C'est ainsi, comme l'ont observé de tout temps les saints docteurs et les apologistes du christianisme, c'est ainsi que Dieu se rend vimble, en quelque sorte, par la lumière céleste dont il enviromie 4seux.qui nous parlent en son nom, par les preerres flEiaiâfestes qu'il nous donne de sa révélation, par les biens inappréciables que la foi nous procure; et qcfll demeure caché par la nature imrpénétrable de la doctrine qu'il nous enseigne, et c'est ee qui leiit notre mérite. H y aura toujours assez de clarté pour les âmes humUes ; il y aura toigours assez de nuages et d'obscurité pour les âmes superbes.
C'est sans doute pour suivre cette voie de providence que Dieu n'adresse pas immédiatement à chaeon de nous sa parole, mais qu'il veut nous la faire parvenir par l'intermédiaire d'autres hommes. Dans l'ordre de la nature, il a voulu que l'homme fût enseigné par d'autres hommes ; l'enfant est instruit par «es parents. Il veut aussi que dans l'ordre surnaturel les hommes soient instruits par ceux qu'il a préposés à cet office; par là se mamiiennent mieux l'unité de ia foi et l'humilité du cœur.
L'essentiel pour nous est d'être bien cerfeîns que «eux qui viennent nous parler de la part et au nom
de Dieu ont effectivement reçu de lui leur mission.
Quand Dieu se révèle immédiatement à quelqu'un, comme il fit à Adam, comme il a fait dans la suite à plusieurs patriarches et aux prophètes, il imprime dans l'âme de celui qu'il honore de ces communications un tel sentiment de sa présence, son action sur la créature est si intime, qu'il ne peut y avoir lieu pour elle d'en douter; elle se sent, elle se voit en présence de son maître, elle en reçoit la parole.
Quand Dieu adresse aux peuples un de ces prophètes qu'il a lui-même immédiatement éclairés, il lui donne comme des lettres de crédit, des signes non équivoques de sa mission : ce sont des miracles et des prophéties, ce sont des prodiges qui dénotent une force, une puissance divines, ce sont des vertus héroïques qui ne sont pas des marques moins frappantes de la présence du Saint-Esprit dans ces eavoyés célestes. Alors les hommes écoutent le prédicateur de la vérité, comme ils écouteraient Dieu dont il est l'organe.
Bornons-nous à cette simple indication des signes extérieurs auxquels on reconnaît les révélations divines; nous en parlerons plus en détail dans une leçon sur les miracles.
§ 4. — MOUS NB POUVONS PAS DOUTER QU'lL n't AIT EU DBS LE COBfMBNCBMBNT DES REVELATIONS DIVINES.
La révélation est possible ; elle était très-désirable pour nous ; elle était nécessaire si Dieu daignait nous élever à un état surnaturel. Cette révélation a-t-elle eu lieu? Dieu nous a-t-il parlé? Souverainement libre dans la dispensation de ses dons, Dieu nous a-t-il
communiqué d'autres lumières que celles que nous recevons de lui en vertu de notre création et de notre conservation ; veut-il que nous aspirions à un état plus élevé que celui auquel nous 'donnent droit les simples conditions de notre nature ?
Oui, Dieu a parlé dès le commencement du monde, et il a parlé de nouveau dans ia suite des siècles.
Les peuples les plus anciens ont conservé un souvenir vague de ces révélations, et c'est pour cela qu'ils professaient un si profond respect et une sorte de culte pour l'antiquité. Une institution était d'autant plus vénérable à leurs yeux qu'elle remontait plus près des origines du monde, parce qu^ils croyaient qu'à cette époque les premiers hommes avaient conversé avec les dieux. Platon fait tenir ces discours aux Grecs par les prêtres égyptiens : « Vous autres Grecs, « vous êtes des enfants : il n'y a point de vieillards « dans la Grèce. Votre esprit toujours jeune n'a point « été nourri des opinions anciennes transmises par « l'antique tradition ; vous n'avez point de science <c blanchie par le temps *. » Il supposeque la maxime de Socrate, son maître, était que les a anciens, meil- « leurs que nous et plus proches des dieux, nous a avaient transmis par la tradition des connaissances « sublimes qu'ils tenaient d'eux ^. «Un autre philosophe^ qui ne parut pas avec moins d'éclat que Platon dans ces temps, parle avec le même respect de l'antiquité, tout en lui attribuant de fausses doctrines : « Une très-ancieime tradition de nos pères, dit-il, parti venue sous le voile de la fable à leurs descendants,
* Platon, dans le Timée.
. ' Platon, dans le Philèbe.
IQ2 KèvéUkTKXti
«porte qu'uaa puissao^e diviae est répandue daas ic toute la nature, Oa a, dmxs la s^ûta, ajouté beao- « eoup de choses fabuleuses à cette tradition... Mjm « siy rejetant tout le reste» ou prend uniquement ee « qu'il y a de premier.*, on la regardera justemeiàt « comme divine^.» C'est ain^ que nous connaissofis le « dogme paterned ou ce qui était cru pajr les premiers « hommes'. »
Nous avons une preuve de la révélation primitûce j^us décisive; nous la trouvons dans des monumeote Mstorjques d'une incontestable autorité. De tous las peuples, un seul a conservé l'histoire des temps primitifs, c'est le peuple juif. Chez les autres nations, on trouve bien quelques faits ; mais ils sont isolés ou dénaturés par la fable ; on retrouve des vestiges de traditions ; mais elles sont confondues avec des systèmes incohérents et consignées d'ailleurs dans des livres d'une autorité douteuse. C'est à l'histoire que nous mt conservée les Juife que nous devons d'abord re- «ourir ^.
*' Aristote, MétaphysifUêy liv. XVI, chap. viu.
* En disant que l'on doit recourir à ces monuments vénérables y^vae cûonailire les réyélations faites aux hommes, ii est bien loin ée notre esprit de supposer que tous soieot dans la oéeeisité ée consulter les livres de rAncian et du Nouveau Testameot pour acquérir une connaissance suffisante de la religion. Ceux qui sont en état de les comprendre les liront avec un immense inférôt, et Us en recueilleront un très-grand fruit, pourvu qu'ils ap>portent à cette lecture les dispositions convenables, et 4{u*Us reçoivent les conseils et une direction dont ils ont besoin pour ne -^fliB s'éguer) nais ees Ifectures, non plus que les rectierehes sdentitiques et les discussions critiques, ne sont pour persoant, en particulier, la condition indispensable de Tétude de la religion. 6e n'est point par des livres, c'est par reuseign^neat oral des libres de famille, des patriarches, des prophètes et «des pftsteurs,
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Dans le Pentateuque, nous trouvons les premiers éléments de la religion telle que Dieu Ta établie et qu'elle subsistera jusqu'à la fin des siècles. Le soleil qui jette ses premiers rayons sur Thorizon n'est pas autre que celui qui brille ensuite en plein midi; l'arbre majestueux qui étend au loin ses branches est le même que l'on vit sortir, comme une humble tige, de son germe. Ainsi la Religion s'est développée successivement, mais elle est demeurée invariablement identique à elle-même.
tt Dans la Loi donnée à Adam, dit TertuUieji,. nous 0 reconnaissoi^ tous les préceptes proclamés ensuite « par Moïse. Dans cette loi primitive donnée 'à Adam « et Eve, loi divine, primordiale, universelle, étaient 4L renfermés tous les préceptes de la loi postérieuie <( qui ont germé en leur temps *. »
4é Nous étudierons avec un respect religieux cette Loi donnée à Adam ; mais il convient de considérer d'abord les monuments où elle a été consignée ; nous consacrerons à cette étude la leçon suivante.
^poe la feiigicm reçue de Diea s'est propagée sur ta teira, et qa'elle s'est transmise de génératioa en géiâration. Le christianisme avait pénétré au milieu de plusieurs peuples, il avait sa feme, sa eoastitution, sa hiérarcliiey son culte^ avant que les éKaUfyas luaseai écrits; les apôtres pnêdsèreat, ils fondèrent des églises avant de mettre dans les évangiles, ou dans les épîtres, une partie des doctrines qu'ils avaient enseignées. Dans les temps juuiBD&, comlneD de siècles ne s'étaient^ls pas écoulés av«at 4|ue Ififi traditions fussent consignées dans des livres histûriqaeft'? J!ncore est-il à observer que, ni à cette époque reculée ni depuis, tant n'a pas été écrit; les traditions orales, transmises par les l^asteers légitimes, suppléent à ce que les livves ne disent; pas ; oons aurons plus tard occasion de revenir sur ce point : U était nécessaire de l'établir dès maintenant pour prévenir de dange- ( flhtsîons.
Traité «oaire les J«£fe.
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