ÂTUDE SB LA RELIGION
« lion et quelquefois la faveur et la célébrité qu'elle « refuse si souvent à ceux qui ne lui parlent que le « langage du bon sens, de la verlu et du respect !
« Toujours las de la vérité ancienne, jamais attristé « de Terreur nouvelle, et ne prévoyant jamais les « abîmes où il court, voilà Thommel Et il lui faut des « coups de tonnerre, et quelquefois un siècle entier « d'effroyables douleurs pour lui faire retrouver le « bon sens et l'honnêteté perdue * »
L'évêque d'Orléans écrivait ces lignes en 1867. Depuis lors le tonnerre a grondé sur la France, Dieu a frappé le pays de grands coups ; la société s'est vue chancelante, incliner vers un abîme où l'entraînaient les mauvaises doctrines, beaucoup plus que ses revers^ militaires ; mais la voix de Dieu a-t-elle été entendue, et son action dans ces déplorables événements a-t-elle été comprise!.... L'erreur se propage avec une ^ effrayante rapidité dans le monde, partons les moyens de la presse, revues, journaux, brochures, et par ceux que met en œuvre une secte ardente ; et on ne voit pas qu'en pénétrant le peuple d'athéisme, de sensualisme, en lui ôtant sa religion, ses croyances, on lui enlève aussi la vertu, la résignation et l'espérance, et on lâche la bride à de fougueuses convoitises, on prépare de terribles secousses à la société. Les âmes se perdent et la paix du monde est compromise. Que Dieu préserve notre pays des calamités sans fin que ces doctrines dissolvantes attireraient infailliblement ! Tandis que les orgueilleux se perdent dans la vanité de leurs pensées, nous sentons vivement
* Mgr Dupanloup, VAthêisme et le Péril toeialflSdl.
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le besoin de lui demander la lumière qu'il donne aux hommes simples, de bonne volonté. Nous comprenons le besoin d'une élude sérieuse de la religion, pour mieux connaître le don de Dieu, pour l'aimer davantage, et pour être à même d'en instruire les autres.
§ 1. NéCBSSITÉ d'étudier LA RELIGION.
Il ne faut pas un grand effort de raison pour comprendre que l'étude la plus intéressante et la plus es- :sentielle pour nous est l'étude de la religion. Que l'homme cultive les arts, la littérature, les sciences humaines; qu'Use livre à de laborieuses recherches du passé pour étudier l'histoire des nations qui se 5ont succédé, ou celle de la nature et des phénomènes dont le monde a été le théâtre, nous ne blâmerons pas sa curiosité, nous applaudirions plutôt à ses efforts. Mais, avant de chercher ainsi à pénétrer le secret des choses qui lui sont étrangères, ne devrait-il pas s'étudier lui-même ?... Cette connaissance n'estelle pas d'un intérêt plus grave, plus immédiat? Or qui nous révélera les lois qui doivent diriger notre vie dans ce monde ; qui nous fera remonter à notre origine première ; qui nous rendra compte des desseins de Dieu; qui nous éclairera sur notre fin ultérieure, si ce n'est la religion ?
La raison ne suffît pas pour résoudre ces questions importantes, car elle n'a pas de données assez sûres pour découvrir l'origine des choses, et elle ne peut soulever le voile qui cache l'avenir. Quand on voit les plus beaux génies de l'antiquité païenne flotter incertains entre la vérité et l'erreur, tantôt affirmer que
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ràmô eet spirituelle et qu'elle surat au oorpft, tazuèt ne parier de ces doctrines consolautes que sms une forme dubitative ; quand on les voit n'oser alSnoMr s'il y a un Dieu créateur ou si le monde est éterod, si les hommes sont likNres ou s'ils sont >raainis à un destin aveugle, on demeure facilement convaincu de la faiblesse extrême de la raison ^ar la solution de tous ces grands problèmes. Ce n'est pas qu'elle ne puisse s'éleva par la vae des créatores à l'idée de Dieu et de quelques-unes de ces perfections invisibles; mais qu'il lui fkut poaroela d'application et de persévérance, si elle n'est pas soutenue par 4es secouis extérieurs I que difficârâi^it elle se dégage despnéjof^ que les passions ou Téducation lui oiit d(HmésI*«. D'ailleurs, alors même que la raison parvient par la lumière naturelle à coanattre Dieu oomme cause première de toutes choses, et que par la réflexion sur elle-même, sur la natore de l'hocnme, elle se forme quelques idées de sa fin naturelle, ^le ne demeare pas moins dans une ignorance absolue ^sur ce que nous sommes dans l'ordre surnaturel, sur la fin ultérieure pour laquelle nous avons été créés. Donc rhomme, eon origine, ses destinées, les lois qui doivent régir ses rapports avec Dieu,... 4emeur^(mt pour nous d'impénétrables secrets, si la reHgion ne nous éclaire ; et cependant, si sur des pmnts d'une si haute gravité nous ne pouvions nous fixer, que nous importerait de savoir tout le reste ?
Ceux qui n'ont pas le bonheur de partager nos convictions doivent convenir, du moins, qu'il n'y a pas de quoi se flatter ni s'enorgueillir de cette ignorance et de l'ini^fférenee que phisieurs témoignent à sertir
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de ce triste état. Il ne convient pas de porter la tète hsLuXe quand on a le ccBur ai bas, et que Ton se méprise soi-même assez pour n'avoir nul soin de son àme, de son passé et de son avenir. « L'immortalité de u ràme,»disait Pascal, et nous devons le dire également de la religion que Dieu a établie pour bous prépai^r à une immortalité bienheureuse, « l'immortalité de « rame est une chose qui nous importe si fort et qui « nous touche si profondément, qu'il faut avoir pewlu <( tout sentiment pour être dans l'indifférence de saa voir ce qui en est. Toutes nos actions et toutes nos « pensées doivent prendre des routes si différentes, n selon qu'il y aura des biens éternels à espérer ou « non, qu'il est impossible de faire une démarche « avec sens et jugement qu'en la réglant par la vue « de ee point qui doit être notre dernier objet. Ainsi « notre premier intérêt et notre premier devoir est n de nous éclaircir sur ce sujet d'où dépend toute c notre conduite. Et c'est pourquoi, parmi ceux qui a n'en sont pas persuadés, je fais une extrême diffé- « rence entre ceux qui travaillent de toutes leurs « forces à s'en instniire et ceux qui vivent sans s'en « mettre en peine et sans y penser.
« Je ne puis avoir que de la compassion pour ceux f( qui gémissent sincèrement dans ce doute, qui le «r regardent comme le dernier des malheurs, et qui, « n'épargnant rien pour en sortir, font de cette recherc che leur principale et leur plus sérieuse occupation. « Mais, pour ceux qui passent leur vie sans penser à M cette dernière findela vie, etqui, par cela seul qu'ils « ne trouvent pas en eux-mêmes des lumières qui les <( persuadent, négligent d'en chercher ailleurs et