RATIONALISTES ET TRADITIONALISTES
Il nous reste à exposer des erreurs et des opinions d'une nature irès-*diffépente de celles dont n«us noussommes occupés jusqu'ici. Il s'agit des communica*tions de Tbofiame avec Dieu.
Deux sortes de persK)nnes se trotûpent au sujet des premières como^unicatione de Dieu avec l'bomme^ et altèrent, quoique à divers degrés, la vérité historique que nous avons puisée dans les saints livres : ce sont les rationalistes et les traditionalistes.
On désigne sous le nom de rationalisÉ^ ceux qui ne feulent reconnaître dans la religion ni mystères ni surnaturel ; on donne le nom de traditionaliste à ceux qui prétendent que le premier homme n'a été éclairé d'abord que par un enseignema^t extérieur, et quo notre raison, incapable de découvrir par elle-même la vérité, ne la possède qu'autant qu'eue l'a reçue de^ cet enseignement primitif, enseignement qui nous est parvenu, avec la. parole, par la tradition de la société..
I. Les rationalistes exaltent done les forces et les droits de la raison, jusqu'à nier la révélation faite au premier homme, et toute autre révélation divine ; les traditionalistes exaltent la révélation divine jusqu'à déprécier les forces naturelles de la raison.
Le rationalisjne est \m système également contraire à la raison et aux traditions les plus invariables de la société religieuse. Il blesse la raison, puisqu'il n'y a
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rien d'aussi raisonnable que de supposer que Dieu connatt des vérités que les hommes ont oubliées ou altérées, ainsi que d'autres vérités que l'intelligence bornée d'une créature ne comprend pas, et qu'il peut nous les révéler.
Le rationalisme est d'ailleurs inconséquent avec lui-même, car les rationalistes admettent sans hésitation, dans Tordre naturel, un très-grand nombre de vérités tout aussi incompréhensibles pout* eux que les mystères les plus profonds de la religion; et il se met en opposition avec les traditions religieuses de tous les peuples, et spécialement d'une société dont les monuments historiques sont d'une incontestable autorité.
Pourquoi ces inconséquences, pourquoi ces oppositions ? Ces hommes ne veulent pas admettre que Dieu nous éclaire, qu'il nous élève à un état plus saint ^ et à un certain degré de perfection, en nous commu* niquant des dons surnaturels : c'est tout à la fois déraison, ingratitude et orgueil. Toute la suite de nos leçons sur la divinité du christianisme nous montrera à découvert cette erreur et ces inconséquences des rationalistes. Il est par conséquent inutile de nous y arrêter plus longtemps en ce moment.
IL Les traditionalistes donnent dans Texcès opposé, en déprimant la raison humame plus qu'il ne convient, ce qui a des conséquences fâcheuses. Us l'ont fait du reste, nous aimons à le reconnaître, avec des intentions très-pures et dans un but excellent ; ils n'en ont pas eu d'autre que de soutenir avec plus de succès, et par une méthode qui leur a paru la meilleure, la cause de la religion chrétienne.
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Le mot de traditionalisme a fait illusion à quelques personnes qui ont p^nsé qu'il exprime une doctrine consacrée par la tradition des siècles, tandis qu'il n'exprime en réalité qu'une opinion contraire aux vraies traditions, et d'une origine très-récente. On a dit avec beaucoup de sens : « Si les mot^ tradition et traditionalisme se ressemblent, le traditionalisme est tout différent de ce que nous appelons la tradition ou les traditions.' La tradition est \me grande loi établie de Dieu dans l'Église et dans la société pour la conservation de la vérité. Cette loi est aussi ancienne que l'Église et la société elle-même. Le traditionalisme est bien autre chose. C'est un système philosophique, né dans ces derniers temps, et conçu par quelques esprits qui ont cru y trouver un moyen de combattre plus efficacement les erreurs des philosophes mo- Vâernes. La tradition est une chose sainte, divine dans rÉglise, providentielle dans la société ; le traditionalisme est une conception philosophique que nous croyons être tout à la fois fausse et dangereuse. »
Les traditionalistes prétendent que la raison humaine, incapable par elle-même dô découvrir la vérité, ne la reçoit que par un enseignement extérieur. Cependant l'apôtre saint Paul nous dit que les hommes peuvent parvenir par la vue du spectacle^ que le monde présente à la connaissance de Dieu, et que ses perfections invisibles sont manifestées par les effets sensibles de sa sagesse et de sa puissance ; il nous assure que les infidèles qui n'ont pas été instruits par la révélation, portent néanmoins la loi naturelle dans leur conscience.
Saint Augustin, voulant expliquer les desseins que
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Dieu a eus sur son peuple ea promulguant le Décalogue sur le mont Sinaï, dit qu'il a écrit sur deux tablée ee que les hommes ne lisaient plus dans leur €iBur. « Ils portaient réellement les préceptes écrits « dans leur coMcience, mais ils ne voulaient pas les « lire.;. Parce que, poursuivant de leurs désirs les « choses extérieures, ils sont sortis d'eux-mêmes, on . « leur a donné une toi écrite. Ce n'est pas que cette « loi ne fût déjà écrite dans votre cœur, mais parce « que vous étiez fugitif de votre propre cœur, Dieu « vous ramène à vous-même en vous faisant rentrer « dans votre intérieur K »
Un autre docteur non moins illustre explique dans le même sens la doctrine de saint Paul. « Comment « Dieu s'est*il manifesté aux gentils, se demande saint <( Jean Chrysostome : leur a-t-il fait entendre une pâte rôle? Non, mais il a fait quelque chose qui pouvait* « les attirer plus qu'une parole, quelle qu'elle fût. Il « a mis l'univers sous leurs yeux, de sorte que le « sage, ridiot, le Scythe, le Barbare, pût, instruit par « la seule vue des beautés visibles du monde, s'élever « à Dieu. C'est bien ce que dit aussi le prophète : Les a deux racontent la ghîre de Dieu. Que diront les genUls (( au jour du jugement? Diront-ils à Dieu, nous vous « avons ignoré ? Mais quoi ! N'avez-vous pas vu le « ciel, qui vous parlait par le seul spectacle de ses « magnificences? N'avez-vous pas vu l'harmonie des « êtres et leur concert qui résonne plus distinctement « que la trompette? Et la loi immuable qui sépare « les jours et les nuits, et l'ordre constant des saisons,
* Explication du psaume lvii.
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« et les flots et les teœpètas de la mer if annoncent-ils * « pas le Créateur ^ ? m
Comment condlier le traditionalisme avec ces maxi* L Ties? Elles sont pourtant communes aux docteurs catli^ W3liques ; on les retrouve partout dans leurs écrits. To us nous disent que Dieu éclaire les hommes et se B ^nifeste à eux, et par une lumière intérieure qu'il r ërse dans leur âme, et par le spectacle des créatures dans lesquelles on p^it lire comme dans un livre la sagesse et la toute* puissance du Créateur.
Il est donc certain, d'après les divine9 Écritures et d'après les plus célèbres docteurs, que la raison hu^ maine, tout incapable qu'elle est de s'élever par ellemême aux vérités de Tordre surnaturel et de se suffire par conséquent, en ce qui concerne notre salut, peut par ses propres efforts et sans le secours d'une rêvé- ''•lation proprement dite, découvrir avec certitude plusieurs vérités importantes, entre autres, l'existence dQ Dieu et les premiers principes de la loi naturelle. « Telle est, dans la condition présente, la nature de la « raison humaine, dit le Catéchisme ranum^ que, quoi- « qu'elle puisse par elle-même, avec beaucoup de « travail et d'appûcation^ découvrir et connaître pluc sieurs vérités dans Tordre religieux, elle est cepen- « dant réduite, tant qu'elle n'est éclairée que de la « lumière naturelle, à ignorer la plus grande partie des «r moyens qui conduisent au salut étemel... II y a une n grande différence entre la philosophie et lafoi : Tune « guidée seulemait par la lumière naturelle, partant « des effets et des choses sensibles, ne parvient qu'avec
t Homélie III* sur TËpltre aux Romains.
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tt peine, peu à^eu, et après beaucoup de travail, à con- (( templer les choses invisibles de Dieu, à reconnattre tt et à comprendre la cause et Tauteur de tout ce qui « existe; l'autre perfectionne tellement la pénétration « naturelle de l'esprit humain, qu'il peut aisément « s'élever jusqu'au ciel, où, éclairé d'une splendeur (c céleste, il contemple d'abord la source éternelle de « toute lumière^ et ensuite toutes les choses créées\n Le traditionalisme n'est pas moins opposé à la bonne philosophie qu'aux traditions chrétiennes. Il n'est pas nécessaire d'avoir fait de profondes études, il suffit de réfléchir un moment sur soi-même, sur ce qui se passe en chacun de nous, pour savoir comment nous parvenons à connaître la vérité, et à la connaître avec certitude. Rappelons en peu de mots ce que nous avons dit sur ce sujet dans une autre leçon. C'est par le sens intime que nous avons la conscience de ce qui se passe 4 dans notre âme, de ses sensations diverses, de ses déairs, de sôs craintes, de ses joies ou de ses douleurs» Les sens extérieurs, mis en contact avec les objets divers de la création, nous avertissent de la présence de ces objets, d'après les lois que Dieu a établies en créant l'homme et en unissant l'âme et le corps par des liens aussi réels et intimes qu'ils sont mystérieux. L'intelligence nous éclaire sur la nature de nos sensations, sur la forme et la constitution des corps^ et sur les vérités d'un ordre supérieur, par la lumière qu'elle-même reçoit de Dieu. Essentiellement active, l'intelligence s'exerce sur les sensati<ms qu'elle reçoit du dehors, comme sur les faits qui se passent dans la
' Catéch. du Conc. de Trente, préface, n" 1 ; r* part., art. 1, n» 6.
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conscience; elle réfléchit, elle compair^, elle raisonne, elle s'élève des effets à leur cause, des notions particulières à des idées g^érales et déduit des conséquences, dont elle a une conviction réfléchie, une vraie certitude.
Telle est la condition de Tesprit humain; c'est la marche qu'il suit, et, en se conformant aux lois de sa nature, il parvient à la connaissance certaine de bien des vérités, dans l'ordre physique, religieux et moral. Le traditionalisme veut qu'il en soit tout autrement ; il prétencf que la connaissance de la vérité nous vient, non de la lumière intérieure qui nous éclaire, mais de la parole extérieure qui produit les idées, qui donne les principes, qui en indique les conséquences. L'âme humaine était dans de profondes ténèbres, elle n'avait d'idées sur rien, elle était seulement capable d'être # instruite; la parole extérieure résonne aux oreilles du corps, et d'elle jaillit la lumière. Comme nos connaissances procèdent de cette parole, c'est naturellement sur elle, cfest sur l'enseignement, sur Tautorité de la société qui nous l'a transmise, que repose la certitude que nous en avons; mais, comme d'ailleurs la société a reçu elle-même primitivement de Dieu la parole, expression des vérités révéléesparl\ii, il suit que toutes nos connaissances, de quelque nature qu'elles soient, reposent ultérieurement sur la révélation divine.
Nous ne voyons dans cette théorie que de fausses suppositions et de dangereuses conséquences à déduire. On veut que la parole produise la pensée et fasse nattre tes idées, dans l'âme qui auparavant en était totalement dépourvue. L'expérience donne à ce fait prétendu le plus formel démenti.
COURS d'instr. I. r^^^r^î^
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Noos soËames loin de contester que la parole ne soit nécessaire pour fixer, pour préciser, pour classer les idées; elle sert puissamment au développement de la raison : mais nous ne faisons qu'énoncer un fait manifeste, en disant que nous avons souvent des idées sans paroles; nous cherchons alors un terme pour les exprimer, et nous no sommes satisfaits que lorsque nous parvenons à en trouver un qui rende pleinement notre pensée. Il est donc hors de doute que la pensée, que l'idée, au moins générale et confuse, mais très-positive cependant, précède la parole. Il n'est pas moins certain que la parole extérieure ne contribue à notre instruction qu'autant qu'elle attire notre attention, nous dispose par là à écouter une parole intérieure, à recevoir une lumière qui nous vient de Dieu.
Saint Augustin a parfaitement expliqué la part que la parole peut avoir à la formation des idées, a Toute ^ « la valeur que je puis reconnattre aux mots, dit-il, « c'est tout au plus de nous avertir de chercher les <i choses, et non pas de nous les montrer pour nous H les faire connaître. Celui qui m'apprend quelque « chose, c'est celui qui présente à ma vue, ou à quel- « que autre de mes sen», ou à mon esprit lui-môme, « l'objet que je désire connaître. Donc les mots ne « nous font connaître que les mots; je dis trop encore, « ne nous font connaître qu'un bruit et \m son. Lord- « que j'entends un mot, je ne sais pas même que c'est « un mot, jusqu'à ce que je sache ce qu'il signifie. « C'est donc la connaissance des choses qui opère la « connaissance des mots... Pour toutes les choses que <r nous comprenons, nous consultons^ non celui qui <i parle, et le bruit extérieur de sa parole, mais la
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(( vérité qui est présente à l'esprit dans l'intérieur^ (f quoique ce soit peut-être la parole qui nous avertiase « de consulter. Or œlui que nous consultons, celui-là (f instruit; c'est le Christ qui, selon l^Apdtre, réade « dans rbomme intérieur; c'est la sagesse étemelle*. « Toute èma raisonnable la consulte^ »
Ce que la parole est aujourd'hui pour nous, elle l'a été pour les premiers hommes au commencement du monde, avec cette seule différence que nous appre^ nons à parler en entendant les autres parler, parée que nous naissoitô à l'état d'enfonts, tandis qu'Adam, créé à l'état d'homme parfait, a eu à l'inslant même de sa création, et en vertu de l'acte créateur, le don de la parole; il a été créé pensant, avec la faculté de produire immédiatement ses pensées par la parole* Il n'y a pas d'ailleurs dans la Genèse de trace d'une révélation extérieure pour les idées qui forment le fond de la raison humaine.
Le traditionalisme est donc en ce point un système sans fondement historique et contraire à l'expérience. Nous avons ajouté qu'il est dangereux dems ses conséquences. Nous nous bornerons à signaler en peu de mots les inconvénients les plus graves que nous y trouvons. Le premier danger du traditionalisme, celui du moins qui se présente tout d'abord à k pensée, est de confirmer les ennemis de la religion dans l'opinion très-fausse où ils sont que les enseignemeats de la foi catholique tendent à déprimer les droits et les facultés les plus légitimes de la' nature; qu'il y a contradiction et incompatibilité entre la raison et la foi. Ces préventions contre le christianisme sont assuré-
' Saint Augustin, De Magistro, cbap. xi,
ment fatales à plusieurs ; et cependant nous les favorisons du moment que nous attaquons la raison, non plus dans ses écarts, non plus dans les abus du raisonnement, mais en elle-même, en lui contestant la possibilité de découvrir par elle-même aucune vérité dans Tordre naturel. N'est-ce pas déprimer la raison, en allant à rencontre des idées les plus communes, que de soutenir qu'elle est incapable de rien découvrir, qu'elle ne peut travailler que sur les idées que la foi lui donne, que toute philosophie qui n'a pas la révélation pour point de départ et pour base est une fausse philosophie?
Un autre danger plus grave encore est de confondre le naturel et le surnaturel, la foi avec la raison, en eflfaçant la ligne qui sépare ces deux ordres de choses. Si la révélation extérieure a été nécessaire à l'homme * pour connaître la vérité, dans l'ordre même naturel, ne s'ensuit-il pas que toutes les vérités que nous connaissons, comme les axiomes de géométrie, les notions élémentaires de philosophie...., sont des vérités de foi, à régal de celles que renferme le symbole et que nous apprenons au catéchisme? Toutes ces choses ne se confondront-elles pas ensemble? Ne s'ensuivrat-il pas aussi que la révélation divine a été non gratuite, comme on l'a toujours cru, mais nécessaire, due par conséquent à la nature humaine? Ce ne sera plus un bienfait distinct du bienfait de la création; car Dieu ne peut créer l'homme, comme être raisonnable, sans lui donner des idées, une lumière qui l'éclairé, la faculté de penser et de raisonner, et, d'après le traditionalisme, il ne ferait cela que par des révélations extérieures...
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Il faut convenir du moins q^'il y a là beaucoup de confusion d'idées, et que, malgré les explications qu'on essayera de donner, il restera, dans l'esprit de beaucoup, des pensées fort peu conciliables avec l'enseignement de rÉglise sur la gratuité de la grâce.
Un troisième inconvénient par lequel nous finirons, ■car nous ne pouvons pas tout dire, est de mettre, pour bien des cas, les hommes dans l'impossibilité de discerner la vérité d*avec l'erreur, et par suite de les jeter dans le scepticisme.
Si la raison, incapable de découvrir la vérité, ne peut la recevoir que de la tradition par la parole, c'e^-à-dire par un enseignement extérieur, comment l'homme qui vit renfermé dans l'intérieur de sa famiJle et à qui ses parents ont dit qu'il n'y a pas de
Dieu; comment l'idolâtre qui entend tous ceux
$ qui l'entourent dire qu'il y a plusieurs dieux, et qu'il est bon de leur offrir des sacrifices humains,... comment cet homme pourra-t-il secouer le joug de l'erreur? Quel moyen aura-t-il de connaître la vérité? On nous dit que la vérité a été dès l'origine incarnée, et comme substantiée dans la parole humaine, et qu'elle se conserve dans la société par la parole. Mais quelle est donc cette parole, cette société, cette tradition? Les mots expriment certaines idées selon les conventions faites ou selon l'usage reçu, mais non pas toujours des vérités.
La parole dit également qu'il y a un Dieu et qu'il n'y en a pas; qu'il y en a un seul et qu'il y^en a plusieurs; que telle action est bonne et qu'elle est mauvaise. La parole seule n'apprend donc pas la vérité. Et la tradition? Mais, pour plusieurs, la tradition sa
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borne à celle de leur fomille ou de leur paj^; cftr ils ne vivent pas en dehors de ces relations étroites. Si cette tradition est fauesée , si renseignement de la famille et du pays, au Heu de transmettre la vérité^ ne transmet que Terreur, comme cela a eu lieu dans les nations infidèles, cet homme peut-il juger la tradition et parvenir à connaître la vérité? Il ne le peut pas d'après le traditionalisme :ce système le condamne fatalement à demeurer dans Terreur.