LEÇON XII
Sur la rellgtom prlmttlTe.
La pensée se repose avec bonheur dans le souvenir de rétat primitif de Thomme, parce qu'elle se plaît à considérer l'unité, la suite, Tharmonie merveilleuse de l'œuvre de Dieu. Tout ce que des philosophes incrédules à la révélation, et non moins contraires à la tradition unanime des peuples anciens, ont dit de l'état sauvage, de l'ignorance profonde où auraient d'abord vécu les premiers hommes, elle le repousse comme une injure faite à la Providence. Ces écrivains ont cru sans doute relever la gloire de la philosophie, en lui attribuant le mérite d'avoir retiré elle seule le genre humain de cet abrutissement qu'ils ont appelé dérisoirement Vétat d'innocence ' et de l'avoir amené progressivement à l'état raisonnable et réfléchi; l'histoire aurait dû pourtant leur apprendre que ce ne fut jamais la philosophie séparée de la foi qui fit faire aux sociétés un véritable progrès dans le bien, mais toujours l'enseignement religieux : elle aurait dû leur apprendre que l'ignorance, la barbarie, l'état sauvage, ne furent jamais considérés autrement par leshommes véri-
1 Étudei sur le rationalisme contemporainy par M. de Valroger,. p. 284, 285.
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tablemeat philosopbeâ, et par les peuples, que comme un état de déchéance, et non comme l'état primitif... Mais reveiwns à notre sujet, et, prenant toujours pour guide l'histoire sacrée, qui éclaire, comme un phare lumineux, les commencements du monde, voyons dans une première réflexion quels furent les dogmes, la morale et le culte de la religion primitive; nous dirons ensuite p^r quels moyens cette religion devait se conserver sur la terre.