RAPPORTS DE LA RAISON BT DR LA FOI
Craignons ces nouveautés qui mettent la confusion dans les idées, et qui font Battre des doutes sur les vraies traditions du Christianisme. Admirons la sagesse de TÉglise qui a toujours su se tenir à Técart de tout excès, et concilier avec une admirable précision les droits légitimes de la raison avec le respect et la soumission que nous devons à la révélation.
Nous ne pouvons mieux traduire sa pensée et répondre plus catégoriquement à ceux qui Taccusent de déprimer la raison au profit de la foi, qu'en mettant ici une déclaration solennelle faite par le Concile du Vatican (Tannée 1870), assemblée la plus auguste, où se trouvaient, avec le souverain Pontife, la plupart des évoques, venus de toutes les parties 4u monde.
« L'Église lient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu certainement par les lumières naturelles de la raison humaine, au moyen des choses créées. Cependant il a plu à la sagesse et à la bonté de Dieu de se révéler lui-même au monde, selon ce que dit TApôtre : « Dieu qui a
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parlé à nos pères par les prophètes de plusieurs mamères, nous a parlé, dans ces derniers temps et de no6 jours, par son Fils. »
(( C'est à cette révélation divine que tous les bommesdoivent de pouvoir, dans Tétat présent du genre humain, connaître facilement, avec une ferme certitude et sans aucun mélange d'erreur, celles des choses divines qui ne sont pas inaccessibles à la raison humaine. Ce n'est pas à dire que la révélation soit absolument nécessaire; mais Dieu, dans sa bonté infinie, a destiné l'homme à une fin surnaturelle, à la participation de biens divins qui surpassent absolument l'intelligence humaine; car l'œil de l'homme n'a pasvu, son oreille n'a pas entendu, et son cœur n'a pu s'élever à la connaissance de ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment...
M « L'Église a toujours aussi tenu et tient d'un consentement perpétuel, qu'il existe un ordre double de connaissances, distinct non-seulement dans son* principe, mais par son objet : en principe , parce que dans l'un, nous connaissons par la raison naturelle, dans l'autre par la foi divine ; dans l'objet, parce qu'en dehors des choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, il y a des «mystères cachés en Dieu qui sont proposés à notre croyance et que nous ne pouvons connaître que par une révélation divine. •• Le Fils unique rend témoignage au Père qu'il a caché ces choses aux sages et aux prudents et les a révélées aux petits.
« Lorsque la raison éclairée par la foi cherche soigneusement, pieusement et prudemment, elle trouve, par le don de Dieu, une intelligence très-fructueuse
des mystères, tant par ^analogie des choses que Ton connaît naturellement que par le rapport des mystères entre eux et avec la fin dernière de Thomme,* sans toutefois être en état de les comprendre comme les vérités qui constituent son objet propre. Car les mystères divins surpassent tellement par leur nature l'intelligence créée, que, bien que transmis par la révélation et reçus par la foi, ils demeurent couverts du voile de la foi et comme enveloppés d'une sorte de nuage tant que nous voyageons en étrangers dans cette vie mortelle, privés de la vue de Dieu; nous marchons guidés par la foi et non par la vue des choses.
« Mais quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais y avoir de vrai désaccord entre la foi et la raison; car c'est le même Dieu qui révèle les mystères et donne la foi, qui a répandu dans l'esprit J^ humain la lumière de la raison. L'apparence d'une contradiction vient principalement de ce que les dogmes de la foi n'ont pas été compris et exposés tels que l'Église les enseigne, ou de ce que l'on prend des opinions erronées pour les jugements de la raison.
« Non-seulement la foi et la raison ne peuvent jamais être en désaccord, mais elles se prêtent un mutuel secours; la droite raison démontre les fondements de la foi, et éclairée par sa lumière développe la science des choses divines ; la foi délivre la raison de beaucoup d'erreurs, la pi*otége et l'enrichit de connaissances. Bien loin donc que TÉglise soit opposée à rétude des arts et des sciences humaines, elle la favorise et l'aide en bien des manières. Elle n'ignore, ni ne méprise les avantages qui en résultent pour la vie des
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hommes; bien plus, elle reconnaît que les sciences et les arts venus de Dieu, le maître des sciences, doivent de même conduire à Dieu, avec l'aide de sa grâce s'ils sont convenablement dirigés. Elle ne défend pas assurément que chacune de ces sciences ne se serve de ses prmcipes et de sa méthode particulière; mais, en reconnaissant cette juste liberté, elle veille avec soin pour empocher qu'elles ne se mettent en opposition avec la doctrine divine, en admettant des erreurs, ou en dépassant leurs limites respectives pour envahir et troubler ce qui est du domaine de la foi *. »
' Constitution dogpnatique du concile du Vatican, Dei FUitUj chap. II et IV.
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