‹ Cours d'instruction réligieuse, ou, Exposition complète de la doctrine catholiqueChapitre 37 sur 90 · AUTHEKTICITB DES LIVRES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

AUTHEKTICITB DES LIVRES HISTORIQUES

L'authenticité du Pentateuque repose sur le témoignage d'une société nombreuse qui, depuis son origine jusqu'à présent, a constamment vénéré ce livre comme lui ayant été donné par Moïse.

A l'époque où Notre-Seigneur parut, il y a dix-huit siècles, les Juifs étaient répandus hors de la Judée, dans la plupart des régions de l'Asie. Il s'était élevé parmi eux des sectes, il s'était formé des écoles rivales : cependant, malgré leurs dissidences, tous s'accordaient dans le respect que leurs pères leur avaient inspiré pour Moïse et pour le Pentateuque. On n'aurait pas trouvé un seul homme de cette nation qui eût là- ^ dessus une opinion différente : c'est un fait non con- * testé ; c'est aussi notre point de départ.

Trois cents ans auparavant il s'était fait, par les ordres de Ptolémée Philadelphe, roi d'Egypte, une traduction de ces livres, de Thébreu en grec. Cette version^ connue sous le titre de Version de Septante^ fut, selon quelques historieris, l'ouvrage d'un grand nombre de vieillards versés dans l'étude des deux langues, et que le souverain Pontife des Juifs avait désignés.

En remontant de cette époque aux règnes de David et de Salomon, qui vécurent près de mille ans avant Jésus-Christ, on trouve une série de livres historiques et prophétiques, tels que ceux des Machabées, ceux d'Esdras, les Paralipomènesy les jRow, qui nous présentent les états divers par lesquels la nation juive a passé, tantôt jouissant de la paix, tantôt combattue par les peuples voisins, et qui nous ramènent toujours

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à Moïse et à ses livres. La loi de Moïse, et les preuves éclatantes de la miséricorde de Dieu sur son peuple, conservées dans le Pentateuque, sont le texte habituel des prophètes quand il» veulent reprendre le peuple de ses égarements, ou relever ses espérances.

Mais ce qu'il importe d'observer ici, c'est que la nation juive s'est divisée en deux royaumes, immédiatement après la mort de Salomon, dans les premiers jours du règne de son fils Roboam. Dix tribus se séparèrent de ce prince et formèrent le royaume d^Israêl, qui fut dans un état habituel d'hostilité contre les deux autres tribus, qui formèrent le royaume de Juda, ainsi appelé, parce que la tribu de Juda était la plus importante. Or le Pentateuque ne fût pas moins vénéré dans les dix tribus séparées qu'il ne le fut dans Juda. Ces tribus lisaient dans Moïse la condamnation^ de leur schisme, elles trouvaient dans sa législation'* des règles d'une observation difficile ; rien pourtant ne fut capable de le leur faire abandonner, tant était profonde, avant l'époque du schisme, la vénération du peuple entier pour le Pentateuque.

Il existe deux textes du Pentateuque : le texte hébreuy écrit en caractères chaldéens, caractères que les Juifs adoptèrent depuis la captivité de Babylone, et le texte samaritain^ écrit en caractères hébraïques, texte fort ancien, antérieur probablemeut au schisme des dix tribus. Il n'y a pas de différence essentielle entre ces deux textes; Tordre des faits, les epseignements religieux, tout est d'une conformité parfaite ; il n'y a que quelques variantes relatives à des noms propres, à des chiffres sur l'âge des patriarcbea et à quelques détails sans importance.

De cet accord si parfait entre deux nations rivales, on doit conclure que les livres de Moïse étaient reçus par une tradition invariable, remontant à l'origine môme de la législation donnée au peuple hébreu. Il ne fallait rien moins qu'une pareille tradition pour (jue les tribus séparées conservassent ces monuments, elles qui rejetaient tous les autres livres écrits postérieurement à Moïse. Si David ou Salomon eût composé le Pentateuque, peut-on supposer que ces tribus l'eussent admis? Auraient-elles jamais accepté une législation gênante, des traditions qui tendaient toutes à condamner leur schisme, et dont une origine aussi récente aurait facilement découvert l'imposture? Maintenant, si vous remontez au delà du règne de David, vous trouverez sous les Juges une situation qui ne permet pas de supposer Tintroduction de ces livres : on va, par une série d'événements, jusqu'à Josué, sous qui fut fait le partage des terres; jusqu'à Moïse, qui avait conduit le peuple aux limites de la terre promise ; tout se tient dans ces traditions.

Donc, s'il y a quelque chose de certain en histoire, c'est que le Pentateuque, où sont conservées les traditions religieuses des Juii^, vient de Moïse, que ces mêmes Juifs ont constamment considéré comme le législateur de leur nation, sous l'inspiration de Dieu* Moïse vivait quinze cents ans avant Jésus-Christ. C'est à Tan 1491 avant l'ère chrétienne que les meilleurs critiques fixent la sortie du peuple hébreu de l'Egypte et son entrée dans le désert; le Pentateuque offre ainsi une antiquité de plus de trois mille trois cents ans.

Au surplus, cette tradition des Juifs sur l'antiquité

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du Peûtateuque est dans un parfait accord avec le style et le caractère propre de ce livre. On y voit une peinture naturelle des mœurs anciennes» une grande simplicité de narration et tous les indices d'un ouvrage original, contemporain des événements qui y sont racontés. « Si, dans des temps postérieurs, ces (( livres étaient sortis des mains d'un autre écrivain, « qu'aurait fait leur auteur? Maître de sa matière, il « se serait tracé un plan, il aurait mis de Tordre dans « les différentes parties de son ouvrage, il aurait rap- « porté à divers chefs les lois, les faits, la religion. « Dans Moïse, rien de semblable. On voit qu'il écrit « au milieu des événements dont il est le témoin ocu- « laire; les lois sont mêlées aux faits, parce que « souvent im fait donnait lieu à une loi; elles sont « rapportées sans ordre, parce que, faites selon les « occurrences, elles sont écrites aussitôt que publiées. ^ « Ce n'est pas une histoire suivie, composée avec art « et méthode par un homme qui a réfléchi sur les « événements passés, qui les combine et les enchaîne ; (c ce sont les mémoires d'un écrivain qui raconte ce « qu'il voit et ce qu'il fait; de là, ces répétitions, ces a exhortations véhémentes, qui naissent dû fond « même des choses et des événements. Il faudrait « n'avoir aucun goût pour ne pas reconnaître dans « les livres de Moïse le caractère original de législa- « teur 4. »

1 Frayssinous, Conférence sur Moïse eonsidèrè comme auteur du Pentateuque.

2^ l'auteur des livres historiques mérite la plus entière confiance.

Les observations que nous venons de présenter sur l'authenticité du Pentateuque démontrent aussi la vérité des faits consignés dans ce livre. C'est le caractère de Thistorien, c'est la nature, des événements qu'il a transmis, le rapport que ces événements ont à un ordre de choses d'ailleurs connu, que Ton examine, avant tout, pour déterminer le degré de confiance que mérite une histoire.

Dans la Genèse, Moïse a conservé la mémoire de plusieurs faits antérieurs, et dans les quatre derniers livres, il raconte ce qu'il a vu lui-même. Nous dirons bientôt comment il a pu savoir ce qui s'était passé avant lui; ne considérons en ce moment sa narration que relativement aux faits contemporains. Manifestement, il ne pouvait se méprendre sur la réalité des faits, puisque ce sont des faits matériels, d'une haute portée, et qui se sont accomplis sous ses jeux. Moïse ne vécut pas sans doute une quarantaine d'années dans un état habituel de délire qui l'eût mis dans un monde idéal où il aurait cru voir et faire ce qu'il ne voyait pas et ce qu'il ne faisait pas. Impossible donc de supposer qu'il ait pu être trompé lui-même sur ce qu'il raconte. Mais aurait-il conçu le dessein d'induire son peuple en erreur pour le soumettre plus sûrement, en faisant intervenir l'autorité de Dieu? D'autres l'ont fait : l'un des fondateurs de la république romaine prétendait avoir reçu ses lois de je ne sais quelle divinité ; Mahomet, si on l'eût cru sur parole, écrivait les préceptes de l'Alcoran sous la dictée d'un

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ange; combien d'autres impostures de ce genre I... Mais le bon sens ne permet pas de soupçonner une telle supercherie dans Moïse. Le caractère de cet homme, où tout respire la modestie, la crainte de Dieu, l'abnégation, le désintéressement personnel, repousse cette supposition.

Ces considérations mises à part, qui ne voit ici l'invraisemblance, il y a plus, l'impossibilité de la supercherie que l'on voudrait attribuer au législateur des Hébreux? Ses écrits et ses actes nous le représentent comme un homme de génie et d'une rare prudence; sa législation dans un temps aussi reculé en est une preuve incontestable, et elle le met au premier rang des grands hommes de l'antiquité. Ceci supposé, nous demandons s'il est vraisemblable que Moïse, dans le cas où il aurait voulu tromper les Hébreux, eût choisi des faits de la nature de ceux qu'on lit dans le Pentateuque ?... Si quelqu'un osait raconter de tels faits à un peuple, prenant ce môme peuple à témoin de ce qu'il n'aurait pas vu, il en serait contredit et tourné en ridicule comme un visionnaire^ Que serait-ce, si à son récit il ajoutait des faits déshonorants pour ce peuple, et s'il se servait de ces faits pour sanctionner une législation nouvelle et fort onéreuse, à laquelle il prétendrait le soumettre?.*. Dans les temps reculés, leâ sciences étaient moins avancées qu'elles ne le sont aujourd'hui ; mais le bon sens est de tous les siècles : comme aujourd'hui vous ne persuaderiez pas au peuple de Paris que, dans le cours de la semaine passée^ la Seine a cessé de rouler ses eaux, qu'il y a eu ime éclipse de soleil ou qu'il est tombé des nues une manne dont il s'est nourri; Moïse n'aurait pas fait croire non

plus au peuple juif les faits qu'il raconte, si ces faits n'avaient point eu lieu» « On parvient^ dit un auteur, (( au plus haut degré de certitude historique lorsqu'on « ne peut nier des faits qu'en supposant^ je ne dis (f pas dans une nation entière, mais dans un certain « nombre d'individus, une folie complète *. »

RéAte une supposition : Moise se serait étendu avec le peuple pour fabriquer une histoire qui devait dans la suite tourner à sa gloire.. ^ Impossible 1 Com* ment supposer un tel accord entre douze tribus, sans qu'il j ait eu, dans un si grand nombre]de personnesi la moindre opposition» ou qu'une telle imposture n'ait pas laissé dans le sein de la nation un germe de révolte contre le système législatif ? Comment un peuple entier aurait-il consenti à se laisser imposer un joug si dur> bien persuadé d'ailleurs que Dieu» au nom duquel Moï0e parlait, n'avait nullement manifesté ses volontés à cet égard ? Aurait-il permis que parmi ces fables présumées, on en insérât un si grand nombre de déshonorantes pour lui; qu'à chaque page on lui adressât des reproches amers; que Ton sévît avec rigueur contre lui toutes les fois qu'il aurait violé cette législation nouvelle ? Ou il faut abjurer le sens eom* mun, ou il faut avouer que cet accord entre Moïse et le peuple est la chose du monde la moins soutenable.

Concluons que l'auteur du Pentateuque est un historien fidèle des faits contemporains. Quant à, cette partie de son histoire qui concerne les événements antérieurs, depuis la création jusqu'au siècle où vécut

« nUcdtiM à la suite des Pen«6ed de IPtsdkU

Moïse, elle n'est pas moins vénérable à nos yeux. Ici tout se réduit à savoir comment Moïse a pu connaître les traditions primitives, car ce qui a été dit plus haut de son caractère nous est une garantie assurée de sa scrupuleuse fidélité à ne transmettre que des faits bien certains.

. Il faut remarquer d'abord que, quelle que fût la dislance des temps qui séparaient Moïse des faits primittfs, il n'y avait pourtant qu'un petit nombre de générations entre lui et les premiers hommes. Il naquit cent ans après la mort de Jacob ; et, par conséquent, les vieillards de son tempo avaient pu converser avec ce patriarche et ses contemporains. Jacob avait vécu avec Abraham, son aïeul, lequel, à son tour, avait vu les enfants de Noé. Or des enfants de Noé au commencement du monde, il n'y avait qu'une génération intermédiaire, Noé ayant vécu plusieurs siècles avec Mathusalem, et celui-ci ayant vu Adam. Ainsi les traditions anciennes du genre humain et celles de la famille d'Abraham n'étaient pas difficiles à recueillir ; et il ne faut pas être surpris si Moïse parle d'événements reculés comme des choses constantes dont on voyait encore des preuves dans les peuples voisins, a Ceux qui connaissent l'antiquité, dit Bossuet, savent ({ combien les premiers temps étaient soigneux d'éri- « ger des monuments, et avec quel respect ils étaient « conservés. C'était une manière d'écrire l'histoire. « On a même de grandes raisons de croire que l'on » conservait aussi par écrit des mémoires des temps « anciens. Du moins est-il assuré qu'il se faisait des u cantiques que les pères apprenaient à leurs enfants, « cantiques qui, se chantant dans les fêtes et dans les

MONUlfENTS PUBLICS DE LA. RÉVÉLATION 117

« assemblées, perpétuaient la mémoire des actions <( les plus éclatantes des siècles passés K » Aux paroles de Bossuet, nous ajouterons cette réflexion de Pascal : (( Moïse était un habile homme, cela est « clair. Donc s'il eût eu dessein de tromper, il eût fait « en sorte qu'on ne le pût convaincre de tromperie. (( Il a fait tout le contraire. Pourquoi, par exemple, (( a-t-il fait la vie des premiers hommes si longue et « si peu de générations? Il eût pu se cacher dans une « multitude de générations; mais il ne le pouvait pas « en si peu, car ce n'est pas le nombre des années, n mais la multitude des générations qui rend les cho- « ses obscures ^ »

3o INTÉGRITÉ DBS LIVRS& HISTORIQUES DB L' ANCIEN TESTAMENT.

Le Pentateuque est parvenu jusqu'à nous, tel qu'il est sorti des mains de Moïse, sans nulle altération, du moins essentielle. Il se peut qu'il y ait quelques noms de villes changés, et que l'on ait ajouté des noms propres à une généalogie pour la terminer, ou bien quelques mots explicatifs d'un usage qui n'existait plus. On conçoit que ces changements, mis d'abord sur la marge, soient ensuite entrés dans le texte par le fait des copistes ; de pareilles altérations ne portant nullement sur la substance des faits, ni sur la doctrine, ne sont d'aucune conséquence, et il s'en trouve de pareilles dans la plupart des livres anciens. On sait en effet que les livres ne se conservaient que

' Discourt sur V Histoire universelle, II* part., chap. m. ' Pensées de Pascal sur les Juifs et Moïse.

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par des copies maauscritds } or btea diffloileBQient les copies 88 multiplient stod qu'il s'y glisse des fautes. Maisjamais les Juifs^ pénétrés d'^n respect religieux pour leurs livres, n'auraiesit souffert une altération grave; c'eût été un sacrilège à leurs yeux^.

D'ailleurs, nous n'avons pas le droit d'accuser un peuple d'avoir altéré ses livres^ quand nous ne pouvons alléguer m des faits^ ni de grares présomptions en preuve de cette altération. Ici les faits manquent, et, bieû loin d'invoquer des présomptions^ on n'a pas môme ilnè possibilité morale. Il n'était pas possible que cet attentat contre un monument national se commît depuis le schisme des dix tribus^ qui n'auraient certainement pas accepté des additions ou des changements quelconques faits par des ennemis. La division du peuple doûna lieu ft une sorte de contrôle ; et la croyance uniforme des douze tribus aux mêmes faits nous convainc (}ue les traditions n^'ont été altérées, ni dans le royaume de ,tuda, ni dans celui des dix tribus séparées, depuis le règne de David. Cela n'aurait pas eu lieu non plus dans les temps antérieurs sans soulever de graves dissentiments entre les douze tribus indépendantes (les junes des autres, et unies entre elles par le seullieii de la religion et de la législation mosaïque.

Qu'on le remarque bien. Il ne s*agit pas ici d*un livre mystérieux confié à la garde d'un petit nombre de prêtres, et inabordable au commun dé la nation, comme le sont la plupart des livres religieux des anciens peuples. Le Pentateuque devait, par sa nature môme, être habituellement sous les yeux et entre les mains des Juifs. La législ^tiop^ le culte àym^ les droite

des indiTidiis comme ceU]Ë des familles, tout était là^ et m se trouvait pas ailleurSi Là se lisaient les oHglnes delà nation, l'histoire des fïiits qui Tintéressaient da^^ valitag^^ les préceptes qui devaient régler ses modursi Un livre pareil^ répandu par un grand nombre d'exem* plaires dans toutes les cités et presque dans chaque famille, peut-il être facilement altéré en des points essentiels ?

Ces observations peuvent s'appliquer également auit autres livres historiques et prophétiques de l'Ancien Testament : les livres de Josué, des Juges, des Rois ; les prophéties d'isaïe, dé Jérémie, etc.. Ces livrée nous sont en effet parvenus pat l'intermédiaire deà Julfe qui les ont unâhimement et invariablement considérés comkne authentiques, et qui n*ofit pais ac-»cepté ateé moihs de respect les i^éôils qui y sôiit conA tenus.

Il faudrait des preuves bien péremptoites pour détruire, ou môme pour affaiblir l'autorité que donne à des monuments historiques une si imposante tradition, le témoignage constant de tout un peuple. Or là critique la plus exercée, disons môme la plus prévenue et la plus hostile, a bien pu soulever quelques difficultés de détails sur des points accessoires, jamais elle n'a pU donner une raison solide contre l'authenticité de ces livres, ni rendre suspecté la véracité des écrivains qui les ont composés.

Ces livres forment entre eux une chaîne continue de Mis, une histoire suivie : le livre de Josué fait naturellement suite au Penlateuque, et raconte l'accomplissement Abè promesses de Dieu par l'entrée du pédple hébreu dans la terre de Chanaan. Le livre des

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Juges prend l'histoire de ce peuple là où Tavait laissée le livre de Josué, et nous apprend comment les diverses tribus s'établirent dans les provinces que Josué leur avait assignées; leurs combats avec les peuples qui habitaient ces régions, leurs victoires et leurs défaites, selon qu'ils étaient demeurés fidèles à Dieu, ou qu'ils avaient transgressé sa loi. Le livre des Rois explique le changement survenu dans l'état politique du peuple, quand toutes les tribus se mirent sous lé gouvernement d'un roi ; il raconte l'histoire des princes qui se succédèrent, le schisme qui suivit la mort de Salomon, les conséquences funestes de ce schisme, les malheurs du peuple. Les prophètes que Dieu suscita alors nous ont fait connaître les événements les plus mémorables qui précédèrent, accompagnèrent ou suivirent la <îonquète de la Palestine par les puissances étrangères... Tout ainsi se lie, tout s'enchaîne dans l'histoire du peuple de Dieu.

Cependant une histoire si bien suivie, telle qu'on n'en trouve dans aucun autre peuple des temps anciens n'est pas l'œuvre d'un seul écrivain qui l'aurait combinée. Il y a une différence si marquée dans le style et la forme des narrations, des détails circonstanciés sur les mœurs, sur les habitudes du pays, sur des accidents survenus, qu'il est impossible de n'y pas reconnaître l'empreinte d'une main contemporaine : évidemment l'historien rapporte ce qu'U voyait de ses yeux, ce qui se passait de son temps, ou bien il se contentait de copier des monuments conservés par la tradition.

Ce n'est pas tout : ces faits, qui s'enchaînent si naturellement ensemble, et qui sont racontés avec

une simplicité, une candeur qui nous persuadent que l'écrivain n'avait en vue que la vérité, n'ont bien souvent rien d'honorable pour le peuple ; ils lui sont môme très-injurieux. Les historiens, en efifet, qui, d'âge en âge, écrivirent les annales des Juifs, imitèrent l'exemple que leur avait donné Moïse : comme lui ils n'hésitèrent pas à rapporter lés crimes du peuple, son endurcissement, les invectives des prophètes et les châtiments sévères que Dieu exerça contre lui. Quel intérêt des hommes, attachés par affection à leur peuple, auraient-ils eu à nous conserver ces récits? Et le peuple surtout, comment les aurait-il supportés , s'ils n'avaient pas été véritables ?

Étrange inconséquence I Les ennemis de la religion oublient pour les saintes Écritures les règles les plus élémentaires de la critique. Ils refusent de croire à ♦l'authenticité de^es livres, tandis qu'ils ne font pas la moindre difficulté d'en admettre bien d'autres d'une antiquité moins respectable, et dont les auteurs ne peuvent certainement pas inspirer autant de confiance. On a vu des hommes, amateurs passionnés des monuments de l'antiquité, qui allaient cherchant avec des soins infatigables quelques pages de manuscrits échappées au ravages des temps, des tronçons de colonnes, de vieilles inscriptions, dont ils s'applaudissaient d'avoir découvert, ou du moins soupçonné le sens, et qui cependant affectaient le dédain pour les livres des Juifs. Au lieu de les étudier consciencieusement et de s'appliquer à en aplanir les difQcultés qui peuvent s'y rencontrer, comme on en rencontre dans tous les livres anciens, ils se sont efforcés d'exagérer eux-mêmes ces difficultés; ils n'ont pas

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craint d'oppoder à nos livres deâ monumentâ fort postérieurs on date et d'une origine très-incertaine : ils croyaient triompher par là de nos traditions— Ce n'est point ainsi que procède l'amour de la vérité.

§ 3. — AUTORITE DES LIVRES HISTORIQUES t)l) NOUVEAU TESTAMENT.

Poursuivons l'étude que nous avons entréprise sur l'autorité historique de nos Saints livres, et parlons du Nouveau Testament Les monuments qui devaient nous transmettre la réalisation des promesses faites dès l'origine portent avec eux dès signés non moins éclatants de vérité. Dieu a fait briller sur la personne de son Fils adorable, sur les signes extérieurs de sa mission^ tels que ses miracles, Sa résurrection et l'établissement de son Église, une himière vive et pure qul^ doit fixer l'attention du monde entier sur Tavénement du Messie.

Cet avènement, avec les circonstances principales qui l'ont accompagné, nous est rapporté par quatre évangélistes, tous historiens contemporains, auxquels il faut ajouter quatre autres écrivains qui furent aussi disciples du Sauveur et témoins oculaires de ses œuvres, si nous exceptons saint Paul. Les quatre évangélistes sont : saint Matthieu, saint Marc , saint Luc et saint Jean; chacun d'eux a laissé une histoire suivie de Notre^Seigneur. Saint Paul, saint Pierre, saint Jacques et saint Jude, ont adressé aux diverses Églises qu'ils avaient fondées des épttres qui supposent la vérité des Évangiles et la mission divine de Jésus-Christ, avec les miracles qui Tavaient attestée. Tous parlent

MONUMENTS TjmtdCB DB LA RBVÉLATI(»f 123

' de 06» grands événemetits comme s'étant passés sous leurs yeiix^ o Nous tous annonçons^ dit saint Jean, « Gd qad nous avons tu de nos propres yeux, ee que « BOUS avons entendu, ce que nous avons pu toucher u de nos mains^ concernant le Verbe de vie qui nous Cl a appâra\ Ce n'est points écrivait saint Pierre^ en « suivant d'ingénieuses fables que nous avons fait <c connaître la puissance et Tavénement de Notre**Sei- « gMur Jésus-^Cbrist, mais c'est après avoir été nousu mêmes les spectateurs de sa majesté*. »

U serait difficile de fixer avec précision le lieu et l'année où furent écrits léd quatre Évangiles et chacune des Épltres des Apôtres ; mais ce dont il est impossible de douter, ce qui ne fut jamais contesté par aucun savant qui se soit occupé sans préjugés de l'histoire deê premiers âges de l'Église, c'est que ces décrits ont tous paru au temps des Apôtres, à une époque par conséquent où les faits qu'ils rapportent étaient etioore présents au souvenir de plusieurs, qui avaient pu les connaître par eux-mômes^ ou les apprendre de témoins oculaires*

L'auteur le plus ancien qui ait écrit une histoire ecclésiastique, Eusèbe» nous donne le catalogue des livres sacrés qu'il dit être reçus d'un consentement universel de toutes les Églises, et dahs ce catalogue il met au premier rang les quatre Évangiles, les Actes des Apôtres et la plupart des Épîtres que la tradition nous a conservées '4 Ëusèbe écrivait son histoire au commencement du quatrième siècle» Longtemps

* I Ëptt. de laint Jean, chap. i, 1.

^ II Eptl. de saint Pierre, chap. x, 16^ p Jfift. eeel.j Uv. 111, chap. xvf*

avant, les docteurs qui, dans le second et le troisième siècle, peu d'années après la mort des derniers disciples de Jésus-Christ, ont soutenu la cause du Christianisme et la pureté de ses doctrines contre les païens et contre les hérétiques, citaient les Évangiles avec une confiance entière, comme des livres parfaitement connus et d'une authenticité non contestée. Saint Irénée, que nous aimons à citer de préférence, parce qu'il a été une des gloires les plus pures de nos églises des Gaules et qu'il touchait de plus près aux temps apostoliques , saint Irénée écrivait dans son livre contre les hérésies : « Telle est la certitude de nos « Évangiles, que les hérétiques eux-mêmes leur ren- « dent témoignage et en empruntent l'autorité pour <( confirmer leur doctrine. Les Ébionites, qui se serti vent du seul Évangile selon saint Matthieu, peuvent « être convaincus, par ce même Évangile, qu'ils ont'^f « des sentiments erronés sur Notre-Seigneur, Mar- « cion, qui retranche plusieurs choses de l'Évangile (( selon saint Luc et blasphème contre Dieu, peut « être réfuté par les endroits mêmes qu'il a conser- « vés. Ceux qui distinguent Jésus d'avec le Christ, qui « disent que Jésus a souffert pendant que le Christ est « demeuré impassible, pourraient se corriger, s'ils li- « saient avec l'amour de la vérité l'Évangile de saint (( Marc qu'ils admettent. Les disciples de Valentin re- « çoivent l'Évangile de saint Jean^ il est donc facile de « leur prouver qu'ils ne disent que des faussetés... <( Or, puisque ceux qui nous contredisent rendent té- « moignage aux Évangiles et s'en servent, la preuve (( que nous en tirons contre eux est invincible \ » 1 Saint Irénëe, liv. III, chap. xi, n* 7.

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Il Tte faut pas demander si ces monuments primitils ont traversé, sans altération notable, les siècles qui nous séparent de l'origine du Christianisme; Dieu y a pourvu en les mettant en même temps sous la garde et le contrôle respectif des amis et des ennemis de son Église. Les fidèles, les pasteurs catholiques, les saints docteurs ont toujours professé une si profonde vénération pour les Évangiles, les Actes et les Épîtres des Apôtres, qu'ils se fussent crus coupables d'un sacrilège s'ils s'étaient permis d'y faire le moindre changement. Quelquefois un mot substitué à un autre, bien que synonyme, a excité de la part des fidèles des réclamations énergiques contre un prédicateur : Tertullien rapporte qu'un prêtre fut déposé pour avoir, par une dévotion mal entendue, publié un ^ écrit sous le nom d'un apôtre. Aussi voit-on la plus ^ parfaite uniformité dans les écrits des saints Pères sur les faits évangéliques qu'ils ont eu occasion de citer.

Alors même que la Religion ne leur eût pas fait un devoir rigoureux de respecter le texte des Évangiles, il leur eût été impossible d'y rien ajouter, d'en rien retrancher qui affectât la substance des faits ou des doctrines, sans s'exposer aux contradictions des ennemis de la foi. Personne n'ignore en efifet que, dès les premiers siècles, les livres sacrés du Christianisme furent répandus partout, et se trouvèrent entre les mains des hérétiques et des philosophes païens. Ceux-ci les lisaient pour y chercher des preuves contre la mission et la divinité de Jésus-Christ ; ceux-là s'efforçaient d'y trouver des textes à l'appui de leurs opinions et la condamnation des enseignements de l'É-

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gUse catholique. Serait-il possible que Ton eût publié de nouveaux récitd en confirmation de la divinité du Christianisme) ou des propositions nouvelles sur le dogme, Èam que ces additions eussent été aperçues^ et si elles étaient aperçues, ceux qui eurent quelque intérêt à les repousser aursie&t-ils gardé le silence ? Sans nul doute^ ils se seraient prévalus de oes ohangemeilts pour convaincre les premiers pasteurs d'imposture^

Le silence que les philosophes païens et les hérétiques ont gardé nous est donc une démonstration péremptoire que jamais nos Écritures n'ont subi d'alté* ration substantielle. Ils ont bien rejeté l'autorité des Évangiles sur les points qui ne s'accordaient pas avec leurs idées ; mais jamais ils ne s'inscrivirent en faux contre l'authenticité de ces livres, jamais ils ne repro^ chèJrent à TÉglise de les avoir fabriqués après la mort ^ des Apôtres, ni de les avoir altérés. Les pluô grands ennemis de la Religion chrétienne traitaient les apôtres d'hommes crédules et superstitieux ; ils expliquaient par la magie les M\3 les plus extraordinaires de la vie de Jésus-Christ ; ils s'efforçaient d'en obscurcii* l'éclat, d'en éluder les consé(|uences par des com* paraisons avec d'auttes faits présumés également miraculeux, et attribués à des sectateurs des dieux du paganisme j ils n'élevaient pas d'objection contre Tau* thentidité des Évangiles.

L'authenticité et l'intégrité des livres du Nouveau Testament ont été rendues plus sensibles encore dans ces dérnierd siècles, par les recherchée que les savant! ont faites de tous les textes connus, et de toutes les versions existantes chez les différents peuples, latiûBi

. MONUMENTS FVBUX» DM LA RÉVÉLATION 127

é gr6€6« syriens, arabes ^ arméniMs. On a compulsé» dans toutes les bibliothèques» les manuscrits les plus anciens des douse premiers siècles, pour constater les variantes qui existeraient entre eux. Quel a été le résultat de tant d'investigations? On devait s'attendre à trouver^ et l'on a effectivement trouvé des différences ) car il était naturellement impossible que des livres, traduits dans toutes les langues et copiés à la main par des milliers de transcripteurs agissant isolément, fussent à l'abri de ces accidents» dont aucun livre ancien n'a été exempt» avant la découverte de l'impri^ marie* Mais de toutes ces variantes» pas une seule ne porte sur le fond des choses ; il ne s'est pas trouvé une version» pas un manuscrit qui ait pu jeter un doute sur les faits miraculeulc de la vie du Sauveur et

. des Ap6tres» ni sur aucun de nos dogmes* N'est-ce ^ pas» pour nous chrétiens» le sujet d'une grande satis* iaction de voir comment Dieu a veillé sur la conser* vation et l'intégrité des saints livres?

Cette satisfaction devient bien plus gruide quand» ouvrant ces livres, nous respirons le parfum de vérité qui s'en exhale. Ce que les Apôtres racontent» ils Font vu de leurs yeux $ ils l'exposent avec une simplicité, une naïveté» une candeur inimitables ; de sorte qu'il est tout aussi impossible de supposer en eux des hommes victimes de quelque illusion qui les aurait séduits que d'élever un doute sur la sincérité de leur déposition»

Les disciples de Jésus-Christ n'étaient pas des hommes habiles dans les sciences naturelles ; mais leurs écrits, comme leur conduite, montrent qu'ils avaient le sens droit : or» une inesure ordinaire de

sens commun lear suffisait pour ne pas se méprendre sur les faits extérieurs qu'ils nous rapportent. Il ne fallait pas un esprit supérieur, ni la connaissance des lois les plus secrètes de la nature, pour voir que des personnes atteintes de toute sorte de maladies recouvraient une parfaite santé aussitôt que Jésus leur donnait sa bénédiction, ou simplement leur disait : Soyez guéries. Il ne leur en fallait pas davantage pour voir que les pains qu'ils distribuaient à une multitude immense se multipliaient au point que, plusieurs milliers d'hommes et de femmes s'en étant rassasiés, il en restait beaucoup plus encore après cette distribution qu'il n'y en avait auparavant. Que dire de la résurrection des morts, et surtout de celle de Jésus- Christ? Il était naturel que les disciples eussent d'abord de la peine à en croire leurs propres yeux sur ce dernier fait ; et vraisemblablement, s'ils n'a- ^ valent vu Jésus-Christ que dans une apparition fugitive, ils seraient demeurés convaincus qu'ils n'avaient vu qu'un fantôme ; mais, enfin, leur était*il possible de douter sérieusement , quand , après l'avoir vu expirer sur la croix et Tavoir déposé dans un sépulcre, ils trouvaient le tombeau ouvert, et qu'ils voyaient Jésus-Christ venir à eux, converser avec eux, leur permettre de toucher ses plaies, de mettre même leurs doigts dans ses cicatrices? Quand de telles apparitions se réitèrent plusieurs fois, en plein jour, en présence d'un grand nombre de témoins, pendant quarante jours, peut-on y être trompé?

On conviendra sans doute que l'illusion était réellement impossible; mais, l'intérêt, l'ambition, l'enthousiasme, toute autre cause pareille n'aurait-elle pas in-

spire aux Apôtres le dessein de tromper, et d'exploiter a leur profit cette erreur, quand elle serait devenue populaire ?... Lorsqu'un pareil soupçon s'élève sur l'intégrité, sur la bonne foi des témoins, on discute leurs antécédents, leur caractère, l'intérêt qui a pu les mouvoir» les circonâtemces dans lesquelles ils se sont trouvés. Or ici rien ne justifie le soupçon que Ton formerait contre les disciples du Christ, et alors même qu'ils auraient conçu l'idée de tromper le monde, jamais ils n'eussent pu réaliser un dessin de cette nature.

Que l'on se représente quelques hommes de nos campagnes, tels que nos laboureurs, ou des bateliers, hommes sans éducation, sans teinture des lettres et sans fortune; seraient-ils capables de former le dessein ^ de se partager le monde pour raconter des fables, et d'élever sur ces fables tout un système de religion nouvelle? Ce serait une folie à eux d'y penser, et on ne manquerait pas de les surprendre dans ce tissu de mensonges, de les intimider, de les faire tomber en contradiction avec eux-mêmes. Les Apôtres n'eussent pas été plus capables de concevoir par eux-mêmes et de réaliser un semblable dessein..* Mais qu'une telle idée était loin de leur esprit! Qu'on ouvre les Évangiles, onVerra que les Apôtres racontent les faits, même les plus extraordinaires, sans amertune, sans enthousiasme. Leur style sans art est inimitable de naïveté. Ils rapportent aussi ingénument les fautes, et les reproches fréquents que leur adressait Jésus- Christ, que les miracles qu'il opérait...

Si on veut les étudier plus à fond, et connaître le secret mobile qui les dirige, on n'en voit pas d'autre

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que celui d'une ooBvlotloii profcmde et le désir de glorifieT Dieu. Il» ne courent pas après la fortune, eux qui font professioipi de ne rien posséder; la gloire bu^ maine ne parait pas les séduire, eux qui sHndignent des honneurs que l'on voudrait leur pendre, dès que ces honneurs pourraient porter quelque atteinte à la gloire de Dieu ; et, s'ils voient les peuples admirer les prodiges qu'ils ont opérés, ils disent hautement que ces œuvres n'ont pas été faites par leur propre vertu, mais bien par la toute-puissance de Celui dont ils sont les envoyés. Ils ne se montrent pas plus sensibles au plaisir qu'à la fortune ou à Thonneur : leur vie se consume dans les travaux; ils souffrent la faim, la soif, rinjure, les tourments, sans autre perspective que celle des persécutions et de la mort : c'est même ce qui les soutient, n'estimant pas de plus grand bonheur j| que celui de soufifrir et de mourir, pour sceller de leur propre sang l^ sincérité de leur témoignage. Des témoins de cette nature seraient-ils raisonnablement soupçonnés d'avoir voulu nous tromper? Le sens commun ne repousse-t-il pas invinciblement cette supposition ? On connaît le mot de Pascal : t/e crois voloniierê les histoires dont les témoins s» fontégorger.

N'oublions pas, au surplus^ que le témoignage des Apôtres est confirmé par la conduite deleurs ennemis. Les pharisiens et les magistrats leur défendent de prêcher et les font battre de verges; il eût été bien plus simple de les convaincre de mensonge, et par là on aurait assurément ruiné leur autorité parmi les peuples. Pourquoi, par exemple, ne pas faire d'enquête sur la soustraction prétendue du corps de Jésus*Ohrist?

Ce corps avait été confié à la gardp publique, et,

g MONUMENTS PtJBUC» DB LA REVELATION 131

trois jours après, il ne s'était plus trouvé dans le tombeau, les sceaux étaient brisés, la pierre qui couvrait l'entrée du sépulcre renversée ; il fallait donc s'informer de ce qu'il était devenu. Il convenait également de discuter les miracles que les Apôtres attribuaient à Jésus-Christ, et ceux qu'eux-mêmes passaient pour avoir opérés. On n'a rien fait de semblable. Tandis que les disciples de Jésus-Christ se bornent à raconter des faits qu'ils disent avoir eu lieu publiquement devant la génération actuelle, au milieu des villes, leurs ennemis les enferment comme des malfaiteurs, et ils veulent les faire mourir.

Tout homme raisonnable conclura que l'évidence des feits n'avait pas permis aux Juifs de les contredire, et que, dans l'impossibilité où ils étaient de convaincre les Apôtres de mensonge, ils eurent recours à la violence pour leur fermer la bouche.

VOTE SUR LIS iims REueiEnx dis piupus mitm

Plusieurs peuples, parmi ceux qui ont été livrés aux superstitionsdu paganisme, ont eu des livres religieux. Nous croyons devoir donner ici une indicaticm de ces livres, pour montrer l'incontestable supériorité des divines Écritures.

Les nations du Nord, désignées assez eommunément sous le nom de peuples Scandinaves^ ont quelques traditions écrites dans les Eddas, Ces livres furent ré^ digés en Islande, dans les onzième et douzième siècles de l'ère chrétienne, et après que l'Évangile eut été prêché dans ces pays. Les Eddm sont, quand à la partie religieuse, des recueils de poésie mythologique

et héroïque sur les dieux et les grands homiues : on y trouve quelques traits d*iiistoire mêlés à beaucoup de fables. Tout ce qu'on peut en conclure, c'est que ces peuples étaient livrés, comme les autres, aux erreurs et aux superstitions du polythéisme, avant que le Christianisme leur eût été annoncé. On ignore d'ailleurs si les rédacteurs des Eddas ont consigné ayec fidélité, dans leurs livres, les vieilles traditions de leur pays.

Les Arabes et les Turcs ont VAlcora% que leur a laissé Mahomet, mort au septième siècle de l'ère chrétienne. C'est un mélange de judaïsme, de christianisme, de traditions locales et des idées de Mahomet. Pour se faire passer pour un prophète, il assurait que l'archange Gabriel lui apparaissait, et lui dictait tout ce qu'il devait enseigner aux hommes. Il enseigna, avec le dogme de l'unité de Dieu, celui d'une * prédestination absolue qui ôte toute liberté aux hommes; il promit à ses sectateurs un paradis où ils auraient toutes les jouissances des sens, autorisa la polygamie, et donna l'exemple d'une grande corruption de mœurs.

Les Romains ont eu les Oracles sibyllins, qui.se conservaient au Capitole. Ces oracles concernaient, diton, les futures destinées de la République ; ils prescrivaient les sacrifices, les cérémonies et les fêtes par lesquels il fallait honorer les dieux. Le Sénat faisait consulter ce livre d'oracles dans les occasions importantes ; et quand il eut été brûlé dans un incendie qui consuma une partie du Capitole près d'un siècle avant Jésus-Christ, le Sénat envoya en différentes parties de ntaUe et de la Grèce pour recueillir les vers des

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